Fin des années 60, bien que Françoise Hardy fût ma boussole (et quelle boussole !), j’écoutais un maximum de musiques anglo-saxonnes et françaises, toujours à la recherche de nouveaux sons — une sorte d’archéologue du vinyle, mais sans la poussière. Cette quête ne m’a d’ailleurs jamais quitté.
À l’époque, j’étais passionné de Rhythm and blues, mais aussi de rock psychédélique comme Led Zeppelin, Vanilla Fudge, Pink Floyd, les Doors… et surtout Deep Purple, dont deux chansons me galvanisaient littéralement : « Child in Time » (véritable cri primal) et la reprise de « Lalena » de Donovan. Cette dernière, intimiste et lente à chavirer, me donne encore des frissons, aujourd’hui — ce qui est bon signe : mon système nerveux fonctionne toujours.
En 1969, j’ai même été DJ dans une boîte de nuit. Bonheur suprême ! J’avais carte blanche pour acheter les albums que je trouvais intéressants. En gros, j’étais payé à écouter de la musique… le rêve de tout mélomane. Je passais mes après-midis, casque vissé sur les oreilles, à fouiller les bacs dans les cabines d’un disquaire branché — ce qui, à l’heure des playlists algorithmiques, pourrait sembler aussi archaïque que de chercher une aiguille dans une botte de paille… sans Google.
C’est d’ailleurs comme ça que j’ai découvert Véronique Sanson. Et là, coup de foudre immédiat. Dès la première écoute, je suis tombé à la renverse. (Il faut dire qu’à cette époque, je pesais à peine 50 kg… un rien me faisait perdre l’équilibre) Mon disquaire, lui, n’y croyait pas du tout… ce jugement m’avait laissé sans voix et ne l’écoutant pas, j’ai aussitôt fait l’acquisition de cet album mythique où se logeait l’intemporel « Besoin de personne ».
Pourquoi je radote ainsi ? Eh bien… parce que je suis vieux, pardi ! Avec l’âge, les souvenirs deviennent comme les vinyles : on aime les entendre grésiller encore et encore.
MG