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Le blog de Michel Giliberti

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Ce tableau a une histoire : il me fut volé par un petit escroc qui s’était proposé de m’exposer sur un stand à La Bastille dans le cadre du Grand marché d’art contemporain, c’était en 97.
Je vous passe les détails, et voilà… À la fin de cette manifestation, ce mec embarqua la plupart de mes grands formats dans un camion afin de me les ramener chez moi, mais lui et son véhicule se sont volatilisés dans la nature. Je lui avais fait confiance, car je trouve toujours touchant quelqu’un qui se bat pour l’art et son énergie avait de quoi séduire.
Je dois ajouter qu’étant exposé depuis 1981, j’avais rencontré pas mal de gens dans la profession qui m’avaient parlé de lui en termes rassurants.
Après cette escroquerie, j’ai eu un deuxième son de cloche, mais un peu tard.
Un de ces tableaux volés a été vendu à Drouot… Un comble !
Je l’ai su trop tard… Mais j’avais un faible pour celui-là pour sa beauté et pour son humour : « Mon Saint Sébastien ne risquait pas grand-chose devant de tels soldats… »


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Seize heures à Tunis
La médina somnolait sous juillet
Mehdi fumait en silence,
Moi je méditais...
Mehdi me dit "j'aimerais connaître Paris !"
Je lui dis "j'aimerais connaître Mehdi !"
Un marchand de pétales de rose passa...
Rose de Damas,
Paris d'ailleurs
Tunis de ces heures.

In bleus d'attente © Giliberti

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Tu n’as rien vu de mes ailleurs
Tu n’as rien cru de mes là-bas.
Tes noires errances, ta cécité,
Ont eu raison de mes patiences.
J’ai frappé,
Hurlé, au calme de l’eau
J’ai maudit,
Supplié dans la poussière
Mais rien…
Tu refusais mes vastes routes,
Je reculais dans tes sentiers.
De nos voyages impossibles,
J’ai dû tirer un trait marine
Et dire adieu à l’ocre ennuie.

In "Bleus d'attente" © Giliberti / 2006

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    Moi qui sors si peu, j’ai été obligé ces jours-ci de faire pas mal d’aller-retour professionnels et ainsi hier à midi, avec mon ami, je mangeais dans la cafétéria d’une aire d’autoroute.
Nous étions tout à notre conversation entrecoupée de fous rires, quand un couple et sa petite fille se sont attablés pas très loin de nous.
La petite fille avait de grands yeux d’un bleu limpide et semblait s’étonner de tout ; la cafétéria bondée aiguisait sa curiosité et elle posait des questions à ses parents sur tout ce qu’elle découvrait.
Hélas ! ses géniteurs, noyés dans une lassitude bien installée, ne lui répondaient pas. Visiblement agacés par chacune de ses questions, ils se contentaient de froncer les sourcils ou lui ordonnaient de manger et se taire.
Au cours du repas, la petite fille s’obstina longtemps à communiquer avec eux, puis doucement, s’apercevant que rien ne parvenait à les distraire de leur apathie et de leur indifférence, elle sortit d’un petit sac à dos une poupée Barbie un peu défraîchie et commença à lui raconter plein de choses comme à une vraie confidente.
Les grands yeux bleus de la gamine étaient cependant un peu moins vifs qu’à son arrivée, quand tout l’enchantait.
Parents Barbants… Poupée Barbie !

Quelle misère !

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Voici "Les trois béliers" un nouveau tableau avec Emmanuel, mon modèle depuis 1994.
Et ci-dessous "Les cordes rouges" une oeuvre plus ancienne, toujours avec Emmanuel.
Avec Franck et Moez (deux autres de mes modèles habituels), il est l’ami fidèle, le passeur de mes idées, celui qui me donne la certitude que le voyage se fera.
C’est important pour moi de travailler avec les mêmes personnes.
Ainsi il en va d'Hamid, mon galeriste depuis tant d'années.

Cette famille-là me rassure.
Elle crée la dimension de l’attachement et n’empêche pas les escapades… qui resserrent toujours davantage les liens.



 

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Les grandes surfaces sont la source de bien des anecdotes qui me passionnent.
Ce matin, par exemple, au rayon fromage, il n’y avait personne. J’ai attendu un peu, enfin une vendeuse se présenta. Curieusement, elle ne se tracassa pas du tout de ma présence ni même de ce que je pouvais désirer… Elle se contentait d’empiler avec minutie des sacs plastique.
Au bout de quelques instants, fatigué par cette rigoureuse obstination et son indifférence, je la questionnai : « Pourriez-vous me servir, s’il vous plait ? »
Elle ouvrit enfin ses yeux sur moi et me découvrit ! Alors, avec un sourire innocent, elle me répondit : « Je peux pas vous servir, je suis pas « fromage », je suis « poisson », je suis là que pour chercher des sacs plastique, j’en manque. »
Et voilà... cette jeune fille qui doit s’appeler Patricia, ou Solange, voir encore Vanessa ne s’est présentée que sous le bel appellatif que sa fonction abrutissante lui a inspiré… Poisson !
J’espère qu’une fois chez elle, elle parvient à oublier ce doux prénom imagé et qu’elle ne se considère pas comme la Morue de son mari… À moins qu’il travaille au rayon Surgelés et là, tout rentre dans l’ordre…

Quelle misère !!!


Et pour oublier le rayon "poissons"... Le port de Bizerte.
Photo © Michel Giliberti - 2006

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Alors que je roulais tranquillement sur la route sinueuse qui mène à la ville, je vois inscrit au fronton d’une boîte de nuit hétéro bien connue dans ma région qu’il y avait désormais un espace « gay et gay friendly ».
Sur le coup, je me suis dit « Génial ! les mentalités changent en province », mais deux tournants plus loin, j’ai pensé que le mot espace faisait assez « réserve ».
Entre les espaces « fumeurs », les espaces « non-fumeurs », les bandes de séparations dans les banques entre clients aux guichets et clients qui attendent…
Tout est vraiment fait pour nous donner l’envie de vivre ensemble !
À quand un espace « noirs », un espace « maghrébins », un espace « chômeurs », un espace « salariés », un espace « obèses », un espace « anorexiques », un espace « malades », un espace « en bonne santé » ?
J’espère que ce jour-là, on aura la bonne idée de créer aussi un gigantesque espace « gros cons » parce que formatés comme nous le serons, il y aura foule !

Quelle misère !

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Encore un jour.
Un jour sans nuit.
Mes yeux savaient l’obscur
Quand tu les allumais.
Le cœur des hommes est si fragile
Sous ses blessures si singulières.
Pourquoi ton chant si haut
Me renvoie là, à tes chevilles ?

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    Hier, je faisais mes courses dans une grande surface quand au détour du rayon biscuits, j’aperçus une femme brutaliser son petit garçon, de deux ans environ, qui, du fond du chariot qu’elle poussait, s’était relevé pour tendre son bras vers des sachets de bonbons en gondole.
D’un geste hargneux, elle l’obligea à se rasseoir en appuyant sans ménagement sur sa petite tête, comme si elle tassait un simple paquet.
Mon sang ne fit qu’un tour. Je m’approchai aussitôt d’elle et lui dis sèchement qu’il fallait expliquer les choses à un enfant pour qu’il comprenne et que son geste agressif n’était en aucun cas justifié.
Elle me regarda alors avec une expression d’une rare niaiserie, d’autant qu’elle portait de maigres dreadlocks qui, loin de la faire ressembler à une superbe rasta, lui donnaient simplement l’air d’une vieille tête de delco reliée à aucune bougie…
De ses yeux bovins, elle me fixa un instant comme si j’étais le diable en personne puis, réactivée à la bêtise de comptoir, elle me lança, hargneuse : «C’est mon fils, j’en fais c’que j’veux ! ça vous regarde pas.»
Un instant, je l’observai, me demandant si ça valait le coup de continuer, mais je rencontrai le regard encore innocent de son enfant au milieu des victuailles du chariot, comme s’il n’était qu’un paquet de viande. Aussitôt je me lançai : «Au contraire, ça me regarde autant que vous… Cet enfant n’est pas le vôtre. Il appartient à la société ! Vous avez le simple devoir de bien l’élever pour qu’il évolue dans cette société, c’est tout. Si vous le maltraitez, il sera mal dans sa peau et donc, il nous emmerdera tous, pas seulement vous. Donc son éducation m’importe. Vous comprenez ?»
À ce moment de nos échanges, les yeux exorbités et déjà empêtrés de l’insignifiance, la « tête de delco » ne se demanda plus si j’étais le diable… Je l’étais ! Ses paupières se plissèrent pour aiguiser son regard abruti et tenter de m’impressionner.
Sa bouche écarlate d’un rouge à lèvres vulgaire bulla aux commissures.
«C’est mon fils… lâcha-t-elle avec ostentation, pas l’vôtre ! Vous en avez vous, des gosses? »
Voyant qu’il n’y avait rien à en tirer, j’enfonçai le clou davantage et je répondis: «Oui, j’en ai huit !»
Soufflée par cette réponse qui me surprit moi-même, elle tenta en vain de fermer sa bouche encore ouverte sur un « O. » de stupéfaction.
– Et vous les frappez jamais ?
– Non, pourquoi ?
– Pour les bêtises… déjà qu’avec un seul j’en peux plus ! Comment vous faites ?
– Je leur explique les choses, je prends la patience de les écouter, je les éduque.
Alors, elle s’approcha de moi. Je crus naïvement à une étincelle de sa part.
– Je vous emmerde, conclut-elle.
Je restai stupéfait, mais que pouvais-je ajouter ?
Je la regardai s’éloigner alors que d’un geste toujours autoritaire, elle donna une bonne tape sur la tête de son petit garçon qui me souriait de loin.
Et voilà… À cause de mes bonnes intentions, le p’tit s’était pris une baffe.

Quelle misère !

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Bohringer l'Africain.

Hier matin, à l’émission Le fou du roi, j’ai entendu Richard Bohringer parler, en compagnie de sa fille Romane, du film dont il est l’auteur et qui se passe en Afrique.
C’est beau une ville la nuit.
Et c’est beau un mec comme lui, en matinée ! ça fait un bien fou de l’entendre ! ça décrasse les oreilles. Il parle si bien de ce pays fascinant. Chacune de ses envolées surprend, car chacune, humble ou flamboyante, vient du cœur. Il n’a pas le souci de composer, ni de tomber dans un misérabilisme de salon dès qu’il s’agit de décrire la souffrance d’un peuple. Non, il veut juste faire partager sa sensibilité, son émotion, son amour pour cette terre d’Afrique qui lui a tant donné, jusqu’à l’envie d’en obtenir la nationalité.
Beau contraste, à l’heure de « l’immigration choisie », belle chaleur et clameurs nouvelles dans l’espace étroit de nos vies coutumières.
Oui, il y a des hommes, des baroudeurs magnifiques qui s’offrent à l’inverse des héros pâlots de contes de fées, des histoires où les princes et les princesses sont noirs, de la plus belle des couleurs, de la plus somptueuse qui s’oppose à celles, criardes, du racisme.


Richard Bohringer et sa fille Romane qui joue dans ce film sont un peu de soleil dans l’eau froide, une éclaboussure de printemps en plein nouvel hiver… l’image d’un père et d’une fille comme je les aime, comme j’aimais celle de Serges Gainsbourg et de Charlotte. L’image d’une complicité créative.



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Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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