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Le blog de Michel Giliberti

Sidi-bou-Said-intime

Du fond de mon placard doré, je capte souvent la fuite du temps, ses cimes inatteignables, ses abîmes permanents.
Toujours attendre l’improbable, partir pour nulle part, croire que les chaines se brisent, ranger ses souvenirs puis recommencer avec de moins en moins d’entrain jusqu’à ce qu’un jour tout se fige comme à la surface d’un lac gelé.
Reste à cultiver le vague désir de sagesse qui se barre à la moindre turbulence des sentiments. S’imprégner de la chaleur des soirs d’été quand l’orage menace, mais, comme le temps, les soleils se barrent, eux aussi, et les pluies n’arrosent plus rien.
Attendre alors de l’obscur si proche la clarté élargie comme celle du regard des enfants. S’en contenter. Pas de renouveau. Juste un repli.
Partir finalement !
Partir en abandonnant tout sur place, comme on laisserait un courrier inachevé sur son bureau.
Partir en renonçant au temps dilué des rêves, des inextricables complexités d’une âme sauvage qui à force d’écouter les autres aura oublié de s’entendre.

Published by Michel Giliberti - - Réflexion

commentaires

Laura 04/12/2010 17:59



Une photo floue qui invite à l'évasion vers ce qui n'a de réalité que dans notre imaginaire.


L'âge et les tourments de la vie se conjuguent pour que nous n'ayons plus aucun véritable désir: l'objectivité a pris la place du rêve.


Pour croire encore en l'existence de notre ardeur, il nous reste ces pulsions qui nous bousculent au moment où nous n'espérons plus rien. Pour quelques instants, quelques semaines... elles nous
envoient ces sensations de brûlures douces, de bouillonnements et nous rendent pour ce temps le souffle, la vigueur, le goût de vivre qui nous lâchent, nous abandonnent.



Michel Giliberti 04/12/2010 21:50



Vos mots si justes, Laura, sont d'une grande beauté et exaltent une sagesse qui ne se laisse pas si facilement capturer... je dirais "tant mieux" car nos "âmes" (je n'ai pas d'autres mots, hélas)
restent toujours à deux doigts de l'enfance pour ne pas dire "en plein dedans"... Vous savez que j'ai mon Nounours et mes voitures Dinky toy... Alors, comment grandir?
 je vous embrase, chère amie
Michel



Jojo D. 02/12/2010 13:29



Cher Michel, ça va ?


 


Depuis le temps que je ne suis pas passé, il est possible que vous n'ayez plus en tête "qui" désigne mon pseudonyme... si c'est le cas, je vous pardonne, évidement !


 


Dites moi, vous ne trouvez pas qu'on est un peu névrosés en France, quand même ?



Michel Giliberti 02/12/2010 14:08



Oui, ça va... à peu près.
La névrose est quelque chose qui se faufile de toute part, je pense, mais ll y a des "terrains" qui la favorise, je dirais...
 @ bientôt Jojo
Michel



auvray 30/11/2010 17:53



riche texte à méditer et à relire pour mieux " l'entendre"


les photos le complète avec beaucoup d'harmonie



Michel Giliberti 30/11/2010 18:38



Merci Auvray, je suis sensible à ce que vous dites...
 @ bientôt
Michel



eva 29/11/2010 13:36



votre photo rejoint tout ce que j'aime : l'esthétique de la grille, et son symbolisme : l'emprisonnement du quotidien.


J'aime les choses qui restent ainsi sur la table, le stylo avec lequel j'aimais écrire autrefois, le livre qui était mon ami, mon refuge, j'aime les arbres en fleurs...


Mais... Partir ! oh oui partir ! ne plus rester immobile... s'envoler, ne pas revenir... oublier tout ce qui fait le morne quotidien, les obligations... suivre les chemins poudreux, le nez au
vent, boire les couleurs, les odeurs, les saveurs... Partir...



Michel Giliberti 30/11/2010 07:14



"...Le stylo avec lequel j'aimais écrire autrefois,"... voilà des mots que j'aurais pu poser ici. j'ai de plus en plus de mal à écrire avec un stylo et dès que je pars quelque part, j'emporte
généralement un portable dans l'éventualité d'un besoin d'écriture. C'est un peu navrant, mais c'est ainsi... je vous rejoins aussi pour "partir" et fuir le quotidien, bien sûr, avec ou sans
stylo et puis "partir" tout court et là, je me sens encore plus proche de cette ultime fuite du temps...
 @ bientôt Eva
Michel



Catharsis 29/11/2010 12:24



Où suis-je?


Qui suis-je?


Où vais-je et, surtout, pourquoi?


 


Éternelles questions redondantes qui, pendant des laps de temps plus ou moins longs, nous épargnent... pour mieux revenir en force, nous obscurcir jusqu'à ce que, peut-être et comme tu l'exprime,
nous retrouvions ce regard d'enfant qui ne cherche pas forcément à comprendre, mais plutôt à s'extasier, voire à s'émerveiller...


 


Ton écriture est toujours aussi douce, mais combien tes mots nous mènent dans une certaine désolance...


 


Bien à toi Michel.



Michel Giliberti 30/11/2010 07:21



Oui, mon ami, et le pire est que ces questions récurrentes m'obsèdent depuis l'enfance... j'ignore pourquoi dans le fond et ça c'est l'autre question récurrente (même récurante). Mais la vie est
belle et "rien ne vaut la vie"... Une fois que l'on écrit les mots de ses tourments, c'est un peu comme si l'on rangeait une armoire, on est heureux de voir la pile de pulls, de chemises ou de
teeshirts bien alignés et l'on respire jusqu'au prochain désordre...
 @ bientôt et bonne journée à toi.
Michel



Yves 29/11/2010 10:43



Tres jolie complainte sur le temps qui passe,et celui qui nous reste à parcourir.On a oublié des choses,il nous reste des choses à terminer et le temps est là à nous écouter.Que resteras t'il?
une odeur et une lettre pas tout a fait terminé,Il resteras des amis proches et lointain pour!


Il y a des jours de beau soleil,et des jours plus gris!mais on est là!au meme moment j'écoute une nocturne de chopin étrange! non se mariage!



Michel Giliberti 30/11/2010 07:25



Mais oui Yves, la vie est faite de ses contraires et lorsqu'on se penche sur elle, on est forcement obligé de faire un bilan qui n'est pas objectif, car en général, cette vie nous gâte plus
qu'elle nous prive... mais comme à la roulette, on mise rouge ou noir selon son humeur...
 @ bientôt Yves et merci
Michel



Nanie 29/11/2010 09:50



Tes mots sont douloureusement beaux, désespérément émouvants Michel. N'oublie pas : nous sommes à tes côtés pour écouter cette âme que tu as oublié d'entendre ... Des bisous sur ta journée.



Michel Giliberti 30/11/2010 07:32



Merci Nanie, la beauté va bien avec la tristesse, il me semble. C'est pour cela que j'empreinte des chemins mélancoliques quand je suis à sa recherche. J’aurais cependant préféré trouver la
beauté dans le joyeux, mais hélas,  j'ai fondé mon inspiration sur la fêlure, c'est elle qui me convient le mieux et qui m'inspire. Et puis les événements, et puis la vie, et puis... tant de
choses m'y poussent aussi.
 Je t'embrasse Nanie,
Michel



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Mon travail d'artiste peintre, d'auteur et de photographe...

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