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Le blog de Michel Giliberti

TracesTraces de sang ou peut-être d’amour
L’œil retient ce qu’il croit avoir vu
  Mes mots nomment les blessures mais condamnent le chagrin
Tout décrire pour cacher davantage
C’est peut-être le sens d’une vie
C’est sans doute le sens de la mienne.

© Giliberti

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Le-mur

Un jour on se retourne dans la lumière     
Un jour on abandonne le mur qui obstruait nos yeux
Plus rien n’influence nos destinées
Croix et prières, éthique étroite et grands tabous. Plus rien! 
Toute l’enfance reste écrasée sur ce vieux mur comme un insecte dans son sang 
Notre regard est enfin plein de notre seule vigilance.

© Giliberti M 

 

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rouge

Parfois, bien ancrés au sol, mais éloignés de notre condition de terrien, nous nous trouvons embarrassés.
Forts et faibles de quelques expériences, nous avançons tout en masquant de notre mieux les égratignures qui endurcissent et les lâchetés qui confortent. Nous avançons, auréolés du rouge de nos erreurs comme autrefois quand nos joues empourprées attendrissaient les grands.
Hélas, avec le temps ce rouge désarmant de l’enfance devient la simple marque de nos souffrances, de nos erreurs et de nos ressentiments. Il faudrait pourtant qu’il reste celui des coquelicots magnifiques et légers dans l’air saturé du parfum des moissons, de ces tâches vives, témoins de nos amours d’antan.
 
 

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l'attente
Peut-être bien qu’un jour s’écrira le départ
Coulera le café du dernier des matins.
Sur la table le journal reposera ouvert
Sur tant de faits divers qui retenaient mes yeux.
Peut-être bien qu’un soir, se tairont les trois notes
Des chansons qui m’aimaient comme je les aimais
Quand l’ambre d’un whisky me disait que demain
Serait un autre jour, un jour forcément beau.
Peut-être bien qu'alors mes gestes faibliront
Au point qu’un téléphone me paraitra si lourd
Qu'appeler me sera aussi dur que d'attendre
T’attendre ! Rien qu’un leurre ! On n’aime que les vivants.
 
 © Michel Giliberti
 

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xavier-de-face
Te regarder dans la lumière des bougies, entendre le son de ta voix… Étourdissant !
Tes gestes maladroits et puis les mots que tu m’adresses… Entêtant.
Tes yeux sombres comme la pourpre du vin qui les fait tant briller… Enivrant !
Te voir me regarder et oublier qui je peux être, où je peux être… Bouleversant !
Et puis retrouver l’eau, et puis retrouver l’air… Suffocant. 
 

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Mehdi-main--1
Passagers clandestins d’un voyage sans danger, ton accord et mes doutes ne trouvèrent point d’entente.
J’aurais pu comme d’autres profiter d’une union de fortune sous le jasmin en fleurs, au fond du vieux patio, mais l’étreinte volée – si facile soit-elle – ne me convient jamais, et m’ennuie à mourir. De tes vaines attentes et de tes bouderies, j’ai déduit que le spleen n’est pas long quand l’exil est bien court et que tous mes transports pouvaient bien se poursuivre ailleurs que dans tes bras. 
 

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xavier
Sous mes doigts qui ne cherchent plus rien, la saveur de ta peau reste intacte.
Il me semble que tu hantes toujours mes chimères et l’azur de tes yeux reste encore ma victoire.
Lisse image, terre d’ancrage, c’est peut-être…
Barque frêle, libre amarre, c’est certain.
Sur mes lèvres qui ne clament plus rien, la justesse de tes mots s'est lovée.
Il me semble que tu nommes à jamais mes instincts et tes rouges pensés sont de tous mes repos.
Rires et larmes, pluie et vent, c’est encore…
Doux enclos, saisons mortes, c’est déjà.
 
 

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le-papillon
Ma mère, pétrie de toute son âme corse, était une grande superstitieuse.
Un parapluie ouvert dans un intérieur la mettait en émoi, une bouteille d'huile cassée la troublait tout à fait, du sel renversé sur la table lui faisait présager une dispute familiale imminente qui, à force d'être appréhendée, arrivait fatalement.
De toutes ces superstitions dérisoires, deux seules me convenaient, charmantes et poétiques. La première venait des abeilles qui lorsqu’elles pénétraient la maison étaient supposées apporter du bonheur, si au bout d’une sorte de litanie formulée en toute hâte par ma mère, l’abeille décidait de rester dans la maison. La deuxième venait des papillons qui, eux aussi, s’invitant chez nous par inadvertance, voletaient un peu partout à la recherche de la sortie. Là, nul besoin de prière, ils annonçaient une bonne nouvelle avant trois jours.
Et ce matin, en rangeant des papiers concernant ma pauvre mère, j’ai retrouvé cette photo maladroite que j’avais prise en toute hâte, l'été dernier. J’ai eu un pincement au cœur.
Est-ce que ce papillon sur une fenêtre de l'atelier m’apportera du bonheur dans les trois jours comme s’il était vraiment venu voleter autour de moi ?
 

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NoamC’est le soir, quand tout s’endort que s’éveillent les bruits de la terre, des bruits à peine chuchotés… des bruits de réconciliation, des bruits de tant de choses fermées à nos oreilles en journée quand nous avons tant à gueuler.

 

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la-baie-battue-par-la-pluie
Vous dire que les objets ont une valeur serait faux.
La valeur, la vraie, traîne son injustice au cœur des peaux, des yeux, des mains. Elle s’éternise sur les lèvres qui font vibrer les vôtres ; sur l’attente de l’autre.
Mais voilà certains jours d’orage et de soleil mêlés, quand la vitre résonne du bruit tempétueux de l’eau en rafale, alors même que votre regard est absent, ces objets prennent vie et vous rappellent qu’ils ont été un acte d’amour à leur façon ; que vos mains fécondes dans un élan généreux les avaient placés là et pas ailleurs, et que l’harmonie, un jour d’osmose, n’a dépendu que d’eux.
 

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Le blog de Michel Giliberti

Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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