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Le blog de Michel Giliberti

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Articles avec #mes modeles...



À la fin de la pose, quand le jour bat en retraite, que la nuit prépare sa victoire, tout se dénoue…
Les visages s’apaisent et les tensions retombent. Je capte alors un dernier regard, un dernier sourire, un dernier étirement…
Je capte l’abandon.

Demain reviendra, mais pour l’heure,
dans l'atelier qui s’éteint, c’est la simple détente.
L’alcool récompensera l’énergie et soufflera les mots qui refont le monde…
Et le monde, dans ces heures bleues, se reflète toujours dans le regard de mon modèle.


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2002… Un été tunisien comme les autres… Mais un été où je rencontre Moez.
Plus justement un été où Moez décide de me rencontrer… Aussitôt, il devient mon modèle.
Ces photos datent des deux premières heures de notre concordance.
Pour moi, elles témoignent d’une alchimie particulière.
Je n’aurais pu espérer plus belle complicité. Obtenir un tel naturel dès les premières prises est rare. Je sais trop que c’est au bout de la énième séance qu’un modèle se livre.
Avec Moez, il n’y eut pas de temps mort. iI dévoila sans fard son caractère un peu taciturne, sa tristesse aussi et sa volonté têtue de faire partie de ma vie.

Moez entrait dans mon univers photographique, pictural et devenait un ami essentiel…


Difficile de résister à son sérieux...


Difficile de résister à sa mélancolie...



Difficile de résister à sa distance…



Difficile de résister à sa photogénie
...


Et
difficile, encore aujourd'hui, de résister à son sourire...

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Élie, ses yeux verts… Élie, ses cheveux de Renaissance italienne.
C’est lui qui a inspiré mes dernières toiles sur « Les passages ». Lui, dont le franc sourire donne à croire que le bonheur existe et qu’il est facile de le rencontrer.
Voilà plus de deux ans que je me promettais de le peindre sans jamais y parvenir. C’est chose faite. Plus encore, il inspire de nouvelles toiles en chantier… ...


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Nous étions au bar, perchés sur les hauts tabourets d’une discothèque de Montmartre. La musique emplissait nos oreilles. Les halos fluorescents et laiteux de nos gins tonics flottaient dans la pénombre comme deux improbables ectoplasmes. Abrutis par les décibels ambiants, nous étions obligés de nous rapprocher l’un de l’autre pour nous entendre parler.
Nos joues se frôlaient, nous respirions chacun le souffle de l’autre, nous croisions nos sueurs et nos parfums.
J’étais tant penché vers toi que mes mains devaient prendre appui sur tes cuisses pour garder l’équilibre sur le tabouret et les tiennes s’agrippaient à mon jean.
L’alcool allumait nos yeux, nos sens, et rendait fragile notre posture de fortune.
Cette communion improvisée me troublait et comme toujours dans ces cas-là, je rêvais de rompre cette intimité. L’introversion n’est pas chose aisée et nécessite tous les subterfuges pour y mettre fin.
Cependant, incapable de trouver les mots qu’il aurait fallu prononcer dans ces moments-là, je t’écoutais patiemment me confier l’angoisse que tu éprouvais à devoir quitter ta région pour Paris et embrasser le métier de mannequin, d’autant qu’un récent chagrin d’amour abîmait encore ton assurance.
Je t’avais trouvé le studio d’un copain pour que ce séjour parisien ne te pose pas trop de problèmes et que tu puisses envisager en toute quiétude les séances de shooting programmées par des photographes professionnels. Tu étais encore fragile et habitué à nos seules séances de pose. Ça me torturait le cœur de te voir, ainsi lâché, dans Paris, simplement armé de tes vingt ans et de ta beauté.
À deux heures du matin, je te raccompagnai au studio, mais avant de repartir, tu voulus que je monte avec toi. Assis côte à côte sur le lit, nous prolongeâmes nos confidences encore longtemps. Moi qui t’avais vu sous toutes les coutures, et qui pour l’avoir tant photographiée, connaissais par cœur chaque centimètre de ta peau, je n’avais jamais ressenti l’immense attraction que j’éprouvais pour toi à ce moment-là, alors que seule ton âme était à nue.
Impossible de nous séparer.
Nos yeux restaient accrochés et c’est avec difficulté que je décidai enfin de m'en aller.
J’étais au supplice.
De retour dans la voiture mon blues était tel que des larmes me montèrent aux yeux. Les rues de Paris, désertes à cette heure-là, ajoutaient à mon vide intérieur. J’avais l’impression de rouler dans une ville qu’une terrible catastrophe aurait vidée de sa population.
Désormais tu appartiendrais à la création des autres.
Pygmalion restait seul.
Deux ans plus tard, alors que j’écrivais ce qui devait être mon deuxième roman, Derrière les portes bleues, je retranscris ces moments d’attraction dans la discothèque et je fis dire à l’un de mes personnages, les mots faussement insouciants que ce soir-là, je n’avais pas su trouver :
« Barre-toi p’tit chat… j’aime trop tes griffes. »
Quand je t’offris ce livre, je te conseillai de lire attentivement le paragraphe de la page 101. Plus tard, tu me dis dans un souffle et sans t’appesantir que tu l’avais lu avec attention.

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Dans mon objectif les mains du boxeur...
Ce n'est pas tous les jours qu'on assiste à la lente préparation d'avant un match.
C'est tout un rite, une étrange concentration avant la mise en place des gants de cuir...  Ses yeux fixent la bande qui s'enroule autour des paumes.  Il semble si loin de vous. Vous n'existez pas.
Seules ses mains comptent...
Il les panse comme si la blessure s'était
déjà installée. De cette isolation, de cet enfermement, naît la force du boxeur...

Un boxeur nommé Salim Kechiouche....

Et puis les gants

Rouges, puissants
    Des gants qui attendent le combat...
Son combat!


Et comme Salim Kechiouche est un ami et que j'ai eu la chance de le voir interpréter le rôle de Jihad dans ma pièce Le centième nom, je vous invite à le retrouver sur ARTE, ce soir, vendredi 19, dans Fortunes un téléfilm de Stéphane Meunier, dans lequel il tient le rôle principal.

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J
ournée particulièrement éprouvante aujourd'hui et ce, depuis deux heures du matin sans interruption. Pourtant, je ne me lamenterai pas, car c’est une histoire trop personnelle, trop douloureuse, et comme ce soir, je respire un peu et vais enfin pouvoir dormir, je préfère clore ce samedi noir avec quelques bleus d’un matin hors du temps à Sidi Bou Saïd.


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Hier, j'ai échangé quelques mails avec Laurent, un de mes modèles et amis... Subtils échanges, toujours retenus, toujours sensibles.
C’est un garçon que la vie n’a pas toujours ménagé. La beauté et l’intelligence ne suffisent pas et la chance, comme le hasard, a souvent son mot à dire.

Mais il est prêt, me disait-il, à briller enfin…

« Je crois qu’il est temps pour moi, de briller ! », ce sont ses propres termes.

Je te le souhaite Laurent, je te le souhaite de toutes mes forces.
La chance devrait te sourire et ton charme jouer comme il joua voici quelques années, alors qu'au milieu des invités d'un vernissage, je te regardais considérer mes toiles avec gravité et que déjà, j'imaginais les tableaux que je ferais de toi.
Depuis ton visage se trouve dans bien des collections, tant en Europe, aux USA, ou au Japon… N’est-ce pas la preuve de ta séduction ?

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P
uisqu’il me faut faire une petite pause bénéfique à Bordeaux et assister avec bonheur à la dernière du « Centième nom » au théâtre de La Lucarne, voici une pose esthétique… celle de Laurent, recouvert d’argile. Il travaillait pour moi ce matin là et j'en garde le meilleur des souvenirs.


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Elie-au-soleil-66.jpg
Le soleil caressait le jardin, ce matin-là… Le parfum des chèvrefeuilles et des orangers du Mexique semblait venir de toute part. J'étais là, dehors, Élie, au fond du salon. Par la fenêtre ouverte, je le vis s’avancer lentement tandis qu’il fumait en silence. Il souriait. Je saisis cet instant.
Elie-au-soleil-33.jpg

Il s’accouda au rebord de la fenêtre, un peu ébloui par la lumière intense de cette fin de matinée.
« Ne bougez plus… je vais faire encore quelques photos de vous, comme ça dans le soleil. »
Je vouvoie Élie. Je ne sais pas faire autrement. Pas de distance entre nous, pour autant, juste une impossibilité de faire concorder nos mots à nos gestes ou à nos regards.

Elie-au-soleil.jpg
Ses yeux qu’il ferma assez vite sous le soleil sont de ceux, les plus troublants, que je connaisse. Deux tâches d’eau transparentes, d’un vert unique, d’un vert qui ouvre des trouées palpitantes de lumière comme les fougères, éclairent par endroits l’ombre dense des forêts.
Elie-au-soleil-7.jpg
Et puis, à son poignet de jeune homme, un bracelet d'enfant ; un bracelet de perles minuscules et de couleurs vives, un bracelet comme j'en faisais lorsque j'étais petit... et en parlant de "petit", je réalise que, posés sur le rebord de la fenêtre, traînent quelques morceaux de carrelage de la maison d'enfance en Tunisie, récupérés sur place, et qui, tranquilles, dorment là, vestiges du passé...

Elie-au-soleil-88.jpg
 Il y a un an, j'avais déjà fait un petit tableau d’Élie, ; je ne sais toujours pas pourquoi je n'en ai fait qu'un seul…
C’est comme pour le vouvoiement…
Autant de questions stupides que ses beaux yeux tristes me posent en silence.

Je crois que je le peindrai bientôt. Tous les tableaux qui ont mis longtemps à prendre racine dans ma tête sont souvent les plus réussis.
Mon innocence et ma maladresse pervertissent souvent mes rapports les plus simples avec ceux qui comptent et je deviens étranger en terre mienne... dissident inutile.

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L-amant.jpg« L’amant »…
Un homme étrangle la femme qu’il aime...
Petit dérèglement passager de ma fébrile inspiration de cette année 1992.
J’ai un faible pour ce portrait de Franck qui posait là avec sa sœur.
J’aime énormément son visage quelque peu "Bonaparte sur le pont d’Arcole".
Cette période de sa vie où il était particulièrement beau correspondait à ce que j’attends d’un visage : mystère, profondeur, détachement... fierté.
Dans ces années-là, j’avais des semelles de plomb et Franck parvenait à rendre ma marche plus légère.
La maison était en travaux ; il venait souvent me rendre visite. C’était un va-et-vient assez régulier qui me permettait d'oublier
que ce n'était pas évident, pour le citadin que j'étais, de rencontrer la campagne pour la première fois. Ses passages me rassuraient, même si parfois ils me distrayaient de mon travail.
« L’amant »…
Franck étrangle une femme.
Lui qui aimait déraisonner et entrer dans des conversations surréalistes à propos de la vie et de la mort, je pense qu'il avait dû être sensible à ce tableau. Je dis « avait dû », car j'ignore ce qu’il en a pensé.
S'il manifesta une vraie joie pour les deux ou trois premiers tableaux qu'il m'avait inspirés,
Franck resta toujours assez discret sur ses impressions à propos de la longue série de toiles que je fis de lui.

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