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Le blog de Michel Giliberti

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Ce matin, il pleut sur la campagne normande et comme si ce n’était pas suffisant, pour me déprimer, j’ai entendu Sarkozy sur France Inter expliquer pour la énième fois sa stratégie en matière de délinquance, et affirmer qu’elle était en régression…
Comme d’hab, je suis resté sur ma faim.
Les journalistes ne lui rappellent jamais assez que, si la délinquance des mineurs s’est installée progressivement dans les cités, elle n’est que le fruit d’un oubli organisé.
La délinquance, la vraie, celle qui fait peur, celle qui est de plus en plus armée, s’installe tranquillement.
Je ne m’étendrais pas davantage sur une autre forme de délinquance, celle d’un certain Gonzalez, sous-préfet de Moselle qui se voit blanchi alors qu’il était bourré au volant de sa voiture, pas davantage sur celle de Juppé l’amnistié qui, après ses magouilles, revient comme une fleur et oublie sa « Tentation de Venise » pour celle plus percutante de Bordeaux.
Bref, je suis démoralisé.
 
Alors, je rêve…

Je suis devant un thé à la menthe à Sidi Bou Saïd, installé à la terrasse du café « Le Marsaoui », sous les orangers parfumés, à quelques pas des murs éclaboussés du rouge sang des bougainvilliers.
Autour de moi les gens fument avec plaisir… encore !
Je chasse d’une main fataliste une mouche têtue qui a des visées sur ma brioche au sucre.
Je réponds aux regards complices, aux sourires, bref je décroche de ma morosité.

Alors, le téléphone sonne…

Je dois terminer les derniers tableaux de mon exposition pour novembre, corriger le manuscrit de mon nouveau roman, tailler les haies du jardin, mettre en pot les dernières confitures…
Le printemps viendra récompenser mes rêves d’évasions : je serai à Sidi Bou Saïd, entouré de mes amis, Jalila, Jihad, Olfa, Moez, Sihem, Sybille.
Je partirai.
Heureusement, aujourd’hui je termine la dernière de mes toiles avec l’acteur Salim Kechiouche comme modèle.
Ses origines algériennes pansent quelque peu mon manque de la Tunisie.

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Published by Michel Giliberti - - Michel Giliberti

Dans ma voiture, j’ai entendu Pascal Bruckner nous parler de son nouveau livre « La tyrannie de la pénitence ».
Je n’ai pas encore lu le livre et je me base uniquement sur ce que l’auteur en a dit. Il le présente comme un essai, une réflexion sur le masochisme en occident.
L’auteur parle de la France, de sa culpabilité permanente liée à son passé colonial et de sa difficulté à gérer l’immigration. Il affirme que ce masochisme français, cette pénitence, serait presque devenu la « spécialité » de notre pays. D’après Pascal Bruckner, il suffirait de reconnaître ses torts pour enfin tourner la page, comme pour respirer un grand coup avant un nouvel effort.
Il y a quelque chose de vrai là-dedans, et même de rassurant, puisqu’il semble qu’il soit dans notre nature de « progresser » ! mais n’y a-t-il pas aussi comme un fond de réponse simpliste qui conforte chacun dans une banalité objective, un peu comme les phrases d’un médecin peuvent banaliser les symptômes d’une grave maladie.
C’est vrai que les enfants de France n’ont rien à voir avec ceux qui jadis entreprirent de coloniser l’Afrique. Il serait stupide qu’ils en portent le poids toute leur vie. Pour autant, ceux-là même profiteraient de ces colonies sans état d’âme si elles étaient encore les nôtres. Ils perpétueraient ainsi en toute « banalité » le mal colonial qui a déstabilisé tous les peuples qui l’ont vécu, qui ont subi le joug de l’oppresseur, de celui qui tendait à faire croire qu’il détenait la bonne science, la bonne culture et la bonne pensée… chrétienne !
Il est impossible de tirer un trait sur le passé aussi simplement, sinon il n’y a plus mémoire de rien. C’est aussi monstrueux que de vouloir détruire toutes nos bibliothèques.
Sans repère historique et sans référence qu’elle peut être notre chemin ?
Vers quel chaos nous orienterions-on ?
Tirer un trait sur le passé, c’est aussi farfelu que le principe de confession chez les catholiques. Il permet aux fidèles de retrouver la pureté de « l’âme » sans même s’interroger sur les raisons et les conséquences de leurs actes. On peut ainsi tuer et se confesser, re-tuer et se re-confesser, re-re-tuer et se re-re-confesser, etc. Tous les religieux de l’histoire ont d’ailleurs utilisé cette méthode, ou d’autres équivalentes, pour massacrer à tour de bras !
Une sorte de régime alimentaire de la mauvaise conscience !
Que penser d’un état, ou d’un peuple, qui mange du crime et qui l’élimine pour se refaire une bonne et belle santé jusqu’au prochain excès ?
Lorsque dans la foulée, Pascal Bruckner parle des rappeurs et cite la violence extrême de certains textes qui vilipendent les forces de l’ordre, les banlieues sinistres et nos « faces de craie » on peut être, à l’évidence, choqué. Là encore, pourtant, nous récoltons ce que nous avons semé et que certains perpétuent dans le seul but de maintenir un ordre établi qui leur profite.
La France, et les autres pays colonisateurs, n’a-t-elle pas suffisamment raillé la peau des Africains, jusqu’à s’en servir dans des publicités de mauvais goût qui ne choquaient personne ! Notre cher Brassens avec toute sa poésie a raillé la police ( qui à l’époque était moins robotisée ) durant toute sa carrière et on l'applaudissait… Alors que maintenant elle fait peur même aux « gens honnêtes » et qu’elle s’autorise à tutoyer n’importe quel jeune en le plaçant d’office dans une situation d’infériorité.
Nous vivons peut-être une époque où la violence, la difficulté de vivre, le chômage et la marginalisation conduisent à des débordements. Ils se traduisent avec le vocabulaire d’aujourd’hui et dans le contexte d’une société affaiblie par l’absence de liens.
La véritable discrimination est sociale ( le racisme est un avatar de cette discrimination générale ). C’est bien pour favoriser l’ascension sociale de ceux qui détiennent encore le pouvoir ( fils de nos anciens monarques ) que nos « bons immigrés » d’aujourd’hui, comme nos « bons serfs » d’hier ou nos « bons esclaves » ont longtemps été considérés et sont encore considérés comme du bétail.
Le plus fort est d’entendre dire : « il y a des mosquées sur la Terre de France et il n’y a pas d’église en Arabie Saoudite !  » (Sic Christine Bravo dans l'émission TV– On a tout essayé –)
Tout observateur pourvu d’une « cervelle », peut constater qu’il y a bien peu de chrétiens en Arabie Saoudite !
Nous autres occidentaux n’avons pas eu le « privilège » de nous expatrier pour fuir la dictature, la guerre ou la famine.
Le repère bien simple de la religion, – je dois le dire pour moi qui suis profondément athée – constitue avec la culture, la langue et la tradition le terreau dans lequel se retrouvent tous les expatriés.
Je suis fils d’une colonisation que j’exècre.
La Tunisie est ma terre natale ; j’y retourne régulièrement. Je suis toujours étonné de l’accueil qui m’y est fait et de la gentillesse de son peuple par rapport au regard sombre que l’Occident porte souvent sur « l’étranger ».
Je m’interroge alors sur les liens affectifs qui devraient nous rassembler dès lors que les injustices sociales, les guerres, les exactions, les atteintes aux droits de l'hommme seraient prises en compte, et pas seulement avouées, pour passer à autre chose.

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Published by M. Giliberti - - Réflexion

Depuis pas mal de temps, j’avais envie d’ouvrir un blog, mais la peur de rentrer dans un de ces nouveaux systèmes qui vous emprisonnent en vous prêtant des ailes ralentissait mes ardeurs.
Et voilà que ce matin en allant faire mes courses dans une grande surface, j’achète un sachet de fromage râpé.
Jusque-là, rien de bien passionnant.
Me voilà à la maison, je déballe mes articles, tranquille, et au moment de ranger mon fromage râpé, j’aperçois sur son emballage : « Secouez-le, il tient debout ». Ce sont les termes exacts.
Bête et discipliné, j’ai appliqué la méthode et hop ! mon gruyère tenait debout sur une base élargie.
Hé bien ! figurez-vous que ce simple résultat m’a donné instantanément la pulsion qui me manquait pour ouvrir mon blog.
Je trouve formidable que dans une société qui nous force à nous mettre à genoux, on force les fromages à tenir debout. Devrions-nous être installés en gondoles dans les grandes surfaces, devrions-nous définitivement être considérés comme de la « bouffe » et mériter nous aussi un emballage qui nous met enfin à la verticale ? Une société assez bouffonne pour se tracasser de trouver le moyen de faire tenir un fromage debout est une société bientôt râpée d’avance…

Quelle misère !

Au fait, je me présente. Michel Giliberti. Profession : artiste-peintre et auteur… Je m’emballe tout seul, vous voyez, et j’essaie de rester debout sans l’aide de personne.

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Published by M. Giliberti - - Quelle misère !

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Mon travail d'artiste peintre, d'auteur et de photographe...

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