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Le blog de Michel Giliberti


Les-demeures-opiacees.jpg

  O
piacées, si opaques...
Les demeures d’épices
Où tu passes tes nuits
Ne te protègent en rien
Elles consacrent tes rêves
Et enferment les miens
À l’écart du soleil
Aux écarts de midi
Dans ces mauves instants
Qui te clouent à ta couche
Ton regard est en deuil
Sous tes paupières en larmes
Il emporte avec lui
Mes si vastes secrets
Tes sourires de jadis
Et tout autant mes rires
Ces voyages Immobiles
Où tes ailes sont de bois
Ne t’apportent jamais
Que l’écume à tes lèvres
Opiacées, si opaques...


© Giliberti / 2007


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Fantome-d-amour.jpg
U
n p’tit coin de paradis qui prend l’eau, c’est pas grave.
Le soleil reviendra et avec lui, les rires.
Les impasses ouvrent souvent sur des boulevards… Alors, j’attends. J’attends le sommeil tranquille, les réveils moins frileux.

J’attends la main sure et le geste de bronze.
J’attends tout d’un futur incertain pour qu’il m’ouvre les portes d’un présent éternel.
J’ai des souvenirs de pierre, tant ils sont su construire ; ce n’est pas l’éboulis d’aujourd’hui qui va tout emporter…
Le jardin s’éternise en automne d’un sommeil bien pesant. Alors, faisons comme lui, mon amour, couchons-nous quelques mois pour renaître au printemps et s’il le faut, couchons-nous pour toujours.

J’ai ta main sur la mienne, ton souffle près du mien, ça vaut tous les voyages…

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Renaissance.jpg
Quand dans un ciel rouge sang, la nuit vient  surprendre le jour de son bâillon funèbre, je voudrais arracher tout ce qui est en moi, tout ce qui est sur moi et gueuler, fenêtres grandes ouvertes, ma haine devant la sécheresse, la cruauté, l’enfermement de notre monde nouveau qui se meurt de ne plus savoir vivre.
Incendiés de rumeurs, de clameurs et d’horreur, abreuvés de potins, caquetages et autres médisances, nous gardons bien nos masques et perpétuons l’indécent carnaval… Mais alors que nos corps s’endurcissent de l’odieux, ne se pourrait-il pas qu’un souffle d’air frais, sous la charge de notre inconscience, balaie ces habitudes stériles et ravive les courages.
La fin des masques ?
C’est quand ?

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Ariabala-1.jpg
Emmanuel, Jérôme, Franck…Tous les trois étaient là.
Tous les trois pour ce grand tableau assez hermétique qui m’imposa spontanement un titre... 
« Ariabala » .
Je ne sais pas ce que ça veut dire et j'ignore toujours pourquoi ce titre m'est venu à l'esprit.
J’ai fait pas mal de recherches autour de ce nom, ou de ce prénom, mais rien… Rien ne m’a jamais vraiment éclairé, rien ne m'a satisfait.
« Ariabala » cependant, apparaît dans un forum
« persan » en tant que pseudo d’un chatteur.
Faut-il faire un lien direct avec la Perse ?
Est-ce un Iranien inspiré par le titre de ce tableau ?
Mystère...


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En-verre-et-contre-soi.jpg
Comme un éclat de verre
Transparent et fragile
Je suis là immobile
À traîner sur tes terres.
Comme au coeur d'une guerre
Quand s’installe le désordre
Je ne sais plus que mordre
Dans ton ciel qui m’atterre.

Comme un éclat de verre
 À l’encontre de mes veines...

© Giliberti / 2007


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j'ai un peu le blues ce soir. Il me faut sourire et les souvenirs amusants se ramassent à la pelle
Allez, pas de temps à perdre, un p'tit tour à Menzel-Bourguiba, ma ville natale, autrefois Ferryville !
Promenade-F L'avenue de France, toujours la même, où je me suis tant promené autrefois et où je me promène aujourd'ui encore.
Souvenirs...

... /...I
 l y avait les promenades qui n’en finissaient pas. Une véritable migration. Tout était prétexte à retarder l’heure du coucher jusqu'à l'épuisement pour retrouver le lit dans
un semblant de fraîcheur nocturne ; restaient les moustique, ça c'est une autre histoire !
 On marchait lentement. Pas d'I-phone, pas de portable... pas d'internet. La nuit nous appartenait. De temps à autre, ma grand-mère, ma mère ou une de mes sœurs, opérait un arrêt stratégique qui bloquait tout le monde au milieu de la rue. C’est qu’il s’agissait de faire entendre quelque chose de très important ; quelque chose qui méritait une attention particulière. Quelque chose d’essentiel même, du genre...
– Tu sais que Madame Garcia est enceinte ?
– Non ! Et de qui ?
– De son mari ! De qui tu veux qu’elle tombe enceinte, moche comme elle est ?
Et le groupe des femmes repartait en riant jusqu’à la prochaine halte où, certains soirs, était encore évoqué la fin tragique d'une voisine – la malheureuse madame B. retrouvée morte empalée sur son balai – qui continuait d’agiter les mémoires. Cependant aucune suspicion, autour de sa mort ; elle était tout simplement tombée de son escabeau alors qu’elle nettoyait les carreaux de sa fenêtre et dans sa chute, elle avait fait connaissance avec le manche de son balai "mal placé "à deux pas.
Chaque fois que ce drame était évoqué en famille (inutile de préciser qu’il avait fait le tour de la ville), j’avais la chair de poule, mais dans le même temps, tandis que la promenade reprenait, j’imaginais madame B, infortunée sorcière avec son balai dans le cul, en train de survoler les maisons, et je ne pouvais m’empêcher de sourire.
promenade-Ferryville-2Le café de France sur l'avenue du même nom où nous prenions une boisson fraiche le dimanche, à la sortie du cinéma.

Moi, au cours de ces promenades, je passais mon temps à me cacher derrière les arbres, les angles des maisons et dès que mes parents arrivaient à ma hauteur, je sortais brusquement de ma cachette pour leur faire peur et ils faisaient semblant d’avoir peur, bien sûr.
Parfois on parlait de superstitions et là, c’était moi qui tremblais, et je restais collé à la jupe de maman et au pantalon de papa. Deux de ces superstitions me préoccupaient au plus haut point. La première qui affirmait que lorsqu’un chien aboyait à la mort, quelqu’un passait de vie à trépas dans le périmètre où on l’avait entendu. Du coup, au moindre aboiement dans mon secteur, je commençais à prier fiévreusement et supplier Dieu d’épargner mes parents et d’attendre que je sois majeur avant de me faire connaître un tel drame.
promenade-Ferryville-3Le petit kiosque à musique où des fanfares un peu désuettes jouaient le dimanche et les jours de fêtes.
 
La deuxième enfin, qui assurait que dans les cimetières, quand on fauchait les perles de verre des couronnes mortuaires, on était battu toute la nuit par les morts qui se vengeaient. D'ailleurs, on avait découverts des enfants couverts de bleus au petit matin !

J’étais fou de ces perles violettes ou crèmes, noires ou bleues, mais plutôt mourir que d’en arracher une seule !
En dehors de ces petits écueils, ces errances sur les boulevards, dans les jardins publics et jusque dans les sentiers loin du centre, étaient savoureuses et avaient l’avantage de nous fatiguer avant d’affronter ce sommeil difficile à apprivoiser.

promenade-Ferryville-4La petite place devant le marché... les mêmes bancs, les mêmes réunions amicales... alors je fais le malin et je prends la pause, comme si rien ne s'était arrêté.

Les Tunisiens continuent ce nomadisme citadin, avec l’impression de ne pas savoir où ils vont. Les hommes marchent les mains dans le dos et les femmes les suivent en parlant entre elles et tout comme à mon époque, tandis qu’elles stoppent net leur marche pour préciser quelque chose de très important, le chant des grillons accompagne leurs chuchotements et leurs rires. ... /...

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La-cour.jpg
Les princes se cachent souvent au fond des cours
Ils capturent vos plaintes et tempérent vos cris
Mais alors qu’ils vous offrent l'encens
  Les étoffes et puis Dieu
 Vous recevez aussi
L'eau des larmes
De leurs yeux
Sans amis.


© Giliberti / 2007

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Moez-a-Beja-2.jpgC’était là, pas ailleurs,
À midi
    Dans Béja...
C’était là, dans ces heures
D’un lundi

Et déjà,
C’était moi, comme un autre
Arrêté
Sous ton ciel.
C’était toi, pas un autre
Dans l’été
Surréel.

C’était là, pas ailleurs
À midi
  Dans Béja…
J’étais là, bafouilleur
Ébloui
Presque las,
Devant toi, sombre épice
Qui s’émane
En soirée,
Comme le sourd maléfice
D'un arcane
Assuré.

© Giliberti / 2007
Moez-a-Beja-2.jpgMoez-a-Beja-2.jpgMoez-a-Beja-2.jpgMoez-a-Beja-2.jpgMoez-a-Beja-2.jpgMoez-a-Beja-2.jpgMoez-a-Beja-2.jpg

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les-ailes-mortes-du-desir.jpgIl parlait à ses rêves comme on parle à ses morts…
Les chemins balayés par les vents brûlants du désert ouvraient bien des clartés, mais sans cesse, devant lui, l’oiseau mort oscillait au fronton des palais.
Ses rancoeurs, ses frayeurs et ses ressentiments vivaient là bien au chaud dans sa tête meurtrie.

Il parlait à ses rêves comme on parle à ses morts…
Un langage inutile à l’orée de ses frasques ; un sourire d'arme blanche pour ses rêves à venir à l’usure de son cœur.
Il parlait à ses rêves comme on parle à ses morts…

Et je garde la blessure de ses gestes de sang, comme on garde en mémoire le parfum de l’amant.
Et la foule ne voit que ses yeux qui s’engagent, alors même qu’ils s’éteignent au milieu des sourires.

Il parlait à ses rêves comme on parle à ses morts…

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taouage-B-
Les tatouages au henné (henna) font partie de la tradition tunisienne.
Moi j’aime particulièrement celui-ci, qui pendant les mariages, enflamme simplement l’ongle du petit doigt des hommes invités aux cérémonies festives.
Cette discrétion, comparée à la sophistication des tatouages féminins, m’a toujours séduit et intrigué.
C’est un petit bijou corail qui me touche beaucoup, surtout quand il parre la main d'un ami ; il trahit ainsi ses nuits de danse et de veille, ces nuits où il disparaît, ces nuits où il retrouve les rites de sa culture, les rites qui ajoutent à ses mystères et pimentent sa séduction…
Et moi, imaginer tous ces ongles incandescents au bout des gestes gracieux de ces hommes qui dansent me ravit plus encore.

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Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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