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Le blog de Michel Giliberti


amours-nomades
Les amours nomades transportent avec elles toute la violence et la vertu nourries des plus grands désordres.
De ces grands et beaux combats, de leurs creux et de leurs bosses percées des rouges verticalités du quotidien, naissent nos nourritures terrestres ; tout souffle confondu et sang mêlé.
© Giliberti
 

Published by Michel Giliberti - - Peinture et Poésie

commentaires

Henri-Pierre 17/02/2010 17:36


Comme les pactes d'adolescents où la trace du canif scellant l'amitié fait toujours mal même quand disparue.
Amours nomades ou fantômes d'amours ?


Michel Giliberti 18/02/2010 07:56


Les deux, comme la lumière spectrale...

 Michel 


Catharsis 11/02/2010 14:30


Vivre le danger d’une vie mortelle ou vivre une mortelle vie sans danger ?

Mon choix est en tout point similaire au tien et, comme toi, je préfère l'échec au regret.

Hier, j'ai fais voir ta toile à mon aimée et, tout comme Jerem51, elle en a eu une autre lecture. Elle y a vu l'amour qui se donne entièrement et complètement, lisant de la compassion sur le visage
du personnage de gauche.

Tenant entre ses mains la tête de son aimé (et par extension la souffrance de ce dernier) il cherche à le soulager de ses maux, jusqu'à boire ses blessures pour enrayer la douleur. Il ne s'agirait
donc plus de l'amour qui tue, mais de celui qui peut soigner, soulager, voire guérir.

Cette diversité d'interprétation m'amène à me dire, une fois de plus, que le regard de chacun est véritablement conditionné par ce qui est déjà, en amont, sa vue des êtres et des choses,  son
approche de lui-même et du monde alentour étant de fait totalement tributaires de ces filtres. Voici pourquoi j'aime les échanges et en éprouve le besoin, car hormis l'expérience personnelle il
n'est qu'eux capables de m'aider à remettre en cause mes filtres.

Amicalement.


Michel Giliberti 11/02/2010 14:48



J'aime vraiment ce que tu dis, j'aime tes mots..."remettre en cause tes filtres" est si imagé, si beau aussi.


Oui, je suis tout à fait d'accord et le problème (si problème il y a) ne réside que dans les yeux de celui qui a fait son travail d'artiste,car son inconscient totalement empreint de
ses propres tabous ne lit pas forcément ce qu'il crée. Il en besoin, c'est tout. Je sais que lorsque j'ai commencé à installer ce rouge autour de la bouche, j'ai eu l'impression tout d'abord de
m'approcher d'un fantasme associé au vampirisme, dans le sens quasi gothique, juste pour la beauté, puis en même temps que ce mec venait de faire du bouche à bouche pour sauver son
partenaire blessé (proche de l'idée de celle que tu aimes) puis finalement que c'était la vision exacerbée de l'amour dans toute sa violence... tu vois, c'est difficile. Peindre permet
d'exorciser ses problèmes de façon impressionniste... ce n'est jamais tout fait net. J'en arrive à me demander si une peinture n'est pas une simple question posée par l'artiste à celui ou à
celle qui la regarde.


Merci Hicham pour tes beaux partages.


 @ bientôt,



Michel 



tania 10/02/2010 19:35


Encore une oeuvre qui transporte vers une vision de l'amour au delà du conventionnel , comme toujours je suis sous le charme,  merci !


Michel Giliberti 10/02/2010 22:01


Merci beaucoup Tania.
Le conventionnel dans l'art est une petite mort.
il faut le fuir dès qu'on le rencontre, quitte à ne plus peindre pendant longtemps et attendre le sang neuf qui viendra de nouveau battre dans les veines.
 @ bientôt,

Michel 


nyco 10/02/2010 19:28


ce coup-ci michel,je ne commenterai pas ton tableau... il me met mal à l'aise et me fait un peu peur.... ah,sensibilité quand tu nous tiens.... je reviendrai simplement sur ton commentaire sur
l'amour et tes mots:"je préfere l'echec au regret"...ils sont si intenses! j'ai pour ma part une phrase qui me guide depuis une poignée d'année: "ceux qui ne risquent rien...n'ont rien!" on se
retrouve un peu... bises nyco


Michel Giliberti 10/02/2010 22:04


Mais oui, il faut toujours préférer un échec à un regret. D'une part, ça prouve qu'on n’a pas la science infuse et d'autre part ça permet de rester alerte.
 @ bientôt Nyco. 


Jerem51 10/02/2010 18:55


Personnellement, j'ai une vision plus "sartrienne" de cette toile; l'abscence de visage de l'autre, le sang qui couvre partiellement la bouche du personnage du gauche, le titre même où nomade peut
aussi renvoyer à ceux qui passent de couche en couche ou de relations brèves en relations brèves ...
tout cela me fait penser à cette idée de Sartre selon laquelle le regard chosifie l'autre; l'autre est un objet dont on use, abuse ... l'autre n'a pas de visage ... l'autre est un autre
interchangeable ... sait-on jamais qui est l'autre aussi à la réduire à l'aune de notre propre regard ?


Michel Giliberti 10/02/2010 19:37


Je trouve extraordinaire de parvenir à des analyses si pointues. Je suis troublé. Un de mes anciens tableaux me livra sa substance plus de trois après l'avoir terminé. Il m'avait fallu le revoir
chez un collectionneur comme objet ne m'appartenant plus pour qu'aussitôt, le voile tombe. Je suis un instinctif et ce que je vis aujourd'hui, j'entends "ce que je vis de dur" aujourd'hui, m'ouvre
des portes un peu imprévues et je m'y glisse sans trop de réflexions, sachant que je n'ai le choix ; de toute façon j'ai toujours obéi à mes instincts. Tout ça pour te dire qu'en dehors de la
démarche d'un artiste, il y a la démarche du spectateur et que les deux ouvrent des lumières étonnantes. Merci Jerem de ton analyse qui ajoute à mes propres réflexions. par contre "nomade" a bien
le sens que tu lui trouves.
 @ bientôt

Michel 


Catharsis 10/02/2010 12:56


Le personnage de droite semble complètement plongé dans sa pensée, comme s'il était absent, extérieur à ce qui se passe et, en conséquence, indifférent à l'acte qu'il est entrain de commettre.
Le sang sur ses doigts et la manière dont il tient le visage du deuxième personnage  évoque une mise à mort et, du fait de l'absence d'expression telles que la colère, la rage ou la haine sur
son visage, cela me conforte dans l'idée qu'il ne se sent nullement coupable de la donner, cette dernière lui apparaissant comme irrémédiable, fatale et obligatoire (un peu comme s'il se disait que
cela ne dépend pas de lui, ou que de lui, car la mort étant déjà écrite dans le cours de la vie, et il ne sert à rien d'avoir des états d'âmes ou de culpabiliser, voire même d'y penser, lorsqu'elle
survient).

De même, et du fait de mon interprétation toute personnelle, le sang coulant sur ses lèvres me fait penser au cannibalisme, et donc à cette loi intangible et inflexible qui exige de chaque être
vivant d'avoir à donner la mort pour se nourrir, d'avoir à donner la mort pour pouvoir vivre.

Enfin, à cause du titre de cette toile, j'en conclu qu'aimer, c'est tuer l'autre, forcément et inévitablement (ou accepter d'être tué), car l'être aimé devenant notre nourriture au même titre que
nous devenons la sienne et le cours de la vie étant ce qu'il est, tôt ou tard l'un des deux se retrouvera seul (séparation ou mort de l'un des deux), le repas se terminant alors...

Aussi, voici le message principal que je retiens de ta toile: dès lors que l'on s'investit dans une relation d'amour, fidèlement à l'expression du visage du personnage de gauche, il faut à l'avance
accepter la mort à venir de cette relation, sa fin annoncée (quel qu'en soit la raison), afin de ne pas s'écrouler le jour venu sous le poids du remord, de la culpabilité ou autre...

A bientôt Michel.


Michel Giliberti 10/02/2010 14:07






Ton analyse est terrible ! D'abord parce qu'elle est d'une précision redoutable et ensuite parce qu'elle décortique de façon
implacable la marche "insensée" de l'amour, qui serait une démarche quasi prédatrice...


Je suis persuadé que l’amour est quelque chose de puissant et comme toute chose
puissante, possède son revers qui prend racine dans la souffrance. « Il n’y a pas d’amour heureux » disait Aragon. Ta conclusion est absolument lapidaire et me convient tout à fait. Je
vis l’amour au quotidien depuis trente-sept ans avec mon compagnon. Me détruire pour lui, s'il le fallait, serait dans l’ordre des choses et le contraire vraisemblablement. J’ai cette capacité.
Mais la survivance directement liée à cette apocalyptique chute donne à grandir en permanence. Les compromis ne peuvent pas échapper, mais qu’est-ce qui vaut le coup ? Vivre le danger d’une
vie mortelle ou vivre une mortelle vie sans danger ? Il n’y a pas de réponse dans le fond… Personnellement je préfère la première solution, car j’ai en moi depuis toujours, comme en
sourdine, cette phrase : « Je préfère l'échec au regret.» et donc tout vivre. Pour rejoindre ton explication, je confirme qu’il n’y a pas de culpabilité à avoir dans ces rapports
autodestructeurs, car nous sommes tour à tour victimes et assassins et que c’est diaboliquement beau… constructivement beau. Chaque expérience est unique. Il est utile de se le rappeler pour ne
pas avoir qu’un seul rôle à jouer dans une vie ben courte. J’ajoute que ce que je raconte n’est que le fruit de ma spontanéité et en aucun cas, le résultat d’une analyse profonde que je serais
bien incapable de donner à l’heure actuelle, d’autant que j’ai une peur absolue de ceux qui prétendent tout savoir... Merci Hicham pour ton si beau commentaire.
@ bientôt


 Michel



eva baila 10/02/2010 09:08


J'ai mis un certain temps à comprendre comment était attachée cette tête à un corps... (je parle de celle qui est entre les mains de votre personnage principal)... Aimer c'est perdre la tête...
Aimer est un combat cruel, (comme celui du toro dans l'arène) et votre toile est la danse de la mort et de l'amour, tout comme celle du toro et du torero...


Michel Giliberti 10/02/2010 09:49


Content d'avoir fini ce petit cycle et dès demain je m'attaque à un autre bien évidement.. Merci Eva d'avoir toujours mis un commentaire réfléchi sur chacun de ces tableaux nouveaux, c'est vraiment
formidable et vos lectures de mes toiles ont été un grand plaisir mêlés de réflexions.
 @ bientôt,

Michel 


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