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Le blog de Michel Giliberti

 
Tel que je me connais, je ne pouvais pas ainsi me pencher sur les délices de la Grèce sans culpabiliser, sans avoir l'impression de trahir mes amours premières… mes souffles organiques, mes déserts de toujours.
Tout ce qui construit mon identité, ma renaissance.

Alors, oui, encore une fois, une fois encore...
Je pose ici quelques mots de rien, quelques mots de tout, des mots cent fois déguisés pour dire la même chose, comme je servirais le même plat maquillé d'épices différentes.
Je suis faible quand il s’agit d’amour et de dépendance.La fidélité me caractérise.

Alors, oui, encore une fois, une fois encore...
Quelques poussières d’enfance venues brûler mes yeux me donnent à flâner dans la rue de Sidi Bou Saïd qui, désormais, accueille mes pas d'adulte et pour une fois, une seule, c'est promis, je vous entrouvre la porte bleue de la petite maison.


Rue-du-bonheur-0001.jpg
La rue Essaada (rue du bonheur) Comment pouvais-je espérer plus beau nom de rue pour jeter l'ancre quelques mois par an?

U
ne rue blanche

Comme un ciel bleu
Une rue franche
Comme un mensonge
Une rue mienne
Comme rien à soi,
Et des sourires
Comme une audace
Et des soupirs
Comme une trace.

© Giliberti / Voyage secret / Bonobo 

Rue-du-bonheur-entree-50001.jpg

L'entrée de la petite maison...


Rue-du-bonheur-0001-2.jpg
Un coin du salon...


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Un autre de la chambre d'amis...


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Moez, ses langueurs et ses rêves en soirée, quand boire un café, s'éternise.


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L'entrée de la petite cour dans ma chambre...

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Si je ne parviens pas à finir mes jours en Tunisie, je crois que c’est en Grèce que je le ferai.
C’est un pays fascinant, qui vous emporte au centre des légendes que tous, un jour ou l'autre, nous avons eu envie de vivre. Un pays où les îles, si nombreuses, permettent au voyageur de ne jamais poser ses bagages, ou du moins de les poser cent fois... l'odyssée ne cesse jamais.
Moi, c’est à Athènes que je me sens le mieux ; Athènes qui réveille tous mes fantasmes. J’aime les villes qui transpirent, les villes qui chantent, les villes bruyantes dans la chaleur de la nuit et où le drame côtoie toujours le bonheur.
Les villes où tout peut arriver.
Les villes où les regards, comme à Naples, comme à Madrid, comme à Tunis, semblent n’attendre que le vôtre et vous faire croire, le temps d’une soirée, que vous êtes indispensable.

Allez, on embarque...

grece--barque-et-pecheur.jpg

La mer, bien sûr... Le premier des cadeaux que vous offre la Grèce... La mer où chaque île est le repère d'une légende que vous avez adorée lorsque vous étiez enfant... Vous êtes sur les traces d'Ulysse, de Pénélope, de Télémaque, d'Achille... les Cyclopes se cachent là, les Centaures et les Dieux aussi.

grece-13.jpgPuis son passé de pierres... ici les Cariatides sur l'Acropole. Immuables, impressionnantes.

Grece-statue-.jpgLa statue pleine de charme et de fraîcheur d'un jeune pêcheur au centre du jardin d'Athènes.
Grece-village-5.jpgL'authenticité des villages dans les îles grecques. Ici, à Patmos. Tant de simplicité, tant de beauté.

Grece-pecheurs-4.jpgPatmos, encore. Quelques pêcheurs qui remaillent leur filet, tout en discutant. Le temps s'est arrêté.
Grece-chapelle.jpgUne de ces petites chapelles qui ressemblent tellement aux marabouts d'Afrique du Nord. Comme eux, elles m'apaisent et me font croire à demain.
Grece--Santorin-.jpgSantorin, l'île volcanique par excellence, entièrement bâtie sur les restes d'une ancienne civilisation encore pleine de mystères. Santorin, si belle et si étrangement sereine, le soir surtout, quand le brouillard remonte de la mer et glisse sur les terrasses. Santorin qui force à la méditation... à de véritables voyages intérieurs.

Grece--homme-dans-un-bar8.jpgDans les cafés, les gens prennent le temps de flâner, de boire de l'ouzo, de fumer... 
Fumer ? Vous savez bien... ce que l'on pouvait faire en France... avant... c'était il y longtemps, avant que toutes les interdictions dessèchent nos coeurs et n'arrangent en rien notre santé qui pâtira de toutes ces prisons supplémentaires.

Grece-phalus-.jpgEt pour conclure, je dirais ( au risque de faire bondir Jacqueline de Romilly ), qu'un peuple qui a érigé de si gigantesques phallus ne peut qu'engendrer la bonne humeur et l'inspiration... Ici à Delos.
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Delos, cette petite île protégée du tourisme, où vivent ces charmants agames que l'on rencontre à tout instant et qui font toujours des petits "Oui" d'un signe de leur tête, comme s'ils voulaient nous faire croire qu'ils sont d'accord avec nous.

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Sandro.jpg
T’avais tout pour me mettre en croix
Quand tu venais squatter mes draps
Voyou.
Regards vicieux, visqueux sourires
Salive acide, sombre délirs
Voyou

Blanche héroïne et drogue intime
T'organisais bien ma déprime
Voyou.
T'entendais jamais les colombes
Trop attentif au chant des bombes
Voyou.

Sandro-2.jpgT’écoutais pas plus ma musique
Bien trop fidèle à ta rythmique
Voyou.
Tu grandissais sans procédure

Adorable petite ordure
Voyou.
T’avais jamais lu, jamais cru
 Qu’en l’arrogance de tes mots crus
Voyou.
Mais j’ai en moi tant de hauteur
Que j’ai fermé cœur et demeure
 C’est tout.

© Giliberti / Texte Chanson / 2007
Sandro-5.jpgSandro...

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C
e tableau date des années 80. Il met en scène des hommes sur une terre
meurtrie par leur inconséquence, une terre devenue stérile, battue par les vents, une terre qu'ils vont devoir quitter pour un nouvel exil alors que s'opère déjà la mutation qui, peut-être, les sauvera... devenir des oiseaux pour un nouvel envol !
Entre espoir et désillusion ils veulent encore garder apparence humaine en portant des masques pour cacher leurs têtes d'oiseau.

Plus de vingt ans après cette toile, si la mutation n’est pas à l’ordre du jour, tout reste d’actualité... et souhaitons que nous ayons l'ADN des oiseaux pour migrer en paix.
Mais pour ma parenthèse poétique, j’avoue que se transformer en oiseau et quitter la terre ne me ferait pas peur…
Je suis si heureux dès que je suis en avion, que je vois défiler l’infinie étendue des nuages sous la carlingue, cet autre désert, blanc et ouaté, sur lequel je rêverais de me promener.
Ailleurs… en haut… quand tout me pousse, à vivre ici… en bas.


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PARIS (AFP) — Agés de 19 à 70 ans, ils sont chefs d'entreprise, ouvriers, artisans, enseignants, éducateurs, commerçants ou militaires : 310 hommes ont été interpellés depuis lundi lors de la plus vaste opération jamais montée en France contre des internautes amateurs d'images pédopornographiques.

◊◊◊◊

Sacré coup de filet salutaire pour lequel je n’ai rien à dire, sauf… que le nom de l’opération à l’origine de ce coup de filet, est : « Opération ARC EN CIEL ».
Quand on sait que le
« Rainbow » (Arc en ciel) est le symbole du peuple gay, je n’apprécie pas du tout cet amalgame que j’ai du mal à croire innocent.

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1987, Franck pose pour la première fois.
Instant fragile et suspendu dans nos silences et nos échanges.
« Les rêves brûlés » sera la première d’une longue série de toiles.
Un arrêt de temps en temps, et Franck, tout en gardant la pose se détendait quelques minutes à travers le brouillard bleuté d’une cigarette.
Élégance et retenue.
Souvenirs ancrés pour des voyages sans cesse recommencés.
Franck naissait et moi, je renaissais.

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La-question-.jpg

J
e me posais des questions sur le sens et l’origine de la vie, quand me vint l’idée de les exprimer avec ce tableau qui n’est qu’une vision impressionniste, une exhalaison des sentiments poétiques que j’éprouvais alors. Je trouvais beau le concept d’une origine stellaire qui rendrait plus supportable la Voie lactée qui depuis toujours m’inquiète.
Aujourd’hui encore, j'essaie d'y croire. J'aime l'idée d’appartenir aux forces de la nature qui font de nous des éléments de matières organiques en mouvements, comme des mobiles dans le cosmos, même, si dans cette toile, le fœtus qui flotte reste proche de l’œuf initial.
Mais je voulais matérialiser une question.
Aussi, dans sa grande solitude que procure la contemplation, j’ai placé l’homme.
Un homme intemporel, au pied d'un escalier qui s'élance vers le ciel.
Un homme qui semble avoir des doutes sur une semence qui coule là, symbolique de la procréation…
Un homme qui peut aussi s’étonner de pouvoir engendrer de sa simple jouissance.
On peut alors imaginer qu’il se demande si, dans cette aventure humaine qu’elle porte à bras le corps, la femme, n'est pas, à elle seule, le ciel, la terre... l’univers, ou plus simplement, comme l’affirme Aragon, « L’avenir de l’homme ».


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Je t’ai choisi comme on désire le rouge
Avec effroi et déraison
Je t’ai choisi comme on saisit le verre
Avec la peur de le briser
Je t’ai choisi comme on s’écorche au rouge
Avec l'enfer au bout des contes
Je t’ai choisi comme on se sert un verre
Avec l’alcool à l’intérieur
Je t’ai choisi comme on se marque au rouge
Avec un fer d’appartenance
Je t’ai choisi comme on se coupe au verre
Avec la peur, juste au poignet.


 
© Giliberti / 2007. 
eclat-de-verre-et-sang10001.jpg

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Souvent je me suis amusé des conversations entre caissières et clients ; toutes avaient  comme un point commun la banalité de nos propos de tous les jours.
Mais cet après-midi, parti en coup de vent acheter une cartouche d’encre pour mon imprimante, j’ai été le témoin d’échanges pour le moins surréalistes.
J’étais dans le magasin.
Deux personnes attendaient  avant moi.
Entra une femme d’une cinquantaine d’années, essoufflée et en jogging.
 « Vous savez pas où j’peux trouver du tissu ? »
La commerçante en train de vendre une calculatrice d’un autre âge à un monsieur qui cherchait à convertir des euros en Francs, répondit laconique et sans même la regarder.
«  Y’a plus rien. »
La dame au jogging.
« J’vais aller à la pharmacie. »
La vendeuse à son client.
« Alors si vous appuyez là, vous avez les euros en francs et si vous appuyez là, vous avez les Francs en euros. Y faut que je vous la programme ? »
Le monsieur.
« Toujours ? »
La commerçante.
« Si vous faites attention, non ! »
La dame en jogging.
« C’est qu’il faut pas être en retard. La voiture de mon mari…
La commerçante.
« Du fil, il doit y en avoir. »
Un autre client qui n’avait rien dit jusqu’à présent.
« Le tissu, c’est ma femme quand elle fait des coussins… »
La dame en jogging
« De toute façon, je dois acheter du pain. Il est pas passé encore… »
Le monsieur à la calculette.
« Vous avez la même en plus petit ? »
La commerçante
« Oui ! »
Le client
« Elle calcule pareil ? »
La commerçante.
« Oui, mais en plus petit. »
La dame en Jogging.
« J’étais sûre avec le fil. J’attends mon canapé. Il le livre tout à l’heure. Mon mari… vous comprenez…»
Le deuxième client
« Ma femme , elle va à Avignon pour le tissu. »
Un grand silence… le client achèta sa calculette, la dame au jogging s’en alla, le deuxième client me fit signe de passer devant lui, sans explication.
Un peu abasourdi mais amusé, une fois encore, je demandai ma cartouche à la commerçante...
Quelle misère!

  

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Voici trois anciens tableaux, quand presque tous mes personnages avaient une continuité, une intimité avec le minéral. Leurs fêlures et leurs accidents supposés devaient se matérialiser par cet étrange mariage.l-apparence-cassee.jpg

J’ignore pourquoi j’avais ce besoin de « sculpter » mes peintures. Je le fais encore aujourd’hui, mais de loin en loin. La pierre, avec le verre et le sang, reste un de mes thèmes favoris.

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J’ai entendu beaucoup de commentaires à ce sujet et j’ai lu tant de choses « explicatives »…
Pour ma part, je ne sais pas donner de sens précis à ce besoin.
Ces tableaux exposés à la mairie du 6ème à la fin les années 80 se sont vendus immédiatement. Récompense extrême.

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Tu me fais mal

Comme la veine surgit
À fleur du marbre blanc
D’un trait bleu sale
Quand le ciseau le heurte.

Tu me fais mal
Comme l’encre qui en coule
Sur la surface claire
Et qui arrête
Mes gestes de sculpteur.

© Giliberti / 2007


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Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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