Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le blog de Michel Giliberti

Juste avant de quitter l'atelier, quand le soleil se couche, me viennent des mots directement liés à un souvenir d'enfance.  Je les veux sous cette photo et je ne cherche pas à savoir pourquoi.

atelier

Ne pas traverser… ne pas traverser.
La route est large, dangereuse. La boîte de conserve près du trottoir n’est pas étrangère au danger. Le souffle est court, je dois éviter le regard au balcon, éviter la voix qui s’étrangle derrière.
Ne pas traverser… ne pas traverser…
La route brûle sous le soleil. Déjà, on guette mon retour. Il me faudra leur dire que le fer n’était pas la chair, que l’oiseau n’existait pas.
Remonter… remonter.
L’escalier est là, dangereux. Les marches s’élèvent vers les mères qui entravent les rêves de plaisir et l’envol.
Remonter… remonter.
L’escalier est bien sombre à deux pas de la porte. Il me faut pénétrer l’antre mort qui m’a donné la vie.

Published by Michel Giliberti - - Michel Giliberti

commentaires

Florence Berna Pazos 22/07/2010 10:30



Je n'aime pas ce terme moi non plus, d'autant qu'il concerne un enfant.


Ce n'est pas à une maman de suivre le cercueil de son petit. C'est un non-sens qui n'entre pas dans la logique humaine.


Dans ma conception, j'apparenterai cette expression à l'oubli. Il en est bien sûr hors de question !


Le maintenir par tous les moyens possibles dans LA Vie, m'orienter vers une forme de spiritualité, lire des "tonnes" de livres qui traitent de la Vie après la Mort, m'arréter attentivement sur
des témoignages, être sensible aux signes que je reçois, tout cela m'aide à conjuguer ces fameux "Avec" et autres "Sans"......Avec la souffrance et Sans lui.


MERCI pour vos mots si doux, si tendres.


Je vous embrasse.


Florence.



Michel Giliberti 22/07/2010 11:56



Effectivement toute la tragédie d'une telle situation, c'est qu'elle est à l'envers... aucune logique ! C'est l'enfant qui doit assister à la mort de ses parents, c'est un élément inévitable, un
élément qui rentre dans la transmission de la sagesse. Un élément qui lui permet d'endosser un nouveau rôle, un rôle plus adulte et plus responsable, malgré sa douleur.
Quoi qu'il en soit Florence, je vous comprends très bien et suis de tout coeur avec vous.
je vous embrasse
Michel



Florence Berna Pazos 21/07/2010 16:21



J'avais aussi 16 ans, pour toujours je le croyais, jusqu'à ce terrible 5 février 2006 qui a emporté mon fils chéri.


C'est drole que vous employiez ces mots : "J'espère que vous le portez en vous, c'est encore la façon la plus intime et la plus généreuse de le faire vivre"......ce sont les mots tout autant que
les pensées que j'exprime, à la virgule près, depuis un peu plus de 4 ans maintenant.


L'écriture a énormément contribué à m'aider dans ce chemin amputé de sa présence. Ce sont des poèmes, c'est un livre que j'ai écrit en sa mémoire. J'en suis à l'écriture du second et O combien
vous vous doutez que cela me permet de le maintenir dans la Vie.


Merci pour vos mots......merci d'avoir compris.


Bises.


Florence.



Michel Giliberti 21/07/2010 16:38



Ce qui vous est arrivé est terrible. Vous avez bien fait d'écrire sur lui, l'expression « faire le deuil » est une expression que je n'aime pas, car elle ne veut rien dire, dans le
fond... je dirais plutôt « trouver le moyen de vivre « avec » même si le mot « sans » est le plus adapté.... » Tout cela est si douloureux.
Courage Florence et écrivez sur votre fils comme vous mettriez un fil de soie autour des souvenirs, comme un doux cocon, comme autant de gestes d'amour.
 je vous embrasse


Michel



Florence Berna Pazos 21/07/2010 14:29



Surtout ne riez pas, mais je me souviens de cette époque avec une immense précision (sauf que je n'avais pas retenu votre nom.)....


C'était encore la période très fleur bleue, romanesque et romantique, et je bloquais sur la beauté de l'interprète.....alors j'écoutais les paroles de vos chansons et comme probablement beaucoup
de jeunes filles, je m'identifiais à l'héroine de vos textes.


C'était aussi l'ère très "David Hamilton", alors la fusion des 2, l'esprit qui régnait dans ces années là, les rèves que l'on fait pour soi, alimentaient les espoirs qu'on en attend.


La vie bien sûr et malheureusement, se charge d'apporter sa dose de chagrins. Ce peut-être des ruptures, des fractures de destinée....bien plus douloureusement la mort d'un fils de 23 ans.....


Alors Michel, O combien cette ballade en arrière -porteuse d'idéaux- bien différente de celle que croient transmettre d'autres artistes de l'époque médiatiquement plus présents, fait vraiment
chaud à mon coeur.


Bisous et à bien vite.


Florence.



Michel Giliberti 21/07/2010 15:59



Vous savez je suis un romantique. Sur ce ce sujet, je suis hélas, inchangeable, malgré mes révoltes dans une société de plus en plus monstrueuse. Rien à faire j'ai toujours seize ans.
Par contre je suis bouleversé par ce que vous m'annoncer pour votre fils. C'est absolument terrible. Epouvantable. Je n'ai pas les mots. J'espère simplement que vous le portez en vous, c'est
encore la façon la plus intime et la plus génereuse de le faire vivre.
 je vous embrasse


Michel



Florence Berna Pazos 21/07/2010 10:39



Merci de votre réponse Michel.
N'ayez aucun "souci" je ne confronterai jamais "MON" Algérie d'hier avec celle d'aujourd'hui.....


Je rejoins votre décision de prendre du recul avec tout cela.....non pas en perdre la mémoire...surement pas.....mais plutot laisser les souvenirs glisser doucement vers le compartiment de la
mémoire indefectible.


Je pense que des "enfants" tels que nous, se sont construits avec ce manque en essayant d'en faire une force marquée par le sceau de l'absence.


Quoi qu'il en soit, je réitère mes sincères remerciements pour ce voyage qui m'a permis de mettre un pied sur ma terre voisine.


J'ai également vu au travers de mon parcours du blog, que vous étiez chanteur lors d'une jeunesse pas si lointaine. J'ai alors écouté vos disques. Je n'avais pas la mémoire du nom de ce chanteur
qui interprétait cette chanson que j'écoutais en boucle durant l'année 1976 : "Il y a chez elle".


J'ai alors fait un bond magistral en arrière, et entre hier et aujourd'hui je l'ai déjà réécoutée plus de 20 fois. Vous la chantiez l'année de mes 19 ans. J'étais enceinte de mon fils.....alors
MERCI encore de m'offrir ce joli cadeau qui m'a considérablement rajeunie....


Je me permets de vous embrasser et vous souhaite le meilleur pour la continuité de ce blog dont je suis déjà une fidèle.


A très vite surement.


Florence.



Michel Giliberti 21/07/2010 10:56



Florence, vous êtes adorable et l'anecdote de ma chanson alors que vous aviez dix-neuf ans, est absolument délicieuse et illumine ma matinée.
 Merci infiniment d'avoir bien compris ce que je voulais dire pour la Tunisie que j'adore, mais qui n'est plus (fort heureusement pour elle) celle de mon passé... on ne relit pas un livre à
'envers.
Merci pour tout, à bientôt Florence.


Michel



Florence Berna Pazos 20/07/2010 17:11



Bonjour Michel,


J'ai parcouru votre blog, ai porté une attention toute particulière à la narration de "VOTRE" Tunisie......avec beaucoup de sensibilité, d'humilité, de dignité, vous nous offrez vos souvenirs,
vous partagez vos retrouvailles avec l'enfance dans ce pays qui reste le votre.


A travers vos mots j'ai également retrouvé mes propres souvenirs d'une Algérie que j'ai quittée en 62 à l'age de 5 ans, mais qui imprègne définitivement ma mémoire.


MERCI Monsieur pour ce joli parcours que vous nous offrez avec de belles émotions.


Florence.



Michel Giliberti 20/07/2010 17:39



Merci Florence... L'enfance est un moteur (parfois destructeur), mais généralement joyeux. La Tunisie a longtemps baigné mes sentiments et je lui dois beaucoup. Aujourd'hui, je n'ai plus vraiment
cette accroche. C’est exactement comme pour une analyse, à un moment, on décroche. J’ai décroché. Je n'ai plus rien à dire sur ce pays.
Merci d'être passé par là Florence, à un de ces jours peut-être.Gardez vos souvenirs intacts d'Algérie intacts, ne les confrontez pas au présent. La vie se trouve devant soi, jamais derrière.


Michel



Eve 28/06/2010 08:55



Je découvre un blog touchant et vrai .. trempé d'odeurs d'ailleurs et  de poussières d'ici ..


Vraiment beau et magique.. Merci   ;)


Eve



Michel Giliberti 10/07/2010 18:30



Des odeurs d'ailleurs et des poussières d'ici... voilà, c'est tout à fait ça... Merci infiniment Ève
 @ bientôt


Michel



Roubiére Yves 10/06/2010 11:22



Quand les cauchemards se fondent et s'impriment dans nos souvenirs,ils sont à l'image de ses couches de peintures posés les unes sur les autres au point de ne laisser passer aucune luminosité.On
 proméne longtemps ses histoires innachevées et par moment elles ressurgissent comme des éclairs.Souvent bléssures intimes ou images venant d'un aillieur.Nous vivons tous et toutes
avec!.Souvent muettes,quelques fois accompagniées de cris,de bruits,voir de hurlements.Le lendemain,quand le soleil renait il nous cicatrise de ses images là!J'ai pour ma part un souvenir qui est
passé lde cauchemard et c'est transformé en phobie! je continue de vivre avec.Sur une note moins sombre j'aime cette photo prise au pied levé sans floriture.Bonne journée à vous



Michel Giliberti 10/06/2010 17:11



Il faut apprendre à vivre avec tout ça, tout ce qui nous a fait, Yves. Je le fais, vous le faites... que serions-nous sans nos petites faiblesses n'est-ce pas ? Des robots ? Quelle
horreur !


 @ bientôt Yves et entretenons nos cauchemars...


Michel



eva 10/06/2010 11:11



dans votre dernière réponse vous écrivez "tout ce que ne me passe pas la tête" ! c'est incroyable ! j'adore cela ! la fusion de deux expressions à peine mystérieuses... Bonjour Mr Lacan...


je comprendrai fort bien que vous mettiez mon présent com à la corbeille... je vous le demande même... (les corbeilles de psy sont dailleurs faites pour cela... jeter les mots échappés et les
oublier immédiatement après les avoir savourés avec gourmandises ou effroi... en cachette comme les enfants qui ont volé les confitures) Je vous re-embrasse...



Michel Giliberti 10/06/2010 17:08



Non, non, Eva, je laisse... c'est ça qui est marrant. Rien n'est plus drôle et plus honnête qu'on bon vieux lapsus, je vous embrasse
 @ bientôt


Michel



eva 10/06/2010 11:04



ah Michel ! c'est tellement clair ce message-là ! (ça ne s'apparente même pas à l'écriture automatique... parce que c'est tellement lumineux ! Même pour moi qui vous connais à peine...). Je suis
extrêmement émue...


PS : vous aurez certainement remarqué que j'ai un sérieux problème avec les redoublements de consonnes... (qui répondent à des règles ou des absenses de règles pour moi tellemement confuses,
compliquées, que je m'emmèle sans arrêt, et ces redoublements de consonnes anarchiques dans mon orthographe sont pour moi comme un bégaiement de l'écriture...)


Je vous embrasse. eva.



Michel Giliberti 10/06/2010 17:05



Je n'ai jamais remarqué le petit problème que vous décrivez Eva, car je vous lis avec tant de gourmandise que je ne m'attarde pas à ces "bégaiements" comme vous dites et rien que ce mot est
chargé de tant d’innocence, alors je vous remercie simplement d'avoir entrevu une de mes angoisses lumineuses, une angoisse attachée à mes semelles depuis un jour de 1957...
 je vous embrasse Eva,
 @ bientôt


Michel



Nanie 10/06/2010 09:44



Etranges et troublants ces mots, ces sensations. Ils semblent venus du plus profond d'un souvenir, comme si soudain, accrochés à cette photo, ils avaient soulevé le couvercle pour sortir ... et
libérer la tension. Ton atelier et cette toile sont d'une beauté infinie et déchirent l'obscurité.



Michel Giliberti 10/06/2010 10:11



Oui, moi qui connais l'histoire, c'est un peu plus simple... Je ne voulais pas placer ce texte spontané, mais ces temps-ci j'ai décidé d’écrire tout ce que ne me passe pas la tête, sinon, je
n'écrirais plus rien. Oui, e soleil se couchait et à cette heure, mes souvenirs se lèvent, si je puis dire.
Bisous Nanie


Michel



NYCO 10/06/2010 08:09



souvenirs d'enfances...


cauchemards récurants parfois...


notre vie d'adulte est construite sur ces fondations fragiles ...


un parfum ,un mot,un geste et tout ressurgit...et tout s'ébranle...


et là,on regarde autour de nous..


et là nos contreforts sont notre famille parfois...nos amis souvent...


oh Michel...souvent je peine à monter cet escalier de la vie...


souvent les marches se dérobent...


d'autres ici aussi à ce que j'ai pu lire...


mais une parole,une pensée ou un regard amical...et je reprend mon ascension...


alors continue à poser tes jolis mots...et montons...montons...ensembles...


 


merci...



Michel Giliberti 10/06/2010 10:16



Souvent des détails insignifiants en apparence sont source de souvenirs persistants. Celui-ci (indéchiffrable pour autrui, je reconnais) fait partie de ceux qui ont totalement marqué ma vie au
point que le schéma se répète, se répète... mais ne me lasse pas, car c'est une histoire d'enfant et les histoires d'enfants sont souvent attendrissantes.
Merci pour ton beau texte Nyco...


Michel



Le blog de Michel Giliberti

Mon travail d'artiste peintre, d'auteur et de photographe...

Hébergé par Overblog