P our terminer le cycle précédent de mes cinq derniers tableaux, rien ne vaut ce message d’amour poétique. Malgré un froid insensé, ce couple de tourterelles reste là, uni et amoureux sur le poirier du jardin en attendant le printemps ; un peu comme le...
P assagers clandestins d’un voyage sans danger, ton accord et mes doutes ne trouvèrent point d’entente. J’aurais pu comme d’autres profiter d’une union de fortune sous le jasmin en fleurs, au fond du vieux patio, mais l’étreinte volée – si facile soit-elle...
P eut-être bien qu’un jour s’écrira le départ Coulera le café du dernier des matins. Sur la table le journal reposera ouvert Sur tant de faits divers qui retenaient mes yeux. Peut-être bien qu’un soir, se tairont les trois notes Des chansons qui m’aimaient...
Ê tre un soleil encore un peu, être un félin jusqu’au point d’eau, puis les mots à la bouche, se dire qu’aimer est le seul verbe qui vaille la peine d’être conjugué. Poète ou bien voyou, ne pas hurler avec les loups, dénoncer la tiédeur et faire de l’ennui...
Fragile comme l’argile des nuits Ma peau te parle et me trahit. La pierre rouge de tes lèvres Le vert asile de tes grands yeux Ne gomment rien de mon ennui. Fragile comme une faïence ancienne Ma peau te parle et me défie Le cuivre sombre de la tienne...
L a lumière, sur ton visage, palpitait comme celle des fougères dans les forêts profondes. Tes yeux, élytres de méloé, miroitaient dans l’éclairage vert des halogènes. Ta bouche brulante comme une liqueur d’anis donnait envie de tout piller, tout saccager...
C ’est un satin docile, Un enfant de l’exil, Mais un rebelle aussi Et ça lui va si bien. C’est un oiseau subtil Un prince sans aigrette Mais un sujet pour d’autres Et il s’en moque bien. C’est une eau fraiche et claire Une eau qui désaltère Mais les remparts...
C e matin entre deux dossiers j'ai rencontré ce texte écrit lorsque j'avais dix-neuf ans. Petite émotion du temps passé qui embaume toujours de mes exaltations premières. J e n’attends plus rien des sentiers pierreux, des aiguilles de pin, des montagnes...
Q ue se disent les femmes ? Quelles sont leurs confidences ? Ces voyageuses en pays d’hommes savent tant sur nous… Elles veillent sur l’ardente mémoire de notre destinée, se penchent puis s’épanchent sur tous les souffles de vie dont elles peuplent la...
I l m’est difficile, ces jours-ci, de venir sur mon blog. Trop de travail et trop d’émotions depuis hier. Haïti me parle tant. Pour avoir fait une expo à Miami, j’ai le souvenir de la gentillesse d’un serveur haïtien dans un restaurant aux murs éclatants...
Chaque homme se retournait sur ton passage… chaque femme. Souviens-toi… Londres… la cour arrière de la galerie où j’exposais… nos rires, notre confiance au fond des yeux. Et puis New York, les boîtes de nuit, l’alcool et la musique… et toi, mon guide...
V ous dire que les objets ont une valeur serait faux. La valeur, la vraie, traîne son injustice au cœur des peaux, des yeux, des mains. Elle s’éternise sur les lèvres qui font vibrer les vôtres ; sur l’attente de l’autre. Mais voilà certains jours d’orage...
L es amours nomades transportent avec elles toute la violence et la vertu nourries des plus grands désordres. De ces grands et beaux combats, de leurs creux et de leurs bosses percées des rouges verticalités du quotidien, naissent nos nourritures terrestres...
D e tous nos combats fratricides, de cette promiscuité des sens, de cette alliance des divorces, je garde au cou les marques mauves de tes dents, comme des perles inestimables et comme autant d’azur dans les heures noires de nos délires. J’ai tant aimé...
S ous la peau, la pierre Terne et sans vie, veinée de bleu au fond des draps Sous la peau, le froid Terrible et inhumain aux premiers feux du soir. Et puis… La peur de soi La peur de l’autre. Sous la peau, le doute Immense et redoutable à l’heure du désir...
L a porte de la mer L a porte de l’amer L a porte de la mère. C e matin, je sui tombé sur la photo de ce tableau des années 80 et son titre m’évoqua "La Porte de France", à Tunis, dont le nom originel est "Bab el Bahr",("La Porte de la Mer", justement)....
L e calme, la tranquillité… éléments essentiels pour se ressourcer. Je me souviens de ce jeune homme assis au pied d’un grand marabout. Il semblait capter la plénitude de cette fin de journée, quand le soleil entame son voyage pour un ailleurs qui se...
Le temps a sa version des souvenirs, le mien aime les embellir… voici, une fois encore, quelques sourires, rires, regards, visages d'amitié et autres miettes tunisiennes qui font le festin de mes yeux… sans jamais provoquer la moindre somnolence. Deux...
L e sommeil, cette douce petite mort, cet oubli de soi et des autres, te rencontrait parfois quand, à longtemps poser, tu rêvais d’un ailleurs où ton âme recelait des aventures plus terrestres. Dans ces moments-là me venaient des envies de partir et de...
Jean-Charles /1973 U n peu de Balmain sur mes joues Et nos heures d’avant, les parfumées, reviennent me tourmenter. Ces heures, quand dormir n’était pas nécessaire. Ces heures, quand mourir n’avait pas de sens. Un peu d’Eau Sauvage sur mes doigts Et nos...
Après-demain je pars quelques jours. Avant cette très courte absence, je laisse "ici" un peu de mes "là-bas". À cent lieues des tempêtes et des dieux ombrageux, je tisse un à un les fils de nos destins. Je mêle l’ambre de ta peau au jais de tes grands...
D ans ses yeux tristes, l'eau bleue des glaciers et les laves rouges des volcans pillent ses heures grises où tout s’emmêle et se détruit. Rêver sans l'autre l'enferme tant que ne plus vivre lui semble être la vie. Quand de ses terres profondes, un souffle...
Q uant à murmurer l’indicible, j’avoue que vous avez participé de ma rêverie, le temps de vos hésitations, le temps de ma fausse assurance. Quelques gestes maladroits, un fou rire, vos yeux de sous-bois. À consommer sans retenue chaque émotion offerte,...
Si présent l’été de mon enfance L’herbe folle aux mollets, les sauterelles, les papillons dans les blés. Si fragile la soie des coquelicots, sa caresse légère entre les doigts rougis. Si généreux l’étang vert des têtards, le métal turquoise des libellules,...
D ans ces temps de flou absolu où l’on réveille si bien les vieux démons et les instincts les plus faciles, être humaniste finit par se révéler suspect. Trois guirlandes, du foie gras et quelques bulles de champagne ne parviendront pas à gommer l’indécent...