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Le blog de Michel Giliberti

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Articles avec #tunisie


bizerte-profil

Dès que le bleu de la nuit proche faisait escale aux remparts de Bizerte, je le voyais arriver lentement. Il prenait place tout contre un arbre du jardin public et les yeux dans le vide, immobile, il fumait en solitaire. Depuis la terrasse d’un café, j’observais ce rite quotidien.
Un soir, je décidai de le prendre en photo. Je m’approchai discrètement. Il me vit tourner autour de l’arbre, mais il m’accepta en silence.
Une fois ces instants capturés, je m’avançai vers lui pour le remercier et lui proposer de lui envoyer les quelques portraits que je venais de prendre. Il me répondit que ce n’était pas la peine. Je lui demandais alors son prénom. Il tira sur sa cigarette, rejeta la fumée avec lenteur, puis toujours en fixant l’horizon, il murmura « L’inconnu de Bizerte… Tu mets ça, sur tes photos… l’inconnu de Bizerte  »
C’est fait. 
 

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie

 
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Il y a quelques années, j’ai séjourné dans un petit hôtel tunisien à Guengla, tout près de ma ville natale. Le décor y était idyllique : une terrasse donnant sur la mer, des pins, des eucalyptus pour la fraicheur et l’ombre, le parfum des fleurs de jasmin et surtout un silence spectaculaire bercé du seul clapotis de l’eau qui arrivait au pied de la terrasse.

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J’ignore les raisons qui me permirent tout au long de ce séjour de me retrouver absolument seul dans un lieu de grâce si exquise. Le service était d’une absolue discrétion ; je ne rencontrai personne. Chaque jour mon lit était refait et, sur l’oreiller, je trouvais toujours des fleurs de jasmin. Mystère absolu. Ce séjour feutré m’a beaucoup marqué… Très souvent il recharge ma mémoire d’impressions suaves.
Hélas, cet hôtel a changé de propriétaire et ressemble désormais à tous les autres ; son infrastructure a été largement modifiée pour être plus rentable.
 
Hotel-Guengla
La vue incroyable et la barque qui m'inspira un de mes poèmes...

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Le matin, quand le soleil était encore à l'horizon et que je prenais mon petit déjeuner sur la terrasse.
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Bien plus tard, alors que j’étais dans l’écriture d’un roman, cet hôtel, autant que sa quiétude, s’est imposé à moi pour planter le décor d’une des scènes clefs de l’histoire. Comme un metteur en scène, après avoir fait des repérages, c’est là que j’ai voulu que mon héros parisien, Jérémy, chanteur has been, alcoolique mais flamboyant, accepte enfin l’idée d’être tombé amoureux de Tarek, un jeune rappeur, tchatcheur, charmeur, rencontré au cours de l’un de ses concerts ; un garçon qui bouscule sa vie d’hétérosexuel et piétine son passé sulfureux…
Oui, c’est dans cet hôtel de Guengla, déserté de toute clientèle, qu’après des mois de conflits et de heurts violents, Jeremy, vaincu, baissera les armes et s’abandonnera à Tarek qui n’attendait que ça…
J’aime écrire sur ce que je connais.
Ici, toutes les pièces s’emboitaient.
J’avais pour décor Paris ( ma ville préférée ), la Tunisie ( mon pays d’amour ), et le milieu musical ( j’ai longtemps pratiqué le métier de chanteur pour en connaître ses vices et ses tortures ).

Mohamed-porte-bleue-3
Il ne me restait plus qu’à trouver le jeune Tarek… et là aussi, je n’ai eu qu’à me tourner vers celui qui est toujours un de mes amis, Mohamed, rencontré à Salammbô, ici sur le seuil de sa maison.

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C’est ainsi qu’une partie de mon roman Derrière les portes bleues a pris forme, jusque dans sa couverture, puisque c’est un des tableaux que m’inspira Mohamed qui l’illustre.

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Voici un petit extrait de "Derrière les portes bleues" directement inspiré par ce panorama immuable qu'il m'était offert de contempler tous les matins depuis la terrasse de ma chambre d'hôtel.

... /...Depuis plus d’une heure, Jérémie admire la barque frêle d’un pêcheur, au loin. Elle est plantée là, au milieu de la mer, irréelle.
Un regard à gauche, elle n’existe plus.
Un regard à droite… Pareil.
Mais elle est là, immobile ! Avec le clapotis de l’eau à contre-pied de l’immense terrasse blanchie à la chaux.
Derrière, la chambre ! Sa porte bleue entrouverte. Et sur le lit, allongé en chien de fusil, Tarek ! Son sommeil émouvant.
Lui est devant, comme le capitaine d’un navire, face à l’horizon et la mer gris de payne.
Un léger vent caresse sa peau encore vibrante de l’autre.
Il n’a pas pu s’endormir après…
Trop peur du réveil… Tout est si nouveau, si insolite. Il n’explique rien de son désir. Il ne le nomme pas.
Comment a-t-il pu dépasser la simple attirance qui, en soi, n’est pas exceptionnelle ? Qui a pu instiller au fil des jours un tel changement ?
Il a vécu la nuit la plus insensée, la plus subtile, la plus vraie. À épouser le mot, le geste ! Et pourtant un vent de folie a balayé la plus élémentaire de ses convictions. Au-dessus du visage de Tarek, c’est la paix qu’il a rencontrée, et il s’en étonne. Les sourcils de Tarek, ses lèvres, son nez, chaque contour lui a paru si évident, comme à la fin d’un voyage, quand l’avion rencontre la terre et que, dans l’ancienne trace, le pied retrouve ses repères.
Il n’oubliera plus…
Aucun murmure, aucun gémissement ne l’a à ce point envoûté comme ceux de Tarek quand il s’est abandonné, ivre de vie, fragile et fort, offert à ses pulsions. Ses soupirs et ses râles ont été à l’image de ses phrases, contractées, de ses mots en verlan, si beaux, si déroutants.
Actuel d’amour !
Non, il n’a su s’endormir après.
Tarek, lui, a sombré dans un sommeil sans nom… Repu, désarticulé.
Victorieux.
Et avant cette nuit, il y avait eu dans l’après-midi la plage des grottes… Le varech têtu, enroulé autour des jambes, le sable curieux… La première fois.
Il y avait eu l’accord, sans précédent… Les mots dans l’oreille… Murmures d’hommes ! Et puis l’arrivée à l’hôtel de Guengla… Les regards complices du gardien, sa compréhension et, surtout, l’incroyable spectacle d’un hôtel vide, blanc, aux façades croulant sous les mauves bougainvilliers et dont les chambres, à l’ombre des eucalyptus géants, donnaient sur la mer turquoise. La mer qui s’épanche… La mer à l’infini.
Et cette barque !
Et il n’est que 7 heures.../...
 

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie

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Les îles de Kerkennah… je les ai découvertes, il y a quelques années.
J’ai tenté naguère de vous les faire partager à travers le noir de cette fenêtre ouverte sur les vôtres. 
 
Kerkennah


On accoste à Kerkennah après avoir embarqué à Sfax. C'est un petit voyage folklorique au milieu d’une foule joyeuse, des chants, des bruits, des radios qui déversent autant les musiques orientales que les Anglos saxonnes. Le transition commence là, pendant cette traversée, mais à une vingtaine de kilomètres, le calme des îles se révèle être le vrai dépaysement.
 

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  On le ressent dès que l'on pose le pied à terre..

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Routes mangées par le sable, palmiers à n’en plus finir, grenadiers, figuiers… Une île, comme un trésor ! Une île qui offre, aux détours des sentiers, ses marabouts vert et blanc, ses maisons ocre et bleu et le sourire des insulaires  assis tranquillement ou de ceux qui se promènent main dans la main.
Il règne sur cette île un parfum étrange de sel, d’épices et de terre brûlée.  Par endroits, des palmes mortes entassées au sol donnent à l’air surchauffé l'odeur des foins .

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Que pourrais-je ajouter aujourd’hui pour décrire ce petit paradis ? Je ne sais pas vraiment, sinon que son évocation exalte toujours mes sens... 
 

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... comme ces immenses marabouts contre lesquels certains s'adossent en fin d’après-midi pour prendre les derniers rayons de soleil et rêver. Moi je rêve d’une maison qui ressemblerait à un marabout.

 
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J’ai roulé lentement, vitres baissées. C’était la fin de la journée ; le soleil déjà bas offrait des contrastes magnifiques. Sur la côte, des jeunes gens prenaient du bon temps sur des embarcations fluides et silencieuses. Des hommes, pantalons retroussés jusqu'aux genoux, pêchaient, d'autres discutaient. Les enfants se couraient après. Il y avait une grande simplicité des êtres et des choses, de celles qui me confondent.

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J’ai arrêté la voiture et je me suis assis en retrait d'un ponton où des femmes en robes et plongées jusqu'aux cuisses lavaient de la laine en la frappant avec un battoir.

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Le soleil accéléra sa descente jusqu'à l'horizon. L’île passa du bleu à l'orange. Les pêcheurs battaient les vagues avec des ramures de palmier pour effrayer les mulets qui, scintillants, bondissaient hors de l'eau et retombaient sur des claies. D’autres récupéraient les poulpes pris au piège dans des gargoulettes accrochées aux récifs.
Je pense qu'un homme triste est un homme qui n'a jamais connu cet espace-temps, où ce que vous dites, ce que vous faites devient un privilège.

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Je commençais à avoir faim et je songeais à trouver un petit restaurant, mais mon regard accrocha celui d'un garçon qui assis avec des amis dans les derniers rayons de soleil, m'invita à le photographier.
 

Kerkennah-3


Protégé par mon appareil photo, je considérais avec amusement ses yeux qui ne lâchaient pas l'objectif et donnaient ainsi l’impression de me fixer ardemment.

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Puis il s’est levé, s’est dirigé vers moi à pas lents tout en me faisant signe de continuer mon travail. J'ai répondu à sa demande et à son sourire. Puis une fois près de moi, désabusé et charmeur, il me parla de tout et de rien comme si nous étions de vieux amis.

 

Kerkennah-4


Enfin, comme les mots me manquaient et que je ressentais la fatigue mon voyage, je le quittai à regret, mais au moment de partir, il me donna son numéro de téléphone.
 

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Vitres toujours baissées dans la chaleur du soir, j'ai roulé  très lentement jusqu'à l'hôtel en suivant le rivage, le bras ballant à l'extérieur de la portière comme un vrai Tunisien, à respirer cet air si particulier qui enferme les îles.
Après une bonne douche, un bon repas, je suis ressorti apprivoiser la nuit nouvelle. J’avais un numéro en poche. À quoi pouvait ressembler Kerkennah , la nuit ?

 

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie


Abdoul-balustrade-Aux matins encore mauves des nuits si récentes, la terrasse est intacte, blanche et vierge, silencieuse..

Sidi-Bou-SaidDans l’écrin encore sombre des arbres et des buissons, Bou Kornine palpite et dessine l’horizon.
J’ai tant dit des parfums et des bruits de Sidi Bou Saïd qui s’éveille… Comment faire autrement quand l’histoire se répète et m’émeut chaque fois ?

abdoul-terrasseÉtranger !
Je suis l’étranger ! Et comme tous les étrangers, je décode et je conte ce qui ne m’appartient pas.
J’ai besoin des voyages sur terre et sur peau, de la mienne contre celles qui me soufflent « tout cela est si bref » et m’invitent à me dire « mieux vaut mourir de leurres magnifiques que de vérités banales ».

abdoul-terrasse-1Aux matins encore mauves des nuits si récentes, la terrasse est intacte, blanche et vierge, silencieuse…SIDI-BOU-SAID-B9

Par la porte entrouverte, ses départs feutrés sont aussi mystérieux que ses arrivées, quand enfin, pointe l’heure si belle des leurres.

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie

Et puisque le tout sécuritaire fait office de passeport, puisqu’il est en passe de devenir le modèle qui balaiera nos belles et fortes idées de liberté, ma mémoire s’éparpille au gré des simples souvenirs de ma Tunisie comme cette virée dans le sud, à Tozeur.
J’avais l’impression, alors que j’approchais du but, de m’être trompé de direction ; aussi je demandai à deux garçons qui discutaient et fumaient sur le bord de la route si j’étais sur le bon chemin. Ils me répondirent que oui. Ils souriaient, leurs yeux étaient malicieux. Ils m’offrirent un jus de fruit que je partageai avec eux le temps d’une discussion sur tout et sur rien ; peu après je leur demandai si je pouvais les prendre en photos ; ils acceptèrent et rirent beaucoup, ne comprenant pas l’intérêt de garder d’eux une trace…
Ce sont ces instants qui me permettent de supporter la phobie de la jeunesse que les puissants enracinent dans nos têtes… fouille des cartables, portiques de détection à l’entrée des écoles, caméras de surveillance, cybersécurité… et puis demain… des terroristes ! Il ne faudra pas s’étonner !
Et pendant ce temps, la Terre se meurt des pesticides, insecticides, bombes, centrales nucléaires, massacres des espèces…
Plus d’écosécurité et moins de cybersécurité.



Petite discution à l'ombre d'un arbre... le temps arrêté.


Profil du sud dans l'ombre bleutée...


Autre profil tout aussi appaisé des bleus du pays...


Sourire et yeux sombres...


Petite torpeur d'avant la sieste...


Et dernier regard avant que le temps s'arrête à nouveau...

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie


Un peu avant la fin de la journée, alors que je retournais vers Sidi Bou Saïd, j’arrêtai ma voiture au bord de la route, persuadé qu’un des pneus s’était dégonflé.
La mort dans l'âme, je sortis en marmonnant quelques grossièretés bien inutiles… je déteste ce genre d’incident.
Je tournai autour du véhicule auscultant chaque roue, mais rien ; ce n'était qu’une fausse alerte. Rassuré, je m’apprêtais à repartir quand j’aperçus un jeune homme sur les marches d’une maison. Peut-être la sienne ; peut-être n’en avait-il pas les clefs ; peut-être ses parents n’étaient-ils pas encore rentrés.  
Il me regardait tranquillement.
Je ne sais pourquoi cette image sereine me rappela mes heures passées sur le seuil de l’Olympia, le cinéma où j’ai grandi, à Ferryville, quand je dévorais mon goûter en attendant de faire mes devoirs.
Alors, en quelques gestes maladroits je fis comprendre à ce garçon que j’avais envie de le prendre en photo… de fixer cet instant d’innocence et d’attente. Il acquiesça en souriant.
Une photo toute simple chargée de mes souvenirs transposés.

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie

Jebel Rassas (la montagne de plomb) la montagne de mon enfance.
Depuis toujours elle me fascine. Lorsque je suis sur la route d’Hammamet, elle s’approche de moi lentement,  comme un gros reptile… Enfin, elle occupe tout l’espace, le temps d’une brève rencontre, car elle n’est pas très grande ; pourtant, une fois dépassée, sa présence reste là, comme un passager sur la banquette arrière de ma voiture.
J’ai toujours voulu atteindre son sommet et pourtant, je ne l’ai jamais fait. Un jour certainement…
Il est vrai que mes rêves d’oiseau ont toujours ralenti mes escapades de marcheur… et mon envol se contente du rêve.
Jebel Rassas, la montagne de plomb… C’est moi qui pèse des tonnes.


Mes ailes si souvent ouvertes ne m’emportent jamais aussi loin que je le voudrais et pourtant je reste perché comme cet oiseau rencontré au sommet d’une ruine de Dougga…
Comme lui,  je suis un sombre et lointain spectateur des pourpres envies terriennes et mon bec ne s’ouvre que sur quelques sifflements matinaux et sur les baies de sureau que sont les yeux de la Tunisie.


Des yeux que j'aime tant...

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie

Mulet, âne, cheval… Ces trois-là sont de tous les paysages tunisiens.
Moi qui commande aujourd’hui tel ou tel objet sur le net avec ma carte bleue, je ne peux pas oublier mon enfance quand les livraisons de pétrole, de lait et de pains de glace se faisaient elles aussi à domicile, mais grâce à ces braves mulets, ces ânes aux
yeux si beaux et ces chevaux courageux… ça me rend un peu nostalgique.
Je ne peux compter le nombre de fois où je prenais la calèche avec maman. Nous allions en dehors de la ville, au marché, à la plage ou au cimetière… Je raffolais  surtout de ces jours où nous nous rendions au cimetière, car celui-ci se trouvait en bordure d’une route sablonneuse, ombragée d’eucalyptus aux troncs badigeonnés de chaux. Au fond de la calèche, bien callé entre ma mère et ma grand-mère, à respirer l’air chaud et embaumé du matin, j'avais en mire le cocher enturbanné de rouge, parfois de vert, le cou puissant de son cheval qui trottait crinière au vent et les pompons multicolores qui s’agitaient autour de ses œillères. Le bruit de ses sabots était rassurant ; un fond sonore et rythmé sur les propos échangés sans interruption entre maman et mémé.
Alors, pour toutes ces choses et plus encore voici quelques simples portraits de ces animaux adorables.

Un mulet à l'ombre d'un eucalyptus, sur la route du Kef...



Comme il me regardait, je me suis approché... présentations...
"Vous êtes né ici, vous aussi ! tiens tiens...
weld di bled "



Qui va doucement ménage sa monture...



Un gourmand qui m'ignorait...



Un cheval coquet comme tous ceux qui tirent des calèches. Celui-ci frimait à Matmata...


L'âne docile et très attentif d'un enfant...



Un autre curieux qui ne me lâchait pas des yeux...


L'âne d'un berger à Béja...
 

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie

Dans la cohue d’un samedi matin bizertin, je tentais, il y a quelque temps, de repérer un magasin de matériel photographique. Sur mon visage devait se lire mes hésitations puisqu’un jeune homme me demanda s’il pouvait me rendre service.
Je lui fis part de ma recherche et il s’empressa de m’accompagner jusqu’à un photographe qu’il connaissait.

Par la suite, je pris avec lui un café sur le vieux port…
Le vieux port de Bizerte est un endroit absolument ravissant et très authentique. Le temps était lumineux. Les bruits et les odeurs du marché à deux pas ajoutaient à l’ambiance chaleureuse.
 
Sofiane, puisque c’est le nom de mon guide improvisé, me proposa d’aller me balader avec lui sur la plage, ce que je fis. Nous passâmes l’après-midi à bavarder de tout et de rien, de nos difficultés respectives autant que de nos bonheurs.
Au terme de notre journée, il insista pour que je vienne manger chez lui et fasse la connaissance de sa famille. Je n’avais rien prévu de particulier. J’acceptais.
C’est ainsi qu’en soirée,
à dix kilomètres de Bizerte environ, je découvris un petit hameau dont je ne me souviens plus du nom. Au centre d’une grande maison toute simple et pratiquement dépourvue de meubles, ses parents se tenaient assis par terre en train de s’amuser avec une petite fille (la dernière des sœurs de Sofiane, je l’appris plus tard). Ils m’accueillirent comme si j’étais un vieil ami. On déroula de grands tapis et peu de temps après nous mangions à même le sol un couscous royal…
Après le repas, Sofiane m’entraîna faire le tour du petit village et me présenta à tous ceux qui, comme nous, prenaient le frais après la forte chaleur de la journée.
Je rencontrai un monde fou, de l’épicier jusqu’au loueur de vidéos en passant par le boulanger et le marchand de beignets, sans compter une horde de gamins qui nous suivaient. Tous les commerçants restaient ouverts dans la seule lumière de leur échoppe tandis que la rue principale était absolument plongée dans l’obscurité.
Au milieu d’une cinquantaine d’inconnus d’une gentillesse difficilement imaginable, je restai ainsi, jusqu’à plus de minuit, à parler, à rire, à grignoter tout ce que chacun m’offrait.
Enfin, je repartis en promettant d’envoyer à Sofiane, toutes les photos que j’avais prises au cours de cette soirée, ce que je fis deux mois plus tard.
De telles veillées, il m’est difficile de les compter tant il m’a été donné d’en vivre ; souvent, lorsque j’ai un petit coup de blues, elles réveillent mes heures…

Sofiane sur la plage de bizerte... Un souvenir charmant et amical.

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie

Le temps a sa version des souvenirs, le mien aime les embellir… voici, une fois encore, quelques sourires, rires, regards, visages d'amitié et autres miettes tunisiennes qui font le festin de mes yeux… sans jamais provoquer la moindre somnolence.


Deux sourires dans une oasis de Tozeur..



  Un autre dans celle de Douz...


L'Amie...



  La vieille route qui mène à ma ville natale Menzel Bourguiba... et ses surprises...


 Moez, je ne le présente plus...


Medhi, pas davantage...



Une adorable peluche découverte aux ports puniques...

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie

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Mon travail d'artiste peintre, d'auteur et de photographe...

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