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Le blog de Michel Giliberti

Ferryville-35Et voilà… j’ai remis le pied dans l’ancienne trace, comme je le fais si souvent. 
Difficile d’expliquer le bonheur immense qui m’étreint quand je flâne dans les rues de mon enfance, même si ces dernières ont un peu vieilli ou se sont dégradées. Ça ne fait rien, le monde change, échange les mondes. J’ai changé, moi aussi. Je n’ai plus dix ans, je ne fais plus les courses avec maman, je n’élève plus de vers à soie, je ne joue plus aux billes ou aux osselets. Je ne grimpe plus à l’arrière de la mobylette de papa. 
L’atmosphère de Menzel Bourguiba est particulière. Elle est faite d’un curieux mélange de la Tunisie, du Brésil, de Cuba et de la France. Certains diront que ce constat est farfelu, mais voilà, c’est le mien et j’écoute mes yeux... Lorsque je vois des façades de vieilles bâtisses coloniales repeintes de couleurs vives, quand je vois tant d’enfants jouer dans les rues, tant de jeunes gens adossés aux murs, quand j’entends les musiques, les voix, les rires, cela m’évoque ces lieux si photogéniques, si parlants qui ont inspiré tant d’artistes.
En mai, les éditions Arabesques (Tunisie) ont publié mon dernier livre qui évoque mon enfance tunisienne "Maintenant je suis p’tit", ce titre en dit long sur ma maturité réelle. Cette aventure littéraire m’a donné l’envie de publier un autre livre, tout en photos et en poésies, autour de cette ville autrefois appelée "Le petit Paris" et qui naquit de la décision, en 1897, du Gouvernement français qui souhaitait un arsenal basé entre le lac de l’Ichkeul et celui de Bizerte. Elle s’appela Ferryville en honneur de Jules Ferry, puis Menzel Bourguiba (Maison de Bourguiba) en 1956, à la fin du protectorat français.
Je referme vite cette parenthèse, car je ne suis pétri que d’impressions, de ressentis et d’ivres palpitations. L’histoire, la vraie, appartient aux hommes et je ne suis qu’un courant d’air. Aussi mes yeux et mon cœur se contentent de considérer ma ville natale qui sait rire d’une certaine tristesse qui lui colle à la peau un peu comme à Bizerte, un peu comme si ces deux villes étaient victimes d’un mauvais sort, en fait, un mauvais sort politique ! Là aussi je ne m’aventurerai pas à tout expliquer, ce genre de littérature mérite le travail d’un historien.
Aussi regardons avec les yeux pleins de tendresse cette ville meurtrie qui ne sait plus où commencer à panser ses plaies… sachons la regarder en ne l’accusant de rien… tant de gens courageux et que j’aime y vivent. Aimons là, déplaçons-nous en masse pour aller la visiter, il n’y a pas plus accueillant qu’un Menzelien. Nous en reviendrons différents, modestes, heureux et réconciliés d’avec nous même, infimes particules nécessaires du grand négoce des sentiments.

ferryville-39Une des avenues principales à l'heure de la sieste. Magasins, cafés, restaurants s'y s'alignent en toute simplicité.ferryville-18Cet homme ne sera plus seul dans moins de deux heures... il n'y aura plus une place de libre.ferryville-2Jeunesse de toute part... longues conversations... Ferryville-67 La rue de mon enfance, quasi immuable...ferryville-21Taxis jaunes, murs jaunes, blancs, turquoise...Tout pour ne pas avoir les idées noires.ferryville-17Peut-on trouver un mur plus photogénique ?ferryville-moto-jauneJ'adore les rencontres avec les mobylettes... de vieilles amies.    ferryville-38Le petit kiosque à musique toujours entretenu. Il y avait des fanfares autrefois, de petits bals les jours de fête.Ferryville-9Danger ? quelle idée saugrenue !ferryville-53Que de fois je me suis promené ou assis à l'ombre de ces arbres sur cette petite place.ferryville-54Voilà... tout pareil, le temps n'existe pas. Ce petit garçon, c'est peut-être moi.ferryville-57Quoi qu’on en dise, on restaure à Menzel-Bourguiba...Ferryville-23La preuve... quelle fière allure! Une proue de bateau !Ferryville-24Oui, c'est un peu décrépi et alors ? C'est beau, non ?Ferryville-22Voilà, le monde commence à venir dans les cafés, les habitués sortent les cartes... ça va durer, ça va jouer, ça va être bruyant, ça va être la vie d'un dimanche après-midi...Ferryville-13Pareil à l'intérieur, et les chichas (narguilés) embaument l'espace.ferryville-51Joueurs précoces, éclairage plus tamisé. À cet âge, as de coeur et de trèfles à tous les coups !Ferryville-12Miami?ferryville-15Quand on ose la couleur,on doit tout oser... allez, un effort !ferryville-60Un vrai décor de cinéma...ferryville-48Rubans roses dans le vent tiède, murs azur et cheveux gris… le temps passe, silencieux de tant de souvenirs bruyants.ferryville-23Une rue de hasard. Pétarade d'une mobylette dans le silence de la sieste. Procès immédiat si j'étais policier !

ferryville-40La même de plus haut...ferryville-36Les habitants sortent de leur torpeur du début d'après-midi et commencent à se rendre dans le centre de la ville... Ferryville-14Les enfants se défoulent et vous sourient... toujours ! ferryville-25Très importante réunion ! L'enfance est la période la plus sérieuse de notre vie, elle mérite bien une réunion au sommet.    ferryville-27Un des boulevards principaux, un des plus beaux, bordé de platanes, notre rue de Rivoli à nous. Il mène à la petite église devenue aujourd'hui une bibliothèque... Comme quoi, la religion peut parfois mener à la culture! ferryville-28Toujours le même boulevard...ferryville-30Sous tous ses angles...ferryville-55Un début de Cuba commence à s'installer au rez-de-chaussée. Manque plus qu'une Américaine garée devant.ferryville-26Là, on le voit mieux...ferryville-29Ici, c'est terminé du sol au plafond... specatculaire ! Ferryville-4Les français n'y auraient même pas pensé...Ferryville-6Et c'est reparti pour un tour...Ferryville-10Matricule étranger ? Vacances au bled... Ferryville-6-Cool ! à l'arrière d'une mobylette... un vrai transat !Ferryville-1Émotion à vif devant un des piliers du marché central où je faisais les courses avec maman... ferryville-64C'est dimanche, c'est vide... en semaine, ça grouille de monde. Séchent les piments.ferryville-45Même entrée, vue de l'intérieur...ferryville-50L'intérieur...ferryville-11La boucherie ferme... on nettoie, on range.. ferryville-46Une partie du toit du marché...ferryville-31Au-dessus d'un café bien sympathique...ferryville-56L'intérieur du café...ferryville-19L'équipe derrière le bar...ferryville-20Le propriétaire à gauche et un ami... tous deux adorables de gentillesse.    Ferryville-7Un des boulevard en direction de la place qui ouvre sur la sortie de la ville...ferryville-32Une salle de billard, ambiance et bruits garantis...ferryville-33Concentration...ferryville-3Déconcentration...ferryville-66Le Michael Jackson du quartier qui a fait son show juste avant le départmoi-olympiaEt moi, immortalisé par mon amie Garance en balade avec moi. Je pose devant l'entrée condamnée du cinéma l'Olympia qui prit feu en 1986 et où j'ai passé toute mon enfance puisque j’habitais au-dessus et que et papa s'occupait de la gestion. Je n'ai jamais raté un film, une pièce de théâtre un concert... Je referai un mini "doc "sur Menzel-Bourguiba avec des photos d'autres lieux et notamment de sa périphérie, plages, bois, collines et bien sûr de ses habitants, ce qui m'intéresse le plus. Là, je n'avais pas vraiment le temps.

Published by Michel Giliberti - - Tunisie

commentaires

Kay 30/09/2013 10:20


Rubans, stores rouges, lumières. Toujours tant d'humanité dans tes photos. Et ces architectures si différentes de notre conformisme actuel ! Poursuivons les voyages !

Michel Giliberti 06/10/2013 19:33



Merci Kay, merci beaucoup... je t'embrasse... on va essayer de poursuivre le voyage :)


 



,yves 29/09/2013 15:21


Alors Michel


nous revoilà à nouveau, vous et moi dans les pas de nos parents et des notres.Le temps, lui! n'as rien oublié comme nous dailleurs.Le kiosque,les arcades du marché, le platane,la terasse du petit
paris sans oublier Notre OLYMPIA!! et évidement l'église st joseph rebatisé en bibliothéque.Sa fais un BIEN FOU se panaché d'images.Mon dernier voyage en 2010 m'avait conduit aux pieds de la
collline de yaya et à l'entré de l'hopitale.Je me revoie accompagnié de tante jeanne attendre maman pour sa pose déjeuné avec détours obligé par Mister MOULOUD et ses glaces à l'eau.Je retrouve
comme vous cette mémoire vivante en plus coloré se qui lui va tres bien! évidement quelque jours nous sépares d'hier et d'aujourd'hui. Merci sa nous as fais à vous et à moi un petit quelque
chose.Enfin je l'éspere.


A bientot et bon séjour.


 


 

Michel Giliberti 06/10/2013 19:34



He oui, Yves, beaucoup de points communs, beaucoup d'attaches et toujours beaucoup de tendresse... merci et à bientôt.



laura 26/09/2013 16:53


Je viens de partager ce document, ailleurs, avec l'un des mots de Jean-Charles ... C'est en effet l'émotion qui a jailli en moi, comme si j'étais née là-bas, moi aussi. Les photos comme les
mots génèrent ce sentiment plein d'affection et la nostalgie qui va bien à l'évocation permanente du passé sur des images d'aujourd'hui.
Merci, cher Michel. 

Michel Giliberti 27/09/2013 13:08



je suis très touché par ce que vous m'écrivez là Laura...c'es très sensible, très pensé et ça me remplit de joie. je vous embrasse et vous remercie infiniment.



François 26/09/2013 14:01


Juste le plaisir de vibrer à ces évocations et la gratitude pour toi de pouvoir les partager même si l'on est tissé d'autres lieux, d'autres souvenirs, d'autres fils.. Seule l'intensité de ces
moments peut être partagée...


merci encore Michel...

Michel Giliberti 27/09/2013 13:07



Mais oui, mon cher François, le fait même d'être "tissé d'autres lieux, d'autres souvenirs" comme tu le dis dis si joliment reste encore le meilleur moyen d'être curieux de tout... amitiés et
merci...



eva 26/09/2013 13:35


un beau billet, plein d'authenticité, loin des clichés ripolinés de la Tunisie touristique....

Michel Giliberti 27/09/2013 13:05



Merci Maïa... oui ne rien cacher ne prive pas du désir de connaître...la vérité est toujours plus interessante que les dépliants touristiques... :) Je vous embrasse



Jack 26/09/2013 13:10


Salut Michel, quelles richesses tes souvenirs ! y découvrir ton coin  c'est comme  un paradis sur terre. Merci  bcq de partager tes souvenirs. Cette chaleur humaine est une qualité
de plus pour adoucir les guerres de ce monde. A+


jack.québec

Michel Giliberti 27/09/2013 13:03



Merci Jack, te smots me touchent infiniment... oui, il faut bien panser les blessures du quotidien...



Jean-Charles 26/09/2013 12:15


Très belle introduction sur cette nouvelle rencontre, toujours féconde en émotions.


Nous y retournerons.

Michel Giliberti 27/09/2013 13:02



J'en serai ravi Jean-Charles 



Mohsen Dridi 26/09/2013 11:50


Bravo Michel pour cette merveilleuse ballade dans ce Menzel de toujours malgré les aléas du temps. Et Merci encore


Mohsen

Michel Giliberti 27/09/2013 13:02



Heureux qu'elle vous ait plu Mohsen...il y en aura d'autres. :)



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