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Le blog de Michel Giliberti



Adolescent, dans le silence de ma chambre, j’aimais lire au chaud de mes draps. C’est au cours d’un de ces voyages intimes que je découvris le roman de Robert Musil Les désarrois de l'élève Törless.
L’étrange et sulfureuse sensation que cette histoire fit naître en moi me bouleversa à tel point que je ne pus lire autre chose plusieurs jours durant.
Ce livre m’avait si profondément troublé que, trente ans après, alors que je traversais une période de doutes et de questionnements sur mon travail et que je cherchais un titre à ce tableau, resurgit de ma mémoire le titre de ce roman. C’est ainsi que j’intitulai ma toile Le désarroi du peintre.
Peut-être que ces toiles dérivant au fil d’une eau qui les engloutit doucement sous les yeux fatalistes de l’artiste sont à mettre en regard des yeux de Törless qui voyaient doucement l’élève Basini sombrer dans une souffrance qui lui révélait son propre désir ?
J’aime ces souvenirs si particuliers qui ont marqué mon esprit de leur empreinte ; ils surgissent aux moments les plus inattendus et recréent ces connexions de hasards qui, ajoutés à mon éducation, ont doucement, au fil des années, fait de moi celui que je suis.

commentaires

Henri-Pierre 19/12/2008 19:41

J'aimais aussi lire au lit, en position foetale sur le côté droit, les draps par dessus les oreilles. Je n'avais pas besoin de lunettes. Donc je ne peux plus...Curieux, Les désarrois font également partie de ce que j'appelle mes "lectures fondatrices".

Michel Giliberti 19/12/2008 20:52


Comme je te comprends pour les lunettes... Quelle horreur, depuis que j'en porte, ma vie n'est plus tout à fait la même surtout quand je peins...
Bon, je vois que nous avons tous les mêmes désarrois... :o)

Michel


Jack 12/12/2008 23:54

je la vois prochainement , je me permetrtait de lui parler de vous....;

Michel Giliberti 13/12/2008 08:53


Merci Jack, ça me fait très plaisir.
Peut-être aurai-je l'occasion de vous rencontrer,

Michel


Jack 12/12/2008 20:14

GILIBERTI n'est pas LEHNERT, oui, mais il y a des points de rencontre évidents et des passerelles certaines.  L'amour de la Tunisie, l'amour des Tunisiens, et un certain regard que l'on retrouve sur les prises de vues, je  penses notamment à de très belles photos comme les deux enfants sur l'ane, ou les  garçons sur le port de Bizerte (la dernière "le jeune homme la chechia" est l'exemple meme de la "passerelle").. La différence est sans doute que les modeles de GILIBERTI sont plus agés donc plus grave, parfois inquiets c'est aussi ce qui attire le photographe lui-meme pétri d'inquiétude. Ceux de Lehnert sont  des adolescents rieurs ou gracieux, entre les deux il aurait certaienment matière à un très bell album qui ferait envie à Nicole CANET...

Michel Giliberti 12/12/2008 23:14



Il y a une dizaine d'années, alors que j'étais exposé dans le Marais, j'avais rencontré Nicole Canet. Nous avions établi une relation amicale et elle m'avait parlé de sa galerie qui débutait, je
crois… Plus tard, je suis allé à un de ses vernissages au « Bonheur du jour ». Nous avons parlé ensemble et puis le temps est passé sans que j’y retourne. Ce soir, vous me rappelez cette
charmante dame et vous me donnez l'envie de la revoir. J’ai toute une série de photos en noir et blanc sur la Tunisie et les Tunisiens Promesses d’orient en vente à la galerie Benchaïeb où je
suis exposé en permanence. Il faudrait que je montre à Nicole, certaines d’entre elles.
En tout cas, encore merci de toutes ces belles choses que vous me dites et j’accepte bien volontiers les « passerelles » que vous me tendez…
 @ bientôt

Michel



François 12/12/2008 13:42

Mathieu Carrière était si troublant comme élève Toerless dans le fim qui a marqué aussi ma vcie de jeune homme à la recherche de son identité réelle...Il ya des souvenirs lourds, des rèves, des images et des films qui, sans qu'on les attendent, reviennent à l'improviste en surface de nos vies à la façon dont parfois vient éclater une bulle en surface d'une purée brulante apparemment lisse et calme... Des grosses bulles inattendues qui viennent tout éclabousser et dont on ne se remet que très lentement...Ce sont nos volcans intérieurs, souvent cachés et silencieux mais qui sont le foyer de notre vie la plus intime.Plein d'amitié pour vous MichelFrançois

Michel Giliberti 12/12/2008 14:13



Je n'ai malheureusement jamais eu l'occasion de voir le film, par contre j'ai toujours en ma possession ce livre qui enferme avec lui toutes les émotions de l'époque. Je suis heureux de savoir
que vous aussi, vous avez partagé cet étrange plaisir.
Pour l'avoir relu il y a un an, à peu près j'en ai trouvé le style un peu vieillot et parfois ampoulé, mais le voyage fut le même et m’emporta bien loin.
Merci François de votre partage,
 @ bientôt,

Michel



Jack 12/12/2008 13:20

oui, chez Rudolph,  LEHNERT bien sur, car entre Bizerte et Sidi Bou il n'y a qu'un jet de pierre et le même soleil, la même chaleur,  les mêmes émois.

Michel Giliberti 12/12/2008 14:31



Merci du fond du coeur d'associer mon nom à un si illustre photographe, même si chez Lehnert(pour moi) l'Orient est souvent trop académique et trop maniériste, un peu comme l'univers du Baron
Wilhelm von Gloeden avec ses éphèbes de Taormina. Leurs univers sont magiques, mais très éloignés de la spontanéité. Par contre dans la peinture orientaliste, celle des peintres « Pompiers
»j’aime beaucoup cette démesure esthétique, car là, c’est une démarche plus complexe, plus difficile que celle-là simple photo et de sa mise en scène et puis, pour le peintre leur technique
époustouflante me subjugue.
Mais encore merci Jack, ça me fait très plaisir.

Michel



christian et renee :0027: 12/12/2008 12:36

Tes peintures sont très belles mais souvent tourmentées , es ce ton moi intérieur qui s' exprime ainsi ?Alors je t' envoi plein d' ondes positives pour retrouver ta sérénité .Gros bisous-poutous de nous 4.Mamiekéké et cricri d' amour .Sabine et Dimitri .P.S. si tu veux un peu de douceur viens chez moi , de beaux santons qui représentent des scènes journalières provençales.

Michel Giliberti 12/12/2008 12:58



Merci pour l'invitation... j’y suis sensible.
Pour tout vous dire, la peinture, comme l'écriture sont difficilement dissociable de l'introspection liée aux sentiments... Ma joie et ma bonne humeur sont réservées aux amis, à la famille, etc.,
mais quand je me retrouve seul devant une feuille de papier, un écran, ou une toile, ces deux facteurs me semblent totalement inintéressants.
 @ bientôt les amis et profitez bien de vos santons.

 Michel



Jack 12/12/2008 11:31

Il est vrai que Torless n'avait pas beaucoup de nourritures terrestres à déguster,  et que le climat n'était pas celui de chez Lehnert à Saida et Ste Monique...., là est le paradoxe de GILIBERTI, il habitait chez Rudolph et tremblait devant Musil... le grand écart qui nous donne SES oeuvres...

Michel Giliberti 12/12/2008 13:00


Belle réponse...
Hélas, si je suis d'accord avec l'ensemble de ce que vous me dites, pour Rudolph cepensant,  je n'ai pas compris. Je compte sur vous.
 @ bientôt,

Michel


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Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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