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Le blog de Michel Giliberti

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Articles avec #poesie et societe




Si j’étais de ceux-là
Solennels dans leurs vies
Et si humbles dans nos lois
Je crois bien que mon poing
Dans un acte de pourpre
Irait bien faire saigner
Les acteurs bien pensants
Absents en toute chose
Qui devraient de leur nuit
Faire un vaste midi
Et des heures insulaires
De brillants continents.

© Giliberti / Hémographie des désordres / 2008

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bleus-d'attente-blog

Et s’il fallait courir, plutôt que marcher.
Et s’il fallait se perdre plutôt que de se trouver.
Il y aurait sans doute le rêve franchi, le rêve à soi comme une capture, une soif de se dépasser.
Les chemins pénètrent les forêts et nous les suivons avec entrain. J’aimerais,
avec le même zèle, entrer dans l’obscure de mes vœux.
Puis courir, me ravir, m’épanouir et…
souffler, m’épuiser, m’allonger sous un arbre et…
L’ouvrage de toute une vie tient à ces petits points, ces accrocs et ces mailles que l'on tend.
Un écart dans l’ordre des choses pour sourire au désordre.
Dire non au sevrage imposé qui nous lie pieds et poings et nous rend sans saveur.
S’égarer, mes frères… s’égarer ! Nul besoin de GPS dans le bleu de nos si courtes existences.

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ADN


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Voudrais-tu noir et vif
Te nourrir de ces terres
Qui, repues, blanches et sourdes
Te refusent l’exil ?
Voudrais-tu te vouer
À l’ancienne facture
D’un système nouveau
Qui te rendrait esclave ?
Voudrais-tu, noir et fort
Sourire à tous ceux-là
Qui doutent de tes enfants
Et ne croient qu’en tes gènes?
Voudrais-tu, noir et fier
Te nourrir de ces terres
Qui repues, blanches et grises
Te donneraient l’aumône?

© Giliberti / 2007
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C'est comme une fuite
C'est comme un regret
Un sale parasite
Qui vrille mes traits



Dans mes yeux, l'alcool
A figé l'espace
Et quand ils s'affolent,
C'est pour un Chivas.

Regret de ton ventre
Et de ta sueur,

Je pourrais me vendre
Juste pour ton odeur.

          Le vertige des ans
A bien assagi

Mes tripes et mon sang
Mes chasses et mon lit.




     
Mais parfois la nuit,

Seul dans mes dérives
Je mendie cris
Sous mes incisives.



Alors je me lève
Jusqu'au lavabo
             Et j'pisse comme je crève
       De n'être plus beau.

© Giliberti / 2007

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Par les nuits de grand doute, quand le sang n’est plus chaud sous le corps qui l’abrite, quand le lit n’est plus rien qu’une couche déserte, il se crée tout autour de vos peurs des lumières étranges que seul votre œil peut capter.
Elles vous éclairent sur cette déshérence des choses espérées, des choses de la vie.
Alors vous croyez que c’est le prix à payer pour vos fautes.
La faute n’existe pourtant pas. 
Elle est un mot… un mot qui nomme et qui pourrait ne pas exister.
Pourquoi faudrait-il s’imaginer responsable de nos pas qui s’emmêlent et de nos mots qui divaguent ?
Au déclin de la prétention, les maladresses anciennes du corps comme celles de l’esprit peuvent enchanter le départ.

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Un tableau pour ceux qui vivent au gré du flux et du reflux du sang de ceux qu’ils aiment.
Un tableau pour ceux qui vivent avec un être malade, un être séropositif.
Cette navigation dangereuse donne à connaître les plus belles des escales, les plus enivrantes des destinations d’amour.
La prudence ne doit pas faire oublier l’amour. Tant d’hommes et de femmes meurent dans la solitude et dans la surdité de ceux qui les côtoyaient autrefois.
Un tableau pour dire avec des corps étroitement liés dans un mouvement de balancier que tour à tour c'est l’un qui porte l’autre et qu’il n’est pas de meilleures conditions d’apaisement et d'équilibre.
Le danger ferme souvent les portes du courage alors qu’il peut l’apprivoiser.
Il ne faut pas s’user aux cauchemars de ceux qui ont peur, mais vivre les rêves de ceux qui ne craignent rien et transcendent les fléaux…
Vivre l’amour avec l'angoisse de perdre l’autre donne des sueurs froides, mais c’est toujours vivre l’amour.
Tous les chemins sont parsemés du sombre chant des lâches, c’est bien à nous d’en trouver la sortie dans le silence lumineux des grands. Un autre tableau sur ce thème, un tableau avec tous les symboles attachés à la séropositivité ; « sang », « amour » et le masque dont chaque oeil a la forme du virus, les longues baguettes qui créent un chapeau aux extrémités  recouvertes d'un préservatif. Le tout est rattaché au personnage qui ploie, prisonnier de la maladie, un personnage dont la peau porte les marques d'un commencement de dégradations.
J'ai peint ce tableau à une époque où tout autour de moi mourraient des amis. J'en étais bouleversé, désespéré, parfois anéanti.
L'amour donnait pour la première fois des culpabilités insupportables.

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Comme les enfants se réfugient dans les bras de leur mère, quand tout va mal, aujourd'hui que je trébuche, je me réfugie auprès des choses simples qui savent me rassurer... un thé à la menthe, quelques croquis volés sur un trottoir à Tozeur et qui me rappellent combien à cet instant, la vie était douce, à simplement la regarder, simplement la respirer et ne rien présager de cette sarkozienne épopée à l'image de celle d'un Bush... une épopée qui saura bien faire de nos banlieues, son Irak...


À l’ombre des murs sable
À l’abri du degré,
Quand le jet du thé
Chute sans fin,
Je me dis,
Je suis d’ici,
 Je suis d’ici.

© Giliberti in Bleus d'attente / 2001



Le front n’était pas lisse
Ni lisse la joue.
Mais ses lèvres sèches
Ses lèvres de désert
Avaient pourtant le goût
Le goût si rare de l’eau
 Le goût du peu de temps,
De l’attente, déjà,
 De ma conscience bafouée
 Et du désordre magnifique.

© Giliberti / 2007




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J'étais près de l'envol,
À deux doigts de la source obligée. 
J'étais près des sommets et des rives
Du cri intime et du rite
Quand ta rouge colère piétina mes instincts,
Étrangla mon éveil, ordonna le repos.

© Giliberti / In bleus d'attente


Si le milan de Lombardie
Tenta d’ouvrir les lèvres de Vinci,
Il sut très bien fermer les miennes
De ses énigmes et de ses cris.

© Giliberti

La mémoire est une accompagnatrice déterminante dans le choix de sa vie.
Si nous savons la poétiser, elle relève d'une certaine esthétique du mental et peut éviter d'alimenter la source des ressentiments.
Dès qu'il est conté, le passé exerce une fascination sur les autres. C'est ainsi que, sans écrits, des tribus se sont passé le flambeau de leur patrimoine.
Personnellement, les oiseaux sont au centre de mon passé. Ils ont été les victimes de mon drame personnel, mais alors même que j'en étais responsable, j'ai décidé avec le temps d'en faire le thème de la plupart de mes tableaux, de les totémiser.

C'est un peu la même chose avec le cheval qui, lui aussi à la base d'un petit drame d'enfant bringuebalé durant des années, m'a souvent inspiré.
Oui, la mémoire déclinée en oeuvre d'art peut suspendre le temps et vous raccorder à lui. Elle devient la filiation secrète avec votre présent.


Abime est la cime
Et verte la distance.
De ce trot maladroit,
N?éclabousse que l'amer souvenir
Des jouissances avortées,
Des rondes enfantines
Au degré des nuits bleues,
Du rire des autres sur le balcon des nains.
Et la haine qui grandissait mes rêves.

© Giliberti / In bleus d'attente.

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La peinture véhicule un message qui ne doit pas se réferer au seul discours "intellectuel" mais aussi à la signification du quotidien et des souffrances qu'il engendre.
Je ne peins pas pour tous mais pour chacun.


  Quand s’exhale la haine
De leurs mots en exile
        Vers ceux-là qu’ils exècrent,
                  J’ai pitié de ces gens                    
 J’ai pitié de leur peu.

         Quand l’obscur des discours
        Qu’ils brandissent au soleil
 Se suffit d’être sourd
 J’ai pitié de ces gens
   J’ai pitié de leur vide.

        Quand le rose d’une étoile
Constella notre ciel
      Et combla les charniers
         La chaux vive fut la seule
            À blanchir leurs mains sales.

© Giliberti


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       Le voyage d’amour s’acheva
       A la halte d’un panneau d’infortune,
       Que le rose ne rendait pas moins infâme !

        Poème inscrit sur la toile © Giliberti - 2006


       Ils étaient seuls,
       Pacifiques et meurtris,
       Sous le rose insigne
       Des barbares qui bleuirent leur peau…

        Poème inscrit sur la toile © Giliberti - 2006

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