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Le blog de Michel Giliberti

De ces temps où je marchais sur les nuages, il me reste la poussière et les ténèbres des orages.
De ces temps où je traversais les rêves intacts, il me reste les aiguilles de pin et la menthe fraîche au fond des verres.
De mes prophétiques années de saltimbanque où les signes matinaux me caressaient de leur souffle tiède, il me reste les odeurs fleuries du linge qui sèche sur les terrasses, le grésillement des mouches et le sourire de ceux qui savaient.
De mon visage d’adolescent aux lèvres cornalines, il me reste le rire aux yeux qui me fait rencontrer d’autres visages semblables à celui que j'avais autrefois, avant le temps d’après... Ce temps qui donne force et assurance, mais qui détruit les miroirs et leurs pouvoirs.


Je reviendrai dans quelques jours, après une brûlure espagnole et littéraire
à la Playa del Inglès, encore tout imprégné d'autres auteurs, d'autres univers, d'autres vertiges, d'autres silences... d'autres névroses.
Cette fois, après moult au revoir, je pars demain, samedi, pour de bon.
Élie, en véritable réincarnation d'une toile de Botticelli, veille sur le blog.

À très bientôt...

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Est-il plus dur chemin
Que le chemin des égarés ?
Est-il meilleur abri
Que le repaire d’une sombre argile ?
Peut-on imaginer
La dissidence d’un regard noir
Se transformer du bleu
D’un pacifique et doux reptile ?
Est-il plus dur chemin
Que le chemin des égarés ?
De ceux qui dès demain
S’échangeront des mots d’amour.

© Giliberti / 2007
  À bientôt...

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Plus grand chose à dire ces temps-ci… Trop de travail, trop de soucis. Entrer dans mon blog me donne l’impression de visiter un grand appartement vide où j’aurais vécu autrefois. Je ne parviens plus à m’y installer et comme du 11 au 19 août, je serai aux Canaries en compagnie de mon éditeur pour des rencontres littéraires, je n'ai pas le courage de commencer quelque chose et de devoir m'arrêter aussitôt.
J’espère qu’à mon retour, le goût des mots et des images me reviendra.
J'espère que le coeur enfoui sous tant d'émotions et d'inquiétudes saura refaire surface.
J'attends que les choses de la vie ne se disputent plus avec moi...
Pour l'heure, je laisse ces deux jeunes tunisiens de Salammbô palpiter et se battrent pour "de rire" à la sortie de leur école. La vie saura bien vite leur apprendre à se battre pour "de vrai", comme tous les grands...
malheureusement !

À très bientôt…







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Un dernier regard, celui de Ringa, pendant une abscence de quelques jours...  à bientôt.

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...Juste un de ces minscules souvenirs qui font mes joies, après une belle journée ensoleillée à Paris en compagnie de Patrick, Jérôme et Jean-Charles...


L'escalier de la maison à Sidi Bou Saïd apporte des surprises… Tout le monde vient s'y asseoir. Ici c’est Raouf, qui s'accorde souvent une petite pose avant de reprendre son travail.
Raouf, pour beaucoup, c’est une terreur… mais, quand je le rencontre sur le pas de la porte, j'ai du mal à le croire. Raouf, pour moi, c'est d'abord une odeur de vanille, une voix basse et un regard toujours anxieux. Il me parle de ses soucis, comme de ses joies, plaisante de tout et de rien et ne comprend vraiment
pas que je puisse avoir envie de le photographier, quand, le regard étrangement fixe, il pose ses yeux sur l'horizon, avant de boire un café turc qu'enfin, je sais faire.

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I
l faisait très chaud ; l’orage pointait sur Sfax.

Une fois la voiture embarquée dans les entrailles du Ferry, nous étions montés sur le pont. Les îles Kerkennah nous attendaient, à une heure de là.
Aucune possibilité de trouver une place assise ; les familles avaient très vite investi les bancs.Moez et moi, nous sommes restés debout sur le pont
Des musiques s’élevaient des transistors et certains garçons chantaient tout en fumant.

L’air était saturé des odeurs du bateau et de sa mécanique auxquelles s'ajoutaient celles des chawarmas, des frites et de l'ambre solaire qui virait sur la peau de quelques touristes. J'ai toujours aimé ces ambiances un peu survoltées qui éxaltent et donnent à croire que quelque chose va arriver. Le ciel anthracite encourageait cette impression. je me sentais si bien.
Les mouettes tournoyaient dans le ciel, attendant le départ elles aussi, voyageuses gourmandes dans le sillage du bateau.
Moez retira son tee-shirt et s’accouda à un parapet poisseux de sel, à l’arrière du bateau.
Il m’observa un moment,
ses yeux étaient rieurs ; enfin, il hocha la tête comme pour dire : " C'est dur... " ou "C’est la vie...", peu importe. Ce mektoub disparaîtrait dès qu’on serait sur la terre ferme et qu'on roulerait au milieu des palmiers sur les routes sableuses qui mènent aux rivages de l'île.
Je lui dis de ne pas bouger ; j’immortalisai son expression.
Juste un rectangle d’orage autour de ce sourire…  juste un sourire avant la pluie.
Moi, je n'aurais jamais quitté le bateau.


 

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Un soir de 1993, alors que j’étais chez ma mère, je pris un de ces vieux bouquins qui traînaient au salon et dans l’un d’eux je lus de biens étranges histoires sur les coutumes extravagantes de certains pays… je tombai sur le récit d’un homme qui, dans une région de l' Amérique du sud (je crois), avait épousé une femme morte. J’appris que ça se pratiquait souvent pour des raisons de succession et le prétendant de ces noces pour le moins monstrueuses, acceptait l’idée de sceller une union avec, auprès de lui, une défunte parée pour la circonstance de tous les signes du mariage, parfois dans un état proche de la décomposition et parfois même, c’était une momie. Pourtant, le cérémonial avait lieu, ainsi que la remise des alliances.
Plus tard, en 1995 je terminais le tableau ci-dessus et alors que je lui cherchais un titre, un seul vint à mon esprit : « Les mariés de février ».
J’ai par habitude d’écouter mes pulsions même si parfois leur sens m’échappe.
Je signais donc mon tableau et incrivis son titre au verso.

Une année auparavant, au matin du 14 février 1994, j’avais reçu un coup de fil de l’une de mes sœurs qui me souhaitait un bon anniversaire. Sa voix était dynamique comme à l’ordinaire, son humour bien là…
Le lendemain 15 février, son fils m’appelait pour m’annoncer sa mort.
Je ne tiens pas à étaler ma douleur et ce qui se passa dans ma tête dans les instants qui suivirent cette terrible nouvelle.
Je sais simplement que le lendemain en soirée, je prenais l’avion pour Hyères, dans une espèce d’hallucination permanente, n’entendant rien à ce que je faisais, agissant comme un automate. Deux heures et demie plus tard, je pénétrais dans la chambre où reposait ma sœur, après avoir traversé son jardin qui scintillait d'un givre hivernal. Je ne comprenais pas son silence et son immobilité... elle si drôle, si vivante. Elle était belle dans la mort comme elle l’avait été dans la vie. Elle avait 57 ans. Le temps n’avait jamais eu de prise sur ses traits, ni sur son corps.
Je demandai qu’on me laisse seul. Je m’allongeai à côté d’elle et lui prie sa main froide. Je caressai son front, ses cheveux ; je la regardai, je la regardai… puis, très naturellement j’ai ôté de mon cou la chaîne qu’elle m’avait offerte pour ma communion et je la lui passai autour du poignet. J’avais l’impression de faire un geste important, le geste d’une union…

Quelques mois après avoir terminé mon tableau, alors que j’étais
une fois encore de passage  chez ma mère, je fis comme toujours le tour des livres qui traînent au salon et je retombai sur celui que je viens d'évoquer. Je le feuilletai distraitement et à nouveau le mariage de ces hommes avec des mortes me sauta aux yeux. D’un seul coup, comme si je recevais une gifle, l’explication du titre de mon tableau me vint brutalement à l’esprit ; j’avais peint un homme qui tenait dans ses bras une sorte de pantin en bois avec les attributs de la mariée : le voile, les gants, la couronne de fleurs… Tous les deux portaient une  alliance et sur le côté gauche, vers le bas, un petit portrait de ma sœur, dessiné grossièrement donnait la clef.
Oui, « Les mariés de février » étaient bien ceux-là ; un frère vivant, avec sa sœur morte ! L’alliance... une simple chaîne, l’union sacralisée par le tableau.
Mon inconscient avait absorbé l’histoire et l’avait restituée des années après… pour symboliser cette funeste soirée qui m'avait tant marqué.


Ma soeur quelques mois avant sa mort...

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Un de mes premiers tableaux avec Emmanuel, tant d'autres devaient suivre...

La lumière est bien là
Aveugle comme tout ici.
Aveugle comme toute issue
La lumière est bien là
Noyée dans l’instant de l’autre
Noyée dans mon au-delà
La lumière est bien là
Aveugle de toute chose
Noyée dans si peu de tout.

© Giliberti / 2007

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J’ai reçu quelques coups de fil et de nombreux mails qui me demandaient de bien vouloir mettre une fois encore le visage d’Élie sur le blog . je m'y plie avec plaisir… Voici donc Élie et l’Izarra de ses yeux incroyables.

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Cuir noir sur cuir noir... Salim Kechiouche à la maison mercredi dernier. Séance photos, bavardage et fous rires, projets aussi ; un vrai plaisir, comme d'habitude.












Regard enfantin  et sourire timide...























...
P
rofil d'acteur










































Décidement, il y a des jours où tout va bien... où l'amitié, comme le chante Françoise Hardy, "vient des 
nuages".


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Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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