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Le blog de Michel Giliberti

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Articles avec #photos et poesie.

Lion-l-en-bleu.jpg
Aux matins d’émeraude
S’arrimait le satin
De vos gestes de bronze.
Il m’était impossible
D’en ignorer les chants
Quand à l’heure de vos danses
Vous signiez mes journées.
Vos épaules et vos bras
Votre ventre et vos cuisses
Agitaient ma conscience
De leurs sombres parades.
Et dans l’eau de mes larmes
Qui n’abreuvait personne
Je noyais mes attentes
À l’ombre des ficus.

© Giliberti / 2007

Lion-l-en-bleu.jpgLion-l-en-bleu.jpgLion-l-en-bleu.jpgLion-l-en-bleu.jpgLion-l-en-bleu.jpgLion-l-en-bleu.jpgLion-l-en-bleu.jpg

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David-B-2.jpgLe soleil se couchait déjà. Déjà il fallait rentrer.
L’air était jaune à l’approche de la nuit ; les bruits de la mer avaient pris l’habitude de nos silences tout au long de la journée.
Comment lui dire d’un regard, d’un geste, que je voulais que ce juillet reste gravé à jamais dans ma mémoire ? L’insolence qu’il pratiquait n’encourageait pas à le faire et supplier n'est pas mon fort.
Je le regardais secouer sa serviette, lutter contre le vent dans ses cheveux et râler du sable qui fouettait sa peau. Ce n’était pourtant pas de ces sables qui forcent à fermer les yeux, ces sables du désert que j’aime tant, ces sables dont on dit de certains qu'ils chantent.
Alors, d’un geste prompt, je saisis mon appareil photo.

Je l’ai appelé, il s’est retourné, j’ai appuyé.
Son air renfrogné à contrejour dans le ciel enflammé, je l’avais bel et bien volé. Il pesta et je me mis à rire.
Des juillets, il y en aurait d’autres, des colères qui miroitent au soleil couchant et qu'on ne prend pas au sérieux… Toute ma vie.
J’ai serré l’appareil contre moi et m’éloignai tranquillement jusqu’au bungalow.
Je vous parle de rien ou de si peu, mais les visages me happent toujours et demeurent les voyages que je préfère...

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Indiens-6.jpg
Facile de rester assis, facile de fermer les yeux.
Tout éveil est douleur. Se tenir debout n’est pas chose donnée…
À l’orient des matins incendiés, sur le sable éternel, les boucliers reposent près des hommes ployés.
Il suffirait d’un geste, d’un cri dans les canyons, et le silence du monde ferait bruit alentour.
Un geste,
Un cri,
Il suffirait...

Indiens-22.jpg
À ta bouche l’eau
 À mon œil, l’arme.

© Giliberti / 2007


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J’ai toujours aimé les poésies persanes…Ommar Khayyam en écrivait une par jour.
Depuis peu, grâce au cadeau somptueux d’une amie, je me replonge dans celles de Nezâmî… Alors, je côtoie les ramiers, les colombes, les faucons ; je respire le musc de la nuit, le jasmin des cours ; je rencontre l'autre au fond des alcôves encensées de son corps et au petit matin... j'écris.
lionel-noir-et-blanc-11.jpg
Mes pensées envers vous
Vont de vers avérés
En vertiges avenants
Et mes rêves nomades
Nés de vous, Nezâmî,
Me narrent la nonchalance.
Vos soleils affamés
Éphémères mais fidèles
Se rappellent à ma peau,
Et la soie de vos vers
Dans leurs contes de Perse
Enrubanne mes nuits.

© Giliberti / 2007

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Reynald-7.jpg
Je serai toi et je serai moi dans ces temps de chaos. Je serai nous jusqu’à ce que la boue qui recouvre ton corps redevienne poussière légère et se débarrasse des amères suées de la peur et du cri.
J’ai bâti ma vie sur tes terres et la fuite de nos mots sensibles ou rebelles ne détruira jamais ses assises.
La signifiance de mes craintes est la plus sure des routes. Elle me donne le sens des volcans et celui des chimères... le sens de nos vies terriennes.
Je construis notre avenir avec la clairvoyance des aveugles et l’arrogance de ceux qui se taisent.
Mon amour, cette boue sur ton corps, cette terre de guerre, j'en ferais une patrie... Une terre de paix.

Reynald11.jpg
Comme la terre qui recouvre les corps
Comme ton corps qui se couvre et se terre
Je me pare de tous les mots des fables
Qui enfouissent et m'ensablent de leur fards.
Comme le ciel qui recouvre la mer
Comme une mère qui découvre l’amer
Je suis source d’un ailleurs bien trop là
Et si las d’être sourd par ailleurs.

© Giliberti / 2007


Reynald-visage.jpg

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Pour le plaisir des yeux...

profil-tunisien.jpgDe tes terres,
Je n’aurai gardé que le goût du sable.
De tes lèvres,
Que les mots qui dessèchent.
De ta vérité,

Que ma dissidence stérile.

 © Giliberti / 2007
 
tunisien-profil.jpgHé oui...

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Moez-sourire-2.jpg« Un peu de soleil dans l’eau froide », comme un titre de Françoise Sagan.
Oui, juste un rayon de lumière sur les matinées grises que l’été a boudées.
Mais l’exil est toujours possible qui s’attache aux fantasmes, et sourire me paraît encore le moyen le plus sûr de retenir le soleil.
Dans l’aisance d’un écrin virtuel, je considère ton visage, comme on se chauffe à l’été, comme on se coupe au tranchant d’une herbe haute.
Que la vie semble facile quand on écoute les bruits qui rassurent et perpétuent le silence qui les joint... quand on regarde le rien devenir tout.
Un plein air d’orties et de chicorées au jardin, c’est déjà un bouquet de fleurs rares.
Que la vie continue de m’apporter des respirations comme ce matin où croire me donne tant.
Et demain, au bord du sable et de l’aurore, main dans la main avec l’amour de ma vie, je te rencontrerai encore, Moez ; je te rencontrerai, et cette fois-ci, c’est à nous deux que ton sourire clair dans l’aube bleue s’adressera.
Enfin, le sens de la vie, à deux pas du clapotis des vagues, nous parlera.

Moez-sourire-2.jpgMoez-sourire-2.jpgMoez-sourire-2.jpgMoez-sourire-2.jpgMoez-sourire-2.jpgMoez-sourire-2.jpgMoez-sourire-2.jpg

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Les bleus sont impatients. Ils forcent l’éveil de vos sens.
Dès le petit matin, ils vous attendent avec la mer qui s’attache à vos yeux, la mer brillante comme un saphir démesuré.
Alors, trahir son sommeil pour rencontrer un tel minéral, une telle transparence est un jeu d’enfant.
On s’y plonge, on s’en repaît… Moi, je m’en saoule.


Et puis vers midi, la peau brûlante et les yeux rougis du sel liquide, vous revenez affamé, vous revenez assoiffé jusqu’à la maison qui patiente derrière les bougainvilliers.
La blancheur de ses murs vous rappelle que le Soleil, le vôtre, le seul, celui qui fait battre plus vite votre cœur, est à l’intérieur, à l’abri… C’est là qu’il paresse, c’est là qu’il somnole dans les draps marine en attendant votre retour. Il n’aime pas la chaleur, lui. Il la connaît tant.



Vous pénétrez la salle fraîche et obscure et vous allez jusqu’à lui. Vous agitez sous ses narines un brin de jasmin que vous avez cueilli à la porte voisine. Il ouvre les yeux, des yeux endormis, mais des yeux aussi noirs que le ciel est bleu.


Vous, vous ne savez quoi faire, vous ne savez quoi dire, à tant le regarder…
Lui il s’en moque, il a faim et se lève. C’est l’heure du repas, l’heure d’avant la sieste. Dehors, sur la terrasse, la faïence des assiettes et l’azur des verres vous attendent à même le sol, au milieu de fleurs coupées qui fanent au soleil.
On entend les cigales et, dans le ciel, les hirondelles font des taches mouvantes.



Vous le regardez à contre-jour allumer une cigarette. Vous le devinez beau.
Il le sait et ça lui plait.
Ça le fait même rire.
Et pour vous le prouver, il se tourne vers vous, dans la lumière et vous inonde de son sourire.
Vous, dans votre tête, vous ne savez toujours pas si tout va bien, vous n’avez jamais su… mais votre corps, lui, le ressent si fort.


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Jean-Pierre, un de mes amis m’a téléphoné hier dans l’après-midi. Nous avons parlé de choses et d’autres, de projets littéraires, de théâtre, puis de la Tunisie qu'il aime tout autant que je l'aime. Il se trouve que le matin même, j'avais reçu un coup de fil de Moez( mon modèle tunisien)qui était parvenu à me faire rire avec Sarkozy : « Je suis très content que Sarkozy, c’est le président de la France ! m’avait-il annoncé, maintenant je suis sûr que tu vas t’installer en Tunisie, in ch’Allah ! » Si tout était aussi simple que ça…
Ce matin, je n’avais aucun sujet pour le blog, tout au plus j’envisageais de parler de mon jardin et des jardins en général pour faire un clin d’oeil à Marie-France, une grande amie, qui doit écrire un texte sur les jardins, et qui, du coup, m’avait donné envie d'en faire autant, mais hier, entre Jean-Pierre et Moez, la Tunisie, m’a rattrapé...


... Alors, sans m’étaler davantage, sans reparler des sempiternels refrains qu’évoque mon pays, voici deux photos de Moez ; Moez, habillé une fois encore en homme du désert, lui, toujours en jean et en casquette. Oui, juste un peu de ce bleu qui incendiait son visage, ce jour-là…


... Et puis la porte de l’ancienne maison dont je n’ai plus la jouissance depuis cette année, la maison de Sidi Bou Saïd où j’ai vécu tant de belles choses pendant quatre ans, tant de moments aussi sucrés que les pâtisseries du pays, tant de douces soirées ; où, assis sur les marches de l’entrée, à respirer le jasmin de la petite cour, j’ai tant discuté, ri, joué avec tous les amis du quartier, la petite maison où j’ai écrit Bou Kornine et dans laquelle, quand sa porte s’est refermée pour la dernière fois, mon coeur est resté à l'intérieur...


... Sur le rebord de la baignoire, j'ai laissé quelques-unes de mes perles de verre... quelques gouttes bleues sur la faïence, comme les traces de blessures sans importance... bleues, comme mes bleus à l’âme, bleues comme les portes de Sidi Bou Saïd.

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J'ai toujours éprouvé une fascination pour les mains ; mains d’hommes, mains de femmes. Quand elles accrochent mon attention, quand elles savent me parler, je suis en état de séduction aussi intensément que je le serais avec l’être tout entier.
J’ai un faible pour les mains sèches et nerveuses, jeunes et vieilles, lisses et abîmées, les mains du sud, les mains de l’Afrique dont la sombre couleur donne aux ongles l’éclat de la nacre et la pâleur des premières églantines.



Ces mains-là sont faites pour les bagues d’argent, pour ces miroir imparfaits  qui les enserrent le temps d’une photo, le temps d’un mariage avec la pellicule. le temps d'une union argentique.

Moi, qui ne mets jamais de bijoux, j’aime voir les doigts de mes amis ornées de bagues berbères, leurs bras entravés de bracelets, leurs cous chargés de lourds colliers que je garde à l’ombre d’un coffre en os de dromadaire, un coffre fatigué, usé, un coffre trouvé dans le sud de la Tunisie.
Ces bagues, ces bracelets et ces colliers sont le butin de mes voyages en terres brûlées, le butin de mon exil choisi.


Alors que je suis aux antipodes des décors kitchs, des univers chargés, des exaltations inutiles et des discours pompeux, j’avoue que ces parures d’argent, de grenat et de lapis-lazuli, attachées à la peau de ces garçons qui acceptent mes délires, réinventent à ma façon les Mille et une Nuits, quand le rêve avait du souffle et le mensonge un goût de vérité. Elles sont la source de délires en couleurs, parfois en noir et blanc, et elles incarnent, à l'heure où l'on se prosterne devant toute chose conceptuelle, un renouveau dans l'infini de nos imaginaires ancestraux.


Les ongles pâles et presque roses
Au seuil ambré de tes longs doigts,
Les veines à vif sous tes poignets
Et qui serpentent sur tes bras mats
Sont mes voyages toujours les mêmes
Toujours les m’aimes…
Tu ?
Comme je t’aime.

 © Giliberti / in  Bleus d'attente / 2001


Tu parcours sur ma peau
Des chemins interdits
Qui se cachent comme moi
Et ne mènent nulle part.

© Giliberti / 2007


Ta peau est à un souffle de mes envies
Ma peau est à un siècle de tes désirs
De cette erreur est née l’éthique aveugle
D'une impasse de corps à cœur perdus.

© Giliberti / 2007


Dans l’ardente demeure
J’ai des vides à combler
Là, au fond, près du coeur
Des recoins, à meubler
Et ici pour des heures,
Des sous-sols à vider.

© Giliberti / 2007



À l’ombre de tes gestes

Je fréquente l’ivresse
Qui me livre à tes mots
Et te lie à mes hanches

À l’ombre de tes gestes
Je fréquente tes mots
Si fréquents à mes craintes
Et si lourds à mes sens.

© Giliberti / 2007


Le front n’était pas lisse
Ni lisse la joue.
Mais ses lèvres
Avaient le goût du peu de temps,
De l’attente, déjà,
De la conscience bafouée
Et du désordre magnifique.

© Giliberti / 2007

 
Comme l’odeur de l’encens
Exhale les prières
Grandit les chants d’amour
Ton parfum de sureau
Allume mes intentions
Transpire dans les draps.

Comme l’eau à la source
Accueille tes deux mains
Et coule dans ta gorge
Ton liquide plaisir
Rencontre mon visage
Apaise mon appétit.

© Giliberti / 2007


À n’étendre que ses plaintes
Un exil est bien peu
Juste un mythe, au soleil
Pour enfants trop gâtés.
À n’y voir que là-bas
Un exil est bien long
Où se terrent les anciens
Qui connaissent tout de vous.
Quand il n’est que l’inverse
Un exil est un manque
De l’exil d’un exil
Où se perd la raison.

© Giliberti / 2007


Ta peau est à un souffle de mes envies

Ma peau est à un siècle de tes désirs
De cette erreur est née l’éthique aveugle
De l' impasse d’un corps à cœurs perdus.

© Giliberti / 2007


Au fond des palais vides,
Je voulais miennes,
Les nuits si pleines
De ton absence.
Ta peau safran devait manquer
Pour enfin croire que je l’aimais.
Je voulais lire dans tes mensonges
Tout le vélin de mes ouvrages.
Mais, replié,
Amer et doux,
Je vis ici
Qui n’est pas là,
Et me repais du temps créé.

© Giliberti / 2007


Tu parcours sur ma peau
Des chemins interdits
Qui se cachent comme moi
Et ne mènent nulle part.

© Giliberti / 2007


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