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Le blog de Michel Giliberti


A
rte, hier soir.
Dans le cadre d'une série d'émissions sur la démocratie...

Reportage sur les tortures militaires américaines infligées
à des prisonniers afghans, de Bagram jusqu'à Guantanamo ; notamment sur Dilawar, chauffeur de taxi de vingt-deux ans, qui avant de crever comme un chien sous les coups, hurlait encore le nom de « Allah ».
Je témoigne à ma façon, de l’horreur que je ressens, du dégoût que m’inspirent les discours et les grands actes évangélistes.




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Lionel-profil-blogJ’étais là dans Rio
Abruti des sambas
Du carême naissant
Quand, au coeur des surdos
Un soleil satin noir
Sous l’or blanc de ses yeux
Se plaqua sur mon corps
Et me fit à sa bouche
Boire de la cachaça.

Puis ses gestes de fou
Enfiévrés des bandas
M’obligèrent à l’ardeur
Que l’alcool distillait
Comme au temps des esclaves
Mais devant cet Orphée
Au centre de l’enfer
J’ai fui comme Eurydice
Avant même d'en sortir.
© Giliberti
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Erg


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Celui qui marche dans le désert
A, de ses pas, tant à apprendre.
Il est de ceux pour qui l’assise
  N’est qu’un thé rouge quand vient nocturne,
Juste un repos dans le silence.

Entre soleil et lune rousse
Ses mots ne disent ni ne dévoilent
Ce que ses yeux savent promettrent.
De ce contrat naît un secret
Comme une alliance avec le sens.

Celui qui marche dans le désert
A, de ses pas, tant à donner.
Il est de ceux pour qui les hommes
Avancent mal et puis piétinent
Les chemins simples de demain.

© Giliberti / 2007
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Les enfants pleurent
Et pleurent les grands
Parfums d’amour
Papiers de soie
Froissés un peu
Déchirés vite…

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Les enfants pleurent

Et pleurent les grands
Parfums d’ivresse
Papiers brûlants
Rougis des mots
Oubliés, vite...
.
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Les enfants pleurent

Et pleurent les grands
Parfums d’encens
Papiers de paille
Partis légers
   Envolés, vite...

© Giliberti / 2007


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ADN


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Voudrais-tu noir et vif
Te nourrir de ces terres
Qui, repues, blanches et sourdes
Te refusent l’exil ?
Voudrais-tu te vouer
À l’ancienne facture
D’un système nouveau
Qui te rendrait esclave ?
Voudrais-tu, noir et fort
Sourire à tous ceux-là
Qui doutent de tes enfants
Et ne croient qu’en tes gènes?
Voudrais-tu, noir et fier
Te nourrir de ces terres
Qui repues, blanches et grises
Te donneraient l’aumône?

© Giliberti / 2007
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Musique : Carlos Nakaï / Ancestral Voices

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Les ruelles de la Médina de Tunis serpentent au milieu des clairs obscurs troués parfois des lumières crues qui plongent à ciel ouvert. Dans l’étroitesse de certaines de ces ruelles, vous passez devant de hautes portes de bois, riches en couleurs et fermées sur les secrets des maisons qui vous renvoient à votre imaginaire.

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Moi, dans ces lieux anciens, je marche avec l’impression de m’enfoncer dans un labyrinthe qui mènerait au sens des choses, ou plus exactement au sens que j’aimerais accorder aux choses, alors même que je m’y perds.

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Difficile d’exprimer ce qui touche aux sentiments. Difficile d’expliquer pourquoi ce mur effrité me parle davantage que cet autre, pourquoi ce pavé qui fait glisser mon pas maladroit me donne le sens du temps qui passe.

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Il n’y a pas de nostalgie dans ce que je dis ; il n’y a pas de romantisme échevelé. Je déteste ça. Non, il y a bien au contraire la rudesse abstraite des lieux qui semble vouloir me parler… Me faire entendre quelque chose que je pressens.
Alors, j’écoute.
J’écoute, je sens et je vois. Et, dans ce dédale de ruelles où à tout instant quelqu’un peut crier qui appelle son voisin, un autre jeter une bassine d’eau sans précaution, moi je vis l’ineffable.

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Mais les portes s’ouvrent parfois sur un homme ou une femme, toujours prêts à réinventer les secrets sublimés de nos contes des mille et une nuits.

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Et les maisons sont vastes.
Et leur ombre, fraîche.
Et les habitants de ces lieux, mystérieux, dans la lumière bleue des cours parfumées.

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Un peu d’encre et mes mots
Vivent encore du désert
Où le vent sur ta peau
Fait battre tes paupières.

Un peu d’ocre et tes maux
Se meurent dans le désert
Où le sable sur ma peau
Fait sourire tes yeux verts.

© Giliberti / 2007

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De vert et d'ocre

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J
e n’allais tout de même pas laisser passer ma fête sans un cadeau.
Alors, voilà… Je m'offre mon "Saint Michel terrassant le dragon", un thème souvent traité par les artistes...
La plupart d'entre eux l'ont représenté se battant contre des dragons extraordinaires, parfois démesurés, mi-homme mi-bête, à l'image du mal (le Diable).
Cette version manichéenne ne convenait pas à ce que je cherchais à peindre.
Je voulais juste donner un sens ludique à cette lutte en faisant du dragon un petit être qui nargue gentiment un garçon pas du tout effrayé et à qui il semble plus venir à l'idée de le chasser comme un moustique, que de le terrasser.
Pourquoi ai-je féminisé mon dragon en l'appelant dragone...? Je laisse le soin à chacun de se livrer à cette réflexion... mais quand on sait combien la femme mène les hommes par le bout du nez ou du reste...


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Ses yeux pleins du soleil
Que dégage sa peau
Se ferment à l’Orient
Où les lumières se lèvent
Qui argentent ses mots
Comme elles boisent son souffle
Et inonde sa bouche
De la voix du désert.
De nous tous, c’est celui
Qui saura taire les maux
Puis d’un geste d’ébène
Faire renaître demain.

© Giliberti / 2007

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E
n juillet, alors que j’étais auprès de ma mère dans la maison de repos où elle se trouvait pour un mois, j’ai pu observer les petits vieux qui étaient là.

Certains avaient de la nostalgie plein les yeux, d’autres du ressentiment, mais tous avaient cette inquiétude du lendemain, cette indicible angoisse de se retrouver, en dehors de chez eux, dépourvus d’autonomie et comme privés de leurs libertés... C’est alors que je me suis aperçu d’une cocasserie, au départ, anodine…
Ces petits vieux, à qui l’on donnerait le Bon Dieu sans confession, ont des petites manies et pas des moindres… Ils prennent tous « L’eau de mélisse des carmes Boyer »…
Vous me direz, quoi de plus naturel que de se soigner avec des plantes à leur âge (surtout que c’est vendu en pharmacie !)
Personnellement, ma mère (comme ma grand-mère autrefois), sous prétexte de « se sentir pas bien »se rue sur sa bouteille, trois fois par jour…
Elle fait tomber quelques gouttes du précieux liquide sur un sucre et aussitôt après, elle va mieux.
Et pourtant, cette chère eau de mélisse que l’on recommande pour se « remonter » est en réalité un concentré d’alcool à 80 ° ! Avec du sucre, ça doit bien faire monter le taux d’alcoolémie à environ 90 °.
Comment dire à ma mère, et aux autres que, s’ils se sifflaient un petit calva, ça leur ferait le même effet ?
Bien sûr, le calva n’est pas vendu en pharmacie... ça ferait désordre !
Et c’est ainsi que dans tous les hôpitaux, les maisons de retraites et autres hospices, nos petits vieux se shootent plusieurs fois par jour et vous regardent de leurs yeux attendris, qu’ils soient dans leur lit ou dans des fauteuils roulants, mais tous avec une fiole d’eau des carmes Boyer à portée de main…
En ce moment, on parle beaucoup de la maladie d’Alzheimer, une tragédie !
Notre cher président, un peu parkinsonien des épaules, en a même fait son cheval de bataille. ..
Mais ne soyons pas mauvaises langues, et demandons-nous simplement ce qu’il va faire pour humaniser tous ces lieux de désolation qui donnent des vices à nos chers vieux…
Quelle misère !

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Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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