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Le blog de Michel Giliberti

  1. lionel-vert
  1. Dans la chaleur et les parfums
  2. Sa peau unique
  3. Humide et sombre
  4. M’étourdissait comme un alcool.
  5.  
  6. Dans la moiteur des draps lilas
  7. Ses lèvres lisses
  8. Si lisse ellipse
  9. N’omettaient rien de leur calcul.
  10.  
  11. Dans l’ombre exquise de la chambre
  12. Ses mains si douces
  13. Si doux, ses mots 
  14. Me redonnaient le goût de croire.

© Giliberti M

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Published by Michel Giliberti - - Photos et poésie.

 

Sidi-bou-4-copie-1

Les bleus sont impatients. Ils forcent l’éveil de vos sens.
Dès le petit matin, ils vous attendent avec la mer qui s’attache à vos yeux, la mer brillante comme un saphir démesuré.
Alors, trahir son sommeil pour rencontrer un tel minéral, une telle transparence est un jeu d’enfant.
On s’y plonge, on s’en repaît… Moi, je m’en saoule.
Et puis vers midi, la peau brûlante et les yeux rougis du sel liquide, vous revenez affamé, vous revenez assoiffé jusqu’à la maison qui patiente derrière les bougainvilliers.

Sidi-bou-5

La blancheur de ses murs vous rappelle que le Soleil, le Vôtre, le Seul, celui qui fait battre plus vite le cœur, est à l’intérieur, à l’abri… C’est là qu’il paresse, c’est là qu’il somnole dans les draps marine en attendant votre retour. Il n’aime pas la chaleur, lui. Il la connaît tant.

Sidi-Bou-11

Vous pénétrez la salle fraîche et obscure et vous allez jusqu’à la chambre. Vous agitez sous ses narines un brin de jasmin que vous avez cueilli à l'entrée. Il ouvre les yeux, des yeux endormis, mais des yeux aussi noirs que le ciel est bleu.
Vous, vous ne savez quoi faire, vous ne savez quoi dire, à tant le regarder…

Sidi-bou-6

Lui, il s’en moque, il a faim et se lève. C’est l’heure du repas, l’heure d’avant la sieste.
Dehors, sur la terrasse, la faïence des assiettes et l’azur des verres vous attendent à même le sol, au milieu de fleurs coupées qui se fanent au soleil.
On entend les cigales et, dans le ciel, les hirondelles font des taches mouvantes.
Vous le regardez à contre-jour allumer une cigarette. Vous le devinez beau. 

Sidi-bou--copie-1

Il le sait et ça lui plait.
Ça le fait même rire.
Et pour vous le prouver, il se retourne  dans la lumière et vous inonde de son sourire.
Vous, dans votre tête, vous ne savez toujours pas si tout va bien, vous n’avez jamais su… mais votre corps, lui, le ressent si fort.

Cet article autrefois appelé "Encore un peu du bleu de Sidi" avait été publié en 2007, mais le scanner que j'avais à l'époque était si mauvais que les couleurs étaient fausses. Le voici donc dans ses couleurs d'origine.

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie

hellebore

« Juste pour le plaisir des yeux » comme disent les Tunisiens. Je suis un amoureux des hellébores, j'en ai plein le jardin. Ce sont des fleurs qui durent des mois et qui aiment l'ombre.

hellebores-2

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Published by Michel Giliberti - - Michel Giliberti

mohamed-interieur-6

Lorsque dans la pénombre bleutée, Mohamed ôta son tee-shirt et qu’il le fit glisser à terre, les grandes cicatrices zébrant son torse et ses bras me semblèrent plus marquées que sous le soleil quand il s'allongeait à même le sable de la plage de Rimel, près de Bizerte.
Je n’en dis rien et commençai une série de photos à l’intérieur de la vaste demeure qu’un ami nous avait prêtée à cette occasion.
Pendant plus d’une heure, je fis des gros plans de ses yeux, sa bouche, son buste comme si tout était normal. Pourtant, à chaque déclic de mon obturateur, je croyais entendre le bruit du couteau avec lequel il s’était tailladé la chair un soir de grande dispute avec son père qui n’admettait aucun différend sous son toit… aucune rivalité.
Depuis longtemps déjà, il m’avait raconté par le détail cette impossible révolte contre le patriarche qui avait conduit à sa folie autodestructrice en pleine nuit, pour calmer ses nerfs ; je l'avais mise de côté, bien rangée, mais là, l’objectif focalisait ce drame et me le renvoyait en plein visage.

Mohamed-contre-la-colonne--copie-1

Mohamed aux yeux si doux.
Mohamed, rencontré quand il n’avait que dix-huit ans.
Mohamed, aujourd'hui, avec ses cicatrices.

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Published by Michel Giliberti - - Mes modèles...

Xavier-lumiere-rouge-Depuis ce monde du silence où j’entends chacun de vos cris, il me reste une mise à nue, un vide étrange qui me confond ; un vide qui clôt mes souvenirs et s’ouvre à vos désirs.
Sachez que dans mes nuits, tout ce qui se ternit se pare aussi d’éclat et qu’à l’heure douce de la fin, s’ajoute celle des lendemains de marbre noir ou de fusion, de ciel obscur ou de terre profonde.

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Published by Michel Giliberti - - Photos et poésie.

Cahier-de-dessin

Je vous aurai tant donné
Je vous aurai tant volé
Mais à l’approche de jours plus sombres
Mon impatience de l’absolu
Se lasse de votre port d’attache
De son anneau à ma frégate.
L’ivresse est là, encore intacte
Mieux vaut la vivre que vous aimer…

© Giliberti

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Published by Michel Giliberti - - Photos et poésie.

Pas trop d'idées... Panne séche. Aussi, lâchement, voici le tout début de Boukornine, un de mes romans dans lequel Moez (ici en photo) est le héros.
Moez-foulard-rouge-22-
– Ija !
Il dit viens ! en arabe.
Je ne réponds pas.
Pourtant, je voudrais lui obéir.
Obéir à l’Orient, obéir à mes rêves d’absolu, et mettre fin à mes errances d’enfant déraciné.
– Ija !
Sa voix encore… comme un murmure, et sa langue, comme une musique qui m’indiquerait le vrai chemin. Pour la seconde fois, je fais mine de ne rien entendre.
Du seuil de la terrasse, il cesse de contempler la mer, et se retourne.
– Qu’est-ce que tu as ? Viens là… Viens voir Bou Kornine.
Mes yeux se lèvent sur lui, mais ne reçoivent que sa silhouette noire, à contre-jour.
Le soleil est si aveuglant.
La terrasse, si blanche.
Je m’étire longuement. Ce lit est un piège. Depuis plus d’une heure, je tente d’en sortir. Je m’assois enfin sur son bord. Ma peau moite m’écœure un peu. Comment ne pas transpirer ? Il fait au moins trente degrés à l’intérieur. Je n’ose imaginer dehors, je n’ose imaginer cette puissante chaleur : ces degrés qui abrutissent.
Je m’empare de la gargoulette posée à mes côtés et dont les flancs transpirent, eux aussi. Je la porte à mes lèvres assoiffées. J’avale avec maladresse une gorgée d’eau fraîche au goût de terre profonde, comme remontée d’un puits. Elle ruisselle de mon menton jusque sur ma poitrine… De l’eau aussitôt tiède, sensuelle.
Sous la canicule, l’érotisme est un psychotrope qui cherche tous les prétextes pour se manifester.
Je tais mes gestes autant que mes mots. La gargoulette entre les mains, je guette l’indicible.
Rien.
Juste le silence jaune entrecoupé du grésillement électrique des mouches épuisées qui tourbillonnent au sol avant de s’éteindre.
Moez quitte le seuil de la terrasse. Il approche, enfin.

Moez-terrasse-55

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Published by Michel Giliberti - - Michel Giliberti


bizerte-profil

Dès que le bleu de la nuit proche faisait escale aux remparts de Bizerte, je le voyais arriver lentement. Il prenait place tout contre un arbre du jardin public et les yeux dans le vide, immobile, il fumait en solitaire. Depuis la terrasse d’un café, j’observais ce rite quotidien.
Un soir, je décidai de le prendre en photo. Je m’approchai discrètement. Il me vit tourner autour de l’arbre, mais il m’accepta en silence.
Une fois ces instants capturés, je m’avançai vers lui pour le remercier et lui proposer de lui envoyer les quelques portraits que je venais de prendre. Il me répondit que ce n’était pas la peine. Je lui demandais alors son prénom. Il tira sur sa cigarette, rejeta la fumée avec lenteur, puis toujours en fixant l’horizon, il murmura « L’inconnu de Bizerte… Tu mets ça, sur tes photos… l’inconnu de Bizerte  »
C’est fait. 
 

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Published by Michel Giliberti - - Tunisie

dernieres-cendres
Même thème que le précédent… Le passage ! Le mur ! C'est le dernier d'une série 
Ici, le passage est à peine défini sur la droite. Une épaule a déjà franchi l’arête du mur.
La cigarette ne sert qu’à attendre le courage.
Dès ses dernières cendres, le mégot rejoindra le sol et l’envol s’accomplira. 

 

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Published by Michel Giliberti - - Peintures


passage-II

Un passage dépouillé de code et de porte, un passage symbolique, tout juste évoqué, avant de franchir le pas.
Un filet de sang sur le mur signe l’hésitation et la difficulté du personnage à s'échapper de l'encadrement contre lequel il se maintient encore, mais son regard est franc. Il vaincra.
Des braises intimes d’une vie ne restent souvent que les cendres… Plus de couleur, à peine le geste, à peine sa marque.
Marcher, sans se retourner.

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Published by Michel Giliberti - - Mon actualité

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Mon travail d'artiste peintre, d'auteur et de photographe...

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