V ous disiez ce soir-là, à deux pas des glycines, que l’orage prochain oppressait tous vos sens. Il est vrai que, si blêmes sous le soleil éteint, vos pommettes saillaient et déchiraient mon cœur. Je respirai peu et mon souffle, au détour des parfums...
J ’ai toujours aimé ce qui de près ou de loin témoigne de l'introspection. Dans cette toile, Romain mon modèle m’a donné entière satisfaction. Il a su s’enfermer au plus profond de lui-même et m’offrir l’idéal de la pensée, de la méditation, celle qui...
D ès que le bleu de la nuit proche faisait escale aux remparts de Bizerte, je le voyais arriver lentement. Il prenait place tout contre un arbre du jardin public et les yeux dans le vide, immobile, il fumait en solitaire. Depuis la terrasse d’un café,...
Pas trop d'idées... Panne séche. Aussi, lâchement, voici le tout début de Boukornine , un de mes romans dans lequel Moez (ici en photo) est le héros. – Ija ! Il dit viens ! en arabe. Je ne réponds pas. Pourtant, je voudrais lui obéir. Obéir à l’Orient,...
L ’orage grondait depuis des heures ; des éclairs balayaient un ciel devenu anthracite. Sidi Bou Saïd vivait au ralenti dans l’attente d’un déluge annoncé. Assis sur le canapé, je fixais le patio grand ouvert. Je ne voulais rien perdre de cet étrange...
L ’ombre du temps farde mes yeux de cernes si gris que tout le ciel d’hiver semble s’y être invité. À ce regard nourri des ans, s’ajoute le pli d’amertume au coin des lèvres qui me donne l’air d’un sage, moi qui, dans le fond, ne décolle guère de l’âge...
Q uand on prend la direction de Bizerte, on peut se rendre à Ghar El Melh (la grotte du sel) un ravissant petit village autrefois nommé Porto farina et ancien repaire de pirates. Son vieux port est tout à fait exquis et le temps semble arrêté tant tout...
D jerba… je ne sais plus exactement sur quelle plage, je ne sais plus dans quel silence était-ce… je sais seulement que l’air était à la fois salé et épicé, brûlant et ennivrant. À l’ombre sable d’un bosquet de palmiers, une famille se reposait de la...
Q uelques éclaboussures de couleurs tunisiennes, quelques sourires tout aussi colorés, couleurs du temps qui passe entre l’aube et l’aube… Camaïeu embué de toutes les splendeurs de l'horizon des premiers jours... Et puis soudain la vie, la vie tumultueuse,...
L e marché de Nabeul ruisselle de toutes ses couleurs et de tous ses parfums... Difficile de résister à l'avalanche de sensations qui entre par tous les pores de votre peau... Quant aux épices, elles vous emportent dans toutes les légendes, tous les voyages......
C ’est au bleu mauve des matins nus Quand ta peau sombre buvait le ciel Que tes langueurs de souverain Mordaient l’esprit du vieux lion. Tes notes lourdes Sourdes ou sottes Peuplaient ma tête Comme l’or pâle des pâles orgues Des cathédrales de mon enfance....
Voilà bien longtemps que je n'avais alimenté ma rubrique "Quelle misère" avec mes aventures en grande surface... et bien, voici la dernière en date... Hier après-midi, alors que je faisais mes courses dans ma grande surface habituelle, je surpris au hasard...
Un tableau de Nicolas Poussin « Les bergers d’Arcadie » représente des bergers autour d’une tombe sur laquelle est gravée cette phrase « Et in arcadia ego » (même en Arcadie j’existe) ou (je suis aussi en Arcadie). Beaucoup de choses ont été dites sur...
Seul dans l’enfer de mes duels Toujours ici et presqu’ailleurs J’ouvre des mots qui te referment Et de me faire je te défais. J’ai l’indigence de la pudeur Et l’ouverture du dénuement C’est bien assez pour trop t’aimer D’un double trouble, d’un double...
Violence… Violence ! Ce mot revient chaque heure, chaque jour, à chaque temps de notre quotidien, à chaque instant de notre société bien inspirée… Je crois qu’il ne sera pas remplacé de sitôt par un autre qui harmoniserait nos sens. Non ! ce mot de «...
P auvres amis, pauvres frères, croyez-vous qu’un ailleurs serait plus favorable ? Croyez-vous que les chemins de mer mènent encore aux rêves ? Croyez-vous qu’à souffrir, on vous pardonnera et qu’au souffle des rives nouvelles, votre passé vous laissera...
L e soleil était au zénith et l’odeur des résineux emplissait la forêt. Le bruit des insectes triturait le silence jaune et par delà l'émotion d’être avec toi, mes yeux restaient attentifs à toute chose. Nos pas étaient lents et je me disais, à percer...
D ans tes yeux L’eau des jardins et puis le gris d’hiver Qui savaient dire en plein été Que chaque chose a une fin. Dans tes yeux L’insomnie bleue de toutes nos nuits blanches Quand le silence après l’amour Faisait plus de bruit qu’une armée. Dans tes...
L ’indolence des feuilles mortes dans le jardin est le signe que tout s’éteint et ton regard d’enfant meurtri, dans la lumière de cet automne, s’est assombri comme en hiver. Tes larmes ont encore dit comme tu l’aimais, les miennes, combien je t’aime....
J e marchais dans Dougga au centre des ruines romaines… C’était à l’automne de l’année dernière. Je m’étais un peu éloigné, recherchant une solitude qui m’est souvent nécessaire, quand, au milieu de nulle part, ces quelques fleurs me sont apparues. La...
S i peu de chose pour parler de l’émoi. Si peu de rêves au bout des sens et de l’absurdité. Habits de fêtes, costumes de cirque, musiques et rires d’alcool, rien… Rien n’y fait quand le cœur n’est plus à sa place. Tout devient absurde... vase sans fleurs,...
S ous mes doigts qui ne cherchent plus rien, la saveur de ta peau reste intacte. Il me semble que tu hantes toujours mes chimères et l’azur de tes yeux reste encore ma victoire. Lisse image, terre d’ancrage, c’est peut-être… Barque frêle, libre amarre,...
L ’atelier au début des années quatre-vingt-dix sentait l’huile d’œillette et l’essence d’aspic. La maison n’était pas encore restaurée et permettait tous les excès. Franck, Jérôme, Laurent, Emmanuel, Fabien, Xavier, David, Angélica et tant d’autres se...
À Toulon, l’hôtel où j’ai séjourné a fait le choix de décorer ses chambres sur le thème des cinq continents ; le hasard m’a plongé en pleine Asie, tout y était rouge, noir et tamisé. Ce décor propice au dépaysement me convenait tout à fait ; je me sentais...
D u bruit, des fleurs Et dans tes ruelles Le bleu qui joue avec le blanc. Puis sous la chaleur Des portes qui scellent Les rires mais aussi le sang. Tunis, tes heures ne sont plus les miennes Elles ont des ardeurs qui trop m’aliènent Mais c’est là que...