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Le blog de Michel Giliberti



Lorsque mon deuxième roman « Derrière les portes bleues » fut publié en 2001, un de mes tableaux qui représentait Mohamed illustrait la couverture. C’était lui qui, sans que je le veuille, prenait tout le long de l'écriture de ce roman les traits de Tarek, un jeune beur des cités, qui rencontre Jeremy, un chanteur sulfureux dont la carrière s'épuise.


Mohamed est un de mes nombreux amis tunisiens, mais il vit en France depuis déjà quatre ans. C’est la petite cour de sa maison qui inspira bon nombre de mes poèmes où je parlais du jasmin, des figues et de l'ambiance lourde et poisseuse au petit matin quand, à tant s'être livré et tant avoir reçu jusqu'à l'aube dans la chaleur de juillet, on se sent pourtant un étranger là où l’on rêve de faire corps avec tout un peuple. Le plus abouti, mais aussi le plus maladroit de ces poèmes est certainement « Naître timide, n’être rien » que j'ai écris sur le coup de cinq heures du matin en rentrant chez moi dans une sorte vertige.


Il y a à peine cinq ans, chez lui et sous le figuier, nous discutions des heures au fond de sa cour, celle-là même que l’on aperçoit un peu sur ces photos et qui m'a tant inspiré. Il fumait à l'heure du silence quand tout se tait dans les maisons arabes. Le linge sèchait sous le soleil ardent, alors que sa mère préparait un ragoût de petits pois aux artichauts et à l’agneau pour le soir. De temps en temps sa sœur, sombre beauté et future mère, venait s’asseoir avec nous pour se détendre. Voilà… des choses simples. Je lui parlais de mes rêves tunisiens qu’il ne comprenait même pas, puisque les siens étaient français.


Maintenant qu’il vit à Paris, on se téléphone... on se voyait bien plus souvent quand je le retrouvais à Salammbô, à deux pas de Carthage. C’est ainsi. Il travaille et son rythme s’est calqué sur celui des Parisiens.
J’ai souvent peint Mohamed et j’ai gardé trois de ces tableaux. J’ai refusé de les vendre, parce qu’ils me parlaient trop et que parfois, les jours d’ennui, j’ai besoin de conteurs dans la maison.


Je n’étais pas habitué 
Aux partages en fond de cour,
Aux confidences des parfums
À ces murmures sur tes lèvres
Que le rouge d'une cigarette
Faisait pulser comme une alarme.
Il m’était difficile
Que ce soit si facile.
Le vin submergeait mes yeux,
Allumait mon ventre.
Chaque geste était un viol combattu.
Ne pas brusquer ton souffle
Ni même tes élans.
Nous étions à deux doigts de l’étreinte
Quand je t’ai dit « Je dois rentrer. »
Dehors, un garçon chantait,
Invisible dans les ruelles.
Je pris deux fruits à la branche d’un figuier
Et retrouvai mon lit,
La chaleur de mes draps,
La sueur sur ma peau
Sous mes mains affolées,
La poisse des figues sous le ciel étoilé.
Naître timide
N’être rien.

in Voyage secret Tunisie © Bonobo éditions



Derrière les portes bleues H&O éditions

commentaires

Estelle 03/07/2007 14:16

Bon je viens juste sur ton blog pour mettre les choses au claireset sans insultes!Oui j'ai bien compris la situation (c'est à dire le problème de ton sky) Moi tu pourras dire tout se que tu ve mais je ne t'es jamais traité malgrés que l'envie était la^^enfin bOn moi je ne me suis pas emporté du moment que je n'ait pas d'autre commentaire du genre sur ce ! a+

Michel 03/07/2007 15:14

Il n'y a rien vraiment à mettre au clair Christelle puisque toi comme moi avons été victime d'un farceur et je t'ai envoyé sur ton blog une explication des  raisons de ce malentendu.Maintenant tout est terminé, j'espère que tu peux crois à toute ma sympathie.Michel

neurhone 27/06/2007 13:50

Comme j'aime ce poème ... il n'est ni maladroit ni mal construit, il est à l'état brut et de par ce fait dégage quelque chose de profond et troublant ... voilà pourquoi il plait !
Bonne journée

Michel 27/06/2007 13:56

Il m'a échappé en fait, ce doit être ça qui me chagrine, mais je suis heureux qu'il puisse vous plaire. Dans l'histoire, celui qui crée est  écarté du chemin que sa "créature" décide de prendreMerci neurhone.Michel

Maryse 26/06/2007 11:51

j'avais remarqué ce poème, je l'aime beaucoup et  ne le trouve pas du tout maladroit, c'est tout le contraire....Mohamed a une sourire magnifique, semble très vif et joyeux...un visage qui donne l'impression que chaque photo est celle d'une personne différente, c'est curieux. La dernière me plait particulièrement...bonne journée

Michel 26/06/2007 12:15

J'ai mis ce poème parce que c'est vraiment celui qui a été directement inspiré de la petite cour de Mohamed, mais je le trouve extrêmement maladroit, voire carrément mauvais dans sa construction. Il y a plein de choses qui ne vont pas, des lourdeurs, des longueurs, etc... Curieusement, c'est un poème qui a été souvent repris dans des blogs ou dans des sites et il a même été sélectionné pour être publié dans un un livre qui réunit des poésies traitant d'un certain érotisme... comme quoi, la technique ne contrôle pas tout et que l'émotion qu'un artiste peut déclencher lui échappe totalement.Quant à Mohamed, c'est un garçon charmant et comme tu le dis très différent d'une photo à l'autre. J'ai passé des après-midi entiers, appareil photo en main à saisir des instants où je le trouvais interessant. Un vrai reportage où j'ai réussi à me faire totalement oublier. Je mettrai d'autres photos de lui, un de ces jours...@ bientôt,Michel

bellelurette 26/06/2007 08:27

J'aime beaucoup votre titre... concoctez-vous un futur roman sur le sujet .....Code : 7CC... non, pas la seringue, non, aïe

Michel 26/06/2007 08:59

Vous verrez, c'est à la fois plus simple et... plus original. @ +Michel

mocktar junior 25/06/2007 23:34

PS POURAIS TU CHANGER LA PHOTO DE TOI SUR TON BLOG , J AI L IMPRESSSION QUE TU VA ME DISPUTER DESSUS,PI MOI J EN VEU UNE DE FACE MAIS DERIERE ...........;;LOL

Michel 25/06/2007 23:39

"Lol" toi-même fils ingrat!... Papa pose comme il veut!Michel

mocktar junior 25/06/2007 23:27

JE TE RECONNAIS BIEN LÀ , LAS DANS TA TIMIDITÉ MALADIVE ,DANS CE QUE TA MAIN RESTE FERMÉ QUANT ON LUI TEND L INTIME ,QUANT TU TE TOURNE VERS LE NUAGE POUR EVITER UN REGARD ,LÀ QUANT TON ESPACE TEMPS DEVIENT CHIRURGICAL DE PEUR, DE PEUR D ETRE TOI PARFOIS .JE TE PARLE COMME:" D UN FILS INDIGNE À UN PÈRE MALADE" .TOUJOURS SANS POESIE JUSTE AVEC TES MOTS CAR QUANT JE T ECRIS ,QUANT JE PENSE À TOI C EST TOUJOURS AVEC CES MOTS LÀ ,ILS SONT TON DIALECTE ,DEVENU CELUI DE MA TRIBUT.C EST LA RAISON TU T EN DOUTE A TA QUESTION "QUANT ", JE N AI PAS ENVIE : C EST POUR TOI SEUL QUE J ECRIS .ALLÉ BOUJOU ÉPI DU MIEUX MON BON MICHEL

Michel 25/06/2007 23:48

Françoise Hardy a dit un jour qu'elle n'avait pas réalisé quand elle était jeune (et si belle) que des artistes comme Bowie, Dylan ou Jagger voulaient se coucher avec elle... j'ai toujours eu, moi aussi, les yeux fermés sur ceux qui ont eu des "vues" sur moi... et ce n'est pas maintenant où les vers vont devenir mes prochains et vrais amants que je vais changer... hélas. Cependant, même quand j'ai des éclairs de clairvoyance, j'ai tendance à me protéger. En fait j'aurais dû être un ermite. Pour conclure, dans cet article, je précise que c'est la cour de Mohamed qui m'a inspiré des poèmes et non Mohamed lui-même...Et merci pour tes derniers mots... (pas le boujou, bien sûr) @ +Michel

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