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Le blog de Michel Giliberti

xavier
Sous mes doigts qui ne cherchent plus rien, la saveur de ta peau reste intacte.
Il me semble que tu hantes toujours mes chimères et l’azur de tes yeux reste encore ma victoire.
Lisse image, terre d’ancrage, c’est peut-être…
Barque frêle, libre amarre, c’est certain.
Sur mes lèvres qui ne clament plus rien, la justesse de tes mots s'est lovée.
Il me semble que tu nommes à jamais mes instincts et tes rouges pensés sont de tous mes repos.
Rires et larmes, pluie et vent, c’est encore…
Doux enclos, saisons mortes, c’est déjà.
 
 

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le-papillon
Ma mère, pétrie de toute son âme corse, était une grande superstitieuse.
Un parapluie ouvert dans un intérieur la mettait en émoi, une bouteille d'huile cassée la troublait tout à fait, du sel renversé sur la table lui faisait présager une dispute familiale imminente qui, à force d'être appréhendée, arrivait fatalement.
De toutes ces superstitions dérisoires, deux seules me convenaient, charmantes et poétiques. La première venait des abeilles qui lorsqu’elles pénétraient la maison étaient supposées apporter du bonheur, si au bout d’une sorte de litanie formulée en toute hâte par ma mère, l’abeille décidait de rester dans la maison. La deuxième venait des papillons qui, eux aussi, s’invitant chez nous par inadvertance, voletaient un peu partout à la recherche de la sortie. Là, nul besoin de prière, ils annonçaient une bonne nouvelle avant trois jours.
Et ce matin, en rangeant des papiers concernant ma pauvre mère, j’ai retrouvé cette photo maladroite que j’avais prise en toute hâte, l'été dernier. J’ai eu un pincement au cœur.
Est-ce que ce papillon sur une fenêtre de l'atelier m’apportera du bonheur dans les trois jours comme s’il était vraiment venu voleter autour de moi ?
 

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NoamC’est le soir, quand tout s’endort que s’éveillent les bruits de la terre, des bruits à peine chuchotés… des bruits de réconciliation, des bruits de tant de choses fermées à nos oreilles en journée quand nous avons tant à gueuler.

 

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la-baie-battue-par-la-pluie
Vous dire que les objets ont une valeur serait faux.
La valeur, la vraie, traîne son injustice au cœur des peaux, des yeux, des mains. Elle s’éternise sur les lèvres qui font vibrer les vôtres ; sur l’attente de l’autre.
Mais voilà certains jours d’orage et de soleil mêlés, quand la vitre résonne du bruit tempétueux de l’eau en rafale, alors même que votre regard est absent, ces objets prennent vie et vous rappellent qu’ils ont été un acte d’amour à leur façon ; que vos mains fécondes dans un élan généreux les avaient placés là et pas ailleurs, et que l’harmonie, un jour d’osmose, n’a dépendu que d’eux.
 

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porte

Le réel est si loin et le rêve si présent.
Quelle lumière pouvait mieux éclairer mes instincts que ce noir si profond en plein milieu de l’ocre?
À deux pas du désert.
J’étais seul.
Une entrée.
J’ai longtemps hésité au meilleur d’un midi qui mourrait. L’ombre aurait-elle la splendeur promise ?
Puis, comme l’écrin protège la nacre d’un bijou, j’ai laissé l’antre protéger le sable qui déploie ses voyages que le vent lui ordonne et j’ai repris le mien.
 

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L’atelier au début des années quatre-vingt-dix sentait l’huile d’œillette et l’essence d’aspic. La maison n’était pas encore restaurée et permettait tous les excès.
Franck, Jérôme, Laurent, Emmanuel, Fabien, Xavier, David, Angélica et tant d’autres se retrouvaient là, assurés d’un café brûlant et de musique. Il y régnait une ambiance bon enfant. Les séances étaient longues et les rires nombreux.
Mes tableaux se faisaient au centre de cette belle amitié. Personne ne se prenait au sérieux, chacun donnait de lui et bien souvent les séances se terminaient en longues conversations au milieu de la fumée bleue des cigarettes.
De ces heures de vibrations constructives et artistiques, il me reste ces images qui en disent long sur l’intime de la fraternité et sur une époque si simple… Pas de portable, pas de Facebook, pas de blog. L’ordinateur ne servait qu’à écrire et à envoyer des mails… tout au plus, à consulter des sites.
Chacun rentrait chez soi en se disant « À demain » et demain existait ; il y avait la gouaille et la tendresse et de Franck, la beauté d’Emmanuel, le mystère des deux Laurent, le charme et la décontraction de Jérôme, le calme de Fabien, la superbe de David, la complexité de Xavier et la verve d’Angelica…

 

Mon-atelier

Laurent, Franck, Fabien... Ensemble, nous cherchions l'inspiration...

Mon-atelier-3
 Emmanuel et Franck à la recherche de la pose idéale (toujours dramatique avec moi)...
 
Mon-atelier-8
Emmanuel, Jérôme et Franck. Beaucoup d'efforts ; je leur demandais beaucoup...

Mon-atelier-2
Franck et Angélica,le frère et la soeur. Mes deux papillons dont la femelle s'est envolée, hélas !

Mon-atelier-5
Angélica et Fabien son amoureux. La passion de ces deux-là permettait toutes les poses sans contrainte.

Mon-atelier-10
Laurent, timide mais motivé dès qu'il s'agissait de travailler pour moi...

Mon-atelier-Laurent
Toujours Laurent... dans ses pensées.

L'atelier-3
Jérôme l'hockeyeur, la décontraction même...  ce jour-là, il n'avait même pas prévu de poser et pourtant...

Mon-atelier-11
Franck... toujours drôle, frondeur, adorable voyou. Tellement présent, encore aujourd'hui.

mon-atelier-Manu
Emmanuel, sublime... Que peut-on ajouter ? Mannequin à NY, galériste. Réussite absolue.

david-10
David, mystérieux, sensible. Son profil m'avait scotché un soir de vernissage ;  je lui avais demandé spontanément s'il voulait poser pour moi.

mon-atelier-17 
Laurent... Un autre Laurent. Magie absolue, entente totale. Poésie d'une rencontre complexe.

mon-atelier-19 
Xavier-Alexandre, si romantique, si proche, si inquiet. Tout lui posait question et lui en pose toujours. Curieux, vif... et grand photographe désormais.

mon-atelier-20 
Franck, Emmanuel, David... mes si beaux souvenirs et mon si beau présent... 
 
 

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C
e matin entre deux dossiers j'ai
rencontré ce texte écrit lorsque j'avais dix-neuf ans. Petite émotion du temps passé qui embaume toujours de mes exaltations premières.

abdoul-2
Je n’attends plus rien des sentiers pierreux, des aiguilles de pin, des montagnes bleues.
Je n’attends plus rien des matins frileux dans un ciel jasmin, dans un ciel qui pleut.
Je n’attends plus rien du sable brulant entre mes deux mains et de l’air du temps.
Je n’attends plus rien du gris de la mer, de nos chevaux bruns, de leur train d’enfer.
Je n’attends plus rien des vapeurs d’alcool, du jeu de nos mains, des mots qui s’affolent.

© Michel Giliberti/1969
 

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Haiti
Il m’est difficile, ces jours-ci, de venir sur mon blog.
Trop de travail et trop d’émotions depuis hier. 
Haïti me parle tant.
Pour avoir fait une expo à Miami, j’ai le souvenir de la gentillesse d’un serveur haïtien dans un restaurant aux murs éclatants des couleurs de son pays ; un serveur qui mettait un point d’honneur à me parler en Français. Plus tard, il prit plaisir à me montrer les photos de ses enfants et de sa femme. Ces derniers avaient un sourire magnifique, comme le sien, un sourire exclu de toutes les grimaces de la société, de toutes les hypocrisies.
Il est des jours où les choses simples de ce monde prennent des valeurs inestimables et où la tragique dérision de notre vie prend tout son sens.
 

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Januaryshow-1
Si vous aimez New York et si vous aimez mes photos... 
Emmanuel Fremin Gallery SOHO
546 Broadway PH 5B, New York, NY 10012
http://efg-artgallery.com
PH:  212 274 8981 Cell: 646 245 3240

link
Hemographie-Bichromie-.jpg

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GauginÀ Toulon, l’hôtel où j’ai séjourné a fait le choix de décorer ses chambres sur le thème des cinq continents ; le hasard m’a plongé en pleine Asie, tout y était rouge, noir et tamisé. Ce décor propice au dépaysement me convenait tout à fait ; je me sentais doublement exilé puisque le soir je lisais "Oviri" Écrits d’un sauvage, un recueil de correspondances et de textes de Paul Gauguin qui évoque ses séjours en terres océanes et son long chemin de souffrance. 

J’ai toujours été sensible à cet artiste authentique, vulnérable et fort, dissident et anarchiste.
Moi qui hésite tant à employer des couleurs vives, voire primaires, j’ai toujours vibré pour les siennes, puissantes et chaleureuses qui martelaient ce que l’on jugeait exotique pour l’époque et qui était en réalité le portrait amoureux d’un lieu poétique et charnel, la description de la vie d’un homme libre.
Un soir, au moment d’éteindre la lampe de chevet, m’est revenu en mémoire ce tableau dans lequel j’avais osé la couleur et où la beauté de David, un de mes modèles et amis, s’imprégnait du rouge et du vert d’un « Voyage secret » titre que je devais réemployer pour nombre de mes livres d’arts, tant il donnait en deux mots l’idée que je me fais de mes explorations en peinture.

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Le blog de Michel Giliberti

Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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