Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le blog de Michel Giliberti

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 > >>

Articles avec #michel giliberti


Une fois n’est pas coutume….
Ce christ que j’ai peint voilà bien des années, me semble tout indiqué pour vous souhaiter un joyeux noël… Il y a du pain, du vin, du divin… il ne manque que les huîtres et le foie gras !



Voir les commentaires

Lorsqu’on étudie aux rayons X les tableaux de peintres anciens ou même contemporains, on s’aperçoit souvent que l’oeuvre a subi quelques transformations en chemin. Tel bras change de mouvement, tel profil disparaît, une paupière se ferme, etc. On appelle cela un « repentir ».
Ce mot a pour moi une connotation religieuse qui me déplait : il donne à croire que le peintre aurait regretté son geste de façon tragique et culpabilisante. Bien au contraire, ce fameux « repentir » doit être interprété comme simple plaisir d’améliorer, de grandir son travail et non de battre sa coulpe sous prétexte d’une faute quelconque.
Voici, pour illustrer mon propos, un de mes tableaux qui a subi une transformation.
« Les rêves brûlés »
Je venais de rencontrer Franck. C’était en 1987. Il presque dix-huit ans 18 ans. J’ignorais alors qu’il serait mon modèle pendant plus de quinze ans.
Il était timide, moi aussi (comme d’habitude), je ne savais par où commencer, quelle pose lui faire prendre ? Bref, je choisis d’aller au plus court (ce que je n’ose plus du tout maintenant) : il serait nu et pour être plus à l’aise, assis par terre.
L’alchimie fut si parfaite que je décidai dans l’instant que je créerais autour de « lui » et de son corps, un univers tourmenté qui correspondait à l’idée que je me faisais de sa nature.
Mon souci se bornait à lui faire plaisir, le rendre heureux, et qu’il oublie un peu sa vie assez terne à cette époque.
Un mois et demi après, je terminais cette grande toile ; Franck était fou de joie, et il amenait presque tous les jours un ami à l’atelier pour lui montrer « sa » toile.

Un peu plus tard je l’exposais au Salon des Indépendants.

 

À l’inauguration du salon, j’arrivai tranquille et je partis à la recherche de mon tableau sans savoir où il se trouvait car, à mon habitude, je n’avais consulté aucun des panneaux qui précisaient les emplacements réservés aux peintres.
Je marchais au hasard quand, au détour d’une allée, je vis un attroupement devant un tableau. Tant bien que mal, je parvins à m’approcher de l’œuvre exposée et là, surprise ! Il s’agissait de la mienne.
Allez savoir pourquoi, cette dernière me parut d’un « dénuement » terrible, cru, et surtout très éloignée de ce que j’aurais pu en tirer. J’avais l’impression d’être moi-même mis à nu, devant tous ces gens qui commentaient mon travail – dans ce cas là, je ne dis jamais que je suis l’auteur, pour mieux écouter leurs critiques.
Loin de mes considérations, la toile obtint un énorme succès et me permit d’être invité à d’autres salons.
J’aurais pu me satisfaire et me contenter d’une telle reconnaissance, mais je restais contrarié par « ma » rencontre avec la toile et le malaise qu’elle avait distillé en moi. Je ne pouvais m’empêcher d’attribuer l’engouement qu’elle suscitait à la seule nudité de mon modèle, engouement facile et prévisible, tout compte fait. J’étais convaincu que personne n’avait été sensible à la composition dépouillée mais complexe de ce tableau, au difficile raccourci de la jambe, au choix des couleurs, à la désolation du regard de mon modèle, tout me semblait avoir été occulté par l’anatomie, grandeur nature, de Franck.
De retour chez moi, je mis cette toile en quarantaine, jusqu’au jour où je dus préparer un nouveau salon à Paris. Je me demandais s’il ne fallait pas la représenter parmi d'autres plus récentes, mais avec le « plus » que je n’avais pas exploité.
Je ressortis l’encombrant tableau, l’installai sur mon chevalet et, assis devant lui, je le fixai pendant plus d’une heure en écoutant de la musique. Tout à coup et comme en transe, j’ai bondi hors de mon siége et me suis mis à transformer le tableau en oubliant de boire et de manger. Finalement, je lui ai donné le côté fantastique (j’aimais beaucoup ça à l’époque) et assez hermétique qui le caractérise désormais. Les deux jours suivants, j’ai peaufiné mon travail et quand tout fut fini, j’exultai.
Nul repentir dans ma tête… non ! Juste le simple bonheur d’avoir dépassé la première aventure avec Frank, celle que j’avais mise en place pour qu’il se reconnaisse, prenne conscience de son corps et qu’il continue de poser pour moi.
Je ne m’étais pas assez fait plaisir.

J’ignore si le tableau a gagné à être tant transformé. Certains ont déploré que je contrarie et masque une si belle nudité, mais le goût des autres est si fluctuant…
Moi, j’étais heureux et satisfait.
Aussitôt exposé, le tableau trouva acquéreur. Mon repentir était récompensé.


Encore un « repentir ».


La première version de ce tableau devait servir la couverture d’un de mes romans « Derrière les portes bleues », qui racontait la difficile rencontre entre un jeune rappeur, Tarek, et Jeremy, un chanteur génial et alcoolique qui vivait mal une fin de carrière. À la dernière minute, pour des raisons personnelles, j’ai trouvé qu’Hicham, un de mes modèles, ne correspondait pas assez au personnage de Tarek. Du même coup, j’ai eu envie de m’amuser avec ce tableau qui n’avait plus de raison d’être, et comme j’ai toujours aimé l’habit traditionnel des nomades du désert, j’ai eu envie de transformer Hicham même si j’ai pris une grande liberté avec l’authenticité et la mise en place de la coiffe autour de son visage que j’ai vieilli pour la circonstance.
Voilà le cas d’un repentir parti d’une irrésistible envie de m’amuser.
Ici, j’ai même changé le titre "Drague" en "Voyage".

Voir les commentaires


De l'étude...



...au tableau.


Un long voyage !

Je pars avec des bagages dont certains restent sur la route et j’en cherche d’autres pour continuer le voyage.

Voir les commentaires


De toutes les douleurs, celles qui nous défont sont souvent les plus ordinaires comme les gestes de l’habitude qui, l’air de rien, grignotent notre belle énergie d’autrefois qui nous fit surestimer notre vie, l’imaginer sans blessure, moins barbare et si grande… Aussi grande qu’une traînée de poussière cosmique dans le noir sidéral.
Ces gestes de l’habitude qui, à casser l’enfance, construisent notre condition d’homme.
Alors, nous marchons sur les boulevards et nous rencontrons des visages tendus ou fatigués, des visages qui nous ressemblent… Nous reprenons les mêmes ascenseurs ne menant nulle part, nous refaisons la queue dans les magasins, nous nous excusons d’avoir heurté quelqu’un… nous consommons le consommable.
On s’enferme…
Nous avions pourtant convenu de vivre l’ouverture… pas l’entrebâillement.


Adolescent, j’aimais frissonner à lire « Les chants de Maldorore ».
Ce cher Isidore Ducasse me faisait entrevoir les bassesses et les horreurs d’un monde que j’étais persuadé ne devoir jamais reconnaître. Dans ses chants, il parlait des petites choses, des petites épaules, des petits enfermements, des petites aigreurs, des petits commérages et de l’absurde qui mènent au crime.
J’éteignais la lumière, je fermais le livre si loin de mes réalités et m’endormais dans la douceur de ma chambre.


Le temps est passé et depuis, la cruauté de sa clairvoyance s’est révélée à mes yeux.
Elle cohabite parfois avec moi et me fait accoucher de bébés monstrueux dont je partage la paternité dans mes peintures avec le Lautréamont de ma jeunesse.
Tous ces monstres sont mes chants, mes fausses notes, quand la médiocrité des détails, à tant se fondre dans le quotidien me fait parfois oublier la tragédie des choses sérieuses de nos vies.

Voir les commentaires

Sidi Bou Saïd... encore. © Giliberti / 2006

J'écoute Souad Massi et je pars dans un univers soyeux qui me rappelle combien nous vivons souvent à l'ombre de nos émotions, à ne presque jamais les interpeller comme si elles risquaient de nous dévoiler et nous compromettre.
De toutes les choses saisissables, l'émotion est souvent celle qui nous empêche, celle qui nous prive.
Je rêve pourtant de m'allonger à l'ombre de murs sable et d'épier la tendresse qui s'y glisserait.
Les clameurs de la mer seraient tout autant de douceur et gouverneraient mes gestes si souvent arrêtés aux sens.
J'incendierais quelques lampes sur la terrasse en fin d'après-midi, déposerais des fruits dans les coupes et respirerais le jasmin qui commencerait d'emprisonner mes rêves.
Il y a des soirs, comme ce soir, où m'oublier serait la délivrance la plus subtile, la plus neuve.
Elle briserait le masque que je porte depuis tant d'années et qui m'empêche de regarder
ma dissidence, comme un éxil dans le bonheur.
Oui, Souad Massi m'emporte une fois de plus dans un ailleurs qui est mien ; si proche d'être le nôtre.
Denya wezmen (C'est la vie) (album : mesk elil)

La maison © Giliberti / 2006

Voir les commentaires

Quelques photos de mon vernissage d'hier soir dans l'album.
C'était génial, chaleureux et très... oriental (avec même Oum Kalsoum en musique de fond.)
Il y avait des tagines, des dattes, des narguilés, des fleurs, des bougies et beaucoup de monde.


Voir les commentaires

Je vis des jours difficiles, comme une grâce qui m’échapperait.
De tout temps, j’ai côtoyé la noirceur de l’âme et la mélancolie subtile.
De tout temps, celle-ci ne m’a jamais effrayé.
De tout temps, elle m’a aidé à me construire en exaltant ce qui colle à ma peau : l’écriture, la peinture et bien sûr la musique.

De tout temps, enfin, j'ai pu d’un mot, d’un rire, la renvoyer ailleurs, la mettre en attente jusqu’à ma prochaine dépendance créatrice.



Aujourd’hui, ma mélancolie se rapproche d’une spiritualité que je ne pensais pas trouver chez moi. Tous les réflexes de rupture avec elle se sont effondrés depuis que le danger des choses de la vie rôde, me frôle et parfois même me bouscule.
Une petite voix contredit toutes les grandes vérités qu’il me plaisait à lancer en société et qui depuis peu menace mon orgueil…
Dans ces moments de grande fragilité, j’aime à me souvenir de mon enfance et des parfums qui m’enfermaient. Je pense aux gestes de ma mère, à ses gestes de grande affection… à ses mots bien simples grandis d’amour.
Je revois ce petit garçon pétri d’invention, de révolte et de grandeur qui aujourd’hui – devenu grand – rit bien de lui, de se savoir toujours petit alors qu’il s’attachait à croire le contraire.
L’enfance est une ombre attachée à vos chevilles ; elle me rappelle ces chiens perdus et têtus qui décident parfois de suivre vos pas, comme s’ils vous reconnaissaient une paternité, comme s’ils sentaient que vous étiez aussi paumé qu’eux. Il ne faudrait pas se retourner.
La rencontre avec leur regard risque la compromission…
Hélas ! j’ai parfois plus d’aisance à me retourner qu’à décider d’une avance héroïque.
C’est peut-être ça le masochisme… Masoch… Un nom qui me parle.

Voir les commentaires


Lorsqu'en 1973, dans la fumée et le brouhaha d'une boîte de nuit branchée à l'époque, tu t'es approché de moi pour me dire en souriant que j'avais l'air de m'ennuyer, ni toi ni moi savions à cet ultime instant, que nous venions de nous embarquer pour un voyage de trente-quatre ans de vie commune qui continue toujours; une vie à tant s'aimer, à tant rire, même quand elle ne nous fit pas de cadeaux.
Aujourd'hui, si la grande nuit froide devait définitivement bâillonner nos rires, éteindre nos yeux et séparer nos corps, l'écho de notre amour se ferait encore  entendre... toujours ; car de ses terres et de ses mers
que nous offre la Terre, de ses ocres et de ses marines, de ses pourpres et de ses nacres, les hommes ne retiennent jamais que ce qu'ils ne voient plus.

Photo © Giliberti / Jean-Charles 1974

Alors pour ceux-là, mon amour, nous serons là, à bercer de notre souffle les fleurs de cette terre fatiguée d'avoir tant donné. Oui, nous continuerons à nous extasier du vol des oiseaux, du bruit du vent dans les arbres, des coquelicots  et de la beauté des êtres simples.
Peut-être même, descendrons nous visiter notre jardin et qui sait, entre les bruyères et les ellébores, entre les bambous et les camélias, nous apercevrons deux personnes s'aimer d'un  amour aussi fort que le nôtre et s'appliquer à faire grandir ce que nous avons planté.
Nous pouvons à tout instant partir... hélas!
C'est le sens même de la vie, le sens de tous les voyages sur terre.
Mais demain, ici ou là-bas, tout sera encore et toujours aussi beau, toujours aussi bleu que tes yeux.

Photo © Giliberti / Jean Charles 1974

Tu as été la barque sûre,
Et j'ai glissé, confiance aux yeux.
Tant de naufrages pourtant,
Nous ont fait signe
À la trouée des nuits d'enfer,
Quand les éclairs griffaient le ciel...
Tant de batailles amères
À la virée des soirs d'alcool
Quand la raison quittait le pont.
Mais je t'aime.
Je t'aime du matin gris,
Aux nuits violettes,
Du soleil blanc
Aux neiges sales.
Je t'aime au centre des délices
Je t'aime à l'angle de la mort.

 in Bleus d'attente © Giliberti



Photo © Giliberti / Un peu de notre jardin en automne.


Voir les commentaires

Ce tableau a une histoire : il me fut volé par un petit escroc qui s’était proposé de m’exposer sur un stand à La Bastille dans le cadre du Grand marché d’art contemporain, c’était en 97.
Je vous passe les détails, et voilà… À la fin de cette manifestation, ce mec embarqua la plupart de mes grands formats dans un camion afin de me les ramener chez moi, mais lui et son véhicule se sont volatilisés dans la nature. Je lui avais fait confiance, car je trouve toujours touchant quelqu’un qui se bat pour l’art et son énergie avait de quoi séduire.
Je dois ajouter qu’étant exposé depuis 1981, j’avais rencontré pas mal de gens dans la profession qui m’avaient parlé de lui en termes rassurants.
Après cette escroquerie, j’ai eu un deuxième son de cloche, mais un peu tard.
Un de ces tableaux volés a été vendu à Drouot… Un comble !
Je l’ai su trop tard… Mais j’avais un faible pour celui-là pour sa beauté et pour son humour : « Mon Saint Sébastien ne risquait pas grand-chose devant de tels soldats… »


Voir les commentaires

Bohringer l'Africain.

Hier matin, à l’émission Le fou du roi, j’ai entendu Richard Bohringer parler, en compagnie de sa fille Romane, du film dont il est l’auteur et qui se passe en Afrique.
C’est beau une ville la nuit.
Et c’est beau un mec comme lui, en matinée ! ça fait un bien fou de l’entendre ! ça décrasse les oreilles. Il parle si bien de ce pays fascinant. Chacune de ses envolées surprend, car chacune, humble ou flamboyante, vient du cœur. Il n’a pas le souci de composer, ni de tomber dans un misérabilisme de salon dès qu’il s’agit de décrire la souffrance d’un peuple. Non, il veut juste faire partager sa sensibilité, son émotion, son amour pour cette terre d’Afrique qui lui a tant donné, jusqu’à l’envie d’en obtenir la nationalité.
Beau contraste, à l’heure de « l’immigration choisie », belle chaleur et clameurs nouvelles dans l’espace étroit de nos vies coutumières.
Oui, il y a des hommes, des baroudeurs magnifiques qui s’offrent à l’inverse des héros pâlots de contes de fées, des histoires où les princes et les princesses sont noirs, de la plus belle des couleurs, de la plus somptueuse qui s’oppose à celles, criardes, du racisme.


Richard Bohringer et sa fille Romane qui joue dans ce film sont un peu de soleil dans l’eau froide, une éclaboussure de printemps en plein nouvel hiver… l’image d’un père et d’une fille comme je les aime, comme j’aimais celle de Serges Gainsbourg et de Charlotte. L’image d’une complicité créative.



Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 > >>
Haut

Le blog de Michel Giliberti

Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

Hébergé par Overblog