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Le blog de Michel Giliberti

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Articles avec #reflexion


Dans la poussière de ces années difficiles et pourtant exaltantes, j’aime à imaginer que nous sommes autre chose que des individus dépourvus de temps, de ce temps que nous avons inventé dès que nous sûmes l’estimer, de ce temps qui, aujourd’hui, nous incite à nous battre contre lui et à nous transformer en petits robots.
Avec les poètes, je veux penser que là-bas ou ici, devant ou derrière, existe encore un souffle de clairvoyance, une onde magnifique sur l’infini de nos erreurs, une respiration possible, un arrachement à la surdité et à la cécité ambiantes, une curiosité originelle.
La mondialisation qui devrait encourager la fraternité ne se réfère, hélas, qu’aux marchés et à la croissance.
L’occident fait les yeux doux à la Chine, à ses buildings qui poussent comme des champignons, à sa main-d’oeuvre bon marché, à ses travailleurs qui travaillent « eux » 70h par semaine (un rêve sarkosien).
Je ne sais pas si la croissance est la panacée, je suis bien trop novice en la matière, mais cette uniformisation des lieus et des gens est-elle nécessaire à l’humanité ?
Cela nous fera-t-il plus respecter l’autre dès lors qu’on aura voulu gommer sa différence au nom du profit et de la croissance ?
J’ai vu un reportage sur la Mauritanie, qui, satisfaite d’avoir découvert de belles ressources de pétrole, compte bien vivre du tourisme en installant une multitude d’hôtels sur ses rivages encore vierges de zones touristiques...
Ainsi, la Tunisie, que je connais bien, s’est trouvé défigurée en moins de vingt ans par des hôtels démesurés, des autoroutes (vides), des infrastructures gigantesques balayant les forêts, les paysages côtiers et faisant disparaître une multitude d’espèces animales et végétales.
Si parcellaire soit-elle, j’espère que notre conscience pourra encore s’étonner et se distraire d’un rivage sans hôtel et d’un pécheur sur sa barque.
Peut-il y avoir un progrès responsable qui laisserait à chaque pays son identité ?
Que seront nos voyages si nous devons ne rencontrer que les mêmes dortoirs, manger la même merde et voir ce qu’on nous dit de voir ?
Les lieux authentiques existeront encore, mais ils ne seront plus que des réserves pour milliardaires en mal d’aventure... les derniers « Nicolas Hulot » et "Arthus Bertrand" de la Terre.


Alors que les rites et les racines devraient rester inscrits dans chaque nouveauté, comme une signature qui perpétuerait les origines et nous ferait savourer toutes les différences, on veut nous imposer une vision unique comme on nous a imposé un Dieu unique.
Et, si ce Dieu percute encore l’imaginaire de bien d’entre nous, lui qui, comme le temps, comme l’argent, comme le pouvoir, fut inventé par nous, que cette passion stérile ne nous égare pas.
Après tout, nous, nous sommes certainement Dieu et cette simple appartenance devrait nous rappeler que nous avons le devoir de préserver ce que le hasard, ou la chance, nous a légué : notre futur, plutôt que de nous abrutir de tout ce qu’il y a de plus facile, dans ce complot des affairismes et des égoïsmes qui nous assujettissent.
Notre conscience devrait nous rappeler, comme dans certaines tribus, l’oralité de nos années préparatoires pour devenir les hommes d’aujourd’hui et nous apprendre à mieux nous regarder, pour éviter que dans un monde futur sans surprise, grandisse notre solitude... et je pense au tableau d'Edward Munch "Le Cri" qui n'est jamais qu'une métaphore de la solitude de l'homme moderne.


Rêvons...


© F Giliberti / Halkidiki / Grèce

Je veux être ignorant
Et apprendre avec toi
Je veux être lavé
Et me salir de toi
Je veux être l’esclave
Et régner dans tes yeux
Je veux l’eau puis la terre
Et me taire dans ce lot.
© Giliberti / 2007
 

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 Quand l'ennemi avance, nous reculons ;
Quand l'ennemi recule, nous avançons ;
Quand l'ennemi s'enfuit, nous le pourchassons.
                                                                                      Mao Tsé-Toung


*
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Qui de nous n’a pas reçu un jour des offres d’abonnements de la part de journaux aussi sérieux que Télérama ou Le nouvel Observateur pour ne citer qu’eux ?
Afin de vous tenter de les accepter, ces hebdos vous proposent des montres, des caméras vidéo, des lecteurs de DVD et quand on a fini de lire la liste déjà incroyable des cadeaux, on s’aperçoit que ce n’est pas tout : si vous répondez à l’offre avant une certaine date, une pluie de petites étrennes supplémentaires se bousculent encore à l’horizon…
Eh bien en ce moment, Chirac, c’est exactement la même chose… Prêt à tout offrir pour un dernier abonnement de cinq ans.

Et tout de suite, sans abonnement, je vous offre le soleil, la mer, les barques du vieux port de Bizerte et le sourire des enfants de Tunisie…

© Giliberti / 2007

© Giliberti / 2007

© Giliberti / 2007

© Giliberti / 2007

© Giliberti / 2007




La vie à crédit...



En ce moment à la télé il y a une pub qui montre un homme avec une tête en forme de porte-monnaie parce qu’il a un crédit Sofinco…
Après « L’homme à la tête de choux », album génial de Gainsbourg, on régresse…
Une tête de porte-monnaie… N’importe quoi ! Je préfère encore une tête de nœud !

Quelle misère!

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Et d’inventer un Dieu
Nous fut bien plus facile
Que de croire en nous-mêmes, si fragiles…

© Giliberti 2007


Samedi dernier, j’ai écouté sur France Inter le témoignage d’un jeune homme qui avait passé 23 ans de sa vie avec les témoins de Jéhovah.
Il parlait de ces années perdues où il avait été instrumentalisé par les membres de cette secte, de l’édification de sa culpabilité dès qu’il manifestait le désir de s’ouvrir à de nouvelles amitiés, de son impossible détachement du groupe pour qui les autres étaient le mal, le diable et enfin du prosélytisme permanent qu’il devait déployer autour de lui.


Ce jeune homme, libéré de cette tyrannie depuis seulement trois ans, racontait avec douceur et ravissement combien il lui était agréable désormais de sortir, rire, fréquenter qui il voulait sans être accusé de commettre un pêché mortel, sans se sentir coupable à cause d'un système qui ne lui imposait qu'une vision disciplinaire de la vie.
Son bonheur nouveau me donnait à penser au mien quand un matin, je décidai de ne plus croire en Dieu.

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Voilà… 2006 est arrivé à son terme.
Notre histoire de « gens » va pourtant continuer avec ses actions, avec ses choix.
Tous ensemble, relayeurs de mots et de gestes, tous ensemble, à fuir nos doutes et à croire en des lendemains qui chantent ; nous aurons de radieuses grandeurs et bien sûr d’obscures lâchetés. Nous aurons nos frayeurs nouvelles à l’annonce d’un orage violent en hiver et aux moindres degrés de trop en été, maintenant que nous savons notre planète malade. Elle se réchauffe, se refroidit… Bref, toutes les métaphores pour excuser nos seules erreurs.
Ce ne doit pas être si grave dans le fond puisque dernièrement à la télé, un humoriste demandait à toute l’équipe de son émission qu’elle était la particularité du dauphin qu’on voyait à l’écran.
– Voyons… a-t-il une nageoire en trop ? demanda l’un des animateurs.
– Non ! répondit le meneur de jeu.
– A-t-il échoué sur une plage ?
– Non plus!
– A-t-il sauvé quelqu’un ?
– Pas du tout !
….
La réponse tomba dans le fou rire général !
– Ce dauphin est un dauphin de Chine et sa particularité… c’est qu’il vient définitivement de disparaître de la planète.

À vous de choisir, de l’ouverture ou de la fermeture, de l’errance ou des chemins balisés, de l’ordre ou du chaos… Tout est dans la profondeur du gouffre au bord duquel nous nous penchons et de l’ivresse qu’il nous procure.

Bonne année, les amis.


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Samedi après-midi, à Paris, j’étais assis à la terrasse d’un café dans le sixième, à quelques mètres de la galerie où mes toiles sont exposées. J’avais rendez-vous avec Hamid, mon galeriste et j’étais un peu en avance.
Perdu dans mes pensées, je regardais la foule déambuler au carrefour de la rue Mazarine, de la rue St André des Arts et de celle de Bussy.
Je pensais à mon arrivée à Paris en 1968. Il était 3 heures du matin. J’avais fait du stop toute la journée depuis Toulon, et voilà… Sous une pluie fine, on me livrait comme un paquet au pied du lion de Denfert-Rochereau. Dès le lendemain, Saint-Germain me happa.

Je me revoyais dans ce quartier, à dix-huit ans.

Il y traînait encore le parfum sulfureux de mai… Des  slogans d’étudiants se lisaient sur les murs et des pavés en petits tas trônaient toujours sur les trottoirs. Je crois même qu’il y avait une carcasse de voiture calcinée vers la Sorbonne.
Tout m’éblouissait, tout m’enthousiasmait. Je n’avais pas un rond en poche, mais des rêves plein la tête.
Saint-Germain devint très vite mon quartier favori. J’y traînais avec ma guitare et je faisais la manche de temps à autre en poussant la chanson dans des restaurants ou devant les cinémas où les files des spectateurs attendaient de rentrer. On y sentait encore ce petit air existentialiste qui avait tant imprégné le 6 ème à l’époque de Sartre, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Boris Vian et tant d’autres.
Que de fois j’ai crevé de faim et que de fois je suis parvenu à me rassasier d’autre chose que de « bouffe ». Je parvenais à lire de-ci de-là, à rencontrer des gens intéressants… Bref, je me suis fait, comme on dit.

Oui, samedi après-midi, à Saint-Germain, je regardais ce carrefour, mais avec le ventre apaisé, cette fois-ci…
Il m’est difficile d’expliquer ce que je ressentais, car, à tant avoir eu faim et tant avoir eu froid dans ces lieux, j’en ai gardé les stigmates… Il suffit d’un courant d’air, d’une pluie fine et glaciale ou d’un vent inattendu pour que je panique. Je crois toujours que je n’ai pas où dormir, pas à manger… Chaque fois c’est pareil. Il me faut plus d’une demi-heure pour me calmer et me dire que c’est fini, que je n’ai pas de problème, que le temps d’arriver chez moi, je retrouverai la chaleur et le confort.
Oui, samedi après midi, je regardais ce quartier et je prenais la mesure du temps qui passe avec douceur, mais aussi avec une certaine usure dans le cœur, une amertume, et un peu de détachement des choses de la vie.
Et dire qu’à l’époque, j’aurais tout donné pour boire en toute tranquillité un pot dans un de ces bars et mon rêve absolu était d’habiter la rue de Bucy…
Je n’y suis jamais parvenu et pourtant, savoir que je suis exposé rue Mazarine en permanence, à deux pas du marché de Bucy me donne parfois l’impression que tout compte fait, j’y suis un peu installé. Alors, je me suis attaché à cette dernière pensée pour avoir le courage de payer ma consommation, me lever et me diriger vers la galerie en évitant d’être bousculé par une bande de jeunes qui n’avaient ni froid, ni faim et qui ne m’ont pas vu. Saint-Germain est si bourgeois désormais…
J’en entendis un, le portable collé à l’oreille, dire : « Putain, j’m’fais iech… grave. En fait, demain je pars à Honfleur avec ma reum… Grave, j’te dis pas ! Je kiffe pas son mec ».
J’ai souri et ça m’a remonté le moral…
Allez ! j’avais encore quelques belles années de jeunesse devant moi à ne pas me faire chier grave... et à me passionner de tout.





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J'ai entendu, sur France Inter, qu'il y aurait bientôt sur nos écrans de nouveaux spots publicitaires traitant de la violence des hommes envers les femmes et surtout de la conséquence qu'elle engendre sur les enfants qui en sont témoins. Ces messages sont si choquants, paraît-il, qu'ils seront diffusés après 22 h 30.
On y verra, entre autres, une femme qui après avoir maladroitement cassé une assiette, réveille ainsi la colère de son mari qui la saisit par les cheveux, la fait tomber à terre, et la frappe devant les yeux de leur petit garçon. Puis le père s'en va et là, on voit l'enfant fixer sa mère, hésiter un instant, puis finalement lui balancer un coup de pied dans le ventre.
De toute évidence, un tel spot choquera. C'est le but. Je crains cependant que, même s'il est diffusé à une heure tardive, rien n'empêchera certains enfants de le découvrir et le regarder.


Quand on sait à quel point les images véhiculées par la télévision opèrent sur l'inconscient des très jeunes, on peut avancer l'hypothèse qu'ils pourront sans scrupule s'approprier cet acte barbare alors même qu'ils n'y pensaient pas et le reproduire peut- être sur leur propre mère.
Il faut se souvenir de ce premier bus enflammé (un événement monté en épingle aux infos, et l'on peut le comprendre) et des tristes répliques qui s'en suivirent jusqu'au crime commis sur cette malheureuse jeune fille, victime innocente.
Cette sinistre loi des séries n'avait rien à voir avec le hasard.
On a tort, je pense de vouloir tout résoudre par l'image. Tout n'est pas du cinéma. Tout n'est pas de la pub.
La médiocrité de certains comportements ne peut se résoudre que par la pédagogie et c'est bien du ressort de l'école de la République d'apporter une certaine égalité des chances qui éviterait bien des misères intellectuelles. L'éducation, encore l'éducation, toujours l'éducation.

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Je suis tombé (comme on dit) sur un article où il était question d’extra-terrestres. Tous les clichés étaient réunis dans ce marronnier.
Bien évidemment, il était question des risques que nous encourions, si brusquement ils décidaient de visiter la terre !
Avant de conclure, l’article (dont je zappe la pauvreté globale) en est arrivé à l’incontournable description physique de ces aliens qui, une fois de plus, étaient décrits comme des êtres monstrueux ; des étrangers somme toute !… Comment pouvait-il en être autrement ?
Et s’ils étaient tout simplement beaux ?
Après tout, il y a toutes les chances qu’ils le soient puisqu’ils ne sont pas encore contaminés par les hamburgers et autres saloperies qui engraissent notre planète toute entière sans parler de ce cher Caca-Coulant gazeux.
Ah !… Heureux extra-terrestres (peut-être verts), vous qui n’avez pas encore visité notre planète de moins en moins bleue, je ne suis pas certain qu’à votre contact, nous risquions quelque chose, par contre vous, au nôtre, c’est certain…

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Au lendemain de notre soirée d’hier me viennent quelques réflexions…

L’occident vit dans ses secrets, à l'image d'une famille qui préserverait ses enfants et ses petits-enfants de tout ce qui, par le passé, l'a fait basculer dans l’impardonnable.
Ainsi se perpétuent les mensonges qui confortent la morale et font croire à la virginité de tous les abus.
Brûlante ou non, notre mémoire ainsi réhabilitée nous assoit dans l’idée que nous sommes un bon peuple. J’aime à le penser moi aussi, c’est plus reposant.
Pourtant, certains soirs de tourmente, je reçois la conscience collective en pleine gueule et j’ai du mal à vivre l’hypocrisie derrière laquelle nous nous protégeons.
Le verbe de l’occident tente de nous faire oublier le barbarisme et l’esclavagisme par un discours poli et un « mea-culpa » théâtral des responsables de l’état en fonction des aléas sociaux. Hélas ! tout se perpétue. La négation des hommes est toujours d’actualité. Les conditions de vie, malgré les apparats, sont une tragédie organisée.
Il n’existe aucune réelle conscience politique, aucune ardeur à combattre les inégalités.
Le pouvoir n’encense que la performance… le reste n’est pas considéré sauf en terme « compassionnel ».
Il n’y a aucune proposition de rénovation sociale et cette brèche ouvre la voie aux arguments les plus simplistes. Nous sommes même dépossédés des simples bonheurs dont on pouvait, hier encore, adoucir notre quotidien. Tout a basculé dans une orgie, une surenchère de la seule possession matérielle à grand renfort de slogans sur la croissance.
Il n’y a plus un seul discours sans une armada de chiffre qui nous fait sombrer dans l’imposture.
Alors que lorsqu'on n’avait rien, nous avions tout !
Dans un système qui est parvenu à nous rendre si dépendant de l’inutile, il nous est insupportable de ne pas tout avoir. Dès lors se réveille le mysticisme qui sommeille en nous depuis l’aube des temps. Plutôt croire en tout que ne rien posséder. Dès lors, les guerres saintes ne sont plus très loin.

De toutes les choses mystiques dont la science parvenait à nous éloigner pour le plus grand bien de l’humanité, l’obscurantisme affiché du libéralisme qui bafoue notre condition d’homme nous pousse malheureusement à nous les réapproprier.
Dès lors pour certains d’entre nous, le discours religieux qui accrédite le mythe de l’espèce supérieure parvient à transformer l’idéalisme en fanatisme et nous rentrons de plain-pied dans une histoire funeste qui nous prive de notre Terre mère.
« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » comme dit Rabelais.

À propos de Rabelais…, hier soir on a bien bu et on a bien mangé, Vain Dieu !
Agnès et Marie-France avaient préparé les desserts, Jean-Charles, le hors-d’œuvre, moi, le plat principal, Robert et Remy… qu’est-ce qui z’ ont fait ?… ben rien… y z’ ont causé et y z’ ont beaucoup mangé… surtout Raoul ;-)


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Dans la palmeraie de Tozeur, le jardinier m'offre des fleurs qu'il vient de cueilir © Giliberti - 2006


La nuit prochaine, nous retrouverons les horaires d'hiver.
Les télés et les radios nous le martèlent déjà depuis ce matin.
Impossible d'y échapper !
D'une certaine façon, il faut se préparer à une hibernation aménagée et souvent douillette, mais une hibernation quand même.
Moi, je préfère l'heure d'été, parce qu'il y est dit que c'est l'été et quand c'est l'été, les nuits s'agrandissent et avec elles, mes yeux.
J'aime les mois de chaleur, ils prennent mon corps en main et m'ouvrent les portes de l'exil.
Il me donnent l'envie de me perdre dans ces pays qui sont en été toute l'année.
Il y a quelques années, je suis resté à la Réunion quelque temps avec mon ami. C'était assez fantastique. Je me souviens des longues promenades dans la nuit sur le sable tiède de la plage. Au son des djembés que des jeunes gens faisaient résonner, des familles étaient réunies pour faire griller des poissons multicolores autour de grands brasiers et le lourd parfum des fleurs des arbustes côtiers était si fort que j'avais une idée de ce qu'on peut attendre du bonheur sur Terre, même si le mien est en Tunisie, à l'ombre verte des palmeraies de Nefta ou de Tozeur.
Alors, comme chaque année, je vais retarder d'une heure les aiguilles de mon réveil et attendre tout un hiver qu'on m'annonce à la télé et à la radio qu'il faut maintenant les avancer d'une heure... Triste manège sans musique qui tourne dans le grand vide de mon cerveau qui ne capte plus grand-chose depuis quelque temps. Depuis que je me prends à rêver qu'il existe des ailleurs chimériques où le temps n'a pas le même sens qu'ici et qu'au lieu de m'emporter directement à la fin du parcours institué, il m'emmène par des détours initiatiques, où la vie n'est certainement pas cette grande horloge imposée, rythmée par les tics et les tocs du travail, de la possession, de la rentabilité.
À l'heure où la science révèle la moindre de nos traces génétiques, on nous oblige à gommer la principale, la seule trace atavique qui vaille la peine, celle qui consiste à jouir de la vie.

Percée dans la palmeraie de Tozeur © Giliberti - 2006

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