Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le blog de Michel Giliberti

<< < 10 20 30 40 50 60 70 80 81 > >>
Ce tableau, comme la plupart de ceux qui mettent en avant la blessure et l’oiseau, est un de mes préférés. Il traduit assez bien ce que je voulais y installer : une douleur présente, ardente, comme une chair qui habillerait la mienne. Une douleur avide de me consumer.
Le vol de l’oiseau, symbole de liberté, est interprété ici comme le vol qui conduit en prison.
De mes territoires d’enfance, de cette prison d’amour, je n’ai rien gagné d’autre que l’évasion obligée. Un saut dans le vide dont la chute permanente me donne toujours à frémir.


Voir les commentaires


Dans la palmeraie de Tozeur, le jardinier m'offre des fleurs qu'il vient de cueilir © Giliberti - 2006


La nuit prochaine, nous retrouverons les horaires d'hiver.
Les télés et les radios nous le martèlent déjà depuis ce matin.
Impossible d'y échapper !
D'une certaine façon, il faut se préparer à une hibernation aménagée et souvent douillette, mais une hibernation quand même.
Moi, je préfère l'heure d'été, parce qu'il y est dit que c'est l'été et quand c'est l'été, les nuits s'agrandissent et avec elles, mes yeux.
J'aime les mois de chaleur, ils prennent mon corps en main et m'ouvrent les portes de l'exil.
Il me donnent l'envie de me perdre dans ces pays qui sont en été toute l'année.
Il y a quelques années, je suis resté à la Réunion quelque temps avec mon ami. C'était assez fantastique. Je me souviens des longues promenades dans la nuit sur le sable tiède de la plage. Au son des djembés que des jeunes gens faisaient résonner, des familles étaient réunies pour faire griller des poissons multicolores autour de grands brasiers et le lourd parfum des fleurs des arbustes côtiers était si fort que j'avais une idée de ce qu'on peut attendre du bonheur sur Terre, même si le mien est en Tunisie, à l'ombre verte des palmeraies de Nefta ou de Tozeur.
Alors, comme chaque année, je vais retarder d'une heure les aiguilles de mon réveil et attendre tout un hiver qu'on m'annonce à la télé et à la radio qu'il faut maintenant les avancer d'une heure... Triste manège sans musique qui tourne dans le grand vide de mon cerveau qui ne capte plus grand-chose depuis quelque temps. Depuis que je me prends à rêver qu'il existe des ailleurs chimériques où le temps n'a pas le même sens qu'ici et qu'au lieu de m'emporter directement à la fin du parcours institué, il m'emmène par des détours initiatiques, où la vie n'est certainement pas cette grande horloge imposée, rythmée par les tics et les tocs du travail, de la possession, de la rentabilité.
À l'heure où la science révèle la moindre de nos traces génétiques, on nous oblige à gommer la principale, la seule trace atavique qui vaille la peine, celle qui consiste à jouir de la vie.

Percée dans la palmeraie de Tozeur © Giliberti - 2006

Voir les commentaires

Encore un jour.
Un jour sans nuit.
Mes yeux savaient l'obscur
Quand tu les allumais.
Le coeur des hommes est si fragile
Sous ses blessures singulières.
Pourquoi ton chant s'élève haut
Et me renvoie à tes chevilles ?


© Giliberti - 2006

Moez à Beja/Photo Michel Giliberti © Giliberti 2006

La nuit,
Quand tout se tait,
Mon cœur,
Fait un tel bruit…

© Giliberti - 2006

La campagne de beja/photo Michel Giliberti © Giliberti 2006

Voir les commentaires

Un bout du jardin à l'automne © Giliberti - 2006

C’est l’automne déjà
Et c’est déjà l’ennui
C’est l’eau morne dans le puits
Les fougères qui se plient.
C’est l’automne déjà
Et c’est déjà l’hiver
Alourdi du silence
Des oiseaux qui se taisent.
Je me tais moi aussi
Attentif à l’été
Qui m’étaie en pensée.
Et qui tait mes regrets.

© Giliberti - 2006

Automne à Tozeur © Giliberti - 2006

Voir les commentaires

J'ai longtemps pensé que la poésie, quand elle n'est pas poésie de salon, était le moyen de tous les combats.
René Char pour la France, ou Mahmoud Darwich pour la Palestine, pour ne citer qu'eux, ont su trouvé les mots suffisamment grands, forts et subtils pour éclabousser de courage les gens de coeur et faire grandir les esprits.
Aujourd'hui, les poètes combattent toujours...
La révolte existe, on la retrouve la plupart du temps dans les textes de certains rappeurs.
Leurs poésies âpres, souvent violentes, magnifiques ou incendiaires, sont malheureusement enfermées dans un vocabulaire codé et dans une imagerie précise, nourrie du look et des mots de la banlieue. Elles ne permettent pas toujours de les comprendre ni ne donnent l'envie de s'associer à la révolte qu'elles clament. Hélas chacun de nous, attaché aux mots qu'il connaît ne fait pas l'effort d'en découvrir d'autres et si les mots ne dévoilent pas les maux, comment prendre conscience du mal des banlieues ? Dès lors, la rupture se crée. L'idée du combat doit être fédératrice, sinon elle est condamnée à la clandestinité... Or les banlieues ne doivent pas devenir le maquis.
On peut me rétorquer que la révolte est bien obligée de naître et de vivre du milieu qui la nourrit, mais il ne faut jamais oublier que toutes les révoltes réussies sont celles qui ont été comprises de tous.
En 1968, les ouvriers ont rejoint les étudiants parce qu'ils avaient compris leur message. Un vrai mouvement de contestation a éclaté et en remontant dans l'histoire, on retrouve toujours ces unions... jusqu'à la Révolution française, jusqu'à la République.
Moi qui suis un inconditionnel des textes de rappeurs depuis toujours, moi qui ai lu des textes qui m'ont fait pleurer tant ils étaient forts... j'enrage de voir tant de gens les ignorer ou n'en retenir que ce qui les condamne parce qu'ils ne comprennent pas cette langue-là...
Quel gâchis ! Alors que nos conditions d'hommes asservis à un système sont les mêmes !

              Acquis... la prison !
                  À qui le soleil ?
                      Acquis... l'obédience !
                          À qui le pouvoir ?
                              Acquis... la misère !
                                  À qui le profit ?
                                      Acquis... l'hilotisme !
                                          À qui la main mise ?


In « Bleus d'attente » de Michel Giliberti aux éditions Librairie Galerie Racine - 2001

Voir les commentaires

On n’est pas prêts d’oublier cette sordide histoire de bébés français retrouvés congelés en Corée (question de coût ?) qui a agité l’actualité ces derniers temps au point de monopoliser la première partie des infos toutes chaînes confondues.
Dans cette sale et froide affaire de congélateur bien garni, je reste sur ma faim quant à la non-responsabilité de Monsieur Picard… Qu’il ne se soit pas aperçu à trois reprises que sa femme était enceinte, si givré soit-il, je l’accepte volontiers ; tant d’hommes sont si indifférents à leurs épouses et, comme pas mal de machos, Monsieur Picard, après tout, pouvait ne jamais remarquer si sa moitié changeait de coiffure ou de toilette et à fortiori, si elle grossissait… mais de là à ne pas s’interroger sur les deux paquets de viande jamais utilisés qui reposaient dans le congélo… il y a une marge. Était-il si indifférent à tout ? Indifférent au point de ne pas ouvrir le frigo ? Dans ce cas, on peut penser que Madame Picard est une victime et que lassée par la froideur de son mari, elle a voulu briser la glace et « attiser » son attention. Tous les moyens ont dû y passer, mais hélas, Picard devait rester enfermé dans son igloo mental… Alors, la malheureuse s’est ingéniée à le séduire avec quelque chose qui lui ressemblait et pour vouloir trop en faire, elle est tombée dans ce triste fait d’hiver qui donne froid dans le dos.
Ce dont on est certain, c’est que ces deux malheureux petits grêlons n’auront jamais connu les joies simples de la vie, dans la douce chaleur d’un foyer… rien, ni l’amour, ni le sport… Juste un « hoquet » sur glace, avant…
 

Voir les commentaires


Voilà… les toiles de ma prochaine exposition sont terminées.
C’est un moment particulier. Un moment qui me donne à penser qu’une page est tournée, qu’une mission est remplie.
C’est aussi un mélange de plaisir et de nostalgie, car qui dit : « exposition » dit : « privation » de toutes les toiles qui m’ont accompagné pendant des mois. Désormais, elles vivront en galerie. Elles ne m’appartiendront plus.
Pour pallier ce manque, j’en garde une ou deux et beaucoup de mes dessins préparatoires.
J’ai un mal fou à me séparer de mes dessins, car à la différence de mes toiles qui demandent tant de temps, de constructions, d’investigations, mes dessins répondent vite à mes exigences, et me sont donnés comme autant des cadeaux. Le matin, ils n’existent pas ! Quelques heures après, ils sont là, vivants, encore porteurs de toutes mes intentions de création.
Je garde surtout les dessins que je fais lors de mes séjours en Tunisie à Sidi Bou Saïd ; ceux-là sont si proches de moi que les vendre me torturerait. Alors, je les encadre et les accroche aux murs de la petite maison blanche que j’abandonne tout un hiver. Ils gardent une trace de moi dans l’absence.
Cette année, Salim Kechiouche a été l’un de mes modèles (entre autres). J’avais eu l’occasion de le rencontrer alors qu’il interprétait le rôle du jeune Palestinien Jihad dans ma pièce « Le centième nom », puis de mieux le connaître. J’ai beaucoup aimé le peindre, j’ai beaucoup aimé le photographier.
Quand je partage mon quotidien pendant des mois avec un modèle, c’est-à-dire être quand je suis en face d’une toile qui le représente, il se crée entre lui et moi (même s’il n’est pas forcément là) une sorte de voyage abstrait et pourtant à vif qui m’apprend beaucoup de choses sur ma psychologie. Ainsi, je ne comprenais pas pourquoi dans chaque tableau de Salim, je me sentais obligé d’installer quelque chose qui se rapportait à l’oiseau, d’en faire presque une thématique. Avec le temps, j’ai interprété que Salim, malgré nos rapports amicaux et de nombreuses confidences partagées, restait par pudeur suffisamment inaccessible, sauvage même… Inapprivoisable, comme les oiseaux de mon enfance.
Quoi qu'il en soit, toutes ces inquiétudes se sont apaisées quand je l’ai compris et j’ai pu terminer, presque serein, mon long travail.
Un voyage prend fin, un autre m’attend qui m’inspirera, un autre m’attend qui m’emportera sur ses ailes.
Photo de Salim Kechiouche par Giliberti © 2006


Voir les commentaires

Puissent un jour bleu de grand éveil
Les larmes de la Palestine
Au fond de nos mémoires frileuses
Baigner et rafraîchir nos sens
Remplir les vides de nos consciences
Et n'avoir pas coulé pour rien.

M.G. In "Voyage secret Tunisie" Editions bonobo - 2004

Voir les commentaires


Et quand tes yeux regardent là-bas,
Les miens ne voient que toi.

In "Bleus d'attente" MG 2001

Voir les commentaires

Les nanoparticules sont en passe de devenir dans les prochaines années les éléments fondamentaux pour combattre les maladies, notamment le cancer de la prostate.
Oui, tout ce qui est petit est prometteur !
Les scientifiques nous l’affirment.
Si on se réfère à leur expérience, nous devrions faire confiance à Nicolas Sarkozy, notre futur nanoprésident pour guérir la France de son cancer dont les métastases en banlieues font des ravages ?
Les nanosciences, les nanotechnologies, les nanoparticules, les nanorépubliques, les nanodictateurs… une loi des séries en quelque sorte ?
Je ne sais pas si on va sortir grandi de cette Histoire !


Cliquez ci-dessous
vous en saurez plus sur les nanovocations !

Voir les commentaires

Le blog de Michel Giliberti

Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

Hébergé par Overblog