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Le blog de Michel Giliberti

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Articles avec #quelle misere !

Alors que je roulais tranquillement sur la route sinueuse qui mène à la ville, je vois inscrit au fronton d’une boîte de nuit hétéro bien connue dans ma région qu’il y avait désormais un espace « gay et gay friendly ».
Sur le coup, je me suis dit « Génial ! les mentalités changent en province », mais deux tournants plus loin, j’ai pensé que le mot espace faisait assez « réserve ».
Entre les espaces « fumeurs », les espaces « non-fumeurs », les bandes de séparations dans les banques entre clients aux guichets et clients qui attendent…
Tout est vraiment fait pour nous donner l’envie de vivre ensemble !
À quand un espace « noirs », un espace « maghrébins », un espace « chômeurs », un espace « salariés », un espace « obèses », un espace « anorexiques », un espace « malades », un espace « en bonne santé » ?
J’espère que ce jour-là, on aura la bonne idée de créer aussi un gigantesque espace « gros cons » parce que formatés comme nous le serons, il y aura foule !

Quelle misère !

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    Hier, je faisais mes courses dans une grande surface quand au détour du rayon biscuits, j’aperçus une femme brutaliser son petit garçon, de deux ans environ, qui, du fond du chariot qu’elle poussait, s’était relevé pour tendre son bras vers des sachets de bonbons en gondole.
D’un geste hargneux, elle l’obligea à se rasseoir en appuyant sans ménagement sur sa petite tête, comme si elle tassait un simple paquet.
Mon sang ne fit qu’un tour. Je m’approchai aussitôt d’elle et lui dis sèchement qu’il fallait expliquer les choses à un enfant pour qu’il comprenne et que son geste agressif n’était en aucun cas justifié.
Elle me regarda alors avec une expression d’une rare niaiserie, d’autant qu’elle portait de maigres dreadlocks qui, loin de la faire ressembler à une superbe rasta, lui donnaient simplement l’air d’une vieille tête de delco reliée à aucune bougie…
De ses yeux bovins, elle me fixa un instant comme si j’étais le diable en personne puis, réactivée à la bêtise de comptoir, elle me lança, hargneuse : «C’est mon fils, j’en fais c’que j’veux ! ça vous regarde pas.»
Un instant, je l’observai, me demandant si ça valait le coup de continuer, mais je rencontrai le regard encore innocent de son enfant au milieu des victuailles du chariot, comme s’il n’était qu’un paquet de viande. Aussitôt je me lançai : «Au contraire, ça me regarde autant que vous… Cet enfant n’est pas le vôtre. Il appartient à la société ! Vous avez le simple devoir de bien l’élever pour qu’il évolue dans cette société, c’est tout. Si vous le maltraitez, il sera mal dans sa peau et donc, il nous emmerdera tous, pas seulement vous. Donc son éducation m’importe. Vous comprenez ?»
À ce moment de nos échanges, les yeux exorbités et déjà empêtrés de l’insignifiance, la « tête de delco » ne se demanda plus si j’étais le diable… Je l’étais ! Ses paupières se plissèrent pour aiguiser son regard abruti et tenter de m’impressionner.
Sa bouche écarlate d’un rouge à lèvres vulgaire bulla aux commissures.
«C’est mon fils… lâcha-t-elle avec ostentation, pas l’vôtre ! Vous en avez vous, des gosses? »
Voyant qu’il n’y avait rien à en tirer, j’enfonçai le clou davantage et je répondis: «Oui, j’en ai huit !»
Soufflée par cette réponse qui me surprit moi-même, elle tenta en vain de fermer sa bouche encore ouverte sur un « O. » de stupéfaction.
– Et vous les frappez jamais ?
– Non, pourquoi ?
– Pour les bêtises… déjà qu’avec un seul j’en peux plus ! Comment vous faites ?
– Je leur explique les choses, je prends la patience de les écouter, je les éduque.
Alors, elle s’approcha de moi. Je crus naïvement à une étincelle de sa part.
– Je vous emmerde, conclut-elle.
Je restai stupéfait, mais que pouvais-je ajouter ?
Je la regardai s’éloigner alors que d’un geste toujours autoritaire, elle donna une bonne tape sur la tête de son petit garçon qui me souriait de loin.
Et voilà… À cause de mes bonnes intentions, le p’tit s’était pris une baffe.

Quelle misère !

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Depuis pas mal de temps, j’avais envie d’ouvrir un blog, mais la peur de rentrer dans un de ces nouveaux systèmes qui vous emprisonnent en vous prêtant des ailes ralentissait mes ardeurs.
Et voilà que ce matin en allant faire mes courses dans une grande surface, j’achète un sachet de fromage râpé.
Jusque-là, rien de bien passionnant.
Me voilà à la maison, je déballe mes articles, tranquille, et au moment de ranger mon fromage râpé, j’aperçois sur son emballage : « Secouez-le, il tient debout ». Ce sont les termes exacts.
Bête et discipliné, j’ai appliqué la méthode et hop ! mon gruyère tenait debout sur une base élargie.
Hé bien ! figurez-vous que ce simple résultat m’a donné instantanément la pulsion qui me manquait pour ouvrir mon blog.
Je trouve formidable que dans une société qui nous force à nous mettre à genoux, on force les fromages à tenir debout. Devrions-nous être installés en gondoles dans les grandes surfaces, devrions-nous définitivement être considérés comme de la « bouffe » et mériter nous aussi un emballage qui nous met enfin à la verticale ? Une société assez bouffonne pour se tracasser de trouver le moyen de faire tenir un fromage debout est une société bientôt râpée d’avance…

Quelle misère !

Au fait, je me présente. Michel Giliberti. Profession : artiste-peintre et auteur… Je m’emballe tout seul, vous voyez, et j’essaie de rester debout sans l’aide de personne.

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Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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