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Le blog de Michel Giliberti

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Bohringer l'Africain.

Hier matin, à l’émission Le fou du roi, j’ai entendu Richard Bohringer parler, en compagnie de sa fille Romane, du film dont il est l’auteur et qui se passe en Afrique.
C’est beau une ville la nuit.
Et c’est beau un mec comme lui, en matinée ! ça fait un bien fou de l’entendre ! ça décrasse les oreilles. Il parle si bien de ce pays fascinant. Chacune de ses envolées surprend, car chacune, humble ou flamboyante, vient du cœur. Il n’a pas le souci de composer, ni de tomber dans un misérabilisme de salon dès qu’il s’agit de décrire la souffrance d’un peuple. Non, il veut juste faire partager sa sensibilité, son émotion, son amour pour cette terre d’Afrique qui lui a tant donné, jusqu’à l’envie d’en obtenir la nationalité.
Beau contraste, à l’heure de « l’immigration choisie », belle chaleur et clameurs nouvelles dans l’espace étroit de nos vies coutumières.
Oui, il y a des hommes, des baroudeurs magnifiques qui s’offrent à l’inverse des héros pâlots de contes de fées, des histoires où les princes et les princesses sont noirs, de la plus belle des couleurs, de la plus somptueuse qui s’oppose à celles, criardes, du racisme.


Richard Bohringer et sa fille Romane qui joue dans ce film sont un peu de soleil dans l’eau froide, une éclaboussure de printemps en plein nouvel hiver… l’image d’un père et d’une fille comme je les aime, comme j’aimais celle de Serges Gainsbourg et de Charlotte. L’image d’une complicité créative.



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Le 23 novembre, date de mon prochain vernissage, approche à grands pas. Avant de poster quelques photos de mes derniers tableaux, je mets en avant un de ceux que je porte dans mon coeur et qui illustra l’affiche d’une de mes expositions, il y a quelque temps déjà. Il met en scène ce que j’ai toujours aimé dans la peinture ; la tragédie dans un grand souffle allégorique. J’ai toujours eu un faible pour ce genre et en particulier pour le Radeau de la Méduse que j’ai déjà évoqué dans l’un de mes précédents articles (l’inconséquence).
Même si je ne pensais pas à ce tableau pendant que je construisais le mien, mon inconscient a dû me guider. En premier plan, on voit un homme accablé et soutenu par un autre qui semble appeller au secours. Il y a bien de la tragédie dans l’air… Derrière c’est le vide resserré autour d’une construction en bois, une sorte d’épave en forme de croix désarticulée comme l’image d’une religion qui s’abîme.
Je ne sais plus tout à fait ce qui me poussa à ajouter, dans les derniers moments alors que je pensais avoir tout exprimé, un poisson retenu par le personnage du premier plan, un poisson emmailloté comme une momie, ou un bébé… Un Moïse totémique partant à la dérive ? Méduse, poisson, mort, bébé, naissance, prophète, eau… Commencement de la vie ?… Fallait-il encore un Dieu au-dessus de ce bûcher de l’athéisme ? Peut-être. Mon éducation catholique a de toute évidence laissé des traces… Si ces dernières contredisent parfois l’athée que je suis devenu, elles ouvrent aussi les portes du mysticisme dans certaines de mes créations et alors, je ne vois aucun inconvénient à être imprégné des contes et des légendes.
Aussi, pour être en accord avec mon inconscient, j’ai choisi un Dieu qui n’embête personne : Poséidon.
De tant de légèreté, seuls mes héros, ces « enfants de Poséidon » semblent souffrir de n’avoir pour Dieu, que ce père-là… ou l’inverse.

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Au lendemain de notre soirée d’hier me viennent quelques réflexions…

L’occident vit dans ses secrets, à l'image d'une famille qui préserverait ses enfants et ses petits-enfants de tout ce qui, par le passé, l'a fait basculer dans l’impardonnable.
Ainsi se perpétuent les mensonges qui confortent la morale et font croire à la virginité de tous les abus.
Brûlante ou non, notre mémoire ainsi réhabilitée nous assoit dans l’idée que nous sommes un bon peuple. J’aime à le penser moi aussi, c’est plus reposant.
Pourtant, certains soirs de tourmente, je reçois la conscience collective en pleine gueule et j’ai du mal à vivre l’hypocrisie derrière laquelle nous nous protégeons.
Le verbe de l’occident tente de nous faire oublier le barbarisme et l’esclavagisme par un discours poli et un « mea-culpa » théâtral des responsables de l’état en fonction des aléas sociaux. Hélas ! tout se perpétue. La négation des hommes est toujours d’actualité. Les conditions de vie, malgré les apparats, sont une tragédie organisée.
Il n’existe aucune réelle conscience politique, aucune ardeur à combattre les inégalités.
Le pouvoir n’encense que la performance… le reste n’est pas considéré sauf en terme « compassionnel ».
Il n’y a aucune proposition de rénovation sociale et cette brèche ouvre la voie aux arguments les plus simplistes. Nous sommes même dépossédés des simples bonheurs dont on pouvait, hier encore, adoucir notre quotidien. Tout a basculé dans une orgie, une surenchère de la seule possession matérielle à grand renfort de slogans sur la croissance.
Il n’y a plus un seul discours sans une armada de chiffre qui nous fait sombrer dans l’imposture.
Alors que lorsqu'on n’avait rien, nous avions tout !
Dans un système qui est parvenu à nous rendre si dépendant de l’inutile, il nous est insupportable de ne pas tout avoir. Dès lors se réveille le mysticisme qui sommeille en nous depuis l’aube des temps. Plutôt croire en tout que ne rien posséder. Dès lors, les guerres saintes ne sont plus très loin.

De toutes les choses mystiques dont la science parvenait à nous éloigner pour le plus grand bien de l’humanité, l’obscurantisme affiché du libéralisme qui bafoue notre condition d’homme nous pousse malheureusement à nous les réapproprier.
Dès lors pour certains d’entre nous, le discours religieux qui accrédite le mythe de l’espèce supérieure parvient à transformer l’idéalisme en fanatisme et nous rentrons de plain-pied dans une histoire funeste qui nous prive de notre Terre mère.
« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » comme dit Rabelais.

À propos de Rabelais…, hier soir on a bien bu et on a bien mangé, Vain Dieu !
Agnès et Marie-France avaient préparé les desserts, Jean-Charles, le hors-d’œuvre, moi, le plat principal, Robert et Remy… qu’est-ce qui z’ ont fait ?… ben rien… y z’ ont causé et y z’ ont beaucoup mangé… surtout Raoul ;-)


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Moez est un de mes modèles préférés. C’est aussi un ami. J’aime beaucoup traduire sa mélancolie au fil des nombreuses toiles que je fais de lui. Il a une façon amusante de poser. Chaque fois que je lève mon regard sur lui, il me fait un clin d’œil, sourit, et reprend son sérieux.
Au début, il n’aimait pas poser, mais l'année dernière, lors de mes expositions à Carthage et à Bizerte, après s’être vu sur plus de vingt toiles de grand format, ça a été le choc. Il ne s’attendait pas du tout à ça. Mon travail, même s’il le connaissait déjà à travers des livres ou des affiches, ne déclenchait chez lui que la curiosité.

                        Maison de la culture Cheikh idriss / Bizerte


Le soir du vernissage et les jours qui suivirent, des jeunes gens garçons et filles s’intéressèrent à lui, lui posèrent un tas de questions, un journal écrivit même « Moez, le héros de l’exposition ». Je me souviens qu’à la lecture de ce papier, il a rougi. Il réalisait enfin tout le chemin parcouru depuis les simples poses sur la terrasse, à la campagne, ou à la maison, jusqu’au rendu final. Depuis il apprécie ces moments privilégiés entre un artiste et son modèle.
À la fin du vernissage de Bizerte, Jean-Charles mon compagnon, Jalila, ma grande amie, ses enfants, et Moez bien sûr, sommes tous allés à Gammarth dans un bar branché en plein air où nous avons bu pour nous détendre de la longue soirée… À un moment, au milieu des rires et de la musique, Moez s’est penché à mon oreille et m’a avoué qu’il était heureux, comme jamais. Il a ajouté : « J’ai le moustique… » (Son expression pour dire qu’il était un peu ivre.)
Il faisait chaud, l’air était embaumé. Dans l’ambiance tamisée, une piscine éclairée de l’intérieur nous renvoyait le cristal bleu électrique de son eau. J’étais heureux. J’avais tous ceux que j’aime autour de moi, mon exposition avait fait grand effet et j’étais sur ma terre natale…
De beaux souvenirs…


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Découverte d’un bébé français… congelé dans son propre pays ! Concurrence directe pour la congélation de bébés français en Corée.
Pendant ce temps les banlieues s’échauffent, les bus s’enflamment, la banquise se barre en eau, les euros fondent entre les doigts et la nouvelle génération… voilà qu’on nous la congèle !
Quel malheur !
La mondialisation n’a pas fini de nous surprendre et de nous donner des frissons. Brrr !!!
Dans la série des choses qui refroidissent, des choses qui feraient même pleurer de rage, j’ai une pensée toute particulière pour ces malheureux sans-abri dont une fois encore on redécouvre en hauts lieux, maintenant que l’hiver est là, qu’ils vont avoir froid et que certains crèveront… comme des chiens !

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La peinture véhicule un message qui ne doit pas se réferer au seul discours "intellectuel" mais aussi à la signification du quotidien et des souffrances qu'il engendre.
Je ne peins pas pour tous mais pour chacun.


  Quand s’exhale la haine
De leurs mots en exile
        Vers ceux-là qu’ils exècrent,
                  J’ai pitié de ces gens                    
 J’ai pitié de leur peu.

         Quand l’obscur des discours
        Qu’ils brandissent au soleil
 Se suffit d’être sourd
 J’ai pitié de ces gens
   J’ai pitié de leur vide.

        Quand le rose d’une étoile
Constella notre ciel
      Et combla les charniers
         La chaux vive fut la seule
            À blanchir leurs mains sales.

© Giliberti


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       Le voyage d’amour s’acheva
       A la halte d’un panneau d’infortune,
       Que le rose ne rendait pas moins infâme !

        Poème inscrit sur la toile © Giliberti - 2006


       Ils étaient seuls,
       Pacifiques et meurtris,
       Sous le rose insigne
       Des barbares qui bleuirent leur peau…

        Poème inscrit sur la toile © Giliberti - 2006

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J’écoute Jehro, Continuando… une chanson que je mets en boucle depuis quelques minutes. Une chanson dont la mélodie pleine de soleil et de tristesse  m’atteint comme aux jours de fin d’été, quand, à contempler une plage vide, on réalise que les heures orgueilleuses passées à ne rien faire redeviendront bientôt des heures barbares.
Mais ce n’est pas exactement ce que j’éprouve… J’ai parfois l’impression que l’écriture manque d’elle-même et non des mots dont on croit qu’ils suffiront… juste d’elle-même, ou plus sérieusement d’une « sous-écriture », qui serait au plus près de la pensée.
Une « sous-écriture », comme une langue qui traduirait mes phrases et exprimerait davantage, comme mon reflet dans une flaque d’eau qui me prolongerait.
L’exigence que je soulève est un leurre, une invention de mon cerveau malade de n’être jamais complice de mes appropriations. Le sang qui coule dans mes tableaux est, tout autant que dans mon écriture, un signe d’hémorragie métaphysique dont les racines plongent dans l’enfance.
Plus j’avance sur ce chemin étrange de la résistance à la mort, plus je m’aperçois que tout est beau, mais aussi dénué des critères symboliques que je lui accordais jusqu’ici.
Où se trouve la spiritualité vers laquelle je tente de m’élever, moi l’athée inspiré ? Mon ambition a ses limites.
Et voilà, je voulais dire que j’aime la Terre, mais une fois encore, mes phrases, aussi libres que moi, m’ont trahi.
L’écriture, ce troc de la pensée entre les lecteurs et les auteurs, aura été la forme substantielle de ma vie.
Même quand je peins.
Même quand je joue d’un instrument.
Même quand je me fuis.
Elle m’aura permis de terminer la rédaction de deux nouveaux romans (l’un d’eux évoque mon enfance en Tunisie). Il faut d’abord que je m’en imprègne avant de les laisser s’échapper, que je cherche encore la « sous-écriture ».


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Lula, le président brésilien triomphalement réélu dans son pays a dit cette phrase qui de nos jours peut paraître singulière : « Il vaut mieux construire des écoles que des prisons ».
Ces mots si simples sont à l’image des gens de bon sens. Ils me donnent confiance en l’humanité et me font oublier le petit agité des épaules qui argumente l’autorité, la punition, la tolérance zéro et brandit le spectre de l’insécurité et de la prison sans se soucier des conséquences de l’incarcération qui fera d’un bleu à l’arrivée, un homme aguerri à la sortie ; une espèce de guerrier de l’ombre prêt à détruire une société prétendument éclairée…
La haine, c’est beaucoup d’amour ignoré…


De tous les clairs obscurs
Bleuis de tant de larmes
Celui que je préfère
Se pose sur tes cernes

De tous les souffles amis
Privés de la poussière
Celui que je préfère
Arrive de ta gorge
De toutes les prisons
Fondées sur l’injustice
Celle que je préfère
M’enferme à tes mensonges.

© Giliberti - 2006

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"C'était un vol silencieux, noir et brillant, un bonheur pervers émaillé de toutes les chimères restituées. Je vivais le miracle, l'oasis silencieuse que le mirage rend palpitante. Je l'ai aimé à en crever, et cette alliance de cuivre n'allait me laisser que le sulfate du vert abandon."

In "Neiges d'octobre" - Editions Cylibris

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