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Le blog de Michel Giliberti


Jean-Pierre, un de mes amis m’a téléphoné hier dans l’après-midi. Nous avons parlé de choses et d’autres, de projets littéraires, de théâtre, puis de la Tunisie qu'il aime tout autant que je l'aime. Il se trouve que le matin même, j'avais reçu un coup de fil de Moez( mon modèle tunisien)qui était parvenu à me faire rire avec Sarkozy : « Je suis très content que Sarkozy, c’est le président de la France ! m’avait-il annoncé, maintenant je suis sûr que tu vas t’installer en Tunisie, in ch’Allah ! » Si tout était aussi simple que ça…
Ce matin, je n’avais aucun sujet pour le blog, tout au plus j’envisageais de parler de mon jardin et des jardins en général pour faire un clin d’oeil à Marie-France, une grande amie, qui doit écrire un texte sur les jardins, et qui, du coup, m’avait donné envie d'en faire autant, mais hier, entre Jean-Pierre et Moez, la Tunisie, m’a rattrapé...


... Alors, sans m’étaler davantage, sans reparler des sempiternels refrains qu’évoque mon pays, voici deux photos de Moez ; Moez, habillé une fois encore en homme du désert, lui, toujours en jean et en casquette. Oui, juste un peu de ce bleu qui incendiait son visage, ce jour-là…


... Et puis la porte de l’ancienne maison dont je n’ai plus la jouissance depuis cette année, la maison de Sidi Bou Saïd où j’ai vécu tant de belles choses pendant quatre ans, tant de moments aussi sucrés que les pâtisseries du pays, tant de douces soirées ; où, assis sur les marches de l’entrée, à respirer le jasmin de la petite cour, j’ai tant discuté, ri, joué avec tous les amis du quartier, la petite maison où j’ai écrit Bou Kornine et dans laquelle, quand sa porte s’est refermée pour la dernière fois, mon coeur est resté à l'intérieur...


... Sur le rebord de la baignoire, j'ai laissé quelques-unes de mes perles de verre... quelques gouttes bleues sur la faïence, comme les traces de blessures sans importance... bleues, comme mes bleus à l’âme, bleues comme les portes de Sidi Bou Saïd.

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Je suis seul, ce soir. La nuit se pose doucement. Chaque chose perd de ses couleurs pour se fondre dans un gris bienfaisant. Bientôt, j'enflammerai quelques abats-jours.
Je sens une langueur dans chacun de mes gestes, une langueur de l'esprit aussi. Comme souvent, quand rien ne sort de moi, sinon la peur d'un avenir chancelant très vite étouffé, je me réfugie dans mes peintures qui me portent depuis l'enfance.
Je regarde ce que j'ai fait.
J'imagine ce que je ferai... quatre toiles violentes et sanguinaires, cruelles et bouleversantes, quatre toiles guerrières !
Je cherche le modèle, celui qui devra convenir à cette inspiration dont toute la dramaturgie est  inscrite dans ma tête depuis quelques semaines déjà.



Aujourd'hui, j'ai besoin de dormir
À deux pas du silence,
Dans l'errance.
Aujourd'hui, j'ai envie de mendier
À deux souffles d'un exil,
 Sous tes cils.
Aujourd'hui, j'ai l'urgence de t'avoir
À deux signes de mes gestes
De mes restes.
Aujourd'hui, je veux être confiant
À deux notes de mes craintes,
 De tes feintes.

© Giliberti / 2007

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    Voici le début de mon premier roman "Neiges d'octobre" publié aux éditions H&O en 1999 (épuisé) et plus tard édité dans son intégralité aux éditions Cylibris en 2000.

    Le bruit mat de sa nuque contre le mur ne m’a pas surpris sur l’instant, je crois même qu’il m’a soulagé. Mais là, dans le silence inhabituel, je l’entends pulser et marteler mon crâne avec la fidélité imbécile d’une boîte à rythmes.
    Je retrouve la stupeur de mes seize ans quand, dans un moment de panique, après l’avoir jetée à terre, je demeurai hébété devant une souris morte à mes pieds.
    Pareil… Même choc ! Assourdissant et silencieux… Même paix artificielle après.
    J’ai aussitôt avalé ma salive et n’ai plus bougé. Au moindre geste, la réalité aurait pu reprendre ses droits.
Délivré et perdu à la fois.
    Alors, je suis resté déconnecté, à rechercher quelque chose d’indéfinissable… Peut-être la solution ou la marche arrière. L’espoir de vivre un cauchemar.
Le plaisir du soulagement a été trop bref, et l’horreur venait de commencer.
Son immobilité m’a déconcerté. Rien, en dehors de cette constatation, ne concluait à la mort. Sa peau était toujours dorée, ses yeux vifs et sa bouche brillante d’une salive intacte.
    J’ai attendu, attendu.
    Des heures.
    Oui, des heures, puisque le soleil n’inonde plus la pièce. Ce n’est pas spectaculaire, mais déjà ses lèvres se ternissent et n’arrivent plus à garder cette moue hautaine qui lui donnait l’air de toujours se foutre de la gueule du monde. Une sorte de rictus la remplace. Et puis ses yeux ne regardent vraiment plus rien, une de ses paupières tente même de s’abaisser en un sinistre clin d’œil qui me glace le sang.
    J’amorce un mouvement qui fait s’échapper de ma gorge un cri de douleur. Ma trop longue immobilité à genoux près de lui a eu raison de mes articulations.
    L’angle de vue ainsi modifié, je crois une nouvelle fois qu’il n’est pas mort. Je m’approche. Ma main, après une hésitation, se pose sur son visage.
Presque froid ! Déjà ! Merde !
    C’est terrible. Ce matin, en se levant, il ignorait que pour la dernière fois il actionnait les lamelles des stores avant de boire son dernier café.
Comment se fait-il que nous ne sentions pas venir cet ultime instant de rupture… Faut-il être fou pour accréditer nos capacités à pressentir les évènements… Rien !… Rien sur sa face de bellâtre ne reflétait une quelconque inquiétude, une quelconque angoisse du devenir. Il s’était admiré longuement dans le miroir de la salle de bains tandis que je cherchais un pansement pour une stupide coupure au doigt. /...


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J’irai, sans un doute
Sur ce chemin bleu
Qui saigne tes poignets
Et remonte le creux de tes bras.
J’irai, sans un doute
Sur ce chemin bleu
Parce que les «sangs doutes»
Rendent la promenade risquée.
Mais ne balise rien
Tomber… Je sais.

© Giliberti / 2007


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Comme les enfants se réfugient dans les bras de leur mère, quand tout va mal, aujourd'hui que je trébuche, je me réfugie auprès des choses simples qui savent me rassurer... un thé à la menthe, quelques croquis volés sur un trottoir à Tozeur et qui me rappellent combien à cet instant, la vie était douce, à simplement la regarder, simplement la respirer et ne rien présager de cette sarkozienne épopée à l'image de celle d'un Bush... une épopée qui saura bien faire de nos banlieues, son Irak...


À l’ombre des murs sable
À l’abri du degré,
Quand le jet du thé
Chute sans fin,
Je me dis,
Je suis d’ici,
 Je suis d’ici.

© Giliberti in Bleus d'attente / 2001



Le front n’était pas lisse
Ni lisse la joue.
Mais ses lèvres sèches
Ses lèvres de désert
Avaient pourtant le goût
Le goût si rare de l’eau
 Le goût du peu de temps,
De l’attente, déjà,
 De ma conscience bafouée
 Et du désordre magnifique.

© Giliberti / 2007




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Quand je n'ai pas le coeur à écrire, je pioche dans mes romans... Voici donc un extrait de Bou Kornine, roman authobiographique publié en 2004, aux éditions BONOBO et dans lequel les prémices de qui nous attend pour ces cinq années étaient envisagés.

 .../ Que m’apportera l’année qui vient en plus de mes peintures ? Un livre à écrire, c’est possible ; le fruit de mes divagations, le fruit de ma paresse à devenir grand, malgré ma lucidité… le fruit de ce refus à marcher droit… de mon besoin de partager ce qui n’est pas partageable. Heureusement, il y aura la vie intense et complice avec mon ami qui me permettra comme toujours de mieux supporter mes faiblesses.
    Une parenthèse dans l’exil ! Juste pour oublier mes graves interrogations sur la politique, pétrifiée de bonne morale, qui voudrait un Monde discipliné, doté d’une jeunesse saine, courageuse, travailleuse, une jeunesse qui renoue avec les valeurs sûres :
    Travail, Famille, Patrie.

    Les pauvres,
    les alcoolos,
    les drogués,

    les putes,
    les pédés,
    les travelos,
    les étrangers… n’ont qu’à bien se tenir.

    Oui ! Demain.
    Demain… J’oublierai les discours creux et les agitations artificielles.
    Demain… J’oublierai ce formidable saut en arrière que nous offre le progrès.
    Ce n’est pas toujours ailleurs l’ignominie.
    Ce n’est pas toujours ailleurs la tragédie !
    Chez nous aussi, elles pourrissent les murs de notre forteresse. /...

  


Résumé du livre


    Sidi-Bou-Saïd, un petit village tunisien perché au-dessus de la Méditerranée. De l’autre côté de la baie, Bou Kornine « la montagne aux deux cornes ».
    La chaleur et les parfums.
    Les rires et les bruits.
    Les larmes.
    L’artiste peintre nous livre avec pudeur, mais sans fard, sa rencontre imprévue avec Moez, un jeune tunisien qui deviendra un de ses modèles favoris.
    Une histoire émouvante et retenue.
    Une histoire d’amour perdue d’avance, mais pleine d’espoir.
    Une histoire vraie.
    JCF /
éditions Bonobo


 

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Comme tous ceux qui, comme moi, avaient  choisi Ségolène Royale comme présidente, je vais devoir supporter un président subi.

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Une dernière tentative de résistance avant dimanche, avant de me taire definiivement... ou de rentrer dans un combat de cinq ans.


Gerard Miller analyse Sarkozy


Et après Miller, pour conclure de façon festive, je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessous :

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Je m'ordonne le repos.
Je suis trop perturbé par les élections, et le discours de Sarkozy au Zénith n'a pas arrangé les choses.
Je me sens même humilié.
Il a la verve des grands tribuns et le charisme de tous les dictateurs. Il m'a donné la chair de poule et une envie
épidermique de gueuler mon désarroi... Quant à sa façon odieuse de traiter mai 68 de tous les maux et affirmer que ce printemps fabuleux avait représenté la pensée unique, c'est tout simplement indigne et passéiste. Mai 68, bien au contraire rallia toutes les pensées, toutes les libertés... toutes les convictions.
Quand j'ai vu applaudir tous les people qui bavaient d'émotion devant lui et que ce malheureux pantin de Montagnier s'est époumoné de façon grot
esque en hurlant à sa victoire, là, j'ai vraiment eu mal au ventre et j'ai pensé à l'image négative que nous allons donné au monde, si nous avons ce président là, affublé de tous les tics qui trahissent sa boulimie de pouvoir.
À l'étranger, l'Amérique paye chèrement la politique de Bush et j'affirme que ce si Sarkozy passe, à notre tour, nous payerons chèrement la nôtre.
Je me retire pour cause de rancoeurs, de répulsion, de désordre personnels en tout genre,liés à mon allergie pour cet homme.
Je ne sais pas quand je reviendrai sur ce blog, si même, je reviendrai.

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Le ciel si noir de ton combat
Éclaire pourtant mes vastes nuits
Son signe est fort et noie mon cœur
   D’un flot d'amour jusqu’à l’aurore. 

© Giliberti / 2007



Et me voici paré
 Du noir sourire des morts.
Il parvient à me dire
Qu’ils ont choisi l’ermite.
Ils jugulent ses plaies
De leurs rouges blessures
Jusqu'à son abandon
Puis l'obligent à s’ouvrir
À l’eau grise des siècles.

 © Giliberti / 2007
 

 

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Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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