Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le blog de Michel Giliberti

<< < 1 2 3 > >>

Mohamed-detail.jpg 
Les vents défont les sables
Comme les ans, nos corps...
Mais l’eau des idées sages
Balaie toutes ces plaies.
Elle offre aux hommes d’âge
Tout le limon des mots
Qui, à leur bouche amère
Donne encore le miel.
Les vents défont les sables
Comme les ans, nos corps...
Mais la vertu des mots
Dans la douceur du soir
Fait scintiller les ans
Comme l’or de ta bague,
Sait distraire les regards
Et les priver de voir
Tes blessures bien trop jeunes.

© Giliberti / 2007

Mohamed3-copie-1.jpg

Voir les commentaires


Moez-feuillage.jpg
À deux ou trois rides d’une mer terre, dans les villes de craie qui se taisent sous le soleil, les hommes qui vous donnent, sont ceux qui nomment vos espoirs.
Il n’est pas rare, à l’heure de la sieste, de rêver à de ferventes complicités et
passé minuit les vivre dans des nuits blanches.
Toutes les impatiences se valent et les envols se meurent de nous, responsables des clôtures de nos vies.
Enfant, pendant les vacances, je lavais, à la pierre lisse des fleuves corses, le linge avec ma mère…
Je garde de ces rares instants de jeu dans l’eau nue, comme je l'étais, l’amour des choses simples comme les mots que je partage avec ces hommes là,
à deux ou trois rides d’une mer terre dans les villes de craie qui se livrent sous le soleil,

Moez-feuillage-2.jpg

Voir les commentaires


L-amant.jpg« L’amant »…
Un homme étrangle la femme qu’il aime...
Petit dérèglement passager de ma fébrile inspiration de cette année 1992.
J’ai un faible pour ce portrait de Franck qui posait là avec sa sœur.
J’aime énormément son visage quelque peu "Bonaparte sur le pont d’Arcole".
Cette période de sa vie où il était particulièrement beau correspondait à ce que j’attends d’un visage : mystère, profondeur, détachement... fierté.
Dans ces années-là, j’avais des semelles de plomb et Franck parvenait à rendre ma marche plus légère.
La maison était en travaux ; il venait souvent me rendre visite. C’était un va-et-vient assez régulier qui me permettait d'oublier
que ce n'était pas évident, pour le citadin que j'étais, de rencontrer la campagne pour la première fois. Ses passages me rassuraient, même si parfois ils me distrayaient de mon travail.
« L’amant »…
Franck étrangle une femme.
Lui qui aimait déraisonner et entrer dans des conversations surréalistes à propos de la vie et de la mort, je pense qu'il avait dû être sensible à ce tableau. Je dis « avait dû », car j'ignore ce qu’il en a pensé.
S'il manifesta une vraie joie pour les deux ou trois premiers tableaux qu'il m'avait inspirés,
Franck resta toujours assez discret sur ses impressions à propos de la longue série de toiles que je fis de lui.

Voir les commentaires

La koubba du belvédère de Tunis.
Le-belvedere-de-Tunis.jpg
Les lieux sombres et discrets au fond du parc ouvraient sur tous les rires, sur tous les mots. Aux abords des silences, où l’erreur est permise, ils donnaient à l’infime des allures grandioses, et au moindre parfum, des vertiges insondables.
Les délices et les désirs sont souvent lettres mortes et vouloir donner vie d’un regard ou d’un geste,vous fait croire au divin.
Moi, au soufre de ta peau, je trouvais des volcans inconnus qui balayaient les rites et brûlaient les remords.
La splendeur des hommes est en soi si petite, qu’il faut bien dans le marbre la devoir à nouveau… dans le plâtre, la noyer et la battre.
Mais la bête qui fuit sait souvent revenir et se laisser dompter, ne serait-ce que pour croire que les cages ont une âme.

Voir les commentaires


Noam-22.jpg
Vous souvient-il

Des heures bleues, si fragiles
Quand mes mots infantiles
Trahissaient toutes mes émotions ?

Vous souvient-il
Des soirées rouges, si fébriles
Quand mes peurs inutiles
Diluaient toutes vos intentions ?

Noam-3.jpg

Vous souvient-il
De mes phrases sombres ou puériles
Que je voulais subtiles 
Et qui niaient mes aspirations ?

Vous souvient-il
De mes gestes fous ou bien futiles
Qui, d’être si peu tactiles
Signèrent votre capitulation ?

© Giliberti / 2007

Voir les commentaires


CEPALUI.jpg
Lorsque j’ai peint ce tableau voilà quelques années, ceux qui eurent eu l’occasion de le voir avant qu’il soit exposé en galerie, se persuadèrent qu'il représentait le Christ.
Pour ma part, j’avais simplement fait le portrait d'un ami qui vit à La Réunion depuis des années, Frédéric, et dont les cheveux (de rasta désormais) atteignent sa taille.
Voyant que rien n’y faisait et que ce visage restait Jésus dans la tête des proches, je lui donnai comme nom « Cépalui ».
Le soir du vernissage, la confusion continua, mais, chaque fois, je précisais : « Mais non… C’est pas lui… Regardez le titre ! »
j'ajoute que la très charmante propriétaire de ce tableau continue à y voir le Christ et c’est « Lui » qu’elle a acheté.
Les petites salades internes du peintre n’appartiennent qu’à lui, et le sens des tableaux... aux collectionneurs.
Cependant mon inconscient farceur (fatalement chrétien par éducation) avait peut-être souhaité cette ambiguïté... Allez savoir.

Voir les commentaires


« Pris en otage !!! »
Ça y est… La harangue est lancée.
À chaque grève, ce slogan d’une bêtise sans nom se répand aussi vite qu’une marée noire sur nos écrans et dans nos radios.

Pourquoi certains travailleurs se sentent-ils « pris en otage » deux ou trois fois par an par d'autres travailleurs, alors qu'ils le sont à longueur d'année par les crédits (qui ruinent les familles), les téléphones portables, les ordinateurs, les pubs, les émissions nulles à chier (excusez l’expression), les lobbies de tout poil, la malbouffe, l’intoxication télévisuelle sur des sujets aussi fondamentaux que « maigrir avant l’été »,
« comment rester jeune ? » « comment nourrir son chien ? » et tant et tant d’autres manipulations qui font de nous des otages permanents !
Et qu’on ne me parle pas des privilèges de ceux qui travaillent à la SNCF, des fonctionnaires, des enseignants, des infirmières, des étudiants, des retraités, etc. (tous ceux qui font que notre pays existe), alors que les vrais privilèges sont ailleurs...
Il est un peu trop facile de diviser pour règner, comme le faisait Louis XIV, et ensuite de faire intervenir la police et l’armée pour faire taire les revendications des peuples au nom d’une pensée politique prétenduement juste.
L'instauration de la sécurité tous azimuts ( le recours massif aux caméras de surveillance, aux milices armées, aux vigiles, etc.) a déjà signé la fin de tous les possibles...
Ce n'est plus la justice qu'on nous propose comme modèle de société, mais la soumission...
Et la soumission, c'est bien elle qui fait de nous des otages !

Voir les commentaires


Emmanuel-de-profil-.jpg
Un air de guitare en soirée, quand dehors le vent s’amuse à vous faire peur.
Vous êtes là, derrière lui, près de la cheminée, un alcool fort entre les mains, à l'écouter.
Le feu incendie sa peau, trop de chaleur.
Les quelques notes de gris métal s'arrêtent sur un accord, et la guitare se tait, posée contre le mur.
Son pull glisse à terre et puis le reste...
Et puis... sa peau !

Emmanuel-profil4.jpg
Et il se tourne enfin dans la lumière des flammes.
Vous le contemplez au coeur des ombres vives et rousses comme cette nuit d'automne qui vient et puis s’installe.
Demain les labours reprendront et avec eux la valse des étourneaux comme des taches d'encre dans un ciel de buvard.
Vous serrez davantage votre verre entre les doigts ;  la gorge sèche, vous vous dites : « Et maintenant ? »


Voir les commentaires


lumiere.jpg
Jusqu’à tard dans la nuit
j’abreuvais tes attentes et parais mes révoltes de la nacre de tes yeux.

Jusqu’à tard dans la nuit

j’espérais un seul mot sur tes lèvres d’arsenic qui me faisaient périr.

Jusqu’à tard dans la nuit

je parfumais ma peau des odeurs de la tienne qui parlaient à mes sens.

Jusqu’à tard dans la nuit

je restais en éveil, gardien de ton sommeil, à attendre ta rosée.

© Giliberti / 2007

Voir les commentaires

bleus-d'attente-blog

Et s’il fallait courir, plutôt que marcher.
Et s’il fallait se perdre plutôt que de se trouver.
Il y aurait sans doute le rêve franchi, le rêve à soi comme une capture, une soif de se dépasser.
Les chemins pénètrent les forêts et nous les suivons avec entrain. J’aimerais,
avec le même zèle, entrer dans l’obscure de mes vœux.
Puis courir, me ravir, m’épanouir et…
souffler, m’épuiser, m’allonger sous un arbre et…
L’ouvrage de toute une vie tient à ces petits points, ces accrocs et ces mailles que l'on tend.
Un écart dans l’ordre des choses pour sourire au désordre.
Dire non au sevrage imposé qui nous lie pieds et poings et nous rend sans saveur.
S’égarer, mes frères… s’égarer ! Nul besoin de GPS dans le bleu de nos si courtes existences.

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 > >>
Haut

Le blog de Michel Giliberti

Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

Hébergé par Overblog