
Solennels dans leurs vies
Et si humbles dans nos lois
Je crois bien que mon poing
Dans un acte de pourpre
Irait bien faire saigner
Les acteurs bien pensants
Absents en toute chose
Qui devraient de leur nuit
Faire un vaste midi
Et des heures insulaires
De brillants continents.
© Giliberti / Hémographie des désordres / 2008

Ainsi se mirent à fuir les idées bleues de l’idéologie.
Ainsi revinrent les idées noires de l’ennui, des velléités et des supercheries.
Mais il est des sources autrement bleues, des réserves rouges sans condition, des oasis à fleur d’ailes qui fleurent encore l’insolence... Les idées neuves de 68 !
Elles sont là, tout près de nous, à un souffle de votre cou… Un mot, un geste et l’on s’y noie avec délice.
Est-il si grave de vouloir l’eau à la bouche et de son limon cultiver les différences ?
Ah… chers Sarkozistes, chers amis de l’autre bord des fleuves denses, abreuvez-vous, abreuvez-vous… Il existe des rires enfouis qui vous feraient tant de bien et des festivités secrètes au creux de vos soirées tant convenues. Pour vous aussi, les plages sont là où vous savez… sous les pavés de l’Élysée.
Allez, encore un effort et oubliez les Hortefeu, les Lagarde, les Fillon, les Darcos, les Boutin, les Bertrand et autres tristes sires...Oubliez-vous.
J’ai fait un rêve…

Et que le ciel s’empourpre à l’est
Vous respirez l’étrange langueur
D’un jour qui meurt là, à vos pieds
Quand tout en vous, naît de ses mains.

Je n’ai pas eu le courage de me consacrer au blog ces derniers temps.
Entre un travail excessif et le moral un peu en berne, j’avais là quelques raisons suffisantes.
Pendant tout ce temps, j’ai dû mettre sur pied ma prochaine exposition (peintures et photos), terminer les corrections de mon dernier roman et suivre toute la mise en pages d’un livre consacré à mes photos et poésies (merci à mon éditeur pour sa patience), le tout devant être bouclé avant le 29 mai, date de mon vernissage à la galerie Benchaieb, à Paris, où l’ensemble de ce travail sera présenté.
Même si « travailler plus pour gagner plus » (harangue ô combien détestable de notre cher président) est dans l’air du temps, moi qui rêve de tout arrêter enfin et prendre de la distance avec ce qui use, je vous le dis, cette phrase est la plus stupide que je connaisse.
À mon sens, nous sommes faits pour jouir de la vie sans la perdre à la gagner ! Le moral se retrouve dans les choses vraies... celles qui n'ont aucune valeur marchande : l’observation, l'écoute de l'autre, l'écoute de la nature.
Bref, histoire de renouer nos échanges, je viens par ici, errer dans le noir de ce blog, un peu comme j'entrais dans les trains fantômes de mon enfance, mais là, les fantômes sont les miens et j’en connais toutes les ficelles.
Bientôt je posterai la couverture du livre de photos et celle du roman.
Je parlerai aussi de ma pièce de théâtre « Le centième nom » qui se jouera à partir du 5 juin au théâtre La Lucarne, à Bordeaux et qui me transporte de joie.
Je vous parlerai plus précisément de Jean-Pierre Terracol, le metteur en scène, des acteurs, Ahmed Alami et Lionel Heches, mais je m’appliquerai à le faire, dès que je pourrai réellement souffler et trouver les mots pour le dire. Si je n’en parle pas moi-même, qui en parlerait n’est-ce pas ?
Je reviens bien vite… à bientôt.
Les enfants courent sous le soleil
Alors, sur la peau, les coups
Et dans le cœur, le maigre amour.
Nous naissons tous un fier matin
D'une rencontre de l'amour
Mais quand l'aurore tombe en nocturne,
J'ai souvent vu de la beauté
La marque rouge du désarroi.
C'est une sombre poésie
Où chaque mot poisse le sens
Et se libère de ses poisons.
© Giliberti / 2008
No comment...
Vous tous, que je connais si peu et tant à la fois, je vous serre dans mes bras pour vous souhaiter la plus belle des années…
La plus brûlante pour les sens,
La plus jouissive pour l’esprit,
La plus salvatrice pour la sérénité.
Alors, pas de repos pour vos cœurs… Qu’ils battent !
Qu’ils battent comme de joyeuses percussions et fassent oublier la triste musique métronomique de l’ordre établi.
La médiocrité qu’on veut nous imposer n’est pas une fatalité et elle ne doit pas prendre le pas sur nos exaltations.
Jean-Charles, mon compagnon de toujours se joint à moi pour vous embrasser en ces premières heures d'année bissextile.
« Pace et salute », mes amis.
Oui, la semaine dernière, j’étais à Bizerte au creux d’une ravissante maison arabe traditionnelle avec ses terrasses et sa cour, où le bleu des faïences et des portes me rappelait celui de Sidi Bou Saïd si présent à ma mémoire. Le mesk elil qui grimpait jusqu’au balcon, inondait de son parfum les nuits profondes alors que je bavardais avec la propriétaire des lieux, une femme très belle, très brune, très douce, née en Tunisie, elle aussi, et porteuse, comme moi, d'une même mémoire. Les soirées s’étiraient à parler de ce passé qui nous amuse encore et où les jeux des enfants étaient si simples.
J’avais des choses importantes à faire à Bizerte, plein de belles choses à concrétiser… peut-être… si la vie veut bien laisser place à mes folies, si elle me donne le temps de quelques dernières excentricités avant de ne plus avoir le courage d’en faire.
Ce voyage sur la toile entre vous et moi, si beau et chaleureux soit-il est appelé à s’arrêter comme tous les voyages… Alors, pour me faire pardonner de devoir annoncer que je ne reviendrai pas sur ce blog avant longtemps ou peut-être plus jamais, voici encore ces images de ma vie…
Le vieux port de Bizerte, avec au loin les remparts de la Médina...
Les barques à deux pas du marché ouvert...
Une des tours de la citadelle qui entoure la Médina
andalouse...
Une des ruelles qui donnent sur le vieux port...
Un épicier à l'intérieur du marché couvert... Sa boutique est à l'identique de celles d'autrefois quand j'étais petit et que je faisais les courses avec ma mère.
Deux joyeux marchands de légumes en face de l'épicier...
Un angle de la cour intérieure avec la porte d'une des pièces de la maison bleue... car c'est
une maison bleue... accrochée à ma mémoire... on y vient à pieds...
Une autre porte bleue dans un autre angle, près de l'escalier qui mène aux terrasses...
Un petit voisin tout hérissé de colère sur la terrasse d'en face...
La cour en soirée...
Je m'en vais sur la pointe des pieds.
Mille baisers, mille remerciements...
L'espace d'un instant, avant que l'aube ne se lève encore, j'en profite pour vous livrer cet aphorisme de Pierre Dac : « Si active qu'elle soit, la police n'arrêtera jamais le temps qui passe. »
Jean-Charles

Demain et jusqu'à lundi, je serai en Tunisie
À très bientôt...








