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Le blog de Michel Giliberti


porte

Le réel est si loin et le rêve si présent.
Quelle lumière pouvait mieux éclairer mes instincts que ce noir si profond en plein milieu de l’ocre?
À deux pas du désert.
J’étais seul.
Une entrée.
J’ai longtemps hésité au meilleur d’un midi qui mourrait. L’ombre aurait-elle la splendeur promise ?
Puis, comme l’écrin protège la nacre d’un bijou, j’ai laissé l’antre protéger le sable qui déploie ses voyages que le vent lui ordonne et j’ai repris le mien.
 

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L’atelier au début des années quatre-vingt-dix sentait l’huile d’œillette et l’essence d’aspic. La maison n’était pas encore restaurée et permettait tous les excès.
Franck, Jérôme, Laurent, Emmanuel, Fabien, Xavier, David, Angélica et tant d’autres se retrouvaient là, assurés d’un café brûlant et de musique. Il y régnait une ambiance bon enfant. Les séances étaient longues et les rires nombreux.
Mes tableaux se faisaient au centre de cette belle amitié. Personne ne se prenait au sérieux, chacun donnait de lui et bien souvent les séances se terminaient en longues conversations au milieu de la fumée bleue des cigarettes.
De ces heures de vibrations constructives et artistiques, il me reste ces images qui en disent long sur l’intime de la fraternité et sur une époque si simple… Pas de portable, pas de Facebook, pas de blog. L’ordinateur ne servait qu’à écrire et à envoyer des mails… tout au plus, à consulter des sites.
Chacun rentrait chez soi en se disant « À demain » et demain existait ; il y avait la gouaille et la tendresse et de Franck, la beauté d’Emmanuel, le mystère des deux Laurent, le charme et la décontraction de Jérôme, le calme de Fabien, la superbe de David, la complexité de Xavier et la verve d’Angelica…

 

Mon-atelier

Laurent, Franck, Fabien... Ensemble, nous cherchions l'inspiration...

Mon-atelier-3
 Emmanuel et Franck à la recherche de la pose idéale (toujours dramatique avec moi)...
 
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Emmanuel, Jérôme et Franck. Beaucoup d'efforts ; je leur demandais beaucoup...

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Franck et Angélica,le frère et la soeur. Mes deux papillons dont la femelle s'est envolée, hélas !

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Angélica et Fabien son amoureux. La passion de ces deux-là permettait toutes les poses sans contrainte.

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Laurent, timide mais motivé dès qu'il s'agissait de travailler pour moi...

Mon-atelier-Laurent
Toujours Laurent... dans ses pensées.

L'atelier-3
Jérôme l'hockeyeur, la décontraction même...  ce jour-là, il n'avait même pas prévu de poser et pourtant...

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Franck... toujours drôle, frondeur, adorable voyou. Tellement présent, encore aujourd'hui.

mon-atelier-Manu
Emmanuel, sublime... Que peut-on ajouter ? Mannequin à NY, galériste. Réussite absolue.

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David, mystérieux, sensible. Son profil m'avait scotché un soir de vernissage ;  je lui avais demandé spontanément s'il voulait poser pour moi.

mon-atelier-17 
Laurent... Un autre Laurent. Magie absolue, entente totale. Poésie d'une rencontre complexe.

mon-atelier-19 
Xavier-Alexandre, si romantique, si proche, si inquiet. Tout lui posait question et lui en pose toujours. Curieux, vif... et grand photographe désormais.

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Franck, Emmanuel, David... mes si beaux souvenirs et mon si beau présent... 
 
 

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C
e matin entre deux dossiers j'ai
rencontré ce texte écrit lorsque j'avais dix-neuf ans. Petite émotion du temps passé qui embaume toujours de mes exaltations premières.

abdoul-2
Je n’attends plus rien des sentiers pierreux, des aiguilles de pin, des montagnes bleues.
Je n’attends plus rien des matins frileux dans un ciel jasmin, dans un ciel qui pleut.
Je n’attends plus rien du sable brulant entre mes deux mains et de l’air du temps.
Je n’attends plus rien du gris de la mer, de nos chevaux bruns, de leur train d’enfer.
Je n’attends plus rien des vapeurs d’alcool, du jeu de nos mains, des mots qui s’affolent.

© Michel Giliberti/1969
 

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Haiti
Il m’est difficile, ces jours-ci, de venir sur mon blog.
Trop de travail et trop d’émotions depuis hier. 
Haïti me parle tant.
Pour avoir fait une expo à Miami, j’ai le souvenir de la gentillesse d’un serveur haïtien dans un restaurant aux murs éclatants des couleurs de son pays ; un serveur qui mettait un point d’honneur à me parler en Français. Plus tard, il prit plaisir à me montrer les photos de ses enfants et de sa femme. Ces derniers avaient un sourire magnifique, comme le sien, un sourire exclu de toutes les grimaces de la société, de toutes les hypocrisies.
Il est des jours où les choses simples de ce monde prennent des valeurs inestimables et où la tragique dérision de notre vie prend tout son sens.
 

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Januaryshow-1
Si vous aimez New York et si vous aimez mes photos... 
Emmanuel Fremin Gallery SOHO
546 Broadway PH 5B, New York, NY 10012
http://efg-artgallery.com
PH:  212 274 8981 Cell: 646 245 3240

link
Hemographie-Bichromie-.jpg

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GauginÀ Toulon, l’hôtel où j’ai séjourné a fait le choix de décorer ses chambres sur le thème des cinq continents ; le hasard m’a plongé en pleine Asie, tout y était rouge, noir et tamisé. Ce décor propice au dépaysement me convenait tout à fait ; je me sentais doublement exilé puisque le soir je lisais "Oviri" Écrits d’un sauvage, un recueil de correspondances et de textes de Paul Gauguin qui évoque ses séjours en terres océanes et son long chemin de souffrance. 

J’ai toujours été sensible à cet artiste authentique, vulnérable et fort, dissident et anarchiste.
Moi qui hésite tant à employer des couleurs vives, voire primaires, j’ai toujours vibré pour les siennes, puissantes et chaleureuses qui martelaient ce que l’on jugeait exotique pour l’époque et qui était en réalité le portrait amoureux d’un lieu poétique et charnel, la description de la vie d’un homme libre.
Un soir, au moment d’éteindre la lampe de chevet, m’est revenu en mémoire ce tableau dans lequel j’avais osé la couleur et où la beauté de David, un de mes modèles et amis, s’imprégnait du rouge et du vert d’un « Voyage secret » titre que je devais réemployer pour nombre de mes livres d’arts, tant il donnait en deux mots l’idée que je me fais de mes explorations en peinture.

Voyage-secret-

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Après-demain je pars quelques jours. 
Avant cette très courte absence, je laisse "ici" un peu de mes "là-bas".
Veines de bras

À
cent lieues des tempêtes et des dieux ombrageux, je tisse un à un les fils de nos destins.

Je mêle l’ambre de ta peau au jais de tes grands yeux qui font naître l’ivresse et le traître repos.
La folie qui connaît les sentiers les plus sages m’a souvent abreuvé des douceurs de l’ailleurs. Et l’ailleurs, c’est encore et toujours le chemin mauve des veines qui serpentent sur tes bras.
 

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Mehdi-la-nuit

D
u bruit, des fleurs
Et dans tes ruelles
Le bleu qui joue avec le blanc.
Puis sous la chaleur
Des portes qui scellent
Les rires mais aussi le sang.
Tunis, tes heures ne sont plus les miennes
Elles ont des ardeurs qui trop m’aliènent
 Mais c’est là que je respire pourtant.
Ton cœur qui brûle
Quand le mien se glace
 C’est encore ce qui me convient.
Je déambule
Entre les terrasses
D’une médina qui n'entend rien.
Tunis, mes heures ne sont plus les tiennes
Elles ont le goût d’une douleur ancienne
  Notre histoire ne s’écrit plus vraiment.
Tunis, mes jours
Sont comme tes souks
  Bradés, brûlants, brutes à la fois.
Traquer l'amour
Dans tes vieux fondouks
 Se paie très cher à chaque fois.  
Tunis, la musique dans tes cafés
Ne masquera jamais tout à fait
Les yeux cernés du blues de mes nuits
Du blues de mon ennui
Du blues de toi. 

© Michel Giliberti 

  

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snape-of-peace

Dans ces temps de flou absolu où l’on réveille si bien les vieux démons et les instincts les plus faciles, être humaniste finit par se révéler suspect.
Trois guirlandes, du foie gras et quelques bulles de champagne ne parviendront pas à gommer l’indécent carnaval qui émerge quand s’engloutissent doucement les icebergs.
Aussi, c’est avec un entrain un peu brisé par les mensonges et les hypocrisie de ceux qui nous « guident », que du plus profond de mon cœur, je nous souhaite encore une belle nouvelle année avant que nous commencions à ne plus pouvoir l’envisager.
Toutefois, je pense une fois de plus à cette phrase de René Char :
« Jeunes, à la minute, vous seuls savez dire la vérité, en dessiner l’initial, l’imprévoyant sourire. »
Désormais, dans l’enclos de vos jeunes force vives, vous savez que les ambitions d’un monde meilleur ne doivent pas s’évanouir comme autant de rêves au petit matin.

 

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ports-puniques-2

Si présent l’été de mon enfance 

L’herbe folle aux mollets, les sauterelles, les papillons dans les blés.
Si fragile la soie des coquelicots, sa caresse légère entre les doigts rougis.
Si généreux l’étang vert des têtards, le métal turquoise des libellules, le cuivre des lézards.
Si présent l’été de mon enfance 
L’esprit libre de tout, les mains pleines de rien,
Quand le bleu de la terre irisait mon regard de fortunes gratuites.

 

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Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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