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Le blog de Michel Giliberti

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Articles avec #tunisie


À soixante kilomètres de la belle petite ville du Kef se trouvent les ruines romaines de Dougga. Ces vestiges que je connais depuis l'enfance sont exceptionnels. Ils ont l’avantage d’être bien conservés et surtout de s’étendre sur ce paysage toujours unique et « biblique » déjà décrit…

Quand on découvre ces lieux, un peu difficile d’accès, on comprend que les Romains s’y installèrent. Les plateaux sur lesquels ils se dressent les protégeaient des ennemis et les plaines généreuses que le fleuve Mejez el Bab arrose assuraient les cultures. Plus loin d’ailleurs en remontant vers Aïn Draham et Tabarka, la végétation est très dense et l’on compare (un peu à tort à mon avis) cette région à la Normandie parce que les pluies y sont abondantes et que la neige y pointe son nez. Croyez-moi, rien à voir…  

Ici tout est encore à peu près préservé de l’urbanisation sauvage qui, hélas, défigure de plus en plus le pays. On éprouve un sentiment de retrouvailles avec ce passé romain de la Tunisie qui fut tant de fois envahie, au point que beaucoup d'entre eux refusent l’identité arabe dans laquelle ils ne se reconnaissent pas vraiment (en dehors de leur religion musulmane). 

Ils se sentent avant tout des Numides… des Berbères. Ce sont les origines qu'ils revendiquent. Leur culture est faite de tant de mélanges que ce mot « arabe » leur semble réducteur et ils le laissent bien volontiers aux vrais envahisseurs « arabes», ceux qui s’imposèrent rapidement sur leur territoire dès l’an 646. 

Ces lieux un peu hantés par ce passé romain semblent donner envie de flâner aux Tunisiens et surtout aux paysans qui s’y promènent tranquillement tout autour. 

Chacun d'eux est prêt à vous raconter une anecdote et comme dans toute la Tunisie, le sourire et le mot « bien venu » sont de rigueur.

Le Capitole, au sommet de Dougga...

Son chapiteau...

Ses colones corinthiennes...

Une vue depuis le côté gauche du Capitole...

Le Capitole, une dernière fois... j'ai photographié bien d'autres endroits sur place, notamment le théatre si intacte de ce site si vaste, mais difficile de faire un choix...

Les thermes antoniniens qui dominent la vallée...

L’arc de Sévère Alexandre près des figues de barbarie et des oliviers centenaires...

Jean-Charles (mon compagnon depuis trente-cinq ans) est littéralement tombé sous le charme de ce site que le silence (à cette époque de l'année) rend si envoûtant. Il ne voulait plus partir. Si je l'avais écouté, un âne et des moutons auraient suffi à faire de lui l'homme le plus comblé de la terre...
D'ailleurs, nous sommes là, tous les deux, à nous demander si ce désir un peu utopique n’est pas finalement le seul vrai projet nouveau à l'heure de la fuite des capitaux et des derniers litres de pétrole, à l’heure des bourses vides des hommes et de celles des marchés qui dégringolent…

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie

À l’ouest de Tunis, quand on s’éloigne vers l’Algérie, la campagne tunisienne qui mène au Kef est une des plus belles que je connaisse. Elle est même émouvante. Finis les clichés faciles, on entre dans la légende qui pousse aux aphorismes.

Cette terre restitue les images bibliques qu’une éducation religieuse a enracinées au plus profond de nous. Même si par la suite (comme moi) on devient athée, on s’attend à voir surgir Moïse ou Jésus dans ces paysages de Galilée où chaque buisson devient ardent…

Ici où tout est beau, c’est le souffle du vent dans les branches des oliviers et des eucalyptus…

Ici, où tout est continuel, ce sont les roches rousses, érodées et tortueuses, les valons, les plaines et surtout l’odeur de la végétation dans un silence étonnant et mystérieux qui force la méditation.

Ici, où tout est retenu, les bergers vous sourient près de l’oued où paissent leurs moutons...

... des moutons sans marquages aux oreilles et qui paressent sous le soleil.

Des enfants sur des ânes vous saluent et vous vendent parfois des légumes ou des fruits.

Quand je me promène dans ces lieux de grande sérénité, je suis toujours à l’écoute du silence. J’ai toujours l’impression qu’il veut me délivrer un message. Il règne la plus inspirée des symbioses avec ma nature profonde comme lorsque je contemple le désert ; rien de comparable pourtant, mais ces paysages parviennent tous deux à panser mes blessures, parviennent à me faire croire en l’homme.


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Published by Michel Giliberti - - Tunisie


Musique : Carlos Nakaï / Ancestral Voices

Demain matin, je retourne au bled...
Ces départs pour la Tunisie, ces départs chargés de mes rêves en bagages, sont mon lot depuis quelques années. J’ai trouvé là-bas, moi, le faiseur de textes, moi le glaneur d’idées, un air à fouiller, un air respirable, parce qu’un air qui ne m’appartient pas.
Ici, en France, tout est à moi et, comme tous les insatisfaits, il me faut ce qui ne m’est pas donné. Il me faut déchiffrer l’augure dans les viscères d’un ailleurs.
Alors, une fois encore, quelques clichés de là-bas, plus au sud cette fois… là, où le désert se fait sentir ; là, où il rode et vous enivre d’avance… Là, où il vous rattrape.


La route qui mène à Tozeur, Douz, Matmata, Medenine… et puis Tataouine.
Là vous y êtes.
Là, c’est le début du rêve quand tout votre corps qui réclamait la paix peut enfin croire qu’il va enfin la rencontrer.


Quelques ruines au milieu d' un paysage étrange dont l'odeur est un mélange de sable et de sel mouillé, peut-être... difficile à définir.


... encore une de ces constructions abandonnées qui servent de refuges à toutes sortes d'animaux...


... comme cet oiseau solitaire, surpris de rencontrer un oiseau encore plus bizare que lui... et aussi sauvage.


Un vieux tunisien qui n'a pas peur de marcher sur la route de Matmata, en plein soleil... mais comment fait-il ? Pas de métro, pas de bus, pas de voiture, pas de portable, pas d'Ipod... aucun problème de reconversion pour cet homme courageux si le pétrole venait à disparaître !


Matmata Encore, cette belle cariole, identique à celles que je prenais avec ma mère quand j'étais petit...


Matmata, toujours... petit repos méditatif. Le temps semble s'être arrêté.


 Tozeur... une promenade en vélo, une promenade volée au centre de la ville.
À très bientôt...
Pour d'autres images des mêmes endroits...

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie

Sufi Dialogue - Egyptian Nile Music
Je parle peu de Tunis, et pourtant, c'est une ville que j’adore entre toutes. Elle reste humaine malgré une effervescence étonnante.
Les soirs d’été, entre la chaleur, le bruit et les odeurs épicées des restaurants, c’est un pur délire. Les Tunisiens aiment sortir, faire la fête ou se promener en grappe sur les trottoirs.
Mais à Tunis, il y a aussi la Médina. Elle me passionne comme me passionnent toutes les médinas.
Le labyrinthe de leurs ruelles, leurs vieilles maisons aux portes parfois somptueuses, tout est matière à me plonger au centre de contes faits pour moi, de mes promesses d'Orient.
Chaque demeure est fermée sur un mystère et chacune d’elles me force à imaginer quel serait le mien à l’intérieur du patio qu’elle ceinture.
tunis-b-2Commençons par le commencement... Un bout de la piste de l'aéroport de Carthage. On arrive. Attention au coeur qui bat...tunis-b-1
Voici l'entrée des souks de la médina à la fin de la grande avenue Habib Bourguiba. Il est difficile de se faire une véritable idée de l'ambiance sans les bruits, les klaxons, les parfums et les vibrations . C'est électrique ! Les photos sont si peu parlantes.
C'est là que se trouve la « Porte de France » dont le nom arabe reste toujours la « Porte de la Mer », Bab el Bhar... tellement plus beau et qui rappelle que cette médina, comme toutes les médinas, se trouvait en bordure de mer et le serait encore si, entre temps, quelques colons français n’en décidèrent autrement et à grand renfort de remblais, firent reculer la mer pour mieux construire... construire et servir leurs intérêts.
Ah... l’arrogance des colonies ! (même quand ça s'appelle "protectorat)
Tunis-b-9Les portes de la médina émaillent ses ruelles de leurs couleurs et de leurs mystères ; chacune d'elles dit quelque chose, chacune d'elles vous parle... le bleu et puis le jaune de celle-ci me donne à voir le ciel et le soleil... 
tunis-b-6Dans une des nombreuses impasses, cet écrin ombragé protège l'architecture sublime de ce petit palais pas loin de la rue du Pacha, rue très connue qui porte jusque dans son nom les influences turques qui l'habitèrent.
Tunis-b-7À deux cents mètres plus loin, sous ce porche, les portes bleues d'une maison blanche à vendre. Immense maison que j’ai visitée et qui, pendant longtemps, a gardé mes rêves à l'ombre de ses murs comme d'autres d'entres elles.
tunis-b-8Un petit angle de la même maison avec deux de ses fenêtres par lesquelles j'ai tant espéré bien passer un jour la tête...
tunis-b-5 Sur les hauteurs de Tunis, le belvédère, ce parc immense à la végétation luxuriante, le poumon de la ville. ici, à son sommet, l'intérieur de sa kouba construite en 1900 et présentée à l'exposition universelle de Paris.
Tunis-b-4Et dans cette kouba, une surprise... pour le "plaisir des yeux", de mes yeux, comme disent les Tunisiens...

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie



Salammbô...
C’était là, qu’alangui dans la cour, tu fumais ton ennui.
Salammbô...
C’était là, qu’assoupi à mon tour, je respirais tes nuits.
Salammbô...
C’était là, dans le bleu du ciel noir, que tu rêvais d’ailleurs.
Salammbô...
 C’était là, au flou de notre histoire que je vivais mes heures.


© Giliberti / 2008



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Published by Michel Giliberti - - Tunisie



Wasis Diop / Hyènes / Dune

Parler encore de Bizerte ou de toute autre ville de Tunisie commence à devenir un sujet difficile à traiter.
En effet, comment ne pas se répéter ?
Oui, mais comment ne plus en parler ?

Impossible bien sûr…
J’ai la chance de connaître Bertrand Delanoë et lorsqu’il évoque Bizerte, sa ville natale comme chacun sait, je retrouve chez lui cette forte attache au pays qui m'étreint, cette impossible distance avec le sol qui accueillit nos premiers pas…
Alors mille pardons, voici encore quelques photos de Bizerte pour affronter l’hiver.


L'atelier d'un artiste peintre, avec vue directe sur le port. Difficile de ne pas être inspiré...


Le port, toujours depuis l'atelier de ce peintre, et à droite, le Marabout, le petit café où j'aime perdre mon temps au soleil quand je séjourne à Bizerte…


Tout compte fait, c'est peut-être difficile de peindre dans un tel atelier... Comment ne pas avoir envie de sortir et de parler avec les pêcheurs tout en buvant un café ?


Et puis, à quelques centaines de mètres de là, sur le marché parfumé de toutes les épices de la Tunisie, comment résister à la bonne humeur de ce vendeur de légumes qui, quels que soient les aléas de son quotidien, nous offre un si chaleureux sourire ? Allez à Rungis, vous comprendrez ce que je veux dire...


Et puis s'il faut absolument travailler, s’il faut reprendre ses pinceaux, Mehdi en redonne très vite le désir...

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie

Mes vacances en Tunisie sont déja derrière moi et la maison blanche et bleue va sommeiller à nouveau sous les bougainvilliers en attendant mon retour...

 ... la petite chatte qui débordait de tendresse aura bien grandi d’ici là. Peut-être même aura-t-elle trouvé un autre vieux matou à se mettre sous les griffes.

Je ne suis pas allé souvent à la plage, préférant m'occuper de mes plantes, de lectures et de promenades.
Pourtant, un jour où je nageais à ma façon, c'est-à-dire de façon assez grotesque, Abdoul, un des secouristes de la plage de La Marsa (tout près de Sidi Bou Saïd) décida pour la troisième fois consécutive qu’il fallait y remédier. Bien entendu je refusai son offre une fois encore, mais je n’ai plus résisté à lui demander de poser pour moi. Je l'avais si souvent vu s’entraîner sur le sable au petit matin, pratiquer la Capoeira et jouer au foot avec ses copains que j’avais parfois songé à capter son élégance, mais cette année je n’avais aucune volonté pour quoi que ce soit et si dans l’eau turquoise, il n’était pas venu à ma rencontre, je n’aurais certainement jamais réalisé ces quelques photos estivales.
Voici donc Abdoul au fond de ma cour, heureux d’être enfin considéré, d’autant que je lui ai pris plus d’une centaine de photos.

                                             Un peu d'échauffement, puis...
                                                   Les yeux dorés d'Abdoul...
                                                     La frime d'Abdoul...

Les lunettes d'Abdoul...

                                                                                       Encore...

                                                         Un dernier sourire...


Et comme on ne voyait que lui, une simple serviette éponge qui séchait au soleil a suffi au décor.

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie



J’avais très envie de parler sérieusement de choses qui me fâchent actuellement, des choses de la politique ; ça fait si longtemps que je m'en prive… mais je m'emporterai plus tard.


Pour l'heure, et loin de mon courroux... juste ce profil, juste cette élégance au milieu de la Koubba du Belvédère de Tunis… loin des bruits de la ville tout en bas.


De toutes les musiques des choses et des gens, celle-là m’avait vite accroché ce matin-là…

Les notes de son regard noir et celles de sa peau cuivre avaient ouvert le bal de toutes mes harmonies.


L’air embaumé des fleurs du parc emplissait mes narines, la chaleur n’était pas encore écrasante. Il n’y avait qu’une ombre au tableau… Le balai.
Toute personne tenant un balai au service d’un puissant me met mal à l’aise et bien souvent hors de moi, c’est ainsi. Qu’il soit jeune, vieux, homme, femme. Que de péripéties me sont arrivées à cause de cette allergie qui me colle à la peau depuis toujours.


C’est pourtant avec ce balai que je l’ai, ainsi que son copain qui, comme lui, travaillait à l’entretien des lieux. Aussi, après maintes altercations avec son chef qui faisait du zèle inutile, prétextant que je sabotais le travail de toute son équipe, j’ai réussi à l'amadouer pour qu'il laisse ce jeune homme en paix, sans ce balai, le temps de quelques clichés.


Entre deux poses, nous convînmes du bout des lèvres et des yeux de reprendre ultérieurement cette séance improvisée, tranquillement, hors de son lieu de travail.


Pour autant, la séance du Belvédère avait eu quelque chose de magique, une impression de faire tout en cachette, vite et mal, sous les yeux du patron qui nous fustigeait. Je redevenais un adolescent en quête d'émotions fortes.
Et lorsque une vingtaine de photos furent dans la boîte, je repartis léger et heureux de l'entracte que j'avais imposé à ce garçon... ce bonheur simple, j'espère le faire vôtre aujourd'hui. 

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie



L’été se fait bien trop attendre, aussi, je prends un peu d’avance sur les vacances où, si tout va bien, je devrais me retrouver avec mon compagnon, derrière cette fenêtre, comme Jihad (le fils de mon amie tunisienne) qui, ce jour-là, posait sagement pour moi, en plein midi, en plein soleil, en plein Sidi Bou Saïd.


Si toutes les choses de l’existence étaient aussi simples que ça… une fenêtre bleue, un mur blanc, du bougainvillier rouge et un sourire... Une certaine idée du bonheur et de l’oubli.

Bleu, blanc, rouge ça me rappelle quelque chose.







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Published by Michel Giliberti - - Tunisie

le-seuil-II 9Les yeux fermés, abandonné et détendu, il somnolait sous le soleil.
Le seuil de la maison s’enorgueillissait d’un tel présent. De tous les signes les plus forts, ce fier repos signait notre amitié née du hasard d'un voisinage.
Un pas, et je rentrais dans le salon, mais un pas aurait défait cette harmonie.
Alors, sur le trottoir, j'ai attendu que  ses yeux s’ouvrent et me sourient.
Oui, j’étais chez moi, mais il était chez lui. Ça méritait quelque attention.
Devant sa sensuelle paresse, l’impatience aurait été si détestable.
Alors, à bien flairer cet équilibre, j'ai respiré le grand parfum, celui des hommes qui peuvent encore, qui doivent toujours… 

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