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Le blog de Michel Giliberti





Il se passe toujours quelque chose de « zarbi » dans les grandes surfaces ; c’est ainsi.
Hier je faisais la queue à la caisse de mon Leclerc favori.
Devant moi deux filles et leurs « mecs » attendaient leur tour avec pour tout achat un paquet de fraises Tagada. Ils avaient en moyenne 17 ans.
Les jeunes m’éclatent ; d’ailleurs dans mes romans la plupart les personnages sont des jeunes.
Je suis toujours curieux de les entendre parler, leurs expressions me plaisent (je suis passionné de rap) mais là, pour une fois, mon enthousiasme en a pris un coup.
Tandis que les garçons en jogging et en « Nike » discutaient « Fitness », une des jeunes filles, habillée façon « RNB », c’est-à-dire façon « pouf  de clip » sur « M 6 » (piercing à la lèvre et nombril à l’air malgré un temps de chiotte) confiait à sa copine :
– Quelle conne ma mère, j’ai la haine… j’voulais lui taxer 10 euros. Putain, grave ! Comment elle l’a mal pris, tu peux pas l’croire ! j’y ai dit « putain, comme t’es grave, c’est pour mon gel ! » (effectivement la coiffure osée de la « révoltée » nécessitait un bon tube de gel tous les deux jours, ce qui devait expliquer les réticences de la « conne »).
– Putain quelle saloppe, c’est pas vrai… La mienne, elle est pas chiante, mais mon père, ce bâtard d’enculé de merde, c’est lui qui m’chauffe ! j’sais pas comment elle peut baiser avec ce salaud.
À ce moment intense de la conversation, un des deux garçons se retourna avec dans le regard les restes d’un joint bien dense et ceux d’une très mince conscience des choses de ce monde.
– Putain… vos gueules, les meufs !
Les filles se turent.
L’une d’elles ouvrit son sac à dos, retira un paquet de chewing-gum, en distribua au groupe et tous les quatre commencèrent à mâcher, histoire d’ajouter à leur élégante façon de parler quelques indispensables bruits de claquages intempestifs et autant de rictus salivants.
Le garçon commença à perdre patience devant la queue qui n’avançait pas.
– Putain y z’ont d’la merde sur l'crâne, ces cons ! (j’avoue que je n’ai pas compris… à la limite, de la merde sous les pieds aurait justifié une certaine lenteur de la part de ces « cons », enfin… c’est trop compliqué. Parfois les choses m’échappent. Différence d'âge surement!)
Son copain ouvrit enfin la bouche.
– Putain… y z’ont d’la merde sur l’crâne ! Enculés. (Remarquer l’option « enculés »)
Enfin, ils passèrent avec leurs Tagada.
Je les ai regardés s’éloigner avec encore quelques beaux mots en bouche comme : « Va niquer ta sœur, connard »… Après je ne suis plus parvenu à entendre, mais j’ai imaginé.

Quelle misère!


Bon, les lascars, j’vais squatter mon atelier et m’abrutir la te-tê avec Françoise Hardy.
Putain ! trop rebelle la meuf ! Avec dix euros, t ‘as d’quoi la faire bouffer  toute l’année!

M'en fou, j'passe à Pink TV, ce soir à 21h 45...




commentaires

nathgrim 05/08/2007 23:01

Ohlala oui quelle misère!
Misère morale, sociale,éducative...

Michel 05/08/2007 23:55

C'était terrible en vérité et assez desespérant...Michel

Mr. Wonderful 09/01/2007 01:53

Merçi pour vour commentaire! (www.fotolog.com/mrwonderful)

It did much illusion to me, i'm starting to love your blog, so i'll try to comment you when i can.

¡Un beso enorme!

Michel Giliberti 09/01/2007 08:44

Good morning,Thank's a lot for your comment.I promiss you to visit your blog regulary.It's so wonderfull to speak all around the world by the web.Best regards.

lance 08/01/2007 10:50

Ce matin ouvrant mon blog je trouve votre commentaire qui me va droit au coeur, tel une flèche lancé par un arc de feu ! J'en suis profondément touché... et pour vous avoir rencontré avec des amis lors d'un vernissage a la galerie Benchaieb, je crois en 2004, j'ai pu apprécier ce que je ne connaissais de vous que de trés loin..., et reconnaitre tel un vent du sud la luminosité que vous laissez sur vos toiles et dans les yeux et expressions de vos modèles...Personnellement je sèche actuellement sur la peinture auquel je me suis lancé  peut être est ce l'hiver qui me rend sans âme... au plaisir de vous lire sur ce blog que j'avais déjà visité il y a quelques jours...sans vous y laisser une " griffe " de commentaire....Bien a vous et admiration !PS: J'avoue regarder de temps en temps PINK TV mais pas ce jour là ...peut etre une rediffusion me permettra t'elle de vous y revoir !!

Michel Giliberti 08/01/2007 13:15

La morosité qui se traîne en hiver est bien la pire des accompagnatrices et je vous comprends. J’ai moi-même peu d’entrain à peindre.Merci infiniment pour tout ce que vous me dites, ça me touche vraiment. J’espère que nous aurons l’occasion de nous revoir.Votre chanteur russe est pas mal du tout… il ferzit un beau modèle. Votre site est très vivant.  Je voudrais moi-même ajouter des enregistrements comme vous le faites, mais là, j’avoue que ça me prendrait trop de temps à les trouver ou à en faire moi-même… mais je vais y réfléchir.Encore merci et @ bientôt.Michel

jerem 08/01/2007 09:40

Il y a des fois où il vaut mieux ne pas chercher à comprendre; le choc des cultures, sans doute, mais, on comprend mieux pourquoi des idées simples énoncées dans le vocabulaire le plus français possible arrive à leur échapper en classe, et pourquoi ils n'y "pigent que dalle"" aux idées des "bouffons" Montesquieu, Voltaire et Rousseau, qui, de toute façon sont morts depuis longtemps et ne jouaient certainement ni au foot, ni au basket; d'ailleurs, ils étaient "trop nazes", il n'avaient même pas la télé, qu'est-ce qu'ils devaient "s'emmerder", looool !
A entendre cette progéniture, on doute, tout de même, de son ouverture au monde et à la tolérance.

michel Giliberti 08/01/2007 13:30

Ah les temps changent, mais heureusement je connais des tas de jeunes gens formidables avec des rêves, plein la tête, et ils sont majoritaires… quant aux autres, ceux qui font froid dans le dos, il s’agit souvent de jeunes n’ayant pas bénéficié d'une bonne éducation,  de jeunes devant supporter un ensemble de blessures inconscientes souvent, mais bien destructrices. Et puis dans ce monde où posséder est devenu le maître mot, où la pub fait son travail de sape et ne fait que renchérir cet état de fait, il est bien difficile de se concentrer sur autre chose qui pourrait élever.Moi, ça me rend extrêmement triste, car pour avoir rencontré de tels jeunes, je peux vous assurer que lorsqu’ils ont devant eux quelqu’un qui ne rentre pas dans leurs codes pour frimer et prend la peine de les écouter, vous avez souvent des surprises étonnantes. @ bientôt et merci.

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Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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