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Le blog de Michel Giliberti

mohamed-interieur-6

Lorsque dans la pénombre bleutée, Mohamed ôta son tee-shirt et qu’il le fit glisser à terre, les grandes cicatrices zébrant son torse et ses bras me semblèrent plus marquées que sous le soleil quand il s'allongeait à même le sable de la plage de Rimel, près de Bizerte.
Je n’en dis rien et commençai une série de photos à l’intérieur de la vaste demeure qu’un ami nous avait prêtée à cette occasion.
Pendant plus d’une heure, je fis des gros plans de ses yeux, sa bouche, son buste comme si tout était normal. Pourtant, à chaque déclic de mon obturateur, je croyais entendre le bruit du couteau avec lequel il s’était tailladé la chair un soir de grande dispute avec son père qui n’admettait aucun différend sous son toit… aucune rivalité.
Depuis longtemps déjà, il m’avait raconté par le détail cette impossible révolte contre le patriarche qui avait conduit à sa folie autodestructrice en pleine nuit, pour calmer ses nerfs ; je l'avais mise de côté, bien rangée, mais là, l’objectif focalisait ce drame et me le renvoyait en plein visage.

Mohamed-contre-la-colonne--copie-1

Mohamed aux yeux si doux.
Mohamed, rencontré quand il n’avait que dix-huit ans.
Mohamed, aujourd'hui, avec ses cicatrices.

Published by Michel Giliberti - - Mes modèles...

commentaires

fleury 03/09/2010 11:07



Michel, nous nous sommes vu hier à feuguerolles, encore sous le charme...


Très amicalement.gin.



Michel Giliberti 03/09/2010 11:17



Oui Fleury, heureux que le charme est opéré malgré les crconstances.
 je vous embrasse et à bientôt


Michel



Fée 09/04/2010 11:55



Si c'était à refaire !


 Kerry James a si bien lui aussi  chanté ces mots !



Henri-Pierre 07/04/2010 15:00



Le corps est moins privilégié que l'âme qui sait occulter ses cicatrices.
Aussi les corps n'ont-ils pas besoin d'analyse.
Mais dieux, que Mohammed est beau et grave.
Finalement son air dit les cicatices de son âme.


 


 



Michel Giliberti 07/04/2010 15:54



Les conversations avec les jeunes tunisiens sont souvent empruntes de gravité. Je suppose que c'est la même chose au Maroc. Mais une fois le partage de la gravité, vient celui des rires, des
embrouilles, des situations invraisemblables, bref, de tout ce que j'aime dans mon pays.
 @ bientôt Henri-Pierre


Michel



Yves Roubiére 07/04/2010 14:46



Bonjour Michel,


entre cicatrices d'amour et cicatrices de guerres bons nombres en portent en bandoulliére comme des médailles ou comme des bléssures qui sont et restent à peine fermés.Seul le coeur,l'organe
primordiale de notre vie se cicatrise avec le temps.A la porte de notre vie,a la porte de notre nuit lui seul peut nous conseillier de pardonner d'avoir tant aimé ou d'avoir tant hais.Je cois
pour ma part que le pardon reste le meillieur reméde pour que le coeur cicatrise vraiment.


Bonne jounnée avec le méme plaisir de vous retrouver.



Michel Giliberti 07/04/2010 15:59



Les ressentiments sont une plaie, je suis bien d'accord, mais tant de choses restent à vif... Il est difficile d'être un sage, mais le temps apporte (en principe) un certain détachement.
merci Yves,
 @ bientôt


Michel



eva baila 06/04/2010 23:03



Je me demande ce que Baudelaire aurait dit de Mohamed... je me demande ce qu'il aurait dit de Mohamed si Baudelaire avait préféré les hommes aux femmes... Il aurait remarqué sans doute cette
grande cicatrice qui fait comme une liane autour de son torse... comme elle signe aussi le chagrin juste au-dessus de l'aréole de son sein gauche, à cet endroit où l'on place idéalement le coeur
quand on est enfant... Et cette liane est comme le reflet des torsades sur la colonne... Mohamed est comme "un martyr aux liens" sur votre photo Michel...



Michel Giliberti 07/04/2010 09:26



Quelle belle image Eva, tellement sensible, poétique et interrogative ! Je ne sais ce qu'aurait pensé Baudelaire d'un tel garçon, s'il avait aimé les hommes, mais il n'aurait pu que
l'apprécier. Mohamed est adorable, très fort dans sa tête et n'a disjoncté qu'à cette occasion pour que n'éclate pas le lien familial (personnellement, je n'aurais jamais
hésité à le faire voler en éclats, plutôt que de me mutiler). Quant à la courbe de sa cicatrice, elle répond en effet aux torsades de la colonne. Je suis heureux que vous ayez été
sensible à ce détail que j'ai tu, car déjà taxé d'esthète en tout ( bien que je ne le ressente pas ainsi) je ne voulais pas parler d'harmonie avec un tel sujet, mais pourtant oui... il
y en a une.
Je vous embrasse Eva.


Michel 



Chris-Tian Vidal 06/04/2010 21:47



Mon Michel-artiste, Mohamed est d'une beauté qui a quelque chose de sauvagement naturel. Il a le regard qui voit au-delà. J'aime quand il regarde. Il est très beau Mohamed et ses cicatrices
inscrites en sa chair comme d'autres en leurs âmes.



Michel Giliberti 07/04/2010 09:41



Mohamed est très très nature. Aucun artifice. Mais c'est en général toujours ainsi avec les tunisiens, je trouve. je pense que c'est la même chose avec les Marocains ou les Algériens. Mais il y a
une distance entre la photo et la réalité. Mohamed est très drôle, très taquin et il m'en a fait voir...
 @ bientôt


Michel



Jean-Christophe 06/04/2010 19:38



Sur les sillons de vie inscrits dans sa chair encore palpitante de rage sourde, crois-tu que des larmes ou des baisers pourraient faire fleurir un sourire d'avenir pour Mohamed ? De tes deux
clichés, je retiens le regard, baissé, ailleurs, mais toujours fier, comme interrogeant de l'âme l'intimité des blessures et les horizons d'une impossible révolte.


Pour tout ce qui passe dans tes mots et tes images, merci, cher Michel.



Michel Giliberti 06/04/2010 21:06



Je pense que Mohamed trouve dans ses espaces solitaires les marques affectueuses qui le consolent. C'est quelqu'un de très attachant, très intelligent et je ne doute pas qu'il gagnera vite le
bonheur. Des moments très forts ont scellé notre amitié, des moments de fêtes, d'angoisse aussi. Tout cela donne à notre relation amicale l'idée que tout est perfectible et que la distance
est une règle d'or pour unir ceux qui se rencontrent. Moi aussi, je préfère la photo des yeux baissée, mais j’en ai tellement... Je mettrai peut-être une autre que j’aime beaucoup, un gros
plan, triste... Je verrai.  
merci Jean-Christophe pour tes mots justes.


Michel


 



bellelurette 06/04/2010 07:05



Des cicatrices qui se referment sur le corps, mais dans l'esprit, c'est une toute autre histoire....



Michel Giliberti 06/04/2010 16:58



je crois que nous sommes nombreux à en avoir qui ne se referment jamais, c'est sûr. Mais c'est ça qui fait notre force, (peut-être).
 Bisous


Michel



NYCO 05/04/2010 21:52



les cicatrices de la vie...


celles qui ne se referment jamais...tant elle sont profondent..


les bleus à l'âme...


ceux qui sont indélébiles...tant ils font mal...


le coup au coeur..


ceux qui ébralent ...tant ils le brisent....


merci Michel,pour ce modele qui semble ne donner aucune valeur à son enveloppe charnelle mais sort la tête au dessus des nuages...


bises



Michel Giliberti 06/04/2010 17:04



Merci pour ton texte si doux Nyco...
Oui Mohamed, comme beaucoup d'autres garçons de son peuple, est fataliste, endurci dans les épreuves et peu attaché à son physique, mais dès qu'il parle, c'est du vrai bonheur, de la tendresse,
du rire... de la complicité, en somme !
 @ bientôt Nyco



Michel



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Mon travail d'artiste peintre, d'auteur et de photographe...

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