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Le blog de Michel Giliberti

Quand je reviens de Toulon, impossible de m’épancher...
Les rapports avec la ville de mon adolescence sont complexes à décrire. Aussi, comme toujours lorsque je ne peux rien formuler et que ma muse reste indifférente à mes appels, je laisse ici des extraits de mes romans.
En voici un du tout dernier : « lapeaudumonde.com » parru en juin.
Ce pourrait être la description de certaines de mes nuits quand, dans la chaleur de l’été, ici, là-bas, ou ailleurs, le malheur du monde reste présent sur les écrans comme un mauvais feuilleton.

... /... Vers deux heures et demie du matin, Gilles se réveilla en nage. Il avait rêvé d’un vaste trottoir sans fin où ses jambes lourdes refusaient de le porter alors que la foule restait indifférente à son drame.
Il se leva d’un bond, soulagé de récupérer sa mobilité, se rendit à la cuisine, but à même le robinet, se dirigea vers la fenêtre et l’ouvrit pour changer d’air et chasser ce cauchemar qui continuait de le troubler, mais dehors comme à l’intérieur l’air était oppressant. Aucun éclair ne zébrait le ciel de nuit, on y sentait pourtant l’imminence d’un orage. Paris avait des allures de ville tropicale, jusque dans le pas des flâneurs qui découvraient la nonchalance ; ils déambulaient, attirés par cette atmosphère électrique suspendue au moindre souffle, à la moindre goutte d’eau.
Au bout de ces quelques minutes d’absence, Gilles, en sueur, et toujours éprouvé par son cauchemar retourna vers son lit et pour tenter de se calmer et de se rendormir, il mit en marche la télé. Il tomba sur un vieux film allemand en noir et blanc et sous-titré dont les acteurs lui étaient inconnus.
Il se noyait depuis quelques minutes dans l’éclairage dramatique et la mise en scène théâtrale de cette œuvre, quand soudain, sans même vraiment l’avoir décidé, il changea de chaîne et retrouva celle des infos.
On y diffusait un reportage sur les millions de mines antipersonnel qui infestent encore les terres du Mozambique, du Kurdistan irakien et du Cambodge, entre autres. On décrivait le drame de ces pays où les enfants se font piéger méthodiquement alors qu’ils se promènent, s’amusent ou vont travailler et que le hasard qui leur fait poser le pied sur ces engins de malheur leur arrache une jambe.
Une fois de plus on voyait ces familles innocentes et résignées vivre l’horreur au quotidien à attendre que leurs enfants obtiennent un appareillage sérieux, à les regarder marcher tant bien que mal à l’aide de prothèses de fortunes.
Le reportage était angoissant et prenait une résonance toute particulière après son cauchemar... /...
extrait de "lapeaudumonde.com" éditions bonobo / 2008


commentaires

vania 16/11/2008 14:38

Je reste persuadée que l'on a tendance à fuir les endroits que notre subconscient refoule. Moi Toulon j'aime bien mais je n'y reste pas trop longtemps en général. La Tunisie, elle me fait peur depuis que je connais la misère qui arrive à la dénommée SAMEH HARAKATI. Mais chacun ces idées sur le sujet. J'ai adorée ton livre.http://tunisie-harakati.mylivepage.com

Michel Giliberti 26/11/2008 15:24



De quel livre parles-tu ?De la peau du monde ?

Merci de l'avoir aimé si c'est de celui-ci que tu parles.
Quant à la misère ou l'injustice, c'est un sujet délicat, mais c'est aussi de l'action à réinventer.

 @ bientôt,

Michel



Henri-Pierre 16/07/2008 23:27

mais Michel, à Toulon ou ailleurs, le seule résistance à la laideur du monde qui nous soit possible est le foi en la beauté. Et l'espérance.

Michel Giliberti 22/08/2008 09:16


L'espérance, oui... mais ces temps-ci, j'ai quelques lacunes en la matière.
 @ bientôt Henri-Pierre,

Michel


Phil 06/07/2008 15:55

Magnifique blog, on sent le bon goût !

Michel Giliberti 07/07/2008 10:08


Merci Phil... on fait ce qu'on peut :o)
 @ bientôt,

Michel


neurhone 06/07/2008 11:14

Je me souviens, j'avais mis sur mon blog l'un de vos poèmes que j'aime tant et je ne vous parle pas de mon étonnement et de mon bonheur quand j'ai vu que l'auteur lui-même m'avais mis un comm.La commande va partir n'oubliez pas ma dédicace ... j'y tiens !!!!Merci et bon dimanche Michel

Michel Giliberti 07/07/2008 10:14


Beau souvenir... Belle rencontre... dans l'espace sombre des blogs que je compare toujours au noir du ciel constellé de points lumineux. Vous étiez un de ces points.
 @ bientôt et merci,

Michel


bellelurette 06/07/2008 00:36

Bien, bien, bien.... moi ce que je retiens c'est que Laurent, il est trop beau, vraiment... et ta façon de photographier est tellement sublime, juste assez de lumière pour voir cette couleur d'oeil qui me plait tant. Michel, si tu savais comme j'ai été surprise et contente de ta petite trace sur mon blog, merci.

Michel Giliberti 06/07/2008 07:08


Je vais très peu sur les blogs ces temps-ci, tu sais, je n’en ai vraiment plus le temps, mais quand j'y vais parfois, je reste un  long moment et ce fut le cas chez toi.
Merci pour tes compliments Bellurette. Je suis heureux de sentir que tu vas bien.
Je t'embrasse,

Michel


Nath 06/07/2008 00:09

La misère du monde est bien grande, ici, ailleurs, partout, elle est aussi grande que l'indiférence de l'autre partie du monde... La partager, l'affronter avec le temps,..., elle est lourde parfois mais enfin que faire d'autre?...Bon retour Michel :) à bientôt

Michel Giliberti 06/07/2008 07:16



Se battre, certes ! mais j'avoue que se battre aujourd'hui est une chose perverse et difficile, à moins de tout boycotter de la société, arrêter de travailler, consommer, etc… Il me semble qu’un
grand arrêt général de tout, un stand-by officiel en quelque sorte, déstabiliserait tout notre système et ferait réfléchir, mais pour l’heure, dans mon roman, il s’agit d’un jeune homme qui va
peu à peu épouser la souffrance du monde et la faire sienne au point d’infliger des séquelles à son propre corps et les installer sur le net comme des images d’actualité.
 @ bientôt Nath,

Michel



Neurhone 04/07/2008 23:13

Moi qui lisait moins à cause du manque de temps voilà que l'envie me reprend après ces quelques lignes (d'autant plus que maintenant j'ai les conseils de Maryse sur vos livres ... sourire). Personnellement très touchée aussi par la misère du monde je connais les nuits où les images envahissent la tête et le coeur se serre.A bientôt Michel

Michel Giliberti 05/07/2008 07:11



Merci Neurhonne... ça me fait tout drôle de vous relire dans mon blog, ça me replonge en arrière quand les blogs étaient pour moi assez mystérieux.
Je ne connaissais que 2 blogs, celui de Zemoi et le vôtre.
Depuis la blogosphère m'a fait découvrir tant d'univers, c'est fou, quand même!
Merci pour le livre, je suis très touché,et si vous l’achetez un jour, passez directement par la maison d'édition, je vous le dédicacerai.

 @ bientôt Neurhone

Michel
 



Maryse 04/07/2008 21:11

un extrait bien choisi, qui donne un bon aperçu de l'ambiance de ton roman. Le spectacle du monde avec son lot de cauchemars banalisés qui entre en écho avec un cauchemar parsonnel dont Gilles n'est pas encore sortiC'est un livre passionnant, tu sais que j'ai adoré . Pour les questions qu'il soulève, sur la société , sur nous mêmes, et d'autant plus si on connait ce petit monde appellé "blogosphère"...Et puis bien sur pour ton style, tonique, dense, avec des dialogues riches, l'art d'aller à l'essentiel.   Christian a fait un bel article à propos de ton roman et  ça m'avait fait bien plaisir de le lire. Je souhaite de tout coeur que "lapeaudumonde.com " ait beaucoup de lecteurs. Au fait, c'est où et quand la séance de dédicace ?  bisous

Michel Giliberti 05/07/2008 07:14


Merci Maryse, je rougis... et tu sais que ça ne me va pas, je ressemble à un vieux bébé après !!!
Je te remercie Maryse et je te serre dans mes bras.

 @ bientôt,

Michel


François 04/07/2008 19:08

Michel,comment  rapprocher ce que votre roman dit de l'impossibilité de ne pas voir certaines réalités et ces magnifiques photos de Laurent ?Peut etre est-ce la clairvoyance : le regard clair comme un cristal, pur et tranchant...Je ne sais...AmitiésFrançois

Michel Giliberti 04/07/2008 19:41


Le héros de mon livre est à l'image de ce garçon et il a son âge. C'est pour cela que Laurent est là, et puis sa pose pouvait faire croire à quelqu'un qui se réveille. Je pouvais mettre Élie qui
lui, illustre réellement la couverture de mon livre, mais c'était pour changer... En fait, j'ai vaguement illustré le texte ( c'est puéril, je le reconnais).
Toutes mes amitiés, François,

 @ bientôt,

Michel


Chris-Tian Vidal 04/07/2008 18:49

Comme toi, Michel, il m'est difficile de dire ce que je ressens quand je rentre de Toulon. Je trouve belle ton idée de mettre des extraits de tes écrits. Cette beauté du monde cachée par tant de malheurs, tant de génocides, tant d'otages encore retenus... Je t'embrasse bien fort et je te souhaite un doux retour au foyer.

Michel Giliberti 04/07/2008 20:03


Oui, tant d'otages encore retenus... pour le moment nous sommes pris en otage par 'l'otage" lui-même qui occupe tous les médias... mais bon, comment y résister.Tu me raconteras "ton" Toulon.
 Je t'embrasse Christian,

Michel


*MeL* 04/07/2008 18:45

Ben non justement je vais mal ..mais qu'importe ....Je n'ai pas voulu t'offenser  par mes mots ...Je vais apprendre le silence ....se taire toujours sur tout . Se taire ....Je vais commander ton livre ...je serais moins sotte ...dommage que tu n'en ai pas apporté lors de ta venue sur BDX...j'aurai eu le livre et une dédicace ....là j'aurai le livre  ( le plus important ) Bonne fin de journée Michel.

Michel Giliberti 04/07/2008 20:06


Tu ne m'offenses jamais Mel. Quelle idée ! Je suis désolé de savoir que tu vas mal, j'espère que c'est passager. Et n'apprends jamais le silence, quelle horreur!
Je t'embrasse et à bientôt Mel,

Michel


*MeL* 04/07/2008 17:55

Pourquoi que Toulon te fait cet effet Michel ?Nous sommes nombreux sans le savoir à avoir ces cauchemars ... mais le matin venu....nous passons à autre chose , parfois même nous ne regardons pas notre voisin, ou on entends même  pas son salut  ...et si par accident on lui à posé une quetion ..on ne s'en souvient plus ..on passe à autre chose ..on vit ... sa vie qui nie ce que l'on dit ..on continue notre vie pleinement et assurément égoiste C'est ainsi...nous ne sommes que des humains  sans plus , sans rien !Que faire de mieux ,

Michel Giliberti 04/07/2008 18:03




Toulon ne me donne pas de cauchemars heureusement... j'y ai vécu de formidables années dans le fond, et si je n’en parle pas c’est que c’est une ville empreinte de tant de choses liées à ma
famille, à mon arrachement à la Tunisie, à la mort de plein de gens que j’adorais, à ma mère bien sûr.
Le texte qui suit n'est jamais qu'un extrait de mon roman. Je n'ai rien à voir avec mon héros, mais l'actualité, l'horreur du monde quand je n'ai pas sommeil est quelque chose qui me poursuit, où
que je sois.
Je suis extrêmement mal à l’aise dans la société hypocrite que nous vivons.
@ bientôt Mel, j’espère que tu vas bien,

Michel



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