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Le blog de Michel Giliberti

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J
e me posais des questions sur le sens et l’origine de la vie, quand me vint l’idée de les exprimer avec ce tableau qui n’est qu’une vision impressionniste, une exhalaison des sentiments poétiques que j’éprouvais alors. Je trouvais beau le concept d’une origine stellaire qui rendrait plus supportable la Voie lactée qui depuis toujours m’inquiète.
Aujourd’hui encore, j'essaie d'y croire. J'aime l'idée d’appartenir aux forces de la nature qui font de nous des éléments de matières organiques en mouvements, comme des mobiles dans le cosmos, même, si dans cette toile, le fœtus qui flotte reste proche de l’œuf initial.
Mais je voulais matérialiser une question.
Aussi, dans sa grande solitude que procure la contemplation, j’ai placé l’homme.
Un homme intemporel, au pied d'un escalier qui s'élance vers le ciel.
Un homme qui semble avoir des doutes sur une semence qui coule là, symbolique de la procréation…
Un homme qui peut aussi s’étonner de pouvoir engendrer de sa simple jouissance.
On peut alors imaginer qu’il se demande si, dans cette aventure humaine qu’elle porte à bras le corps, la femme, n'est pas, à elle seule, le ciel, la terre... l’univers, ou plus simplement, comme l’affirme Aragon, « L’avenir de l’homme ».


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Je t’ai choisi comme on désire le rouge
Avec effroi et déraison
Je t’ai choisi comme on saisit le verre
Avec la peur de le briser
Je t’ai choisi comme on s’écorche au rouge
Avec l'enfer au bout des contes
Je t’ai choisi comme on se sert un verre
Avec l’alcool à l’intérieur
Je t’ai choisi comme on se marque au rouge
Avec un fer d’appartenance
Je t’ai choisi comme on se coupe au verre
Avec la peur, juste au poignet.


 
© Giliberti / 2007. 
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Souvent je me suis amusé des conversations entre caissières et clients ; toutes avaient  comme un point commun la banalité de nos propos de tous les jours.
Mais cet après-midi, parti en coup de vent acheter une cartouche d’encre pour mon imprimante, j’ai été le témoin d’échanges pour le moins surréalistes.
J’étais dans le magasin.
Deux personnes attendaient  avant moi.
Entra une femme d’une cinquantaine d’années, essoufflée et en jogging.
 « Vous savez pas où j’peux trouver du tissu ? »
La commerçante en train de vendre une calculatrice d’un autre âge à un monsieur qui cherchait à convertir des euros en Francs, répondit laconique et sans même la regarder.
«  Y’a plus rien. »
La dame au jogging.
« J’vais aller à la pharmacie. »
La vendeuse à son client.
« Alors si vous appuyez là, vous avez les euros en francs et si vous appuyez là, vous avez les Francs en euros. Y faut que je vous la programme ? »
Le monsieur.
« Toujours ? »
La commerçante.
« Si vous faites attention, non ! »
La dame en jogging.
« C’est qu’il faut pas être en retard. La voiture de mon mari…
La commerçante.
« Du fil, il doit y en avoir. »
Un autre client qui n’avait rien dit jusqu’à présent.
« Le tissu, c’est ma femme quand elle fait des coussins… »
La dame en jogging
« De toute façon, je dois acheter du pain. Il est pas passé encore… »
Le monsieur à la calculette.
« Vous avez la même en plus petit ? »
La commerçante
« Oui ! »
Le client
« Elle calcule pareil ? »
La commerçante.
« Oui, mais en plus petit. »
La dame en Jogging.
« J’étais sûre avec le fil. J’attends mon canapé. Il le livre tout à l’heure. Mon mari… vous comprenez…»
Le deuxième client
« Ma femme , elle va à Avignon pour le tissu. »
Un grand silence… le client achèta sa calculette, la dame au jogging s’en alla, le deuxième client me fit signe de passer devant lui, sans explication.
Un peu abasourdi mais amusé, une fois encore, je demandai ma cartouche à la commerçante...
Quelle misère!

  

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Voici trois anciens tableaux, quand presque tous mes personnages avaient une continuité, une intimité avec le minéral. Leurs fêlures et leurs accidents supposés devaient se matérialiser par cet étrange mariage.l-apparence-cassee.jpg

J’ignore pourquoi j’avais ce besoin de « sculpter » mes peintures. Je le fais encore aujourd’hui, mais de loin en loin. La pierre, avec le verre et le sang, reste un de mes thèmes favoris.

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J’ai entendu beaucoup de commentaires à ce sujet et j’ai lu tant de choses « explicatives »…
Pour ma part, je ne sais pas donner de sens précis à ce besoin.
Ces tableaux exposés à la mairie du 6ème à la fin les années 80 se sont vendus immédiatement. Récompense extrême.

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Tu me fais mal

Comme la veine surgit
À fleur du marbre blanc
D’un trait bleu sale
Quand le ciseau le heurte.

Tu me fais mal
Comme l’encre qui en coule
Sur la surface claire
Et qui arrête
Mes gestes de sculpteur.

© Giliberti / 2007


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A
rte, hier soir.
Dans le cadre d'une série d'émissions sur la démocratie...

Reportage sur les tortures militaires américaines infligées
à des prisonniers afghans, de Bagram jusqu'à Guantanamo ; notamment sur Dilawar, chauffeur de taxi de vingt-deux ans, qui avant de crever comme un chien sous les coups, hurlait encore le nom de « Allah ».
Je témoigne à ma façon, de l’horreur que je ressens, du dégoût que m’inspirent les discours et les grands actes évangélistes.




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Lionel-profil-blogJ’étais là dans Rio
Abruti des sambas
Du carême naissant
Quand, au coeur des surdos
Un soleil satin noir
Sous l’or blanc de ses yeux
Se plaqua sur mon corps
Et me fit à sa bouche
Boire de la cachaça.

Puis ses gestes de fou
Enfiévrés des bandas
M’obligèrent à l’ardeur
Que l’alcool distillait
Comme au temps des esclaves
Mais devant cet Orphée
Au centre de l’enfer
J’ai fui comme Eurydice
Avant même d'en sortir.
© Giliberti
Orfeu-negro-1.jpgOrfeu-negro-1.jpgOrfeu-negro-1.jpgOrfeu-negro-1.jpgOrfeu-negro-1.jpgOrfeu-negro-1.jpgOrfeu-negro-1.jpg

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Erg


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Celui qui marche dans le désert
A, de ses pas, tant à apprendre.
Il est de ceux pour qui l’assise
  N’est qu’un thé rouge quand vient nocturne,
Juste un repos dans le silence.

Entre soleil et lune rousse
Ses mots ne disent ni ne dévoilent
Ce que ses yeux savent promettrent.
De ce contrat naît un secret
Comme une alliance avec le sens.

Celui qui marche dans le désert
A, de ses pas, tant à donner.
Il est de ceux pour qui les hommes
Avancent mal et puis piétinent
Les chemins simples de demain.

© Giliberti / 2007
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Les enfants pleurent
Et pleurent les grands
Parfums d’amour
Papiers de soie
Froissés un peu
Déchirés vite…

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Les enfants pleurent

Et pleurent les grands
Parfums d’ivresse
Papiers brûlants
Rougis des mots
Oubliés, vite...
.
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Les enfants pleurent

Et pleurent les grands
Parfums d’encens
Papiers de paille
Partis légers
   Envolés, vite...

© Giliberti / 2007


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ADN


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Voudrais-tu noir et vif
Te nourrir de ces terres
Qui, repues, blanches et sourdes
Te refusent l’exil ?
Voudrais-tu te vouer
À l’ancienne facture
D’un système nouveau
Qui te rendrait esclave ?
Voudrais-tu, noir et fort
Sourire à tous ceux-là
Qui doutent de tes enfants
Et ne croient qu’en tes gènes?
Voudrais-tu, noir et fier
Te nourrir de ces terres
Qui repues, blanches et grises
Te donneraient l’aumône?

© Giliberti / 2007
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Musique : Carlos Nakaï / Ancestral Voices

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Les ruelles de la Médina de Tunis serpentent au milieu des clairs obscurs troués parfois des lumières crues qui plongent à ciel ouvert. Dans l’étroitesse de certaines de ces ruelles, vous passez devant de hautes portes de bois, riches en couleurs et fermées sur les secrets des maisons qui vous renvoient à votre imaginaire.

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Moi, dans ces lieux anciens, je marche avec l’impression de m’enfoncer dans un labyrinthe qui mènerait au sens des choses, ou plus exactement au sens que j’aimerais accorder aux choses, alors même que je m’y perds.

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Difficile d’exprimer ce qui touche aux sentiments. Difficile d’expliquer pourquoi ce mur effrité me parle davantage que cet autre, pourquoi ce pavé qui fait glisser mon pas maladroit me donne le sens du temps qui passe.

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Il n’y a pas de nostalgie dans ce que je dis ; il n’y a pas de romantisme échevelé. Je déteste ça. Non, il y a bien au contraire la rudesse abstraite des lieux qui semble vouloir me parler… Me faire entendre quelque chose que je pressens.
Alors, j’écoute.
J’écoute, je sens et je vois. Et, dans ce dédale de ruelles où à tout instant quelqu’un peut crier qui appelle son voisin, un autre jeter une bassine d’eau sans précaution, moi je vis l’ineffable.

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Mais les portes s’ouvrent parfois sur un homme ou une femme, toujours prêts à réinventer les secrets sublimés de nos contes des mille et une nuits.

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Et les maisons sont vastes.
Et leur ombre, fraîche.
Et les habitants de ces lieux, mystérieux, dans la lumière bleue des cours parfumées.

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Le blog de Michel Giliberti

Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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