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Le blog de Michel Giliberti

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Articles avec #peinture et poesie

Quand je suis devant mon blog et que je n’ai rien à lui confier, j’ai la tentation d'y mettre simplement un de mes tableaux et un poème, histoire de ne pas le laisser comme ça, vide, au nouveau jour. Cette simple approche ne me satisfait pas vraiment, mais il faut savoir battre retraite quand l’inspiration vous fuit… Les senteurs de printemps sont traites et vous arrachent toute vigilance… aussi, une fois encore, en tout partage et à l’abri des guerriers qui tuent mes intentions créatives,  je place sur le noir de cet écran un de mes vieux tableaux, un de ceux qui comptèrent, et quelques vers, avant l’arrivée d’un thème plus ambitieux...

Et tes sourires s’éteignent
Et ton regard s’abîme
De tes feux magnifiques,
Il ne reste que cendre.

© Giliberti / 2007


J’aime tes yeux qui fuient les rivages offerts,
Tes sourires qui s’éteignent trop tôt,
Ta mélancolie.
J’aime la pudeur qui fait hésiter ta voix,
Les veines fines tout à l’ombre
Là, sous ta peau
J’aime les confidences qui ouvrent tes lèvres.
J’aime ta blessure,
Paradis fermé de tes noirs secrets.
Je déteste mes mots, esclaves dociles
De mes entêtements infantiles

 © Giliberti / 2007


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Pétrifiées les mains,
Calcinés les yeux,
Resterons-nous amants dociles,
Charmants fossiles
Au lit des sédiments ?

Giliberti © in Bleus d'attente /2001



Chaque souffle
Dans mes nuits écorchées
Chaque combat
Dans mes jours avortés
Ont toujours éveillé
Des promesses
À l’image de tes lèvres.

  © Giliberti / 2007

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Je ne sculpterai plus…
La veine d’améthyste
Sous l’ambre de ta peau
Me rassasie du marbre.


 © Giliberti / 2007

Je n’esquisserai plus…
Tes yeux de pierre noire
Dessinent mes ardeurs
Et gomment le sommeil.


 © Giliberti / 2007
 
Je ne ferai plus rien…
Tes gestes de ruisseau
Tes danses autour du puit
Suffisent au créateur.

© Giliberti / 2007

Je ne vieillirai plus…
La pourpre de tes lèvres
Incendie mon déclin
Des plus rouges clartés.

© Giliberti / 2007


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La nuit, quand il me faut abandonner l’errance du jour, viennent me rendre visite des combinaisons barbares et créatrices.
Depuis longtemps, j’ai appris à ne plus m'en formaliser ; je ne m’encombre plus de politesse à leur égard, et parfois même j’en manque.
Je sais qu’elles sont issues du métissage de mes pensées, de mes contradictions. C’est ainsi que de ces rendez-vous naissent des parenthèses entre abîmes et sommets, entre rires et pleurs, entre fulgurances et pannes sèches.
Puis le jour renaît.
L’errance reprend ses habitudes ; j’oublie mes rendez-vous de pleine nuit et nos relations un peu forcées et redeviens nomade… enfin ! Nomade, sur la trace d’une oasis qui calmerait de sa fraîcheur la fièvre habile qui m’incendie.

                               
Tu n’as rien vu de mes ailleurs
Tu n’as rien cru de mes là-bas.
Tes noires errances, ta cécité
  Ont eu raison de mes patiences.
J’ai frappé,
Hurlé, au calme de l’eau
J’ai maudit,
Supplié dans la poussière
Mais rien…
Tu refusais mes vastes routes
Je reculais dans tes sentiers.
De nos voyages impossibles
J’ai dû tirer un trait marine
 Et dire adieu à l’ocre ennui.

© Giliberti / 2007


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Les libertés
Dont on se glorifie
Ne sont ici
Que pour oublier
Les barbelés
Tressés à même la peau.

 © Giliberti / 2007


Sur les nouvelles terres
Aucun bâillon n’empêchera les cris.
S’y rendront
Toutes les errances
Toutes les audaces.
Nos semelles butteront sur les récifs
Et leurs téméraires lanières
Arrachées dans la chute
Libéreront
Les chevilles mercuriennes
Des enfants de demain.

© Giliberti / 2007




Mais je souffre déjà,
Quand tu gagnes si souvent
Et je reste immobile
À courir les jardins
Qui m’étouffent.

© Giliberti / 2007

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Libre l’eau de couler
La gorge d’engloutir
Mais de l’eau à la bouche
Que d’années avortées
Et que d’ailes arrachées
Que de coups assénés
De becs ensanglantés
Pour l’enfin… d’une si mince… verticalité.

© Giliberti / 2007



J’ignore la foudre que je mérite
J’ignore qui m’anéantira.
Je me contente de tes miettes
De ces secondes jetées à terre,
Du grand festin que tu allumes
Dans l'épaisseur de mes nuits blèmes.

 © Giliberti / 2007

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Tous les certains du monde
Ne connaîtront jamais
Le seul satin
Qui vaut d'être touché
Tous les crétins du monde
N'écouteront jamais
Le seul tam-tam
D’un coeur
Qui cogne au jour premier.

© Giliberti / 2007


Lorsque je photographie un modèle, il m’arrive souvent de lui demander d’improviser pendant la première demi-heure, ou plus encore. Ça lui permet de prendre une certaine distance et de s’approprier ce rapport si particulier entre le modèle et l’artiste.
Au début, il cherche des positions très académiques qui ne m’intéressent pas, mais qui le rassurent, aussi je rentre dans son jeu et prends quelques clichés. Puis, je commence à le questionner sur ce qu’il aime, ce qu’il voudrait faire dans la vie, bref, à l'abri derrière mon objectif, je m’aventure facilement.
Cette approche, passionnante pour moi, me permet de tendre un pont entre deux timidités, car à ce cébut de l'aventure, ni le modèle, ni moi-même ne sommes au mieux de notre forme.


Ce jour- là, je recevais Amar, un garçon arrivé en France depuis peu et qu’un ami m’avait recommandé. Je le trouvais beaucoup trop musclé, mais je ne dis rien, car je le sentais heureux de poser et quand je lui demandai d’improviser, il a voulu un grand plat creux et un fruit ou un petit objet. J’ai trouvé un raku à ma portée et un petit galet, souvenir d'une plage de Grèce ; je les lui ai passés. Il a pris le galet en main, le raku dans l'autre, puis avec une expression  ineffable de joie et une gestuelle émouvante, il a pris une position qui lui rappelait,  m’a-t-il dit, son Afrique natale où les gestes simples, comme la cueillette, étaient pour lui un vrai plaisir.
Du coup, très ému, je l’ai photographié avec bonheur, ne pensant plus à sa plastique trop imposante qui me bloquait. Par la suite, comme à la fin d'un rituel, il s’est senti très à l’aise et notre séance de photos est partie dans une autre direction, mais de ce premier instantané, je garde un souvenir touchant et inoubliable.


Deux années passèrent et j'eus envie de peindre un garçon Africain.
Le tableau une fois terminé, je trouvai qu'il manquait quelque chose et qu'en plus il était trop académique. Cette insatisfaction dura quelques jours. Un matin, en quelques coups de pinceau, je plaçai un petit galet dans la main du personnage avec cette inscription dessus : "Black memory".
Enfin satisfait, je signai le tableau.
Je réalisai alors à quel point mon inconscient avait été troublé par cette première photo avec Amar que les sentiments si spontanés d'appartenance à son pays avaient inspiré. Ils revenaient ce jour-là et me permettaient d'achever mon travail.


Cette petite histoire me permet de faire une ellipse et de rebondir sur les propos de Sarkozy qui souhaite une immigration choisie... je trouve que c'est bien là le choix d'un nanti qui jusque dans cette proposition se permet de faire le tri parmi ceux qui n'ont souvent d’autre choix que de quitter le pays qu'ils aiment pour simplement manger... Eux, n'ont rien choisi, juste subi.
Jadis, les riches choisissaient leurs esclaves sur un marché... les époques changent, pas les hommes.


Acquis la prison !
À qui le soleil ?
Acquis l’obédience !
À qui le pouvoir ?
Acquis la misère !
À qui le profit ?
Acquis l’hilotisme !
À qui la main mise ?

© Giliberti inBleus d'attente / 2001


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Ces tableaux font partie d’une longue série sur le thème de la castration.
Il faut dire qu'à cette époque j’étais en analyse, sans cesse tiraillé par mes souvenirs d’enfance et, même s'ils sont baignés de l’amour unique de mes parents et de mes sœurs, ils n’en demeurent pas moins entachés de quelques erreurs d’éducation et d’un trop d’amour difficile à gérer.
« Trop » étant si près de « peu », la distance est courte ; basculer dans la vulnérabilité ou la névrose reste possible.
L’oiseau, son envol impossible, le verre brisé, le sang, voici quelques-unes des clefs de ma vie d’artiste, des clefs que, bien involontairement, ma mère et mon père m’ont remises et qui, comme dans un mauvais Vaudeville, font se fermer et s’ouvrir sans cesse les portes des souvenirs.

J’ai ouvert les yeux un soir
Quand d’autres les fermaient pour toujours.
Ils s’éteindront assez tôt
Quand d’autres s’allumeront d’un cri.
Mais de la lumière à la nuit,
Du bruit de chaque chose,
Jusqu’au silence des mots
Nous n’aurons rien compris
Nous n’aurons rien atteint
Et nos orbites, ces trous de nuit
Resteront là, ouvertes au vide.

© Giliberti in Voyage secret / Bonobo éditions / 2004


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Mes sœurs masquées de blanc
Gardaient aux yeux, le sang caché des femmes…
Le sang épais des maux.
Aux lèvres rouges de mes dix ans
Les maudits mots de mes non-dits.

© Giliberti / 2007


Je suis l’eau
Comme tu es la terre
Et nous enfantons des jardins bleus d’attente.

© Giliberti / 2007


Nos mères ont su nous allonger
Sur des bleus incendiés,
Mais le repos… debout… c’est quand ?

© Giliberti / 2007


A tant rêver dans ce pays
A tant y courir,
Mes ailleurs s’y sont perdus.

 
© Giliberti / 2007

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Quelques dessins de Moez sur la terrasse, à Sidi Bou Saïd, et à la campagne, à Béja. Quelques heures échangées entre "prendre" et "donner".


À se perdre hors de lui
L’homme vaste fait bien peu
Et le temps qu’il rejette
N’est jamais qu’à deux pas.

© Giliberti / 2007


Tu parcours sur ma peau
Des chemins interdits
Qui se cachent comme moi
Et ne mènent nulle part.

© Giliberti / 2007


Me nourrir de ta peau
Ou mourir de ta main
Est-ce si condamnable ?
Me sceller à tes pieds
Sans attendre ton ordre
Est-ce si détestable ?
Tant de trop dans ton ciel
Tant de peu dans le mien
C'est toujours négociable.
  © Giliberti / 2007

Moez © Giliberti / 2007


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