28 Mars 2007


Quoi qu'il en soit, elle a été d’une patience inimaginable avec moi, a accepté que je la croque rapidement sur mon bloc à dessins, puis que je la prenne quelques photos. Elle était très coquette, s’est arrangée sa frange orange à plusieurs reprises, a lissé sa robe et mis en avant ses fibules en argent.
J’étais sur un nuage ; c’était vraiment extraordinaire. Je me trouvais là, dans sa maison au centre d’un vaste trou aménagé dans le sol. Au départ on ne voit pas vraiment ces fameuses habitations troglodytes. Il faut grimper un peu sur les hauteurs et là, on aperçoit des espèces de cratères, des trous qui s'ouvrent sur une cour intérieure avec un puits et cinq ou six entrées disposées tout autour, sans compter celles des étages qui mènent aux greniers où l'on conserve différentes denrées comme l’huile, les olives. On y accède par des escaliers. Tout est très bien agencé. Ces habitations sont coquettes, leurs cours intérieures, délicieuses ; des plantes et des herbes aromatiques y poussent dans des pots de terre, du linge sèche au soleil, tout y est terriblement chaleureux. Si l’ensemble est construit à même la roche, certains volumes comme les marches, les étagères, les banquettes, les cheminées sont parfois en argile. Il y fait frais l’été, chaud l’hiver. Je crois qu’on n'a rien inventé de mieux…
Il y a souvent un poisson ou une main de couleur bleue à l'entrée des maisons pour conjurer le mauvais sort.
Je pourrais rester sur le seuil de cette porte aussi longtemps que ce chat qui n'a jamais bougé tout le temps que je suis resté dans cette cour ensoleillée.
Sur la route au dessus de ces maisons troglodytes, ce jeune cycliste transportait du bois et n'a pas manqué de me sourire tout en peinant sous la chaleur qui était vraiment terrible ce jour-là.
Avant qu'il ne disparaisse, j'ai pris une dernière photo de lui... Où était sa jolie maison ?
Peintre, auteur et photographe. Tout se rejoint et reste intimement mêlé. J'aime voyager mais par dessus tout, j'adore me poser en Tunisie, mon pays natal.
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