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Le blog de Michel Giliberti

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Articles avec #peinture et poesie


Entre deux voyages et deux verres de vin

L’homme des fins se déplait qui s'enferme et se saoule.
Son suaire suinte sur sa couche souillée
Et ses vols prudents de minable ramier
Coupent court à ses rêves et desservent ses mots
Comme l’amère le lie aux méfaits qui le tuent
Comme la mer le cerne et lui montre l’abîme,
Il est l'homme défunt .



© Giliberti / 2007

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L’heure bleue…
L’heure du sfumato pour les artistes de la Renaissance italienne, l’heure qui modèle les visages en fin de journée, quand tout devient bleu, quand les traits de chacun semblent apaisés, presque recueillis, quand le temps n’est plus qu’à la réflexion, à la détente.
L’heure bleue…
L’heure de tous les ailleurs, de tous les possibles. L’heure qui déclenche chez moi une grande nostalgie, une immense introversion, jusqu’à l’introspection, qui date des heures bleues d’autrefois où j’attendais en soirée, isolé dans le jardin de mes grands-parents, que mon père leur dise au revoir et qu’enfin, nous rentrions à la maison. De cette attente, à contempler chaque chose d’un jardin immobile dans la tiédeur des soirées tunisiennes, à les voir s’évanouir doucement dans le bleu de la nuit qui approchait,
naissaient des inquiétudes fantasques  dans mon esprit exalté.
Ici, dans mon jardin, l’heure bleue est aussi celle des oiseaux, de leurs dernières discussions au sommet des arbres, au creux des bambous, ou à même le sol comme les tourterelles et les merles qui, à l’ombre des buissons en fleurs, défient les chats.
L’heure bleue…
L’heure d’avoir sur la langue et dans le sang la chaleur d’un alcool en regardant dehors… où rien ne vous regarde. L’heure de franchir les portes des interdits.
Et penser à ses mains, à ses bras…
Et sentir la morsure de ses dents à vos lèvres…
Et croire qu’ici, chez vous, c’est aussi les parfums de là-bas qui s’exhalent.
L’heure bleue…
L’heure où le guerrier obscur qui vit en vous dans la journée sait se retirer et vous laisse recevoir en soirée l’homme en paix qui brasse vos idées et moissonne vos désirs.









            Chaque souffle
            Dans mes nuits écorchées
            Chaque mot
            Dans mes phrases avortées
            Savent te dire
            Les promesses et les voeux
            À l’image.
            De tes lèvres


                © Giliberti / 2007


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Je suis seul, ce soir. La nuit se pose doucement. Chaque chose perd de ses couleurs pour se fondre dans un gris bienfaisant. Bientôt, j'enflammerai quelques abats-jours.
Je sens une langueur dans chacun de mes gestes, une langueur de l'esprit aussi. Comme souvent, quand rien ne sort de moi, sinon la peur d'un avenir chancelant très vite étouffé, je me réfugie dans mes peintures qui me portent depuis l'enfance.
Je regarde ce que j'ai fait.
J'imagine ce que je ferai... quatre toiles violentes et sanguinaires, cruelles et bouleversantes, quatre toiles guerrières !
Je cherche le modèle, celui qui devra convenir à cette inspiration dont toute la dramaturgie est  inscrite dans ma tête depuis quelques semaines déjà.



Aujourd'hui, j'ai besoin de dormir
À deux pas du silence,
Dans l'errance.
Aujourd'hui, j'ai envie de mendier
À deux souffles d'un exil,
 Sous tes cils.
Aujourd'hui, j'ai l'urgence de t'avoir
À deux signes de mes gestes
De mes restes.
Aujourd'hui, je veux être confiant
À deux notes de mes craintes,
 De tes feintes.

© Giliberti / 2007

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J’irai, sans un doute
Sur ce chemin bleu
Qui saigne tes poignets
Et remonte le creux de tes bras.
J’irai, sans un doute
Sur ce chemin bleu
Parce que les «sangs doutes»
Rendent la promenade risquée.
Mais ne balise rien
Tomber… Je sais.

© Giliberti / 2007


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Le ciel si noir de ton combat
Éclaire pourtant mes vastes nuits
Son signe est fort et noie mon cœur
   D’un flot d'amour jusqu’à l’aurore. 

© Giliberti / 2007



Et me voici paré
 Du noir sourire des morts.
Il parvient à me dire
Qu’ils ont choisi l’ermite.
Ils jugulent ses plaies
De leurs rouges blessures
Jusqu'à son abandon
Puis l'obligent à s’ouvrir
À l’eau grise des siècles.

 © Giliberti / 2007
 

 

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J'ai fait ce tableau, il y a déjà pas mal de temps, pour montrer qu'il faut arrêter de croire en ce qui nous tue, sortir de cette boue qui englue les peuples et enferme les esprits... laisser derrière nous cette usine à rêves, ce meilleur des mondes, cet au-delà bien hypothétique, et enfin, trouver du temps à consacrer au nôtre, le monde des réalités.

Le poème qui suit n'a rien à voir avec ce que je viens d'écrire...


Je sais que c’est assez, mais si
Je le sais…
Alors pourquoi vouloir avoir
Tant à voir.
Est-ce si violent
Ce viol lent que je vous tends ?
Je vous croyais
En croix et vous voyez…
Vous n’avez pas su dépasser mon pas.

Je sais que c’est assez, mais si
Je le sais…
Mais je n’empêcherai jamais
Mes péchés.
Est-ce déjà l’heure
Des leurres pour rien et pour des larmes ?
Je vous croyais
En croix et vous voyez…
Vous n’avez rien perdu que je ne perds.


© Giliberti / 2007

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C’est l’abysse d’une étrange demeure
D'un endroit bien enfoui dans les signes
Il inscrit en mémoire les tabous
Et meurtrit l’insoumis qui en souffre.
C’est le souffle d’une étrange torture
D’un endroit où s’ordonne la vie
Il détruit une à une les ivresses
Et immerge votre pourpre dans le noir.

 © Giliberti / 2007


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De tes terres à mes feux
Que d’ombrage en toute heure,
De ton port à mon ancre
Que de noires distances.
Nos écumes stériles
N’ont jamais rafraîchi
Nos sourires en attente
Et nos gestes rouillés.
De mes lâches instincts
À tes rites barbares
C’est pourtant bien l’amour
Qui nous vide et nous comble.


 © Giliberti / 2007


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Dans l’Amenti, souvent
Je me mens et m’en veux.
La demeure des morts
Ne défait pas les liens
Des défunts qui m'aliènent
À panser de leurs maux
Mes désirs de penser.
Dans l’Amenti je mens
À l'amant qui se meure.
La demeure des morts
Ne défait pas les faits.

© Giliberti / 2007


J’ai eu une longue période où je ne pouvais concevoir de peindre un personnage sans l’entourer de bandelettes, de haillons, de lambeaux de toutes sortes, jusqu’à faire de sa propre peau une fois déchirée, tailladée, pelée, une sorte de protection de son corps lui-même transformé en minéral.
Toute la symbolique de la blessure y était projetée, allant même jusqu’à celle de la mort puisqu’on pouvait y retrouver également le thème de la momie, chère à mes inspirations. Des momies vivantes, enfermées dans ce qui pouvait être considéré comme des pansements.
J’aime beaucoup le verbe « Panser » si proche bien sûr de « Penser ».
Les deux, intimement mêlés dans leur sens, exercent sur moi un pouvoir certain, une fascination même.

« Penser » donne à croire qu’on s’élève, qu'on "soigne"son mental.
« Panser » veut bien dire protéger, mettre à l’abri de bandes la blessure du corps à soigner.
L'un comme l'autre offre une consolidation de la tête et du corps.
Les deux verbes font partie de ma pharmacopée mentale.

Comme pour toute maladie psychosomatique, ce thème du pansement à toujours bénéficié de longues périodes de rémission… et puis il revient dès que je rechute.
En ce moment, j'entâme une rechute… mes personnages vont devoir retrouver ces haillons de fortunes qui ne dépendent que de la mienne, hélas.


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Aucun regard n’était plus dense
Aucune danse n’était plus rare
Que ses dérives reverdies
Aux rives vertes de son rire.
Aucun repères dans ses suites
Aucune fuite dans ses terres
Rien qu'un silence au bout des cris
Et qui décrivait ma violence.

© Giliberti / 2007


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