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Le blog de Michel Giliberti

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Une ruelle dans la médina.
Une ruelle si vivante quand, ailleurs, je me désincarne.

Une ruelle si intime quand, si près, Bab Souika balbutie ses secrets, brasse ses espérances, bruisse de ses désirs.

Une ruelle qui se ferme et renvoie aux pavés les pas lourds du passant autrefois si léger.
Cher ami, vous souvenez-vous du jasmin à l'oreille et des gouttes de sang au creux du vieux cristal ? 

Vous n'aviez d'ouverture que vos bras cuivre et bronze, mais jamais votre coeur de bois sec.

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Juste avant de quitter l'atelier, quand le soleil se couche, me viennent des mots directement liés à un souvenir d'enfance.  Je les veux sous cette photo et je ne cherche pas à savoir pourquoi.

atelier

Ne pas traverser… ne pas traverser.
La route est large, dangereuse. La boîte de conserve près du trottoir n’est pas étrangère au danger. Le souffle est court, je dois éviter le regard au balcon, éviter la voix qui s’étrangle derrière.
Ne pas traverser… ne pas traverser…
La route brûle sous le soleil. Déjà, on guette mon retour. Il me faudra leur dire que le fer n’était pas la chair, que l’oiseau n’existait pas.
Remonter… remonter.
L’escalier est là, dangereux. Les marches s’élèvent vers les mères qui entravent les rêves de plaisir et l’envol.
Remonter… remonter.
L’escalier est bien sombre à deux pas de la porte. Il me faut pénétrer l’antre mort qui m’a donné la vie.

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eli-bouche

Rêver me fait du bien, écrire me soulage. Je pense tout bas, j’écris tout haut. Les nuits sont des jours sans lumière, les jours, des nuits lumineuses. Ma tête refuse les préavis et les troubles raisonnables, préférant la chorégraphie syncopée d’un idéal exaltant. Pourquoi tenter d’apaiser et de planifier une vie quand, au bout du compte, celle-ci est plus anarchique que vous même ?

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Dans-ferryville-2À Menzel Bourguiba (ex Ferryville), à deux pas du marché couvert, se trouve une petite place ombragée d’une végétation persistante, dense et variée, la place de l'amiral Guépratte. J’aime encore m’y balader comme autrefois lorsque j'étais enfant. J'aime m'asseoir sur un des bancs de pierre et, dans la chaleur ambiante, admirer la lumière qui joue avec la transparence des verts bleutés du feuillage de cet espace délicieux où trône un kiosque à musique...

dans-ferryville-31...un kiosque que je trouvais immense autrefois et qui, en cette journée de l'été mille neuf cent quatre-vingt-dix-huit alors qu'ému, je le redécouvrais, me sembla de taille plus modeste.dans-ferryville moi-26

Été 1998

Je reviendrai prochainement sur cette balade dans les rues et la maison de mon enfance. Cela fait quatre ans que je me promets de le faire et de pénétrer l'Olympia, le mythique cinéma de Ferryville qui fut le théâtre de mes douze premières années.

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Elie-nuit-copie-1

Quelle étrange chose que ce baiser furtif en soirée, quand, au fond du jardin, dans l’air soudain plus frais, je vous avais raccompagné jusqu’à votre voiture ! Une calèche tirée par des chevaux m’aurait moins étonné, tant votre visage romantique s’accordait de cette époque. Tout au long de la soirée, alors que nous dénoncions la noirceur des chiens et des loups d’aujourd’hui, j’avais pensé que seuls les vins et la musique rendaient vos yeux brillants mais là, dans les lumières qui bleuissaient les bambous, je me sentis rougir d’en mieux comprendre le sens. Hélas, en réponse à vos lèvres hésitantes, je n’eus que des mots balbutiants quand il aurait mieux valu en explorer l’ardeur.

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meule-a-grains-copie-1

Vous aviez de ces lieux un souvenir ardent attaché au tapis et à la meule de pierre qui amusait vos yeux. Vous pensiez que les choses d’un temps hors du vôtre ne pouvaient me séduire. Je vous avais murmuré que mes mains savaient aussi bien lire les rides des pierres centenaires que la soie de vos deux décennies.

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lionel-profil-copie-2

  1. Je n'aime que les murs
  2. Qui jettent l'ombre sur ma peau
  3. Je n'aime que les peaux
  4. Qui incendient mes murs.

© Giliberti

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les-vertes-enviesLes chevaux du passé sont venus jusqu’à moi, écumants et brillants dans le petit matin. Ils ont dit à mon père d’aller voir dans la grange si l’amour est bien là, tout au chaud de la paille. Et mon père a dit « oui », puis au plus énervé, il a posé une main sur son flanc, comme on touche une femme qui attend : « Tout va bien, calme toi, c’est l’ardente du matin, l’étoile de Bohème !  Tu ne peux avoir peur. » 

Moi, j’ai vu dans ma main l’oiseau tiède se mourir et j’ai vite jeté le petit sac de plumes.

 

© Giliberti

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Moez-mur-gris-copie-1

C’est aux heures lourdes de la sieste, dans le silence engourdi de la chambre, que tes gestes savaient réveiller mes sens.  
C’est aux heures sourdes de la sieste, dans le tumulte éperdu de mon coeur, que mes mots savaient endormir tes pulsions.

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Les jardins sont des lieux qui vous font, autant qu’ils vous défont. Même si vous les avez fait naître de vos mains, ils ne vous appartiennent pas.

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Un jour, un autre jardinier, un autre fou furieux, viendra transpirer là, où vous avez transpiré. Il décidera d’abattre cet arbre ou de supprimer ce buisson. Il foulera une terre qu’il croira sienne… erreur charmante, bien compréhensible, mais erreur tout de même.

le-jardin-accacia
Ce qui me semble beau dans cette fusion « jardinier, jardin », c’est que vous vous rendez esclave d’un amant qui s’accouplera à un autre, puis à un autre…encore et encore.
Oui, les jardins sont infidèles... c’est ce qui les rend beaux.

jardin-au-print-2

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Le blog de Michel Giliberti

Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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