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Le blog de Michel Giliberti


Quand tout
ici me retient
De l’alliance de nuit
À l’embrun du matin,
Quand au soleil des nuits mortes
La vague est d'un argent
À l'éclat sans pareil,
Quand déjà je somnole
Du repos attendu
Sous la courbe d’azur,
Quand je t'entends dire encore
Que le vent n'est pas rien
Et qu'il faut s'abriter,
Où partir ?

© Giliberti / 2007



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Pour changer d'avec les tristesses, amertumes et autre gangrènes habituelles qui polluent ma vie depuis cette nouvelle année, je suis bien heureux en pensant à mercredi prochain. Je reçois l'acteur Salim à la maison.
Ce sera une vraie détente, un vrai plaisir.
Nous allons parler de tout et de rien, de nos projets bien sûr, et puis, je le photographierai ; il a besoin de quelques
nouveaux portraits .
Peut-être certains d'entre eux m'inspireront de nouvelles toiles comme celle, ci-dessus, dont le thème était directement lié à son actualité de l'époque puisqu'il venait de jouer ma pièce "Le centième nom" en novembre 2006.
J'essaierai
une fois de plus de capter quelque chose d'enfoui chez lui, quelque chose de sa personnalité qui lui échappera un instant.


Je tenterai de lui voler une fois encore, si j'ai de la chance, une expression comme celle-ci, alors qu'il était dans mon jardin... je trouve que c'est la plus belle photo que j'ai prise de lui...
Une seconde avant, une seconde après, et il n'avait plus ce regard.

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Ommi !
En arabe, ça veut dire « maman ».
Comme ce n’est pas ma langue, il m’est plus facile de le prononcer en gardant une certaine distance.
Son sens reste comme un secret, comme un souffle de légende, un conte de mille et une nuit.
Ommi !
Quelques larmes ce matin au téléphone.
C’était elle bien sûr, elle qui sait le cordon coupé depuis bien longtemps, mais qui sait aussi qu’il nous relie toujours, au point de l'avoir peint de façon allégorique.
Ommi !
Un mot lancé dans la nuit, une complicité entre un enfant et sa mère.
Une mère qui met un pied dans la tombe, qui hésite, revient en arrière, avance à nouveau, m’appelle pour que je l’aide…
Son voyage n’est pas aisé.
Et puis l’enfant qui est plus adulte que sa mère dans ces moments-là, lui prépare ses bagages... Lui aussi, trouve le voyage peu enviable,  la destination trop définitive, mais en tâchant d’organiser celui-ci, il s’approprie le sien futur.
Alors le téléphone...
Alors les va et viens…
Les trains, les avions…
Les mains qui se tiennent, les yeux qui se parlent… Les larmes qui se mêlent...
Alors, Ommi…
Une mère et son fils à l’heure du grand départ.


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Par les nuits de grand doute, quand le sang n’est plus chaud sous le corps qui l’abrite, quand le lit n’est plus rien qu’une couche déserte, il se crée tout autour de vos peurs des lumières étranges que seul votre œil peut capter.
Elles vous éclairent sur cette déshérence des choses espérées, des choses de la vie.
Alors vous croyez que c’est le prix à payer pour vos fautes.
La faute n’existe pourtant pas. 
Elle est un mot… un mot qui nomme et qui pourrait ne pas exister.
Pourquoi faudrait-il s’imaginer responsable de nos pas qui s’emmêlent et de nos mots qui divaguent ?
Au déclin de la prétention, les maladresses anciennes du corps comme celles de l’esprit peuvent enchanter le départ.

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Il est des bleus dans nos nuits blanches
Qui m'incendient
Des nacres mauves de tes yeux.
 
Il est des bleus sur ma peau blanche
 Que tu sertis
Des marques rouges de tes dents.

© Giliberti / 2007


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Comme trop de blogueurs m’ont embêté hier avec des commentaires incendiaires à cause d’un hacker sans cœur qui se faisait passer pour moi et qui les insultait, je retourne vite là-bas où j’étais petit…
Voilà la façade du cinéma l’Olympia dans lequel j’ai vécu mes douze premières années en Tunisie et dont mon père s’occupait. La fenêtre au-dessus de l’entrée, c’était celle de ma chambre, je pouvais voir les gens faire la queue avant la séance. On ne voit pas les côtés sur la photo, mais c’était très beau et très grand, avec une terrasse immense…



… et puis en 86, le cinéma a brûlé… Voilà tout ce qu’il en reste.
La maison est encore intacte et je peux toujours y pénetrer (c’est un pèlerinage qui dure depuis plusieurs années). Par contre, le cinéma,
derrière, a totalement disparu et à l'emplacement de la salle et des fauteuils, parmis les tôles enchevêtrées, les gravats et la ferraille tordue, un figuier géant et à un olivier s'entrelacent…
J’ai de nombreuses photos des ruines de mon Olympia, mais ça me ferait mal de les placer sur ce blog ; aussi je préfère ce tableau où l’on aperçoit en fond, un peu de ces ruines et au premier plan, Moez en jeune garçon triste dont les larmes bleues symbolisent la mélancolie enfantine, les regrets de mes jeux priviligiés.


Un cinéma
Pas un ciné
Un tout ultime
Sur mon enfance,

Mon Olympia
Bien calciné
Une fin de film
Dernière séquence,

Un cinéma
Enraciné
Avec en prime
Comme une absence

Mon Olympia
Et mon ciné
Mon eau de là
Ma déshérence.

In voyage secret © Bonobo éditions

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De peur de vous lasser avec mes histoires sur la Tunisie, je vous avais promis un bel article sur la Suède… Hélas, je n’ai pas trouvé grand chose à me mettre sous la dent. Sans doute étais-je moins inspiré. Néanmoins je vous prouve mes bonnes intentions avec cette photo gourmande de krisprolls…

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Dieu, Diable, et sainte histoire
Ont toujours su bien m’ennuyer
Mais quand aux soirs de grandes attaches
Entre fumées et draps froissés
Entre douleur et faim de nous
Tu m’ensorcelles jusqu’à l’aurore,
Me vient en tête et c’est stupide
L’envie de dire à ton oreille
Tu es mon ange et mon démon

© Giliberti /2007

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Lorsque mon deuxième roman « Derrière les portes bleues » fut publié en 2001, un de mes tableaux qui représentait Mohamed illustrait la couverture. C’était lui qui, sans que je le veuille, prenait tout le long de l'écriture de ce roman les traits de Tarek, un jeune beur des cités, qui rencontre Jeremy, un chanteur sulfureux dont la carrière s'épuise.


Mohamed est un de mes nombreux amis tunisiens, mais il vit en France depuis déjà quatre ans. C’est la petite cour de sa maison qui inspira bon nombre de mes poèmes où je parlais du jasmin, des figues et de l'ambiance lourde et poisseuse au petit matin quand, à tant s'être livré et tant avoir reçu jusqu'à l'aube dans la chaleur de juillet, on se sent pourtant un étranger là où l’on rêve de faire corps avec tout un peuple. Le plus abouti, mais aussi le plus maladroit de ces poèmes est certainement « Naître timide, n’être rien » que j'ai écris sur le coup de cinq heures du matin en rentrant chez moi dans une sorte vertige.


Il y a à peine cinq ans, chez lui et sous le figuier, nous discutions des heures au fond de sa cour, celle-là même que l’on aperçoit un peu sur ces photos et qui m'a tant inspiré. Il fumait à l'heure du silence quand tout se tait dans les maisons arabes. Le linge sèchait sous le soleil ardent, alors que sa mère préparait un ragoût de petits pois aux artichauts et à l’agneau pour le soir. De temps en temps sa sœur, sombre beauté et future mère, venait s’asseoir avec nous pour se détendre. Voilà… des choses simples. Je lui parlais de mes rêves tunisiens qu’il ne comprenait même pas, puisque les siens étaient français.


Maintenant qu’il vit à Paris, on se téléphone... on se voyait bien plus souvent quand je le retrouvais à Salammbô, à deux pas de Carthage. C’est ainsi. Il travaille et son rythme s’est calqué sur celui des Parisiens.
J’ai souvent peint Mohamed et j’ai gardé trois de ces tableaux. J’ai refusé de les vendre, parce qu’ils me parlaient trop et que parfois, les jours d’ennui, j’ai besoin de conteurs dans la maison.


Je n’étais pas habitué 
Aux partages en fond de cour,
Aux confidences des parfums
À ces murmures sur tes lèvres
Que le rouge d'une cigarette
Faisait pulser comme une alarme.
Il m’était difficile
Que ce soit si facile.
Le vin submergeait mes yeux,
Allumait mon ventre.
Chaque geste était un viol combattu.
Ne pas brusquer ton souffle
Ni même tes élans.
Nous étions à deux doigts de l’étreinte
Quand je t’ai dit « Je dois rentrer. »
Dehors, un garçon chantait,
Invisible dans les ruelles.
Je pris deux fruits à la branche d’un figuier
Et retrouvai mon lit,
La chaleur de mes draps,
La sueur sur ma peau
Sous mes mains affolées,
La poisse des figues sous le ciel étoilé.
Naître timide
N’être rien.

in Voyage secret Tunisie © Bonobo éditions



Derrière les portes bleues H&O éditions

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Et dans le silence du monde clos, quand nous n’aurons plus rien à nous mettre sous la dent, plus rien pour nous couvrir les os, viendra le temps de nous demander qui nous bouffait du temps de notre vivant… Hommes libres et prisonniers, cavaliers aux grands bruits et va-nu-pieds silencieux, philosophes transportés et verbeux de tous bords, marins à vider et putes à remplir, salopards et grands coeurs, tous… nous aurons été la proie d’autres nous-mêmes, ces autres-là qui goûtaient au festin des vivants, dépouillaient les carcasses des faibles et des rampants, léchaient les pieds cornus des puissants, avalaient leur semence stérile digérée au firmament de nos faiblesses.
Retour à la terre ! enfiévrés et athées, innommables forains.




Cette blessure bleue,
Comme tes yeux qui savent tant me rassurer

Cette blessure noire,
 Comme les miens qui savent mal te regarder.

© Giliberti / 2007


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Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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