Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le blog de Michel Giliberti



Au-delà du chaos ambiant et des remous actuels de la société, j'ai envie d'imaginer une oralité des choses et des gens où chaque mot élargirait mon horizon, ou chaque phrase scellerait mon rêve à la réalité.
J'ai encore beaucoup d'espoirs, beaucoup d'attentes.
J'ai encore beaucoup à voler, beaucoup à rendre.
J'ai encore, à l'encontre de mes idées rationnelles, des prophéties qui illuminent mes matins.
Et dans ces moments là, mes ruptures d'avec l'ordinaire me fascinent.
Me battre avec l'inconnu, mesurer ma structure mentale pour mieux l'utiliser et vandaliser le sort qu'il m'appartient de déjouer, me donne des ailes.
Oui, dans ces moments difficiles, j'ai toujours su puiser assez d'imaginaire pour retrouver l'énergie qui tente de m'échapper ; j'ai toujours su renouer avec les forces vives que la vie voudrait détruire.
Mais rien ne captera mon courage, rien ne l'empêchera de vaincre.
Je t'ai écris un jour...

" Je t'aime au centre des délices
  Je t'aime à l'angle de la mort ".



Voir les commentaires



Mes sœurs masquées de blanc
Gardaient aux yeux, le sang caché des femmes…
Le sang épais des maux.
Aux lèvres rouges de mes dix ans
Les maudits mots de mes non-dits.

© Giliberti / 2007


Je suis l’eau
Comme tu es la terre
Et nous enfantons des jardins bleus d’attente.

© Giliberti / 2007


Nos mères ont su nous allonger
Sur des bleus incendiés,
Mais le repos… debout… c’est quand ?

© Giliberti / 2007


A tant rêver dans ce pays
A tant y courir,
Mes ailleurs s’y sont perdus.

 
© Giliberti / 2007

Voir les commentaires

Quelques dessins de Moez sur la terrasse, à Sidi Bou Saïd, et à la campagne, à Béja. Quelques heures échangées entre "prendre" et "donner".


À se perdre hors de lui
L’homme vaste fait bien peu
Et le temps qu’il rejette
N’est jamais qu’à deux pas.

© Giliberti / 2007


Tu parcours sur ma peau
Des chemins interdits
Qui se cachent comme moi
Et ne mènent nulle part.

© Giliberti / 2007


Me nourrir de ta peau
Ou mourir de ta main
Est-ce si condamnable ?
Me sceller à tes pieds
Sans attendre ton ordre
Est-ce si détestable ?
Tant de trop dans ton ciel
Tant de peu dans le mien
C'est toujours négociable.
  © Giliberti / 2007

Moez © Giliberti / 2007


Voir les commentaires


C’est aujourd’hui la journée de la femme, et dans cette  société des quotas et des formules, je veux simplement embrasser celle qui se souvient de moi chaque instant de sa vie et que j’aime chaque jour… ma mère qui aura 91 ans en mai.


Maman, aujourd'hui © Giliberti / 2007

La chaux brûle les morts,

Et consume leurs rires.
De sa poudre incendiaire
Elle blanchit l’âme noire
Dès l’ultime départ.
Une vague se retire
Là-bas où tout se meurt.
*
Là-bas au rien ne meurt,
Une mère qui respire
Comme un négoce d’ambre
Autour de l’A D N,
Me parle encore et plus
De son amour égal
De son fardeau entier.
*
Ici, ou tout me happe
Depuis mes nuits de craintes
Jusqu’à mes jours de doute
Cette mer de mots d’amour
Cette mère des maux d’amour
Me réconforte quand l’heure
De ma vieillesse arrive.

In Voyage secret Tunisie © éditions Bonobo/2004

Maman, dans un fantasme oriental...


Voir les commentaires


Tout près des ruines de Carthage, celles que l'on connaît et qu'on visite, il y en a d'autres, éparpillées en lisière de la colline de Byrsa, dans le périmètre où la reine Didon régnait autrefois. Je m'y promène souvent et, cet après-midi là, alors que j'étais avec Raouf, nous nous étions arrêtés devant un portique étroit et élancé, donnant sur le vestibule d'un monument ...


... Il faisait très chaud et à quelques pas de là, parmi les blocs de pierre, vestiges muets de cette époque glorieuse de Carthage, les oliviers et les résineux étaient si immobiles dans l'air brûlant et jaune, qu'ils en devenaient irréels... Raouf s'en alla chercher un peu de fraîcheur et d'ombre à l'intérieur du bâtiment.


... Avant qu'il ne revienne vers moi qui étais demeuré en plein soleil, je lui demandai de rester un moment au centre de cet antre de marbre...


... Le temps de quelques photos, avant de continuer la promenade.


Voir les commentaires

Dans les années 80, je peignais souvent des femmes, des bestiaires et quelques bizarreries fantastiques associant le tout.
Aujourd’hui je me suis assez éloigné de cet univers, mais je ne résiste pas au plaisir de ressortir des tiroirs quelques
photos de ces toiles disséminées un peu partout en France comme à l’étranger...


... À cette époque, je sortais de plusieurs années d'une totale immersion dans le milieu de la chanson qui m’avaient amené à faire trois albums chez CBS dont j'étais si peu satisfait que j'avais réussi à rompre le contrat de sept ans qui me liait à cette maison de disques et d'en ressortir fragilisé, mais libéré ; je m'étais promis de ne plus me frotter à la musique et de me replonger dans la peinture que je n'avais jamais cessé de porter en moi depuis l'enfance...


...  Plus un accord de guitare. J’ai tenu bon pendant dix ans. Seule, l'écriture demeurait associée à la peinture ; elle aussi me permettait de prolonger mes fantasmes d'enfance où écrire prenait tout mon temps...


... Et puis doucement tout est revenu. Maintenant j’ai fait à nouveau la paix avec mes amours musicales ; je compose et écris des chansons, mais pour mon simple plaisir...






...Entre 1985, j'ai quitté Paris pour la campagne normande. C'est un autre monde, une autre vie, mais ce n'est jamais qu'à 120 km de la capitale et je prends régulièrement mon indispensable dose de pollution ...



... Ma peinture qui depuis quelques années avait commencé à être remarquée dans les salons commença aussi à très bien se vendre. Dès lors, j'ai eu la chance d'être exposé un peu partout à l'étranger et surtout à Paris...


 ... Enfin à la fin des années 90, j'ai eu la joie immense d'être publié... là, ce fut le nirvana absolu...

© Giliberti / dessin mine de plomb et rehauts de blanc.

... Et pour conclure, ne perdons pas les bonnes habitudes... Un p'tit mec.

Voir les commentaires

Hier matin, la mort dans l'âme, je suis allé faire quelques courses au centre Leclerc, la grande surface la plus proche de chez moi, la seule ouverte un dimanche matin.
À mon habitude, j’ai rempli le plus rapidement possible mon caddy pour me sauver aussitôt, mais juste avant de terminer mes achats, j’ai vu au rayon vaisselle des assiettes blanches, ovales et assez grandes. J’ai trouvé leur forme intéressante et je me suis même étonné de leur originalité pour un article tout venant. Ni une ni deux, j’en ai pris quatre sans réellement en avoir besoin et j'ai bouclé mes courses. Bien vite, je me suis présenté aux caisses pour déclarer ma marchandise surtaxée…
Après une longue attente, j’ai pu enfin déposer mes objets sur le tapis roulant.
La caissière commença à
les faire passer d’un air blasé (on la comprend) quand, stupeur!... ses yeux se posèrent sur mes assiettes blanches, hosties déformées pour la rédemption de mes péchés matérialistes. Elle arrêta tout net son travail et l'air grave, se mit à les soupeser, les considérer sous toutes leurs coutures, puis elle me dit :
« Elles doivent être bien pratiques ces assiettes, avec cette forme… ça les fait grandes. »
Distrait et surtout pressé d’en finir car j’avais une foule de choses à faire dans la journée, j’acquiesçai d'un borborygme, mais à ce moment intense de l'échange, elle me regarda, le front soucieux, voir buté, et poursuivit.
« Oui... ça s’rait drôlement pratique chez moi, avec mon mari qui déborde !
Là, j’ai quand même soulevé un sourcil en signe de non-compréhension ; dans ma tête, se dessinait brusquement un homme un peu épais et extensible, mais c’était quand même flou.
« Pardon ? » demandais-je poliment.
D’un air quelque peu excédé devant mon manque d’ouverture, ma caissière reprit son travail en lâchant :
«  Ben oui, mon mari déborde toujours quand il mange. Y’en a partout! Après j'ramasse. »
Et voilà. Ce mari qui mange sans précautions, autant dire salement, est donc un mari qui déborde.
La semaine dernière cette même caissière confiait à sa collègue qui venait la remplacer.
« Dimanche j’ai traversé la route avec Jean et je m’ai foulé l’pied à cause qu’une voiture m'a pas vue. Il a dû m’ram’ner aux urgences d’Évreux. Y’avait un monde… j’te dis pas ! Rien qu’des éclopés. Comme ici !
L’éclopé dont je fais partie paya, puis sortit du centre le clair avec enfin une petite envie de rire, même si c’était méchant de ma part dans le fond, mais ça faisait longtemps que je ne riais pas.


Voir les commentaires




J’aime beaucoup voir les gens accoudés aux fenêtres, c’est un thème que j’ai souvent exploité, tant en peintures qu’en photos . Il y a là, l’idée de se trouver à la fois dedans et dehors, de connaître un peu et pas du tout celui ou celle qui vous regarde, eux-mêmes voyeurs de qui passe dans la rue.
C’est un vol partagé.
Farouk a posé sur ce tableau et sur son visage plane l’ombre de barreaux symbolisant la prison, tout au moins « sa prison », comme chacun d’entre nous porte la sienne.

Elle n’est pas vraiment visible et pourtant elle est présente avec ses déclinaisons en croix... autres prisons que les religions.



De blessures en sutures
Il n’y a qu’un fil
De possibles en jamais
Il n’y a qu’un mot
Mais de toi jusqu’à moi
Il y a toute une vie

© Giliberti / 2007


Voir les commentaires

Quand on connaît Sarkozy, son machiavélisme et le gouvernement auquel il appartient, on est en droit de se demander si la consigne imposée aux maires de ne pas donner leurs signatures à Le Pen n’a pas comme simple but de récupérer, dès le premier tour, les voix des électeurs du FN (13 % environ)… moyennant quelques arrangements entre la droite fasciste et la droite libérale, ce qui ferait de Le Pen un martyr et de la droite « traditionnelle » un grand mouvement de rassemblement « populaire » ! et pourquoi pas dans le pire des cas, pour les démocrates, de Sarkosy l'élu au premier tour !
Quant à Bayrou que la simplicité bon enfant rend plutôt sympathique jusqu’à présent, il a brusquement tendance, aux vues des derniers sondages, à pérorer quelque peu et à avoir un discours de donneur de leçons. Bâtir, comme il le fait, une campagne en ne promettant rien, c’est un peu préoccupant pour le changement ! Il ne faut pas oublier qu’il se présente comme le candidat du renouveau alors que nous avons déjà eu Giscard qui, si je ne me trompe, était bien à l’UDF, non ?

De tout façon, c'est le week-end, on va quand même pas se prendre la tête avec Sarko et Bayrou... Allez, hop, en Tunisie, au bord des Ports Puniques, avec les enfants et le soleil! C'est mon émigration choisie.

© giliberti / 2007
© Giliberti / 2007
© Giliberti / 2007

Voir les commentaires

Ces jours-ci, une amie m'a rappelé l'extrait d'un de mes romans "Bou Kornine". Je profite lâchement de cet éclairage sur un texte de 2004 pour rebondir sur ce sujet qui m'est cher et, comme je suis toujours dans le même état d'esprit que celui de ces derniers jours, (proche de d'encéphalogramme plat), publier ce texte me convient tout à fait. Je me revois en train de l'écrire...Il faisait chaud, j'étais enfermé dans la lumière tamisée de la maison de Sidi Bou Saïd et, alors que les premiers mots s'inscrivaient sur l'écran de mon portable, la voix du Muezin de la petite mosquée d'à côté s'est mise à emplir en arrière fond l'espace de la pièce.
Je ne pouvais trouver mieux comme "musique" inspirante...


Voici ce passage de Bou Kornine...

(...) J’en arrive à me demander, si cet amour de l’Orient qui oscille entre passion et retenue n’est pas pour l’athée que je suis, la dimension du sacré recréé ou celle, plus poétique, de mon voyage sur terre. Une continuité mythique des épopées de l’enfance, où grandir n’offre pas une vision unique. Une éthique et une altération qui accompagneraient mon goût des mots et des maux… Un spectre ouvert sur l’imposture de vivre debout, quand tout me pousse à me courber.
Et puis, sur cette terre où la possession prive le monde de tout, aimer ce qui ne vous appartient pas prodigue quelque chose d’ineffable.(...)






Première esquisse avec Moez.


Voir les commentaires

Le blog de Michel Giliberti

Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

Hébergé par Overblog