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Le blog de Michel Giliberti

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Bravo la Police Tunisie

envoyé par papeur

Surprenant, non?
Ben oui...  on aimerait mieux les voir comme ça partout...

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© Giliberti / 2007

 

 

 

 

Après des heures de route sous un soleil aveuglant, je fis une halte à Douz avant de continuer vers Tozeur. L’air était suffocant et salé. C’était le milieu de l’après-midi et il n’y avait pas grand monde sur la petite place ; presque tous les habitants devaient faire la sieste. Malgré la chaleur, je profitai pour me dégourdir les jambes et acheter de l’eau et des fruits dans une petite alimentation. À l’entrée du magasin, un garçon immobile, assis sur une caisse en bois, m’accueillit avec un grand sourire. Une fois ma bouteille d’eau et mes fruis en main, je lui demandai si je pouvais prendre des photos de lui – Moi qui aime les photos sophistiquées, en Tunisie, c’est tout le contraire, j’aime faire provisions de photos qui mettent en valeur la spontanéité des rencontres avec ses habitants – Il accepta avec joie, à condition que je lui en envoie une.
 


 

 

 

© Giliberti / 2007

Je déposai donc mes achats dans la voiture et revint avec mon appareil photo.

 

© Giliberti / 2007

 

 

 

Après quatre ou cinq clichés, je pris donc ses coordonnées, mais le temps de bien le comprendre et de tout noter, d’autres enfants approchèrent de nous, comme par magie, alors qu’il n’y avait personne cinq minutes auparavant. Tous voulurent être pris en photos. (Phénomène très classique qui m’amuse toujours)


© Giliberti / 2007

Finalement, je dus récolter les adresses de chacun, mais hélas… quelques jours après, sur le chemin du retour, je les perdis; j’avais tant de choses dans ma voiture, entre les tapis, les épices, l’huile, l’eau de rose et celle de géranium, bref, tout ce que je ramène chaque année en Normandie, que le petit papier sur lequel j’avais inscrit ces précieuses notes et glissé entre les pages de mon guide, s’est volatilisé...


© Giliberti / 2007

Je suis malheureux de n’avoir pas pu leur faire plaisir et j’espère qu’à un prochain voyage, muni de ces photos, j’en reverrai certains d’entre eux et m’acquitterai enfin de ma promesse.


© Giliberti / 2007

 

 

 

 

Dans tous les cas, une fois encore, les bonheurs les plus simples sont ceux qui me comblent.


 

 

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Le repli sur soi est un asile intemporel et enivrant ; le mien enferme mes appréhensions avec tant de précautions qu’il me fait croire à une étreinte.
Comme l'animal revient toujours à son points d’eau, la solitude, fidèle, a soif de moi et des rythmes qu’elle y trouve.
Souvent, quand descend le soleil à l’horizon, j’ai des oublis vertigineux du monde. Je suis alors en proie à mes dérives venues d’une autre rive, d’un autre pays, d’un autre pan de ma mémoire.
Dans ces moments, distrait de toutes les choses qui réconcilient l’homme à la terre, je rêve de me glisser dans la peau de ceux qui savent rencontrer le bonheur et en jouir.
Moi, c’est toujours difficile. Le bonheur reste une escale dangereuse, alors même que je le côtoie depuis des décennies.
Lorsque j'avais vingt ans, quand j'acceptais de briller en société et d’être celui qu’on remarquait, j’éprouvais de l’amertume à faire croire que ça me convenait. Je me trouvais stupide de jouer le jeu, alors qu'en moi, tout me poussait au repli, tout me criait que rien ne dure, que le bonheur est une chimère, que ma jeunesse n’était qu’une enveloppe passagère.
Je ne pouvais parler de cela à mes amis avec qui je partageais en toute complicité tant de choses simples… Comment leur aurais-je expliqué que j’avais froid quand ils avaient chaud et que j’étais là-bas, quand ils étaient ici.




Je crois que c’est cela que je laisse traîner dans mes toiles... une certaine esthétique des choses et des gens, mais abimée et entravée par l’impossible jouissance du moment.
Quand Romain posa pour ce tableau, je l’ai laissé s’enfoncer dans une absence qui me rappelait la mienne à son âge… J’ai ajouté entre les doigts de sa main droite l’inquiétante représentation de la blessure et de la mort, la sienne ou celle des autres… tout près du sexe, comme une castration ; la mort comme une complice qui vous tue, la mort comme un crime !




Je ne devrais jamais écrire sur les coups de 19 heures, c'est l'heure de tous mes démons... quand je pense que génerallement, une heure après, tout va mieux, je me trouve nul d'avoir la tentation d'écrire trop tôt.

Romain fume sur ce tableau ; c'est presqu'une ancienne époque, puisque "demain", il sera interdit de fumer dans les lieux publics.
Et ce n'est pas fini, on va tellement s'occuper de notre santé, que l'état, gardien des lois, finira pas être notre geôlier.

 Carpe diem, carpe diem...



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Est-il un ciel,
Où le pas,
Comme sur terre,
Laisse trace
Et qu’enfin,
Les oiseaux
Perdent leurs privilèges ?

© in Bleus d'attente / 2001


Suis-je encore escorté
Des oiseaux de la chance?
Et mon si long chemin,
Mène t’il toujours à midi?

© in Bleus d'attente / 2001




 

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et U
et M
et PAf !!!!
Ils nous ont introduit…
Pardon... ils nous ont intronisé Sarkosy !

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Ce grand tableau de D’geyrald devait être le premier d’une série. En fait, nos emplois du temps respectifs ne nous ont pas permis d’aller plus loin.
C’est un beau souvenir.
Nous avions longuement parlé ensemble du métier de chanteur, (métier que j’ai pratiqué dans les années 70) de la fragilité qu’il peut installer chez un jeune propulsé trop tôt (et souvent mal) dans un système qui lui échappe.
J’avais envisagé de lui écrire des textes de chansons, mais comme toujours, il est difficile de maintenir toutes les promesses, dès lors qu’on ne se voit pas assez souvent.
Il y a quelque temps, nous nous sommes rencontrés pas hasard devant la librairie Blue-Book. Nous avons pris un pot ensemble et il m’a parlé avec enthousiasme de sa passion pour la peinture, de ses projets en la matière et surtout de son investissement
en Afrique au sein de sa fondation "Association Soleil d'art".

Beau mec, belles idées, bel entrain.




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J'avoue ne pas trop avoir le temps ces jours-ci d'écrire sérieusement, alors, j'en profite pour laisser quelques traces de mes romans... ce passage est extrait de "Le bruit paisible des secrets", une histoire d'amour conflictuelle entre deux frères qui ne se connaissaient pratiquement pas.


 




(...À ce moment du roman, Guillaume le frère ainé se précipite en voiture à l'hopital où son jeune frère, tombé dans un comas éthylique vient d'être transporté ...)


[...] Il sait qu’il aime son frère. Il sait que c’est malsain aux yeux des autres, mais il s’en balance. Il ne peut rien combattre.
    Si Romain devait mourir, il se tuerait sans hésiter.
    Tout ce chaos terrestre n’a de sens que si l’étincelle qui brûle son âme a le droit de se consumer.
    Envers et contre tous.
    Le ciel de plus en plus gris vire au beige, plus exactement à la couleur du mastic. Il pourrait neiger d’ici ce soir ou demain.
    Onze heures moins dix.
    Il allume la radio.
    Emminem transperce son cerveau.
    Terrible, cruel, violent.
    Insensé, dans ce décor de silence.
    Les mots du rappeur traversent l’espace clos de la voiture, comme des coups de couteau. Ils s'abattent, ils s'abattentsans cesse! Guillaume les reçoit dans son corps, alors que, tournant après tournant, arbre après arbre, la route de campagne défile, traverse les forêts bordées de fougères desséchées, les champs immenses que les corbeaux,
en véritables propriétaires, survolent.
    Il n’essaie pas de comprendre ce que vomit Emminem, mais sa rage lui convient. Elle lui balance une correction en pleine gueule, comme une haine justifiée.
    Guillaume presse le bouton de la radio pour accentuer les décibels meurtriers et prendre conscience de son impossibilité à apprivoiser le malheur.
    Aucune piste dans sa tête.
    Aucune balise.
    Aucun garde-fou.
    Épuisé et nomade, il ne sait plus où se trouve l’essentiel. Il ne sait plus où se poser, établir une base définitive. Y aurait-il quelque part dans cet univers où prône l’ordre des choses, l’écriture d’un fou qui lui redonnerait raison ?
Évreux se dessine en bas de la nationale qu’il vient de prendre à la sortie du dernier village et dans quelques minutes, il se retrouvera à l’hôpital.
    Son cœur bât très fort.
    Son déménagement matinal et sa nuit d’ivresse se font ressentir.
    Ses membres sont douloureux.
    Son crâne lui fait mal.
    Il ferme la radio.
    Emminen la boucle.
    Guillaume veut gueuler.
    Du plat de la main, il balance un coup violent sur le volant et serre les mâchoires.[...]


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Comme une source
Sur tes joues
L’eau de mes larmes .

Juste une secousse
Sur mes joues
L’eau de ton arme.

© Giliberti / 2007



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Photo© Giliberti / 2007

Bizerte,
Les rumeurs dans la nuit

Dans l’ennui, les parfums.

Ouverte,
La corniche aux amants,
En amont, la colline.

Déserte
La ruelle près de l’eau
Où s’amarre ta maison

Offerte
Ta peau moite à mes doigts
Sous les draps, ton désir.

In "Voyage secret ©" Eddtions Bonobo" / 2004



Photo© Giliberti / 2007
Je suis garçon de l’Aube
Je vais sur les terrasses
Je cours après l’orient
Comme on cherchait l’absinthe.
Ce petit trot de rien
Me donne tant
Me donne
Et me reprend,
M’émeut
Et me surprend
Comme tes yeux
Si noirs.

In "Voyage secret" © Editions Bonobo / 2004



Photo © Giliberti / 2007


Dans la chaleur et les parfums
Sa peau unique
Humide et sombre
M’a étourdit comme un alcool.

Dans la moiteur des draps lilas
Ses lèvres lisses
Si lisse ellipse
N’ont rien omis de leur calcul.

Dans l’ombre exquise de la chambre
Ses mains si douces
Si doux ses doigts
M’ont redonné le goût de croire.

© Michel Giliberti / 2007



Photo © Giliberti / 2007

Et voilà...
Et voilà... Et voilà...



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Ce tableau a servi à faire la pochette de mon livre "Les yeux silencieux". Je trouvais que ce personnage était très proche de Thibaud, le jeune garçon un peu autiste du roman.
 


[...] La voiture s’immobilise sur le parking, les garçons en sortent et se dirigent vers l'entrée d’un immeuble devant laquelle tois autres jeunes discutent emmitouflés dans leurs doudounes.
    Claquements de mains, tapes amicales sur l’épaule pour la rencontre, et tous décollent aussitôt vers un autre immeuble. Les dos sont ronds, les bonnets bas et la démarche impressionnante. Tous les sept avancent silencieusement dans l’éclairage sans fard des réverbères puissants ; la cité doit être claire, lisible, et n’effrayer personne. Elle inonde de clarté des jeunes gens qui aimeraient partager des secrets, des rires sans avoir un avant-goût du poste de police en pleine gueule. Aussi, de temps à autre, dans le silence des nuits profondes, quand dorment les télés, on entend une ampoule à décharge exploser sous des jets de pierres anonymes. Dès le lendemain, ce petit halo d’obscurité devient le centre des lumières.
    Fini la cave !
    – Où est son bloc ? demande Vincent.
Rachid renifle et pointe du menton un autre grand ensemble, La pépinière.
    – C’est là-bas... l'immeuble Les Marjolaines.
    – Les Marjolaines ? C’est joli !
    – Quand tu verras ceux qui y squattent, tu trouveras qu'il aurait dû s’appeler «Cannabis ».Tout l’ensemble, d’ailleurs !
    Vincent sourit, mais redevient vite sérieux. [...]

  In "Les yeux silencieux" (Editions bonobo - 2003)


[...]
    – Faut se rendre au point d’eau et boire avec les autres animaux… On f’ra gaffe aux prédateurs, c’est tout. Y aura toujours des dieux cachés pour inventer nos rêves… Des pluies tièdes pour nos blessures.

    Vincent prend une grande inspiration et clôt son lyrisme à regret. Il ne veut pas engluer Thibaud dans des discours trop réfléchis ou trop éloignés de la réalité.
   Pourtant… Il voudrait encore lui dire qu’il vient de comprendre que l’on s’égare vite, que notre minuscule énergie dans le cosmos n’est rien d’autre que l’énergie de la peur, et que dans la Voie lactée les questions sans réponse ne renvoient qu’un ultimatum : s’aimer !
    Il voudrait lui dire ses impatiences, ses hésitations… la sagesse qu’elles lui inspirent.
    Il voudrait lui dire que l’on peut avoir vingt-deux ans et envisager pourtant une vie à se nourrir d’un même corps.
    Il voudrait lui dire le rien, la fascination de l’essentiel… Le sable brûlant entre les doigts, les grillons invisibles dans la nuit, les vertes lucioles qui palpitent dans les jardins profonds.
    Alors, il ne dit pas tout ça, même si Thibaud lui donne des ailes.
    Alors, il s’approche encore.
    – Je t’aime !
    Il lui a dit le tout ! [...]

In "Les yeux silencieux" (Editions bonobo - 2003)

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