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Le blog de Michel Giliberti

    Voici le début de mon premier roman "Neiges d'octobre" publié aux éditions H&O en 1999 (épuisé) et plus tard édité dans son intégralité aux éditions Cylibris en 2000.

    Le bruit mat de sa nuque contre le mur ne m’a pas surpris sur l’instant, je crois même qu’il m’a soulagé. Mais là, dans le silence inhabituel, je l’entends pulser et marteler mon crâne avec la fidélité imbécile d’une boîte à rythmes.
    Je retrouve la stupeur de mes seize ans quand, dans un moment de panique, après l’avoir jetée à terre, je demeurai hébété devant une souris morte à mes pieds.
    Pareil… Même choc ! Assourdissant et silencieux… Même paix artificielle après.
    J’ai aussitôt avalé ma salive et n’ai plus bougé. Au moindre geste, la réalité aurait pu reprendre ses droits.
Délivré et perdu à la fois.
    Alors, je suis resté déconnecté, à rechercher quelque chose d’indéfinissable… Peut-être la solution ou la marche arrière. L’espoir de vivre un cauchemar.
Le plaisir du soulagement a été trop bref, et l’horreur venait de commencer.
Son immobilité m’a déconcerté. Rien, en dehors de cette constatation, ne concluait à la mort. Sa peau était toujours dorée, ses yeux vifs et sa bouche brillante d’une salive intacte.
    J’ai attendu, attendu.
    Des heures.
    Oui, des heures, puisque le soleil n’inonde plus la pièce. Ce n’est pas spectaculaire, mais déjà ses lèvres se ternissent et n’arrivent plus à garder cette moue hautaine qui lui donnait l’air de toujours se foutre de la gueule du monde. Une sorte de rictus la remplace. Et puis ses yeux ne regardent vraiment plus rien, une de ses paupières tente même de s’abaisser en un sinistre clin d’œil qui me glace le sang.
    J’amorce un mouvement qui fait s’échapper de ma gorge un cri de douleur. Ma trop longue immobilité à genoux près de lui a eu raison de mes articulations.
    L’angle de vue ainsi modifié, je crois une nouvelle fois qu’il n’est pas mort. Je m’approche. Ma main, après une hésitation, se pose sur son visage.
Presque froid ! Déjà ! Merde !
    C’est terrible. Ce matin, en se levant, il ignorait que pour la dernière fois il actionnait les lamelles des stores avant de boire son dernier café.
Comment se fait-il que nous ne sentions pas venir cet ultime instant de rupture… Faut-il être fou pour accréditer nos capacités à pressentir les évènements… Rien !… Rien sur sa face de bellâtre ne reflétait une quelconque inquiétude, une quelconque angoisse du devenir. Il s’était admiré longuement dans le miroir de la salle de bains tandis que je cherchais un pansement pour une stupide coupure au doigt. /...


Published by Michel giliberti - - Michel Giliberti

commentaires

Mathilde 13/08/2008 12:02

Je viens de finir votre roman "Neiges d'Octobre" & je dois dire que c'est un vrai chef d'oeuvre ( tout comme vos tableaux d'ailleur). Il fait parti des rares livres qui m'ont le plus touché dans ma vie. Dès la lecture de la première page, on se plonge dans cet univers pour ne plus en sortir. La façon dont vous décrivez cet amour paradoxalement nocif & vital entre les deux personnes est simplement magnifique. Elle nous permet en quelque sorte de s'identifier au personnage, d'être une sorte de témoin de la déchéance des deux hommes. Vous avez un énorme talent artistique & une écriture magnifique. Bonne continuation! 

Michel Giliberti 22/08/2008 08:41


Comment vous remercier de tant de compliments. Je suis très ému et ne trouve pas les mots qui conviennent.
Je vous embrasse; c'est encore la façon la plus simple et la plus vraie pour vous remercier.
 @ bientôt ,

Michel


jane 11/05/2007 00:11

Euh....je reviens tout intimidée après avoir parcouru partiellement ton blog ! Oui, je me sens toute petite, désolée de t'avoir dérangé ! Je passerai discrètement et surtout j'essaierai de lire un de tes livres et si je le fais je te promets que je t'en parlerai sans détour ! A+

Michel 11/05/2007 08:01

Merci Jane d'être passée par là, et à bientôt,Michel

jane 11/05/2007 00:02

Ainsi, tu écris aussi, et on peut donc se procurer ton roman ! Ah, il y a des gens doués, je voudrais tellement écrire aussi, mais je crois que je suis trop paresseuse ! Tes photos NB sont très belles ! Amitiés et à+

Michel 11/05/2007 08:00

Si tu cliques sur bibliographie (à gauche dans mon blog, là où il y a une couverture de livre) tu auras la liste complète de mes romans et livres d'art)et si tu aimes écrire, lance-toi, faut jamais se retenir sous prétexte qu'on y arriverait pas... @ bientôtMichel

zemoi 10/05/2007 12:07

Ce premier roman reste tjs mon préféré ... et c surtout grace a lui que nous avons fais connaissance :o)

Michel 11/05/2007 08:15

C'est vrai... et c'est un vrai plaisir de t'avoir rencontré. C'est pour cela que tu apparais dans mon prochain roman en tant que blogueur, en tant que ZEMOI :o) @ +bisous,Michel

Maryse 10/05/2007 08:47

l'espoir de vivre un cauchemar et le lent réveil dans ce genre de réalité, c'est terrible...je ne savais pas que ce livre  était écrit à la première personne...Alors je vais faire comme les journalistes qui questionnent les vedettes de cinéma à propos de leur dernier film  !  "qu'est-ce que vous avez ressenti dans ce role"  ?

Michel 11/05/2007 08:17

J'ai ressenti que c'était exaltant... :o)En fait, ce doit être terrible. J'ai écrit ce roman à un moment de ma vie où j'étais très pertubé... d'où mon exaltation...@ bientôtMichel

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Mon travail d'artiste peintre, d'auteur et de photographe...

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