Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le blog de Michel Giliberti


Emmanuel-de-profil-.jpg
Un air de guitare en soirée, quand dehors le vent s’amuse à vous faire peur.
Vous êtes là, derrière lui, près de la cheminée, un alcool fort entre les mains, à l'écouter.
Le feu incendie sa peau, trop de chaleur.
Les quelques notes de gris métal s'arrêtent sur un accord, et la guitare se tait, posée contre le mur.
Son pull glisse à terre et puis le reste...
Et puis... sa peau !

Emmanuel-profil4.jpg
Et il se tourne enfin dans la lumière des flammes.
Vous le contemplez au coeur des ombres vives et rousses comme cette nuit d'automne qui vient et puis s’installe.
Demain les labours reprendront et avec eux la valse des étourneaux comme des taches d'encre dans un ciel de buvard.
Vous serrez davantage votre verre entre les doigts ;  la gorge sèche, vous vous dites : « Et maintenant ? »


Voir les commentaires

Published by Michel Giliberti - - Photos et poésie.


lumiere.jpg
Jusqu’à tard dans la nuit
j’abreuvais tes attentes et parais mes révoltes de la nacre de tes yeux.

Jusqu’à tard dans la nuit

j’espérais un seul mot sur tes lèvres d’arsenic qui me faisaient périr.

Jusqu’à tard dans la nuit

je parfumais ma peau des odeurs de la tienne qui parlaient à mes sens.

Jusqu’à tard dans la nuit

je restais en éveil, gardien de ton sommeil, à attendre ta rosée.

© Giliberti / 2007

Voir les commentaires

Published by Michel Giliberti - - Photos et poésie.

bleus-d'attente-blog

Et s’il fallait courir, plutôt que marcher.
Et s’il fallait se perdre plutôt que de se trouver.
Il y aurait sans doute le rêve franchi, le rêve à soi comme une capture, une soif de se dépasser.
Les chemins pénètrent les forêts et nous les suivons avec entrain. J’aimerais,
avec le même zèle, entrer dans l’obscure de mes vœux.
Puis courir, me ravir, m’épanouir et…
souffler, m’épuiser, m’allonger sous un arbre et…
L’ouvrage de toute une vie tient à ces petits points, ces accrocs et ces mailles que l'on tend.
Un écart dans l’ordre des choses pour sourire au désordre.
Dire non au sevrage imposé qui nous lie pieds et poings et nous rend sans saveur.
S’égarer, mes frères… s’égarer ! Nul besoin de GPS dans le bleu de nos si courtes existences.

Voir les commentaires

Published by Michel giliberti - - Poésie et société

Déjà que j’étais préoccupé par des problèmes personnels ces derniers jours, j’ai dû subir en plus les roucoulades de Sarkozy devant Bush, puisant la substance populiste qui lui permet de jouir de ses propos dans les billets imbéciles de son scribe bouffon, Henri Guenaud, « l’Attaché à ses basques ».
La « danse des épaules » qu’il effectuait alors qu’il louait la « culture américaine » rappelait un peu celle des Amérindiens massacrés lors de la conquête de l’Ouest, à la différence que ces malheureuses victimes de la supériorité du « blanc » dansaient pour faire pleuvoir, eux ! – et certainement pas des bombes atomiques sur les déjà terroristes japonais, et un peu plus tard sur tous les autres terroristes de la terre.
Mais il n’est pas surprenant qu’il se fasse le chantre du massacre au nom de « l’histoire de la civilisation » auprès de ses « amis » américains dès lors que dans son discours de Dakar il s’est encore appuyé sur Guenaud « l’idéologue fasciste » pour dire : « Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire » et que « jamais il ne s'élance vers l'avenir ».
Pas étonnant non plus qu’il ait, durant sa campagne, critiqué « mai 68 », l’évènement qui allait contre l’ordre établi ; j’en arrive à me demander si ce qui l’énervait le plus dans cette période n’était pas en réalité le côté festif et rassembleur (quelqu’un avait dit : « joyeux »).
Oui… Peut-être que la foule en liesse, la joie et les autres manifestations du bonheur partagé ne peuvent pas plaire à Sarkozy, quand elles ne lui sont pas destinées. Il veut sans doute être le seul à occuper nos esprits avec ses boutades... le seul à jouer l’enfant-roi !
Hier je me baladais dans Paris, et à part quelques gamins encore innocents des manœuvres crapuleuses du monde libéral, je peux bien dire que la plupart des gens faisaient la gueule…
Une bonne révolution joyeuse, c’est ça qu’il nous faut ! car c’est le rire qui nous manque le plus dans cette société où la vulgarité , les insanités, l’argent, le voyeurisme et le cul occupent les esprits. Même dans la littérature corrompue (voir le dernier Goncourt) seules les biographies des stars ou des princesses font vendre (et quand je dis stars, je peux ajouter putes, animateurs, voleurs, etc.)
Mais l’avenir est sauf mes amis, car bientôt on nous collera une caméra sur le front et un GPS dans le cul pour être certain d’être repéré partout où nous irons ! Encore mieux que toutes les caméras supplémentaires que veut installer l’épouvantail rigide, agaçant et insipide… comment s’appelle-t-il déjà ? ah oui... l’Aliot Marie !
« Je suis pour un véritable État policier qui vous dise de faire là où il faut que vous fassiez, un véritable État policier où tous les coups sont permis, un véritable État policier qui protège l’ordre moral, la richesse et le travail des pauvres. »
Oui ! voilà le véritable discours que devrait transmettre « le porte-parole » de Guenaud plutôt que d’évoquer « l’intérêt, la sécurité des Français et la lutte contre le terrorisme » à l’instar de ses amis américains !

Voir les commentaires

Published by --- - - Réflexion


Les-demeures-opiacees.jpg

  O
piacées, si opaques...
Les demeures d’épices
Où tu passes tes nuits
Ne te protègent en rien
Elles consacrent tes rêves
Et enferment les miens
À l’écart du soleil
Aux écarts de midi
Dans ces mauves instants
Qui te clouent à ta couche
Ton regard est en deuil
Sous tes paupières en larmes
Il emporte avec lui
Mes si vastes secrets
Tes sourires de jadis
Et tout autant mes rires
Ces voyages Immobiles
Où tes ailes sont de bois
Ne t’apportent jamais
Que l’écume à tes lèvres
Opiacées, si opaques...


© Giliberti / 2007


Voir les commentaires

Published by Michel giliberti - - Peinture et Poésie


Fantome-d-amour.jpg
U
n p’tit coin de paradis qui prend l’eau, c’est pas grave.
Le soleil reviendra et avec lui, les rires.
Les impasses ouvrent souvent sur des boulevards… Alors, j’attends. J’attends le sommeil tranquille, les réveils moins frileux.

J’attends la main sure et le geste de bronze.
J’attends tout d’un futur incertain pour qu’il m’ouvre les portes d’un présent éternel.
J’ai des souvenirs de pierre, tant ils sont su construire ; ce n’est pas l’éboulis d’aujourd’hui qui va tout emporter…
Le jardin s’éternise en automne d’un sommeil bien pesant. Alors, faisons comme lui, mon amour, couchons-nous quelques mois pour renaître au printemps et s’il le faut, couchons-nous pour toujours.

J’ai ta main sur la mienne, ton souffle près du mien, ça vaut tous les voyages…

Voir les commentaires

Published by Michel giliberti - - Michel Giliberti


Renaissance.jpg
Quand dans un ciel rouge sang, la nuit vient  surprendre le jour de son bâillon funèbre, je voudrais arracher tout ce qui est en moi, tout ce qui est sur moi et gueuler, fenêtres grandes ouvertes, ma haine devant la sécheresse, la cruauté, l’enfermement de notre monde nouveau qui se meurt de ne plus savoir vivre.
Incendiés de rumeurs, de clameurs et d’horreur, abreuvés de potins, caquetages et autres médisances, nous gardons bien nos masques et perpétuons l’indécent carnaval… Mais alors que nos corps s’endurcissent de l’odieux, ne se pourrait-il pas qu’un souffle d’air frais, sous la charge de notre inconscience, balaie ces habitudes stériles et ravive les courages.
La fin des masques ?
C’est quand ?

Voir les commentaires

Published by Michel giliberti - - Société


Ariabala-1.jpg
Emmanuel, Jérôme, Franck…Tous les trois étaient là.
Tous les trois pour ce grand tableau assez hermétique qui m’imposa spontanement un titre... 
« Ariabala » .
Je ne sais pas ce que ça veut dire et j'ignore toujours pourquoi ce titre m'est venu à l'esprit.
J’ai fait pas mal de recherches autour de ce nom, ou de ce prénom, mais rien… Rien ne m’a jamais vraiment éclairé, rien ne m'a satisfait.
« Ariabala » cependant, apparaît dans un forum
« persan » en tant que pseudo d’un chatteur.
Faut-il faire un lien direct avec la Perse ?
Est-ce un Iranien inspiré par le titre de ce tableau ?
Mystère...


Voir les commentaires

Published by Michel giliberti - - Peintures


En-verre-et-contre-soi.jpg
Comme un éclat de verre
Transparent et fragile
Je suis là immobile
À traîner sur tes terres.
Comme au coeur d'une guerre
Quand s’installe le désordre
Je ne sais plus que mordre
Dans ton ciel qui m’atterre.

Comme un éclat de verre
 À l’encontre de mes veines...

© Giliberti / 2007


Voir les commentaires

Published by Michel giliberti - - Peinture et Poésie

j'ai un peu le blues ce soir. Il me faut sourire et les souvenirs amusants se ramassent à la pelle
Allez, pas de temps à perdre, un p'tit tour à Menzel-Bourguiba, ma ville natale, autrefois Ferryville !
Promenade-F L'avenue de France, toujours la même, où je me suis tant promené autrefois et où je me promène aujourd'ui encore.
Souvenirs...

... /...I
 l y avait les promenades qui n’en finissaient pas. Une véritable migration. Tout était prétexte à retarder l’heure du coucher jusqu'à l'épuisement pour retrouver le lit dans
un semblant de fraîcheur nocturne ; restaient les moustique, ça c'est une autre histoire !
 On marchait lentement. Pas d'I-phone, pas de portable... pas d'internet. La nuit nous appartenait. De temps à autre, ma grand-mère, ma mère ou une de mes sœurs, opérait un arrêt stratégique qui bloquait tout le monde au milieu de la rue. C’est qu’il s’agissait de faire entendre quelque chose de très important ; quelque chose qui méritait une attention particulière. Quelque chose d’essentiel même, du genre...
– Tu sais que Madame Garcia est enceinte ?
– Non ! Et de qui ?
– De son mari ! De qui tu veux qu’elle tombe enceinte, moche comme elle est ?
Et le groupe des femmes repartait en riant jusqu’à la prochaine halte où, certains soirs, était encore évoqué la fin tragique d'une voisine – la malheureuse madame B. retrouvée morte empalée sur son balai – qui continuait d’agiter les mémoires. Cependant aucune suspicion, autour de sa mort ; elle était tout simplement tombée de son escabeau alors qu’elle nettoyait les carreaux de sa fenêtre et dans sa chute, elle avait fait connaissance avec le manche de son balai "mal placé "à deux pas.
Chaque fois que ce drame était évoqué en famille (inutile de préciser qu’il avait fait le tour de la ville), j’avais la chair de poule, mais dans le même temps, tandis que la promenade reprenait, j’imaginais madame B, infortunée sorcière avec son balai dans le cul, en train de survoler les maisons, et je ne pouvais m’empêcher de sourire.
promenade-Ferryville-2Le café de France sur l'avenue du même nom où nous prenions une boisson fraiche le dimanche, à la sortie du cinéma.

Moi, au cours de ces promenades, je passais mon temps à me cacher derrière les arbres, les angles des maisons et dès que mes parents arrivaient à ma hauteur, je sortais brusquement de ma cachette pour leur faire peur et ils faisaient semblant d’avoir peur, bien sûr.
Parfois on parlait de superstitions et là, c’était moi qui tremblais, et je restais collé à la jupe de maman et au pantalon de papa. Deux de ces superstitions me préoccupaient au plus haut point. La première qui affirmait que lorsqu’un chien aboyait à la mort, quelqu’un passait de vie à trépas dans le périmètre où on l’avait entendu. Du coup, au moindre aboiement dans mon secteur, je commençais à prier fiévreusement et supplier Dieu d’épargner mes parents et d’attendre que je sois majeur avant de me faire connaître un tel drame.
promenade-Ferryville-3Le petit kiosque à musique où des fanfares un peu désuettes jouaient le dimanche et les jours de fêtes.
 
La deuxième enfin, qui assurait que dans les cimetières, quand on fauchait les perles de verre des couronnes mortuaires, on était battu toute la nuit par les morts qui se vengeaient. D'ailleurs, on avait découverts des enfants couverts de bleus au petit matin !

J’étais fou de ces perles violettes ou crèmes, noires ou bleues, mais plutôt mourir que d’en arracher une seule !
En dehors de ces petits écueils, ces errances sur les boulevards, dans les jardins publics et jusque dans les sentiers loin du centre, étaient savoureuses et avaient l’avantage de nous fatiguer avant d’affronter ce sommeil difficile à apprivoiser.

promenade-Ferryville-4La petite place devant le marché... les mêmes bancs, les mêmes réunions amicales... alors je fais le malin et je prends la pause, comme si rien ne s'était arrêté.

Les Tunisiens continuent ce nomadisme citadin, avec l’impression de ne pas savoir où ils vont. Les hommes marchent les mains dans le dos et les femmes les suivent en parlant entre elles et tout comme à mon époque, tandis qu’elles stoppent net leur marche pour préciser quelque chose de très important, le chant des grillons accompagne leurs chuchotements et leurs rires. ... /...

Voir les commentaires

Published by Michel giliberti - - Tunisie

Le blog de Michel Giliberti

Mon travail d'artiste peintre, d'auteur et de photographe...

Hébergé par Overblog