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Le blog de Michel Giliberti

j'ai un peu le blues ce soir. Il me faut sourire et les souvenirs amusants se ramassent à la pelle
Allez, pas de temps à perdre, un p'tit tour à Menzel-Bourguiba, ma ville natale, autrefois Ferryville !
Promenade-F L'avenue de France, toujours la même, où je me suis tant promené autrefois et où je me promène aujourd'ui encore.
Souvenirs...

... /...I
 l y avait les promenades qui n’en finissaient pas. Une véritable migration. Tout était prétexte à retarder l’heure du coucher jusqu'à l'épuisement pour retrouver le lit dans
un semblant de fraîcheur nocturne ; restaient les moustique, ça c'est une autre histoire !
 On marchait lentement. Pas d'I-phone, pas de portable... pas d'internet. La nuit nous appartenait. De temps à autre, ma grand-mère, ma mère ou une de mes sœurs, opérait un arrêt stratégique qui bloquait tout le monde au milieu de la rue. C’est qu’il s’agissait de faire entendre quelque chose de très important ; quelque chose qui méritait une attention particulière. Quelque chose d’essentiel même, du genre...
– Tu sais que Madame Garcia est enceinte ?
– Non ! Et de qui ?
– De son mari ! De qui tu veux qu’elle tombe enceinte, moche comme elle est ?
Et le groupe des femmes repartait en riant jusqu’à la prochaine halte où, certains soirs, était encore évoqué la fin tragique d'une voisine – la malheureuse madame B. retrouvée morte empalée sur son balai – qui continuait d’agiter les mémoires. Cependant aucune suspicion, autour de sa mort ; elle était tout simplement tombée de son escabeau alors qu’elle nettoyait les carreaux de sa fenêtre et dans sa chute, elle avait fait connaissance avec le manche de son balai "mal placé "à deux pas.
Chaque fois que ce drame était évoqué en famille (inutile de préciser qu’il avait fait le tour de la ville), j’avais la chair de poule, mais dans le même temps, tandis que la promenade reprenait, j’imaginais madame B, infortunée sorcière avec son balai dans le cul, en train de survoler les maisons, et je ne pouvais m’empêcher de sourire.
promenade-Ferryville-2Le café de France sur l'avenue du même nom où nous prenions une boisson fraiche le dimanche, à la sortie du cinéma.

Moi, au cours de ces promenades, je passais mon temps à me cacher derrière les arbres, les angles des maisons et dès que mes parents arrivaient à ma hauteur, je sortais brusquement de ma cachette pour leur faire peur et ils faisaient semblant d’avoir peur, bien sûr.
Parfois on parlait de superstitions et là, c’était moi qui tremblais, et je restais collé à la jupe de maman et au pantalon de papa. Deux de ces superstitions me préoccupaient au plus haut point. La première qui affirmait que lorsqu’un chien aboyait à la mort, quelqu’un passait de vie à trépas dans le périmètre où on l’avait entendu. Du coup, au moindre aboiement dans mon secteur, je commençais à prier fiévreusement et supplier Dieu d’épargner mes parents et d’attendre que je sois majeur avant de me faire connaître un tel drame.
promenade-Ferryville-3Le petit kiosque à musique où des fanfares un peu désuettes jouaient le dimanche et les jours de fêtes.
 
La deuxième enfin, qui assurait que dans les cimetières, quand on fauchait les perles de verre des couronnes mortuaires, on était battu toute la nuit par les morts qui se vengeaient. D'ailleurs, on avait découverts des enfants couverts de bleus au petit matin !

J’étais fou de ces perles violettes ou crèmes, noires ou bleues, mais plutôt mourir que d’en arracher une seule !
En dehors de ces petits écueils, ces errances sur les boulevards, dans les jardins publics et jusque dans les sentiers loin du centre, étaient savoureuses et avaient l’avantage de nous fatiguer avant d’affronter ce sommeil difficile à apprivoiser.

promenade-Ferryville-4La petite place devant le marché... les mêmes bancs, les mêmes réunions amicales... alors je fais le malin et je prends la pause, comme si rien ne s'était arrêté.

Les Tunisiens continuent ce nomadisme citadin, avec l’impression de ne pas savoir où ils vont. Les hommes marchent les mains dans le dos et les femmes les suivent en parlant entre elles et tout comme à mon époque, tandis qu’elles stoppent net leur marche pour préciser quelque chose de très important, le chant des grillons accompagne leurs chuchotements et leurs rires. ... /...

commentaires

E


Michel, j'adore vos souvenirs d'enfance... et comme ils sont vivants dans votre esprit et sur cette page ! C'est amusant parce que j'ai eu le même réflexe qu'à ma 1ère lecture : la fascination
pour les petites perles de verre... Mais aussi, cette pauvre femme empalée sur son balai... j'ai pensé au ballet volant de la sorcière sur son balai ! Comme vous !... Et puis ces papotages de
femmes à la promenade : c'est toujours la même chose qui occupe les conversations des femmes entre elles... et les enfants baignent la-dedans comme des poissons rouges dans un bocal... (j'adore
comment Matisse représente les poissons rouges dans un bocal... sur un guéridon -dont j'ai oublié la couleur-....)


Je vous embrasse Michel



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M


Vous êtes adorable Eva... Je dis toujours que j'ai une mémoire de névrosé puisque je me rappelle de tout, jusqu'aux matières, jusqu'aux tissus, les robes de ma mère ou de mes soeurs, mes propres
habits, bref... un disque dur un peu "fêlé".
Oui je me rappelle que vous m'aviez parlé des perles et c'est amusant, car ce matin, je regardais certaines de mes perles actuelles que je conserve dans des bocaux, dans des plates et je me
disais qu'on ne change jamais... du coup je vais en mettre sur FB.
 Je vous embrasse et encore merci.


 



L


Avant de pouvoir rendre visite à Michel dans son blog, j'avais écrit ailleurs que j'étais certaine que j'aimerais..... J'avais bien raison puisque je connais ce texte, au point de savoir ce qui
va être écrit quelques lignes au-dessous. Cette évocation de l'enfance d'une infinie douceur me permet de retourner à la mienne, avec des anecdotes bien peu différentes. Merci, cher Michel, de
m'aider à retrouver des flashes de mon passé: vous savez à quel point j'en suis privée et meurtrie.


Quant aux photos, elles dégagent les parfums, les bruits... d'une petite ville du nord tunisien: c'est donc un vrai bonheur.


Je vous remercie tout plein et je vous embrasse...



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M


Je suis ravi Laura, si à travers ces quelques lignes, certains de vos souvenirs, si petits soient-ils, vous reviennent en mémoire et que des bouts de votre vie mis de côté, peut-être
volontairement, clignotent de nouveau, ça fait toujours plaisir...
Merci Laura, je vous embrasse
Michel



E

moi aussi, ça me fascinait ces petites perles de toutes les couleurs dont étaient faites les couronnes mortuaires...


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M

Nous aurons donc de la conversation dans les cimetières... :o)
 @ bientôt et merci Eva

Michel 


D
Salut Michel,j'espère que tu vas bien !!!9 a fait longtemps que je n'ai aps de tes nouvelles mon cher amije t'embrasse fort et je te souhaite le bonheurDalyThe fool4love
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M

Mon cher DAly, si tu savais comme je pense à toi et si tu savais également comme je cours après le temps.
Je crois que fin fin je pourrais à peu près respirer et t'écrire, t'écrire...
 je t'embrasse,

Michel


A
quel delice que de vous lire. et que de sensualitè!!!!je suis nèe a ferryville.
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M

Peut-être nous sommes nous alors rencontré là-bas... qui sait?
 merci et à bientôt, Annie

Michel


L
un coup de jeunesse - Michel je me souviens avoir volé des perles au cimetière de Ferryville - le soir j'avais eu tellement peur de sévices , que le lendemain j'avais été les remettre en place - c'était tellement tentant pour les enfants toutes ces perles - bonne journée -
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M

Moi, je n'ai jamais osé... Quelle chance que tu aies pu le faire. Sais-tu que je collectionne les perles de verre africaines? est-ce un hasard?
Bisous,

Michel 


P
Bonjour Monsieur,Est ce que vous vous souvenez d'avoir connu la famille Billeci à Ferryville ? Je vais des recherches généalogique et vous avez l'air si nostalgique de cette ville que peut être ce nom vous parlera ?A bientôt.Marie
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M

Désolé... j'étais jeune et ce nom ne me dit rien. j'aurais bien aimé vous renseigner.

 @ bientôt,

Michel 


D
En visitant votre blog,j'ai eu un pincement au coeur en se souvenant de ma ville natale , de notre villa "Les acacias" que nous avons quitté depuis 11 ans pour s'installer à la marsa , une autre belle ville du nord tunisien .Menzel Bourguiba "Ferryville " tu me manques , mon enfance j'ai tant envie de te retrouver : (
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M
Vous avez quand même la chance d'habiter La MArsa, c'est une si charmante ville. Personnellement j'adorerais y habiter.Mais l'enfance, Daly est partout... Il suffit de bien regarder et de ne rien oublier du passé, bien sûr.merci pour votre commentaire, à bientôt,Michel
N
Merci pour ces instants :) petits instants magiques du passé qui ressourcent et font du bien...
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M
Merci à vous Nath,michel
H
Quelle savoureuse chronique, Michel, d'un temps pas si passé que cela puisque toujours prêt à ressuciter.
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M
 C'est vrai Henri-Pierre, pour moi, hier c'est demain... ça donne de l'élasticité au temps, ça le rend moins cruel... @ bientôt,Michel
B
J'appelerais bien cet article "le sens du partage"....
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M
C'est gentil ça...Merci bellurette,Michel
M
des souvenirs d'enfance plein de charme qui apporte du soleil et de la chaleur à cette fête tristounette au possible. Je vois presque une femme sur un balai survoler le ciel de Ferryville avec une couronne en perles de verre sur la tête, là c'est plutôt Halloween ...bonne jounrnée
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*
J'ai aimé ma promenade  dans tes souvenirs ... 
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M
Merci ma chère Mel, @ bientôt,Michel
J
on aimerait dautres fotos eNcore, meme recente, une sorte d epromenade continue  et gilibertienne a ferryville, je reste un peu s ur ma faim, je dis encore, ainsi que la plage et  le cap blanc....
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M
Ce sont des photos récentes, puisque je suis dessus... mais j'en mettrai d'autres promis, avec la plage et tout et tout...merci et à bientôt,Michel

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Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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