Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le blog de Michel Giliberti



Encore quelques mots de ma prochaine expo du 23 Novembre qui va très vite arriver maintenant. Plus qu'une semaine.
Pour vous en parler, voici une toile de Salim Kechiouche, où
une fois encore, mes thèmes favoris, le verre, le sang, l'oiseau et la nuit sont évoqués... Ce sont mes blessures personnelles, mes cris visuels.
Salim kechiouche:Photo © Giliberti / 2006

Voir les commentaires

Published by Michel Giliberti - - Mon actualité


Petits potins © Giliberti / 2006

Il y a quelques jours, je suis allé acheter des chocolats chez un pâtissier de ma région.
À la patronne, dont le chignon austère affichait tout le respect supposé qui lui était dû, j'en ai demandé deux cent cinquante grammes.
Comme il se doit, elle prit un air très important et commença la pesée.
Au bout de quelques instants, elle me dit : « Il y en a deux cent quatre-vingt-cinq grammes? j'arrondis à trois cents, peut-être ? »
Le « peut-être » avait beau être là, il n'en restait pas moins qu'elle attendait un « oui ».
Sa tête hautaine me donna très vite envie de refuser, mais connaissant la bravoure de cette « chère » pâtissière catholique et accablée par les « frais  d'entretien » de ses trois immeubles locatifs, j'acquiesçais, juste pour ne pas paraître radin.


Petits potins (détail) © Giliberti / 2006

Et voilà le chignon ostentatoire qui repartit de plus belle dans sa pesée.
Mais à nouveau, la balance facétieuse indiqua un surplus. D'une main molle et sans charme, mais croulant sous l'or et les pierreries de trois bagues vulgaires qui congestionnaient ses doigts, elle ajusta son chemisier et d'un air faussement gêné elle me dit, espiègle : «  325 grammes ! J'arrondis à 350, peut-être ? »
À ce moment, j'ai senti que cette affaire allait prendre un de ces chemins pervers que j'adore.
J'offris donc à la pâtissière mon plus beau sourire (celui qui me rend niais comme sur la photo de ma communion) et je lui répondis : « Bien sûr, je vous en prie ».
Persuadée qu'elle tenait là le parfait pigeon, elle repartit dans sa pesée royale et comme je le pressentais, elle m'annonça avec un air tout à fait enjoué cette fois-ci, qu'il y avait désormais 380 grammes et que peut-être elle pourrait aller jusqu'à 400 grammes. « Ils sont si bons ! » Conclut-elle dans un sourire pontifical.


Petits potins (détail) © Giliberti / 2006

Le mien de sourire se fit un peu plus niais encore et j'acquiesçai d'un timide signe du menton en ajoutant toutefois que je ne voulais pas aller plus loin.
Elle eut un petit rictus affecté, fit trembler ses bajoues tendues de cholestérol, mais elle comprenait. Mieux ! Elle compatissait.
Et voilà, j'avais 400 grammes au lieu des 250 prévus.
Je prends un malin plaisir à aller ainsi au fond des choses et constater jusqu'où s'étend parfois la médiocrité commerçante.
« Vous me ferez un très joli paquet-cadeau », ajoutai-je.
Un peu contrariée par ma demande, elle s'y plia quand même et partit dans la confection d'un emballage sophistiqué.
Bien appliquée et pointant le bout de sa langue comme le font les pékinois trop typés, elle coupa, plia, scotcha, enrubanna, boucla, colla l'étiquette du magasin et enfin me plaça l'objet de toutes les tentations devant mes yeux en m'annonçant, mielleuse : « voilà Monsieur, ça fera 45 euros... Et avec ceci ? »
Alors, avec un sourire aussi diabolique que le sien était pieux, je lui susurrai :  « Avec ceci... Vous offrirez ce paquet à qui vous voulez. Pour moi, il est un peu lourd à mon goût. »
Parfaitement satisfait, je suis sorti de la pâtisserie.
Dans mon dos, j'imaginais le chignon dépité de la peseuse de chocolats.


Petits potins (détail) © Giliberti / 2006


Voir les commentaires

Published by Michel Giliberti - - Humour et société

Le Ministère tunisien de la culture a fait l'acquisition de cette toile pour le futur  Musée d'Art Moderne de Tunis.
Inutile de vous décrire mon bonheur...


La peau tendue de l'instrument
Souffrait d'être battue par ses doigts fins
Ma peau tendue à contretemps
Souffrait de solitude entre les miens.

 Giliberti © 2006

Voir les commentaires

Published by Michel Giliberti - - Peinture et Poésie

Ce tableau a une histoire : il me fut volé par un petit escroc qui s’était proposé de m’exposer sur un stand à La Bastille dans le cadre du Grand marché d’art contemporain, c’était en 97.
Je vous passe les détails, et voilà… À la fin de cette manifestation, ce mec embarqua la plupart de mes grands formats dans un camion afin de me les ramener chez moi, mais lui et son véhicule se sont volatilisés dans la nature. Je lui avais fait confiance, car je trouve toujours touchant quelqu’un qui se bat pour l’art et son énergie avait de quoi séduire.
Je dois ajouter qu’étant exposé depuis 1981, j’avais rencontré pas mal de gens dans la profession qui m’avaient parlé de lui en termes rassurants.
Après cette escroquerie, j’ai eu un deuxième son de cloche, mais un peu tard.
Un de ces tableaux volés a été vendu à Drouot… Un comble !
Je l’ai su trop tard… Mais j’avais un faible pour celui-là pour sa beauté et pour son humour : « Mon Saint Sébastien ne risquait pas grand-chose devant de tels soldats… »


Voir les commentaires

Published by Michel Giliberti - - Michel Giliberti

Seize heures à Tunis
La médina somnolait sous juillet
Mehdi fumait en silence,
Moi je méditais...
Mehdi me dit "j'aimerais connaître Paris !"
Je lui dis "j'aimerais connaître Mehdi !"
Un marchand de pétales de rose passa...
Rose de Damas,
Paris d'ailleurs
Tunis de ces heures.

In bleus d'attente © Giliberti

Voir les commentaires

Published by Michel Giliberti--- - - Peinture et Poésie

Tu n’as rien vu de mes ailleurs
Tu n’as rien cru de mes là-bas.
Tes noires errances, ta cécité,
Ont eu raison de mes patiences.
J’ai frappé,
Hurlé, au calme de l’eau
J’ai maudit,
Supplié dans la poussière
Mais rien…
Tu refusais mes vastes routes,
Je reculais dans tes sentiers.
De nos voyages impossibles,
J’ai dû tirer un trait marine
Et dire adieu à l’ocre ennuie.

In "Bleus d'attente" © Giliberti / 2006

Voir les commentaires

Published by Michel Giliberti - - Peinture et Poésie

    Moi qui sors si peu, j’ai été obligé ces jours-ci de faire pas mal d’aller-retour professionnels et ainsi hier à midi, avec mon ami, je mangeais dans la cafétéria d’une aire d’autoroute.
Nous étions tout à notre conversation entrecoupée de fous rires, quand un couple et sa petite fille se sont attablés pas très loin de nous.
La petite fille avait de grands yeux d’un bleu limpide et semblait s’étonner de tout ; la cafétéria bondée aiguisait sa curiosité et elle posait des questions à ses parents sur tout ce qu’elle découvrait.
Hélas ! ses géniteurs, noyés dans une lassitude bien installée, ne lui répondaient pas. Visiblement agacés par chacune de ses questions, ils se contentaient de froncer les sourcils ou lui ordonnaient de manger et se taire.
Au cours du repas, la petite fille s’obstina longtemps à communiquer avec eux, puis doucement, s’apercevant que rien ne parvenait à les distraire de leur apathie et de leur indifférence, elle sortit d’un petit sac à dos une poupée Barbie un peu défraîchie et commença à lui raconter plein de choses comme à une vraie confidente.
Les grands yeux bleus de la gamine étaient cependant un peu moins vifs qu’à son arrivée, quand tout l’enchantait.
Parents Barbants… Poupée Barbie !

Quelle misère !

Voir les commentaires

Published by Michel Giliberti - - Quelle misère !


Voici "Les trois béliers" un nouveau tableau avec Emmanuel, mon modèle depuis 1994.
Et ci-dessous "Les cordes rouges" une oeuvre plus ancienne, toujours avec Emmanuel.
Avec Franck et Moez (deux autres de mes modèles habituels), il est l’ami fidèle, le passeur de mes idées, celui qui me donne la certitude que le voyage se fera.
C’est important pour moi de travailler avec les mêmes personnes.
Ainsi il en va d'Hamid, mon galeriste depuis tant d'années.

Cette famille-là me rassure.
Elle crée la dimension de l’attachement et n’empêche pas les escapades… qui resserrent toujours davantage les liens.



 

Voir les commentaires

Published by Michel Giliberti - - Peinture et Poésie

Les grandes surfaces sont la source de bien des anecdotes qui me passionnent.
Ce matin, par exemple, au rayon fromage, il n’y avait personne. J’ai attendu un peu, enfin une vendeuse se présenta. Curieusement, elle ne se tracassa pas du tout de ma présence ni même de ce que je pouvais désirer… Elle se contentait d’empiler avec minutie des sacs plastique.
Au bout de quelques instants, fatigué par cette rigoureuse obstination et son indifférence, je la questionnai : « Pourriez-vous me servir, s’il vous plait ? »
Elle ouvrit enfin ses yeux sur moi et me découvrit ! Alors, avec un sourire innocent, elle me répondit : « Je peux pas vous servir, je suis pas « fromage », je suis « poisson », je suis là que pour chercher des sacs plastique, j’en manque. »
Et voilà... cette jeune fille qui doit s’appeler Patricia, ou Solange, voir encore Vanessa ne s’est présentée que sous le bel appellatif que sa fonction abrutissante lui a inspiré… Poisson !
J’espère qu’une fois chez elle, elle parvient à oublier ce doux prénom imagé et qu’elle ne se considère pas comme la Morue de son mari… À moins qu’il travaille au rayon Surgelés et là, tout rentre dans l’ordre…

Quelle misère !!!


Et pour oublier le rayon "poissons"... Le port de Bizerte.
Photo © Michel Giliberti - 2006

Voir les commentaires

Published by Michel Giliberti - - Quelle misère !

Alors que je roulais tranquillement sur la route sinueuse qui mène à la ville, je vois inscrit au fronton d’une boîte de nuit hétéro bien connue dans ma région qu’il y avait désormais un espace « gay et gay friendly ».
Sur le coup, je me suis dit « Génial ! les mentalités changent en province », mais deux tournants plus loin, j’ai pensé que le mot espace faisait assez « réserve ».
Entre les espaces « fumeurs », les espaces « non-fumeurs », les bandes de séparations dans les banques entre clients aux guichets et clients qui attendent…
Tout est vraiment fait pour nous donner l’envie de vivre ensemble !
À quand un espace « noirs », un espace « maghrébins », un espace « chômeurs », un espace « salariés », un espace « obèses », un espace « anorexiques », un espace « malades », un espace « en bonne santé » ?
J’espère que ce jour-là, on aura la bonne idée de créer aussi un gigantesque espace « gros cons » parce que formatés comme nous le serons, il y aura foule !

Quelle misère !

Voir les commentaires

Published by Michel Giliberti - - Quelle misère !

Le blog de Michel Giliberti

Mon travail d'artiste peintre, d'auteur et de photographe...

Hébergé par Overblog