8 Avril 2007
J'ai toujours éprouvé une fascination pour les mains ; mains d’hommes, mains de femmes. Quand elles accrochent mon attention, quand elles savent me parler, je suis en état de séduction aussi intensément que je le serais avec l’être tout entier.
Ces mains-là sont faites pour les bagues d’argent, pour ces miroir imparfaits qui les enserrent le temps d’une photo, le temps d’un mariage avec la pellicule. le temps d'une union argentique.
Moi, qui ne mets jamais de bijoux, j’aime voir les doigts de mes amis ornées de bagues berbères, leurs bras entravés de bracelets, leurs cous chargés de lourds colliers que je garde à l’ombre d’un coffre en os de dromadaire, un coffre fatigué, usé, un coffre trouvé dans le sud de la Tunisie.
Alors que je suis aux antipodes des décors kitchs, des univers chargés, des exaltations inutiles et des discours pompeux, j’avoue que ces parures d’argent, de grenat et de lapis-lazuli, attachées à la peau de ces garçons qui acceptent mes délires, réinventent à ma façon les Mille et une Nuits, quand le rêve avait du souffle et le mensonge un goût de vérité. Elles sont la source de délires en couleurs, parfois en noir et blanc, et elles incarnent, à l'heure où l'on se prosterne devant toute chose conceptuelle, un renouveau dans l'infini de nos imaginaires ancestraux.
Les ongles pâles et presque roses
Tu parcours sur ma peau
Ta peau est à un souffle de mes envies
Dans l’ardente demeure
À l’ombre de tes gestes
Le front n’était pas lisse
Comme l’odeur de l’encens
À n’étendre que ses plaintes
Ta peau est à un souffle de mes envies
Au fond des palais vides,
Tu parcours sur ma peau
Peintre, auteur et photographe. Tout se rejoint et reste intimement mêlé. J'aime voyager mais par dessus tout, j'adore me poser en Tunisie, mon pays natal.
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