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Le blog de Michel Giliberti




J’aime beaucoup voir les gens accoudés aux fenêtres, c’est un thème que j’ai souvent exploité, tant en peintures qu’en photos . Il y a là, l’idée de se trouver à la fois dedans et dehors, de connaître un peu et pas du tout celui ou celle qui vous regarde, eux-mêmes voyeurs de qui passe dans la rue.
C’est un vol partagé.
Farouk a posé sur ce tableau et sur son visage plane l’ombre de barreaux symbolisant la prison, tout au moins « sa prison », comme chacun d’entre nous porte la sienne.

Elle n’est pas vraiment visible et pourtant elle est présente avec ses déclinaisons en croix... autres prisons que les religions.



De blessures en sutures
Il n’y a qu’un fil
De possibles en jamais
Il n’y a qu’un mot
Mais de toi jusqu’à moi
Il y a toute une vie

© Giliberti / 2007


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Quand on connaît Sarkozy, son machiavélisme et le gouvernement auquel il appartient, on est en droit de se demander si la consigne imposée aux maires de ne pas donner leurs signatures à Le Pen n’a pas comme simple but de récupérer, dès le premier tour, les voix des électeurs du FN (13 % environ)… moyennant quelques arrangements entre la droite fasciste et la droite libérale, ce qui ferait de Le Pen un martyr et de la droite « traditionnelle » un grand mouvement de rassemblement « populaire » ! et pourquoi pas dans le pire des cas, pour les démocrates, de Sarkosy l'élu au premier tour !
Quant à Bayrou que la simplicité bon enfant rend plutôt sympathique jusqu’à présent, il a brusquement tendance, aux vues des derniers sondages, à pérorer quelque peu et à avoir un discours de donneur de leçons. Bâtir, comme il le fait, une campagne en ne promettant rien, c’est un peu préoccupant pour le changement ! Il ne faut pas oublier qu’il se présente comme le candidat du renouveau alors que nous avons déjà eu Giscard qui, si je ne me trompe, était bien à l’UDF, non ?

De tout façon, c'est le week-end, on va quand même pas se prendre la tête avec Sarko et Bayrou... Allez, hop, en Tunisie, au bord des Ports Puniques, avec les enfants et le soleil! C'est mon émigration choisie.

© giliberti / 2007
© Giliberti / 2007
© Giliberti / 2007

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Ces jours-ci, une amie m'a rappelé l'extrait d'un de mes romans "Bou Kornine". Je profite lâchement de cet éclairage sur un texte de 2004 pour rebondir sur ce sujet qui m'est cher et, comme je suis toujours dans le même état d'esprit que celui de ces derniers jours, (proche de d'encéphalogramme plat), publier ce texte me convient tout à fait. Je me revois en train de l'écrire...Il faisait chaud, j'étais enfermé dans la lumière tamisée de la maison de Sidi Bou Saïd et, alors que les premiers mots s'inscrivaient sur l'écran de mon portable, la voix du Muezin de la petite mosquée d'à côté s'est mise à emplir en arrière fond l'espace de la pièce.
Je ne pouvais trouver mieux comme "musique" inspirante...


Voici ce passage de Bou Kornine...

(...) J’en arrive à me demander, si cet amour de l’Orient qui oscille entre passion et retenue n’est pas pour l’athée que je suis, la dimension du sacré recréé ou celle, plus poétique, de mon voyage sur terre. Une continuité mythique des épopées de l’enfance, où grandir n’offre pas une vision unique. Une éthique et une altération qui accompagneraient mon goût des mots et des maux… Un spectre ouvert sur l’imposture de vivre debout, quand tout me pousse à me courber.
Et puis, sur cette terre où la possession prive le monde de tout, aimer ce qui ne vous appartient pas prodigue quelque chose d’ineffable.(...)






Première esquisse avec Moez.


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Je pourrais pleurnicher sur l'Afrique et me lamenter sur les conditions difficiles que certains de ses états connaissent, je l'ai souvent fait, souvent écrit, souvent peint, mais aujourd'hui, je veux simplement rappeler qu'elle est non seulement le berceau de notre existence, mais aussi ce vaste territoire ouvert sur des rêves immenses. Des rêves que notre présent, parfois bien terne, a tant rétrécis.
L'Afrique est à l'image d'un ressac vivifiant qui nous ouvrirait les yeux sur nos racines oubliées et sur notre
spontanéité perdue.


C'est notre terre atavique, notre mémoire. Elle est la mère de tous nos possibles, de tous nos peut-être, de tous nos demains.
Il ne faut pas faire de l'angélisme pour autant et ignorer les obstacles et les incompréhensions nés de l'avoir tant bafouée, mais tentons, avec les Africains, de dépasser les souvenirs cruels et de poétiser nos relations actuelles.


Moi qui souffre de n'être ni d'ici, ni de là-bas, mes yeux s'émerveillent toujours du peuple africain, de ses artistes fabuleux, de ses femmes courageuses, de ses enfants qui vous sourient, quand nous n'avons en France que des fronts butés, la plupart du temps, et des têtes importantes siamoises de téléphones portables.
L'opulence est souvent synonyme d'ennui, au point que souvent je me mets à penser que l'avenir est dans la pauvreté.
Cette pensée bien utopique qui fera sinon bondir, tout au moins sourire, n'en est pas moins, et de plus en plus, une idée qui me concerne et s'inscrit tout en moi.


© Giliberti / 2007

Demain s’éteint à l’aube du grand hier.
Deux mains d’argile retrouvent la terre.

            © Giliberti / 2007



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Je pourrais vous parler encore de ma tête de Turc, Sarkozy, dont j'ai appris ces jours-ci que les grands et nouveaux élans « gauchistes » qui lui font citer Jaures, Blum et autres Mendes avec une vibration pathétique dans la voix dès qu'il exhorte le peuple des ouvriers, n'étaient autre que le fruit du travail consciencieux d'Henri Ghéno (son nègre) qui lui prépare ses discours. Ah!... immigration choisie, quand tu nous tiens!
Je préfère donc revenir à des choses plus agréables et vous parler de  Franck, qui a été mon modèle pendant des années. Je ne peux même plus compter les tableaux que j'ai faits avec lui.
Avec Emmanuel, Xavier, Laurent et Moez, il aura contribué à bon nombre de mes inspirations. Toujours disponible, il accourait à la maison à la moindre de mes intentions de travailler avec lui.



© Giliberti / 2007

Il naissait à te voir

Tant de gestes et de mots
Que de croître, tes rêves
Se mettaient à danser.
J'enfantais de ta grâce
Autant que je la goûtais
Au profond des nuits sourdes
Et d'agiles candeurs.

© Giliberti / 2007

© Giliberti / 2007

Dans l'inventaire de nos nuits blanches
Tous les négoces étaient possibles
Tes cheveux roux, ta peau si blême
Valaient l'ivoire et les parures.

© Giliberti / 2007




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Je m'en veux un peu de n'avoir pas grand chose à dire ces jours-ci, mais j'ai quelques raisons sérieuses qui m'empêchent de le faire et me rendent vulnérable. Mon esprit n'est pas tout à fait disposé à capter ce qui ferait rire ou rebondir.
Aussi, dans ces moments de défaillance où les jours difficiles s'invitent à ma table, je préfère donner du temps au temps et mettre sur le fond noir de mon écran, mes rêves bleus, mes instants fragiles qui sont autant de béquilles quand tout va mal.


© Giliberti / 2007

J'ai souvent parlé de Moez, mon grand ami tunisien qui a tant et tant posé pour moi, jusqu'à la fatigue, jusqu'à l'overdose, mais qui continue volontiers à le faire, car il sait que j'y tiens et que lui même est heureux de se voir reproduit sur des toiles dont certaines font parfois deux mètres de long et qui sont, pour la plus part d’entre elles, réunies dans un livre d’art « Voyage secret Tunisie ».

Je vous livre quelques-unes des photos qui le représentent et que j'aime tout particulièrement parce que lorsque je les ai prises, ça faisait à peine vingt-quatre heures que nous nous connaissions ; c'était en 2002. J'avais décidé que c’était là mon dernier voyage en Tunisie. Il est vrai que j'étais en pleine analyse et que les remises en questions m'aliénaient à ce moment de ma vie.

Et je le rencontre.
Et je décide le peindre.
Et mes voyages continuent.
Et j'emporterai un jour Jean Charles avec moi pour m'installer définitivement là-bas.


© Giliberti / 2007


© Giliberti / 2007


Quand ailleurs, c’est ici
Et que brûlent mes émois
Quand je migre sur place
Et m’empourpre de rien
Je n’entends que les mots
Qui détruisent les hommes
Ces mots morts et leur faux
Qui renverse mes sens
 Pour qu'ils n’engendrent plus .
© Giliberti / 2007







Deux tableaux issus des ces poses





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Je témoigne souvent de la Tunisie, mais il est vrai qu’on ne parle jamais si bien que de ce qu’on connaît et qu’on aime.
Sur ces photos de vacances, on voit un peu de l’intérieur de la médina de Hammamet, un peu de sa plage, puis Fehti et Mohamed, des amis de Tunis.
À mon avis, la médina d’Hammamet est une des plus belles de Tunisie ; elle est extrêmement lumineuse, pas trop grande et entièrement bordée par la mer. Des bougainvilliers éclaboussent de pourpre les murs blancs, les fers forgés bleus protègent les persiennes des fenêtres fermées sur leurs secrets. Les chats y sont rois et les enfants vous regardent avec de grands yeux amusés.
On dirait un décor de théâtre, un peu comme à St Tropez, quant au détour d’un chemin étroit, on tombe sur certaines petites ruelles qui semblent fabriquées de toute pièce pour faire naître des émotions.
J’adorerais habiter la médina d'Hammamet. Ce doit être un rêve de tous les jours que de se réveiller sur une de ses terrasses ouvertes sur l’horizon turquoise, prendre son petit-déjeuner sous un soleil déjà éblouissant, avant d'aller sans se presser jusqu'au au marché acheter du raisin, des figues et du poisson à griller… Bon j’arrête, car ça me donne envie de partir.
La vie idéale tient à peu de chose... mais le peu est souvent difficile à piéger.


Fethi et Mohamed © Giliberti / 2007

Mohamed © Giliberti / 2007

Ruelle de la médina d'Hammamet © Giliberti / 2007

Fin de journée sur la plage de Hammamet © Giliberti / 2007

Fethi © Giliberti / 2007

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Depuis le temps que je mets en avant les visages ou les corps de mes modèles, aujourd’hui, seuls leurs pieds et leurs mains sont à l’honneur… Pieds de Franck, mains de Laurent et d’Emmanuel... et quelques mots de moi.



Ma patience est d’argile
Et mes plaies la ravinent
Elle me rend presque libre
D’inventer ma prison.
© Giliberti / 2007
 

Mes mains ne tiennent plus
L’ardeur de tous les sables.
Silices et bris de verre
Ont trop blessé l’enfant
Damné de tant d’années.

© Giliberti / 2007
 

Balayer les marées,
Les maris, les marins et les morts

Larguer les amarres,
Les amants, les amours et les mers,

Me bercer de mes propres remous
Pourrait être l’attrait.
© Giliberti / 2007


Demain s’éteint à l’aube du grand hier.
Deux mains d’argile retrouvent enfin la terre.
© Giliberti / 2007



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Sarkozy qui se baladait quasi incognito dans une cité a fait un discours digne de ses idées rétrogrades, et il m’a fait bondir quand il a déclaré qu’il fallait plus de fermeté en matière d’autorité et d’éducation pour « effacer l’effet néfaste de 68 ».
Je trouve cette affirmation gratuite d’une médiocrité désespérante, d’un populisme incroyable, bref d’une petitesse absolue pour un présidentiable.
Que vient faire mai 68, dans une société aujourd’hui ravagée par le chômage et le manque d’idéologie ?
Que vient faire mai 68 dans une société bouffée et sacrifiée au nom des marchés et de la croissance ?
Que vient faire mai 68 dans une société qui ne parvient pas à faire de la mondialisation une aventure humaine ?
Que vient faire mai 68 dans une société ravagée par le sida, la pollution, la précarité, et les injustices de plus en plus flagrantes entre les nantis et les pauvres ?
Que vient faire mai 68 dans une société où, même quand on travaille, on ne peut pas se loger tant les prix des loyers sont élevés ?
Sarkosy se référera-t-il bientôt à la prise de la Bastille ? à la bataille d’Alésia ? La guerre de cent ans aurait-elle pourri les mentalités ?
Quand je pense que les Français et les Allemands ont réussi à s’entendre après la Seconde Guerre mondiale, que le mur de Berlin est tombé et que là… dans ce chaos de début de siècle, Sarkozy pleure sur les conséquences de mai 68, j’ai envie de hurler.
Petit homme décidément, petite mémoire et petite imagination de celui qui oublie que la plupart des grands hommes d’aujourd’hui (artistes, patrons, politiques, aventuriers, scientifiques, penseurs, chercheurs, philosophes) sont des enfants de 68.
Le laxisme qui abîme notre jeunesse prend ses racines dans l’image insolente de la réussite et de l’argent facile, de l’attraction inimaginable que la télé exerce sur des esprits encore malléables en leur faisant croire que pour réussir dans la vie, il n’y a qu’une alternative : le foot ou la Star Ac.
Mais que vient faire Sarkozy en 2007 ?

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Sofiane © Giliberti / 2007

Sofiane est un de mes amis tunisiens, je le connais depuis plus de six ans.
Le temps glisse sur lui sans laisser de traces. Je dirais même que le temps le préserve.
Ce jour là de l'été 2006, il était venu, comme presque tous les jours, me rendre une petite visite une fois son travail terminé et en attendant de boire le café que je lui préparais, il est allé quelques instants se détendre sous le soleil, à l’intérieur de la petite cour à l'arrière de la maison.
Je n’ai pu résister à capter les instants de son abandon, pas plus que je ne resiste à vous les faire partager.
Ça le fait toujours rire que je le prenne en photos ; il ne comprend pas que je puisse le trouver beau et photogénique et se moque éperduement de son physique.
Pour lui, de toute façon, je suis un peu « maboule », comme il dit, puisque je suis un artiste peintre. Il a beau apprécier ce que je fais et comprendre que c'est du travail, il ne considére quand même pas mon métier comme un métier  sérieux.

Sofiane © Giliberti / 2007

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Le blog de Michel Giliberti

Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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