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Le blog de Michel Giliberti



S’il fallait au fil de ses cils
Qu’une larme signe ses yeux
  Cette goutte serait-elle un asile ?
S’il fallait une vie obscure
À moisir au fond d’un cachot
  Ce repli serait-il une armure ?

Et je regarde
Qui...
N’a pas d’yeux pour son drame
Qui...
N’a pas d’yeux pour sa flamme
Qui...
N’a pas d’yeux pour son âme
Qui...
 
Ne donne pas l’alarme.

S’il fallait que se pointent les juges
Pour ces loups en manque de caresses
Les robes seraient-elle leur refuge ?
S’il fallait s’occuper de ces êtres
Qu'on traite et commande comme des chiens
L’homme serait-il un bon maître ?

© Giliberti / 2008

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Pétri de tant des problèmes de notre malheureuse planète, j'avoue que prononcer des voeux pour 2009 est un casse-tête, aussi, dépouillé de tout et riche de rien, je savoure quand même le premier jour de cette année nouvelle qui se trimballera au rythme des silences et des musiques, au son des pleurs et des rires, au vif des erreurs et des vérités.
Belle année de violence et d’amour.
Belle année de doutes et de certitudes.
Belle année d’instinct animal.
Belle année de rugissements pour balayer les systèmes établis et se rappeler que le point d’eau se partage, même s’il est dangereux.

Belle année 2009

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Les évènements malheureux qui ont lieu en Israël en ce moment me rappellent tristement ce passage de ma pièce "Le centième nom"
Salim Kechiouch et Samuel Ganes dans "Le centième nom" sur la scène du théatre de la Salle Jean-Pierre Miquel à Reims.

... /... Devant ces affirmations, David se prend la tête entre les mains.
– Tu refuses de m’entendre. T’es mon ennemi Jihad… C’est la version officielle. Moi aussi, je pourrais te tuer pour le simple plaisir d’assouvir ma haine et venger mes parents… Tout ça, je pourrais le faire, je te le jure. J’en ai même très envie quand je vois ton obstination, ta férocité… Je suis pas un saint, crois-moi ! Mais c’est tellement plus difficile de faire le contraire, tellement plus difficile d’oublier, de pardonner… Tellement plus difficile d’apaiser… On a tant de points communs. Tu vois pas ?
– Je ne vois que ton âme ! Perdue.
– Arrête avec ces clichés, tu me saoules.
Jihad cherche dans la direction où il a jeté sa cigarette tout à l’heure, la retrouve, la remet en bouche et l’allume à nouveau ; il reste un moment silencieux, puis finalement il la tend à David qui, surpris par ce geste, met quelques secondes avant de l’accepter.
– Ton âme est perdue ! Et c’est pas un cliché, conclut-il
David repasse la cigarette et s’accroupit.
– Si. C’en est un. Tu veux pas m’écouter. J’essaie de ne pas te voir seulement en ennemi. Tu pourrais en faire autant… On peut échapper à la fatalité… Il le faut ! Regarde… On partage bien cette cigarette et cette nuit.
– T’essaies de m’endormir ?
– Non, j’ai pas qu’ça à faire… On est jeunes, c’est tout.
– Qu’est ce que ça change ?
– Tout Jihad, tout. Nos bras sont forts. Ils pourraient construire plutôt que détruire… Ils pourraient s’unir. Ça c’est explosif… Bien plus explosif que toutes les bombes réunies.
– J’aime pas entendre ça.
– Pourquoi ?
Jihad semble mal à l’aise. Il s’accroupit à côté de David.
Il pense à son enfance, à ces années où le destin ne lui a rien accordé de futile, où jouer n’a jamais été qu’une réplique de ce qu’il voyait autour de lui, et ce qu’il voyait n’était que violence et combats, misère et famine. Comment faire partager à David cette angoisse qui est la sienne depuis toujours ? Comment lui dire que la guerre est son seul exemple ? Comment lui dire qu’il veut l’Intifada ? Il se masse lentement la nuque, comme pour trouver un peu de douceur. Un peu de ce que son corps tout entier attend.
– Parce que lorsque je regarde mon pays, commence-t-il avec lenteur, quand je vois tous ces enfants qui n’ont rien… la faim qui nous bouffe doucement, je peux pas accepter des mots qui voudraient calmer mes ardeurs… Je souffre trop. Tu peux comprendre ça ? Je souffre trop pour parvenir à les écouter. Je veux des mots violents, des mots qui vengent… des mots qui tuent ! ... / ....

  Extrait de la version romanesque de la pièce "le centième nom"

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Nous étions au bar, perchés sur les hauts tabourets d’une discothèque de Montmartre. La musique emplissait nos oreilles. Les halos fluorescents et laiteux de nos gins tonics flottaient dans la pénombre comme deux improbables ectoplasmes. Abrutis par les décibels ambiants, nous étions obligés de nous rapprocher l’un de l’autre pour nous entendre parler.
Nos joues se frôlaient, nous respirions chacun le souffle de l’autre, nous croisions nos sueurs et nos parfums.
J’étais tant penché vers toi que mes mains devaient prendre appui sur tes cuisses pour garder l’équilibre sur le tabouret et les tiennes s’agrippaient à mon jean.
L’alcool allumait nos yeux, nos sens, et rendait fragile notre posture de fortune.
Cette communion improvisée me troublait et comme toujours dans ces cas-là, je rêvais de rompre cette intimité. L’introversion n’est pas chose aisée et nécessite tous les subterfuges pour y mettre fin.
Cependant, incapable de trouver les mots qu’il aurait fallu prononcer dans ces moments-là, je t’écoutais patiemment me confier l’angoisse que tu éprouvais à devoir quitter ta région pour Paris et embrasser le métier de mannequin, d’autant qu’un récent chagrin d’amour abîmait encore ton assurance.
Je t’avais trouvé le studio d’un copain pour que ce séjour parisien ne te pose pas trop de problèmes et que tu puisses envisager en toute quiétude les séances de shooting programmées par des photographes professionnels. Tu étais encore fragile et habitué à nos seules séances de pose. Ça me torturait le cœur de te voir, ainsi lâché, dans Paris, simplement armé de tes vingt ans et de ta beauté.
À deux heures du matin, je te raccompagnai au studio, mais avant de repartir, tu voulus que je monte avec toi. Assis côte à côte sur le lit, nous prolongeâmes nos confidences encore longtemps. Moi qui t’avais vu sous toutes les coutures, et qui pour l’avoir tant photographiée, connaissais par cœur chaque centimètre de ta peau, je n’avais jamais ressenti l’immense attraction que j’éprouvais pour toi à ce moment-là, alors que seule ton âme était à nue.
Impossible de nous séparer.
Nos yeux restaient accrochés et c’est avec difficulté que je décidai enfin de m'en aller.
J’étais au supplice.
De retour dans la voiture mon blues était tel que des larmes me montèrent aux yeux. Les rues de Paris, désertes à cette heure-là, ajoutaient à mon vide intérieur. J’avais l’impression de rouler dans une ville qu’une terrible catastrophe aurait vidée de sa population.
Désormais tu appartiendrais à la création des autres.
Pygmalion restait seul.
Deux ans plus tard, alors que j’écrivais ce qui devait être mon deuxième roman, Derrière les portes bleues, je retranscris ces moments d’attraction dans la discothèque et je fis dire à l’un de mes personnages, les mots faussement insouciants que ce soir-là, je n’avais pas su trouver :
« Barre-toi p’tit chat… j’aime trop tes griffes. »
Quand je t’offris ce livre, je te conseillai de lire attentivement le paragraphe de la page 101. Plus tard, tu me dis dans un souffle et sans t’appesantir que tu l’avais lu avec attention.

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Noël s'éloigne déjà et mes plaisirs aussi…
Ils se perdent dans les brumes d'un ailleurs incertain
Un ailleurs vaste et bleu.
Mais les lumières, sentinelles de mes heures
Veillent à la douceur du soir.
Elles me parlent d'un regard
Qui palpite comme elles
Et comme elles, me calme
.

© Giliberti / 2008



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Ce soir, le réveillon de Noël nous fera retrouver la magie de l'enfance et pour s’en convaincre, rien de tel qu'un petit souk de lumières et de couleurs… Voici le mien. 
Joyeux Noël à tous !

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    Boire à la rose transparence d’un verre lilas qui nous lie là
 Et partager l’eau, le vin, la salive...
Le voyage à nos lèvres !
Le voyage à nos tempes en ces jours de fin d’année.
Un voyage pour conjurer l’exil.

© Giliberti / 2007

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De ces heures avec toi
J’ai gardé la lumière
Et puis l’or
Dans tes cheveux de cuivre.

De ces heures avec toi
J’ai gardé le silence
Et le bronze
 Dans tes yeux d’enfant triste.

© Giliberti / 2008






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Dans mon objectif les mains du boxeur...
Ce n'est pas tous les jours qu'on assiste à la lente préparation d'avant un match.
C'est tout un rite, une étrange concentration avant la mise en place des gants de cuir...  Ses yeux fixent la bande qui s'enroule autour des paumes.  Il semble si loin de vous. Vous n'existez pas.
Seules ses mains comptent...
Il les panse comme si la blessure s'était
déjà installée. De cette isolation, de cet enfermement, naît la force du boxeur...

Un boxeur nommé Salim Kechiouche....

Et puis les gants

Rouges, puissants
    Des gants qui attendent le combat...
Son combat!


Et comme Salim Kechiouche est un ami et que j'ai eu la chance de le voir interpréter le rôle de Jihad dans ma pièce Le centième nom, je vous invite à le retrouver sur ARTE, ce soir, vendredi 19, dans Fortunes un téléfilm de Stéphane Meunier, dans lequel il tient le rôle principal.

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j'ai parfois la  nostalgie des hommes que je n’ai pas connus, des hommes que j’imagine pacifistes, proches de la nature, de ceux-là qui n’ont peut-être jamais existé.
Des hommes qui auraient ignoré l’ambition, la religion, la destruction, la coercition, ou l’autocélébration.
Des hommes qui se seraient contentés de vivre de la terre sans la détruire, sans se détruire… Et si ces hommes-là ont existé, quand donc l’erreur a-t-elle eu lieu ?

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Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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