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Le blog de Michel Giliberti

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Aucun regard n’était plus dense
Aucune danse n’était plus rare
Que ses dérives reverdies
Aux rives vertes de son rire.
Aucun repères dans ses suites
Aucune fuite dans ses terres
Rien qu'un silence au bout des cris
Et qui décrivait ma violence.

© Giliberti / 2007


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J'ai toujours éprouvé une fascination pour les mains ; mains d’hommes, mains de femmes. Quand elles accrochent mon attention, quand elles savent me parler, je suis en état de séduction aussi intensément que je le serais avec l’être tout entier.
J’ai un faible pour les mains sèches et nerveuses, jeunes et vieilles, lisses et abîmées, les mains du sud, les mains de l’Afrique dont la sombre couleur donne aux ongles l’éclat de la nacre et la pâleur des premières églantines.



Ces mains-là sont faites pour les bagues d’argent, pour ces miroir imparfaits  qui les enserrent le temps d’une photo, le temps d’un mariage avec la pellicule. le temps d'une union argentique.

Moi, qui ne mets jamais de bijoux, j’aime voir les doigts de mes amis ornées de bagues berbères, leurs bras entravés de bracelets, leurs cous chargés de lourds colliers que je garde à l’ombre d’un coffre en os de dromadaire, un coffre fatigué, usé, un coffre trouvé dans le sud de la Tunisie.
Ces bagues, ces bracelets et ces colliers sont le butin de mes voyages en terres brûlées, le butin de mon exil choisi.


Alors que je suis aux antipodes des décors kitchs, des univers chargés, des exaltations inutiles et des discours pompeux, j’avoue que ces parures d’argent, de grenat et de lapis-lazuli, attachées à la peau de ces garçons qui acceptent mes délires, réinventent à ma façon les Mille et une Nuits, quand le rêve avait du souffle et le mensonge un goût de vérité. Elles sont la source de délires en couleurs, parfois en noir et blanc, et elles incarnent, à l'heure où l'on se prosterne devant toute chose conceptuelle, un renouveau dans l'infini de nos imaginaires ancestraux.


Les ongles pâles et presque roses
Au seuil ambré de tes longs doigts,
Les veines à vif sous tes poignets
Et qui serpentent sur tes bras mats
Sont mes voyages toujours les mêmes
Toujours les m’aimes…
Tu ?
Comme je t’aime.

 © Giliberti / in  Bleus d'attente / 2001


Tu parcours sur ma peau
Des chemins interdits
Qui se cachent comme moi
Et ne mènent nulle part.

© Giliberti / 2007


Ta peau est à un souffle de mes envies
Ma peau est à un siècle de tes désirs
De cette erreur est née l’éthique aveugle
D'une impasse de corps à cœur perdus.

© Giliberti / 2007


Dans l’ardente demeure
J’ai des vides à combler
Là, au fond, près du coeur
Des recoins, à meubler
Et ici pour des heures,
Des sous-sols à vider.

© Giliberti / 2007



À l’ombre de tes gestes

Je fréquente l’ivresse
Qui me livre à tes mots
Et te lie à mes hanches

À l’ombre de tes gestes
Je fréquente tes mots
Si fréquents à mes craintes
Et si lourds à mes sens.

© Giliberti / 2007


Le front n’était pas lisse
Ni lisse la joue.
Mais ses lèvres
Avaient le goût du peu de temps,
De l’attente, déjà,
De la conscience bafouée
Et du désordre magnifique.

© Giliberti / 2007

 
Comme l’odeur de l’encens
Exhale les prières
Grandit les chants d’amour
Ton parfum de sureau
Allume mes intentions
Transpire dans les draps.

Comme l’eau à la source
Accueille tes deux mains
Et coule dans ta gorge
Ton liquide plaisir
Rencontre mon visage
Apaise mon appétit.

© Giliberti / 2007


À n’étendre que ses plaintes
Un exil est bien peu
Juste un mythe, au soleil
Pour enfants trop gâtés.
À n’y voir que là-bas
Un exil est bien long
Où se terrent les anciens
Qui connaissent tout de vous.
Quand il n’est que l’inverse
Un exil est un manque
De l’exil d’un exil
Où se perd la raison.

© Giliberti / 2007


Ta peau est à un souffle de mes envies

Ma peau est à un siècle de tes désirs
De cette erreur est née l’éthique aveugle
De l' impasse d’un corps à cœurs perdus.

© Giliberti / 2007


Au fond des palais vides,
Je voulais miennes,
Les nuits si pleines
De ton absence.
Ta peau safran devait manquer
Pour enfin croire que je l’aimais.
Je voulais lire dans tes mensonges
Tout le vélin de mes ouvrages.
Mais, replié,
Amer et doux,
Je vis ici
Qui n’est pas là,
Et me repais du temps créé.

© Giliberti / 2007


Tu parcours sur ma peau
Des chemins interdits
Qui se cachent comme moi
Et ne mènent nulle part.

© Giliberti / 2007


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Quand je suis devant mon blog et que je n’ai rien à lui confier, j’ai la tentation d'y mettre simplement un de mes tableaux et un poème, histoire de ne pas le laisser comme ça, vide, au nouveau jour. Cette simple approche ne me satisfait pas vraiment, mais il faut savoir battre retraite quand l’inspiration vous fuit… Les senteurs de printemps sont traites et vous arrachent toute vigilance… aussi, une fois encore, en tout partage et à l’abri des guerriers qui tuent mes intentions créatives,  je place sur le noir de cet écran un de mes vieux tableaux, un de ceux qui comptèrent, et quelques vers, avant l’arrivée d’un thème plus ambitieux...

Et tes sourires s’éteignent
Et ton regard s’abîme
De tes feux magnifiques,
Il ne reste que cendre.

© Giliberti / 2007


J’aime tes yeux qui fuient les rivages offerts,
Tes sourires qui s’éteignent trop tôt,
Ta mélancolie.
J’aime la pudeur qui fait hésiter ta voix,
Les veines fines tout à l’ombre
Là, sous ta peau
J’aime les confidences qui ouvrent tes lèvres.
J’aime ta blessure,
Paradis fermé de tes noirs secrets.
Je déteste mes mots, esclaves dociles
De mes entêtements infantiles

 © Giliberti / 2007


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Pétrifiées les mains,
Calcinés les yeux,
Resterons-nous amants dociles,
Charmants fossiles
Au lit des sédiments ?

Giliberti © in Bleus d'attente /2001



Chaque souffle
Dans mes nuits écorchées
Chaque combat
Dans mes jours avortés
Ont toujours éveillé
Des promesses
À l’image de tes lèvres.

  © Giliberti / 2007

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On entend de plus en plus souvent des discours creux et insipides. J’ai écouté avec curiosité une émission à France Inter où un paparazzi pointait du doigt les blogueurs qui photographient les stars à leur insu et en font des articles qu’ils postent sur leur blog. Je veux bien croire que ce n’est pas là un procédé très légal, mais les paparazzi « officiels » des journaux people auraient-ils le monopole de la médiocrité qu’ils dénoncent chez les autres ?
L’invité de l’émission qui défendait son bout de gras par rapport à cette « dérive » des blogueurs était à l’origine des photos des poubelles de stars qui sont exposées en ce moment à Paris et qui sont supposées tout révéler de leurs propriétaires.
Quelle classe ! Quel travail formidable !
Le plus drôle, c'est que cet « artiste » met en avant l’autocensure de son « déballage »… Déontologie oblige !
Ainsi, s’il trouve une seringue dans une poubelle people, il l’enlève…
La poubelle d'une star doit être à l’image de celle-ci, retouchée, embellie ; une poubelle propre !
Société de l’hypocrisie et des faux évènements !
« Voici » donc ce travail d'éboueur paparazzi, qui resterait original et marrant si le discours n'était pas si exaspérant et « l'oeuvre » elle-même, plus spontanée et moins aseptisée...
Affirmer que c'est une exposition Trash comme je l'ai entendu dire, me laisse sur ma faim...
Où sont les capotes, les tampax, les mégots de joints, les tubes de gel... ?

Quelle misère ! (artistique)

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Je ne sculpterai plus…
La veine d’améthyste
Sous l’ambre de ta peau
Me rassasie du marbre.


 © Giliberti / 2007

Je n’esquisserai plus…
Tes yeux de pierre noire
Dessinent mes ardeurs
Et gomment le sommeil.


 © Giliberti / 2007
 
Je ne ferai plus rien…
Tes gestes de ruisseau
Tes danses autour du puit
Suffisent au créateur.

© Giliberti / 2007

Je ne vieillirai plus…
La pourpre de tes lèvres
Incendie mon déclin
Des plus rouges clartés.

© Giliberti / 2007


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Il est un peu plus de minuit, c'est la pleine lune .
Je ne sais pas pourquoi, mais dans ce ciel si noir, elle me fait une peine incommensurable... Comment supporter d'être si seule dans l'univers, avec pour toute compagnie quelques bouts de ferraille et le drapeau américain bien raide ?... Brrr! J'en ai froid dans le dos.

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La nuit, quand il me faut abandonner l’errance du jour, viennent me rendre visite des combinaisons barbares et créatrices.
Depuis longtemps, j’ai appris à ne plus m'en formaliser ; je ne m’encombre plus de politesse à leur égard, et parfois même j’en manque.
Je sais qu’elles sont issues du métissage de mes pensées, de mes contradictions. C’est ainsi que de ces rendez-vous naissent des parenthèses entre abîmes et sommets, entre rires et pleurs, entre fulgurances et pannes sèches.
Puis le jour renaît.
L’errance reprend ses habitudes ; j’oublie mes rendez-vous de pleine nuit et nos relations un peu forcées et redeviens nomade… enfin ! Nomade, sur la trace d’une oasis qui calmerait de sa fraîcheur la fièvre habile qui m’incendie.

                               
Tu n’as rien vu de mes ailleurs
Tu n’as rien cru de mes là-bas.
Tes noires errances, ta cécité
  Ont eu raison de mes patiences.
J’ai frappé,
Hurlé, au calme de l’eau
J’ai maudit,
Supplié dans la poussière
Mais rien…
Tu refusais mes vastes routes
Je reculais dans tes sentiers.
De nos voyages impossibles
J’ai dû tirer un trait marine
 Et dire adieu à l’ocre ennui.

© Giliberti / 2007


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Une pensée émue pour Marie Simon Pierre, plus connue sous le nom de sœur de la vibration interrompue qui, privée d’attouchements et de va et viens intempestifs sur la haute autorité de Jean-Paul II, a définitivement perdu l’usage de ses tremblements salutaires aux plaisirs du Saint Homme…

Deo gratias !!!

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Tous les voyages doivent se rapprocher du langage. Les miens s’entretiennent souvent avec celui de l’enfance. Mon imaginaire est proche de ces années où j’avais des passions complices, voir charnelles, avec certains objets, certaines matières… où je faisais des voyages qui me parlaient… des voyages au bout du verre, des billes, des perles.
En plein soleil, sur la terrasse du cinéma l’Olympia, j'installais des objets en verre au fond d’une bassine d’eau et je plongeais ma tête dedans pour les regarder au plus près, dans un silence que j’imaginais être celui des fonds marins. J’y ajoutais des billes qui paraissaient plus grosses sous l’eau. Ces jeux égoïstes me comblaient plus que tout autre.


Je ne me suis jamais éloigné du verre. Il me suit comme une ombre transparente ; il est mon réconfort, mon appui fragile, mais aussi ma blessure. Je le peins, je le casse, il est matière à émotions.
Il coupe, il tranche, il caresse, il est « Vers »  il est « Ouvert » , il est vert, comme tes yeux bleus.
Mon père m’avait fabriqué un magnifique kaléidoscope et je ne comptais pas les heures passées à regarder les motifs saphir, rubis, émeraudes et topaze des petits tessons qui dansaient leur ronde géométrique dans la lumière du ciel tunisien.


Aujourd’hui, je continue de collectionner les objets en verre, pourvu qu’ils soient  ternis, abîmés par le temps ou par le flux et le reflux des vagues. C’est ainsi que je ramasse les bouts de verre usés trouvés au hasard de mes promenades sur les plages et que j'en rempli des bocaux ; mais j'aime par dessus tout engranger de massives perles africaines en pâte de verre ou en terre cuite, jusqu’aux œufs dépolis et grossiers à trois sous qu'on trouve dans les magasins. Il ne faut pas que ce soit cher, non simplement transparent, patiné, arrondi, caressant… juste à ma correspondance, juste à mon langage ; juste à mon voyage.


Tes blessures de toujours
S’arrêteront bien vite
Et les larmes de tes yeux
Comme des larmes de verre
Pourront vite se figer
D’un oubli cristalin.

© Giliberti / 2007

 
Comment résister à ces transparences...
Comment ne pas y voyager ...
Un peu de mes récoltes côtières...

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Mon travail d'artiste peintre, auteur et photographe...

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