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Le blog de Michel Giliberti


Le masque ne fait pas illusion.
Il embrasse les souffrances que nous tentons de cacher.






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Et puisque le tout sécuritaire fait office de passeport, puisqu’il est en passe de devenir le modèle qui balaiera nos belles et fortes idées de liberté, ma mémoire s’éparpille au gré des simples souvenirs de ma Tunisie comme cette virée dans le sud, à Tozeur.
J’avais l’impression, alors que j’approchais du but, de m’être trompé de direction ; aussi je demandai à deux garçons qui discutaient et fumaient sur le bord de la route si j’étais sur le bon chemin. Ils me répondirent que oui. Ils souriaient, leurs yeux étaient malicieux. Ils m’offrirent un jus de fruit que je partageai avec eux le temps d’une discussion sur tout et sur rien ; peu après je leur demandai si je pouvais les prendre en photos ; ils acceptèrent et rirent beaucoup, ne comprenant pas l’intérêt de garder d’eux une trace…
Ce sont ces instants qui me permettent de supporter la phobie de la jeunesse que les puissants enracinent dans nos têtes… fouille des cartables, portiques de détection à l’entrée des écoles, caméras de surveillance, cybersécurité… et puis demain… des terroristes ! Il ne faudra pas s’étonner !
Et pendant ce temps, la Terre se meurt des pesticides, insecticides, bombes, centrales nucléaires, massacres des espèces…
Plus d’écosécurité et moins de cybersécurité.



Petite discution à l'ombre d'un arbre... le temps arrêté.


Profil du sud dans l'ombre bleutée...


Autre profil tout aussi appaisé des bleus du pays...


Sourire et yeux sombres...


Petite torpeur d'avant la sieste...


Et dernier regard avant que le temps s'arrête à nouveau...

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Nous avons bien fait rire ceux qui tiraient les cordes. Nous avons amusé tous les agitateurs.
Aujourd’hui le théâtre est désert de nos gestes d’espoirs et de nos cris d’amour. Le spectacle est usé ; la comédie prend fin.
Nous ne sommes que des hommes. Il fallait s'en souvenir.



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Un peu avant la fin de la journée, alors que je retournais vers Sidi Bou Saïd, j’arrêtai ma voiture au bord de la route, persuadé qu’un des pneus s’était dégonflé.
La mort dans l'âme, je sortis en marmonnant quelques grossièretés bien inutiles… je déteste ce genre d’incident.
Je tournai autour du véhicule auscultant chaque roue, mais rien ; ce n'était qu’une fausse alerte. Rassuré, je m’apprêtais à repartir quand j’aperçus un jeune homme sur les marches d’une maison. Peut-être la sienne ; peut-être n’en avait-il pas les clefs ; peut-être ses parents n’étaient-ils pas encore rentrés.  
Il me regardait tranquillement.
Je ne sais pourquoi cette image sereine me rappela mes heures passées sur le seuil de l’Olympia, le cinéma où j’ai grandi, à Ferryville, quand je dévorais mon goûter en attendant de faire mes devoirs.
Alors, en quelques gestes maladroits je fis comprendre à ce garçon que j’avais envie de le prendre en photo… de fixer cet instant d’innocence et d’attente. Il acquiesça en souriant.
Une photo toute simple chargée de mes souvenirs transposés.

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Saudade
Et comme le temps n’est pas entre mes mains, qu’il a au cœur d’autres naufrages, je reste là dans les couleurs du soir à me demander où je vais.
Dans chaque port, dans chaque attache, un sens unique du destin donne à mes heures le sentiment de tout rater.
Dans ces moments de nostalgie… saudade, bien sûr.
Saudade jusqu’à la nuit en compagnie d’Alvarinho, cet ami vert qui sait m’atteindre et me parler de tes yeux sombres.
Saudade.

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Fragile comme l’argile des nuits
Ma peau te parle et me trahit.
La pierre rouge de tes lèvres
Le vert asile de tes grands yeux
Ne gomment rien de mon ennui.

Fragile comme une faïence ancienne
Ma peau te parle et me défie
Le cuivre sombre de la tienne
La claire vision de tes ébats
Ne comblent rien de mes tourments.

© Giliberti / 2009

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Je n'ai toujours pas le temps de venir sur mon blog mais cet après-midi, l'orage menaçait le jardin et je voulais laisser une trace de ces heures où la végétation comme avant une éclipse reste immobile, attentive, muette...


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Un jour, tu seras moi
Il n’y aura plus de peaux
Juste le tamtam des coeurs.
Un jour, tu seras moi
Un jour, je serai toi
Il n’y aura plus de lois
Juste le tohu-bohu.
Un jour tu grandiras
Un jour je grandirai
Il n’y aura plus de mots
  Pour nommer chaque couleur.
Et à part toi, Apartheid,
Qui d’autre se souviendra
  Du vieux chaos des pigments.

© Giliberti / 2009


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À
quoi pensent mes modèles quand ils quittent la pose pour la pause ?
Savent-ils, alors même que les tensions se relâchent, quelles ont été pour moi ces heures de travail, ces heures de silence et de musique, ces heures de paroles aussi, ces échanges si particuliers ?
J’ai souvent parlé d’eux ici, souvent évoqué combien je leur devais, combien ils m’importaient.
Je n’ajouterai rien de plus sinon que sur ces photos captées au vol, je trouve que la pudeur est au rendez-vous et qu’être nu, à mes yeux, n’a jamais voulu dire être « à poils ».



Je profite de ces pauses pour en prendre une moi même et ralentir mes promenades par ici… J'ai beaucoup trop de travail avec ma prochaine exposition et en plus toute la nouvelle organisation d'Overblog me prend la tête, tout ça pour proposer à certains d'entre nous d'être reliés à Facebook... Facebook dont je n’ai strictement rien à faire... Du coup, je n'ai aucun courage de tout remettre en place... mais j'espère à très vite, quand même.

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Jebel Rassas (la montagne de plomb) la montagne de mon enfance.
Depuis toujours elle me fascine. Lorsque je suis sur la route d’Hammamet, elle s’approche de moi lentement,  comme un gros reptile… Enfin, elle occupe tout l’espace, le temps d’une brève rencontre, car elle n’est pas très grande ; pourtant, une fois dépassée, sa présence reste là, comme un passager sur la banquette arrière de ma voiture.
J’ai toujours voulu atteindre son sommet et pourtant, je ne l’ai jamais fait. Un jour certainement…
Il est vrai que mes rêves d’oiseau ont toujours ralenti mes escapades de marcheur… et mon envol se contente du rêve.
Jebel Rassas, la montagne de plomb… C’est moi qui pèse des tonnes.


Mes ailes si souvent ouvertes ne m’emportent jamais aussi loin que je le voudrais et pourtant je reste perché comme cet oiseau rencontré au sommet d’une ruine de Dougga…
Comme lui,  je suis un sombre et lointain spectateur des pourpres envies terriennes et mon bec ne s’ouvre que sur quelques sifflements matinaux et sur les baies de sureau que sont les yeux de la Tunisie.


Des yeux que j'aime tant...

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Le blog de Michel Giliberti

Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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